Rapport sur les pièces de poésie lyrique présentées au concours ouvert à Cambrai, le 10 juillet 1852, en l'honneur de Notre-Dame-de-Grâce, par M. Capelle,...

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impr. de H. Carion (Cambrai). 1852. In-8° , 11 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1852
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présentées au
Concours ouvert à Cambrai, le 10 Juillet 1852,
EN L'HONNEUR DE
M. CAPELLE,
Professeur de Rhétorique au Collége,
imprimerie de H. CARION; rue de Noyon, 11.
RAPPORT
PIÈCES DE POÉSIE LYRIQUE
presentées au
Concours ouvert à Cambrai, le 10 Juillet 1852,
EN L' HONNEUR DE
M. CAPELLE,
Professeur de Rhétorique au Collége.
CAMBRAI,
Imprimerie de H. CARION, rue de Noyon, 11.
RAPPORT
sur les Pièces de Poésie lyrique
Messeigneurs, Messieurs , (1)
On a dit, on a répété cent fois, vous le savez, que la poésie
était morte en France. C'est une grave erreur, c'est presque
un blasphême. Pour les anéantir, il suffirait d'évoquer les
souvenirs de notre histoire ; des poètes accourraient en foule
plaider leur cause, d'illustres contemporains viendraient eux-
mêmes et avec raison protester hautement. Non , Messieurs ,
la poésie ne meurt pas en France. En vain les progrès inouïs
des sciences , l'industrie , le commerce occupent l'activité
des esprits ; en vain les intérêts matériels, les tentations
frénétiques de la cupidité, l'agiotage spéculant sur l'insta-
(1) Nos Seigneurs l'archevêque de Cambrai, les évêques
d'Angers, de Nevers, d'Angoulême , présents a la séance.
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blité sociale, appesantissent les âmes vers la terre: il est
encore des hommes au coeur noble et désintéressé de qui l'on
peut dire :
« Aveugles pour la terre, ils aspirent aux cieux. »
Sans manquer de coeur et d'intrépidité pour défendre la
patrie en danger, ils aiment à se détacher de la terre , à aller
habiter ces régions sereines dont parle Lucrèce, templa serena,
du haut desquelles on peut contempler à loisir les révolutions
et les misères humaines. Toujours dans les temps de crises
sociales, le poète se tait ; il ressemble à l'oiseau timide et
craintif qui se cache sous le feuillage pendant la tempête;
mais que le ciel redevienne serein, qu'un rayon de soleil luise,
soudain ses chants recommencent, et ce moment de repos n'a
fait que donner à sa voix plus de force et d'éclat. Oui, nous
pouvons le dire , sans craindre d'être démenti : en France ,
on n'a qu'à frapper du pied la terre, et il en sort des légions
de poètes. Je n'en veux pour preuve que notre modeste
concours en l'honneur de Notre-Dame-de-Grâce, concours
supérieur à bien d'autres qui ont une plus vaste scène.
Ouvert le 15 mai dernier , sous les auspices de notre vénéra-
ble archevêque Monseigneur Régnier, il a produit, en moins
de deux mois . quarante pièces de vers , épiques et lyriques.
28 appartiennent à ce dernier genre ; toutes renferment des
vers heureux , des traits expressifs, de nobles sentiments
rendus avec force ; mais l'art si difficile de la composition y
manque souvent. La Commission en a surtout distingué
quatre où le talent se montre à degrés inégaux, mais mar-
qués. Je voudrais sur le champ fixer vos regards sur la pièce
qui a obtenu les suffrages unanimes des juges, mais un pré-
cepte de Fénelon s'oppose au désir qui me sollicite, et dont
vous apprécierez bientôt la légitime vivacité. Comme dans un

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