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Réalités et roman guinéen de 1953 à 2003 T2

De
163 pages
Aujourd'hui encore, malgré la place importante que l'étude sémiologique occupe dans l'approche des textes africains, force est de constater que la présence des réalités de l'univers rural demeure une constante dans la création romanesque africaine à partir de l'esthétique des oeuvres et de leur forme. Le roman guinéen a toujours évoqué les réalités traditionnelles, marquant son attachement à l'univers rural.
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Réalités et roman guinéen de 1953 à 2003

© L’Harmattan, 2009 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-09841-1 EAN : 9782296098411

Boubacar Diallo

Réalités et roman guinéen de 1953 à 2003
2- La peinture de l’univers rural

L’Harmattan

Dédicace
Pour Fouad Diallo, mon fils, Azriel Diallo, mon petit-fils adoré et Lataunda, sa mère, en toute affection.

Introduction
« …Chaque pays d’Afrique, selon sa position géographique, sa constitution ethnique, sa situation économique, ses traditions et sa mentalité, a ses problèmes particuliers. Ceux-ci s’expriment, de façon plus ou moins voilée ou explicite dans sa littérature, notamment sous la forme romanesque qui se prête particulièrement bien aux combinaisons du rêve et de la réalité » Guy Michaud, Préface à la création romanesque… de Dago Lezou, Abidjan, NEA, 1977, p. 7

Si la période coloniale n’a pas en son temps beaucoup inspiré les romanciers guinéens, c’est à travers les images d’une Guinée précoloniale, idéale qu’ils révèlent dans les textes l’univers traditionnel saisi dans sa globalité comme un ensemble homogène composé d’éléments interdépendants. La société traditionnelle repose sur une stratification formant un ensemble bien organisé et cohérent. Celle-là même que nous trouvons dans Le Monde s’effondre le récit traditionaliste de l’écrivain nigérian, Chinua Achebe, avant l’arrivée de l’albinos pacificateur. Ce thème d’une Afrique traditionnelle organisée et cohérente n’a pas, semble-t-il, commencé avec les romans africains publiés à partir de 1953. Rappelons-nous, parmi tant d’autres œuvres romanesques, Mirages de Paris d'Ousmane Socé, où Fara a passé son enfance (1) ou Doguicimi, le roman de Paul 2 Hazoumé ( ). Dans toutes ces sociétés, on note que chaque individu est investi d’un rôle précis. Ici, l’individu ne pense que par et dans la collectivité. L’élément de base de cette société est la cellule familiale. Elle regroupe en son sein des groupuscules dictés par l’âge ou le sexe. En littérature guinéenne, des œuvres comme l'Enfant Noir de Camara Laye, Faralako d’Émile Cissé, Ma Sœur la panthère de Djibi Thiam, Safrin ou le duel au fouet de Lamine Kamara… exploitent le monde rural et le passé glorieux du pays pour en révéler l’originalité et les grandes figures historiques. Aujourd’hui encore, malgré la place importante que l’étude sémiologique occupe dans l’approche des textes africains, force est de constater que la présence des réalités de l’univers rural demeure une constance dans la création romanesque africaine à partir de l’esthétique des œuvres et de leur forme. Les liens les plus évidents entre le roman guinéen et la littérature traditionnelle sont remarquables tant en ce qui concerne l’exploitation que font les romanciers des narrateurs traditionnels à l’intérieur des romans, que des formes orales introduites dans les textes. Dans cette optique, l’analyse de la communauté domestique sera
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Ousmane SOCE, Mirages de Paris, Nouvelles Éditions latines, 1937 Paul HAZOUME, Doguicimi, Paris, Maisonneuve et Larose, 1938

thématique ; l’espace et le temps ayant déjà été vus dans la première partie de notre travail. Avant d’aborder les caractéristiques essentielles des hiérarchies liées au sexe, il faudra d’abord examiner la composition de la cellule familiale placée sous l’autorité incontestable du chef de famille. Il s’agira ensuite de s’intéresser à la présentation de l’individu, de la famille et de la collectivité en tenant compte de l’implication des romanciers dans tout ce qui a trait au social, à la communauté. Pour une bonne appréciation des réalités socioculturelles, notre préoccupation sera alors d’apprécier la place des ancêtres et du sacré dans cet univers traditionnel avant d’en venir à sa transmutation sous la poussée de la modernité. Il nous paraît judicieux de les expliquer, placées dans leur cadre régional guinéen et de faire voir que ces valeurs traditionnelles varient d’un cadre naturel à un autre. L’étude de l’esthétique romanesque en tant qu’expression du terroir retiendra tout particulièrement notre attention. Il s’agit de la parole comme forme d’exaltation de l’art du griot ou du conteur traditionnel comme une marque d’authenticité locale. Cette narration à la façon traditionnelle, s’avérant insuffisante pour apprécier le degré d’insertion du romancier dans son milieu d’origine et plus spécifiquement dans le terroir guinéen, il est opportun de parler de l’oralité à travers les formes non narratives traditionnelles comme les proverbes, devinettes, chansons, incantations, paroles magiques, tambour-parleur…, les langues nationales et narratives traditionnelles, à savoir les mythes et croyances populaires, telles que définies par Amadou Koné dans son livre consacré à l’étude des Avatars de la tradition 3 orale dans le roman Ouest-africain . Le roman guinéen a toujours évoqué les réalités traditionnelles, marquant ainsi son attachement à l’univers rural. À l’instar de L’enfant noir de Camara Laye, bon nombre d’œuvres restituent, dans toute sa vérité, la vie quotidienne, les traditions, les us et coutumes de la Guinée. Dans cette perspective, ils affichent des titres comme expressions du terroir soit par leur réalisme, soit par les informations qu’ils donnent à la lecture ou soit par des jeux de mots et d’idées. Il se pose alors la problématique de la survie du héros vivant dans une collectivité dans laquelle l’individualisme est complètement banni. La catégorisation des individus vient ensuite illustrer cette situation de fait. L’une des particularités du roman guinéen consiste aussi à faire ressortir les divers éléments de l’univers traditionnel et à examiner la survie de la tradition dans un contexte de modernité. Il prend donc en charge la structure de la communauté domestique dont l’autorité suprême est le chef de famille auprès duquel la femme joue un rôle non moins important. Viennent ensuite l’éducation de l’enfant à travers une série d’initiations, l’importance des vieux, transmetteurs de sagesse et véritables mémoires pour la collectivité, les gens de castes, les traditions et normes sociales, les interdits et les sanctions traditionnels et enfin l’éclipse des forces spirituelles sous les coups de boutoir de la modernité. Le
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Amadou Koné, Les Avatars de la tradition orale dans le roman Ouest-africain, Op.cit, pp 94-121

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roman révèle que ces actes codifient les comportements de l’homme traditionnel. Aussi, l’esthétique des récits est-elle liée à l’influence de l’art de la parole et à la symbolique d’ensemble de l’imaginaire populaire.

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CHAPITRE I : L’onomastique comme expression du terroir
L’attachement de l'écrivain guinéen à son espace national et à l’histoire de son pays, fait apparaître son œuvre comme un roman social, le plus social s’entend. Il donne de la société ambiante une vision claire, réaliste, assumant avec bonheur sa mission de témoignage social. On comprend que la nature même de cette littérature guinéenne exige de savoir de quelle façon le roman, depuis sa naissance en 1953, illustre la société guinéenne d’hier à l'an 2003. Il s’agit ici de voir la façon dont les différents textes appréhendent l’individu, les groupes humains et les interactions qu’ils vivent. Si, comme on peut noter, les écrivains guinéens sont attachés à l’espace national par une sorte de “cordon ombilical”, ce constat, il faut le noter, pourrait se vérifier pour ce qui concerne leur rapport avec le paysage social présent dans leurs œuvres. De ce fait, il faut insérer le roman guinéen dans la catégorie des romans de situation telle que définit par Charles Larson dans son Panorama du roman africain : « Le roman de situation existe pour présenter une expérience ou une situation et il en 4 découle qu’il existe souvent pour développer une idée ou une thèse ". Pour dégager cet aspect des œuvres, il faut d’abord commencer par l'étude de leurs titres. En partant de l'analyse faite par Pierre Ginestier et Makouta Mboukou sur la titrilogie, nous examinerons le degré de réalisme véhiculé par les différents titres. Cette exégèse qui a valeur de vérité, de témoignage se veut par conséquent un médiateur, un intermédiaire, un interprète, si l’on veut, des informations concrètes dont les titres sont porteurs sur le contenu des œuvres ou qu'ils peuvent dissimuler comme une énigme qu'il faut déchiffrer, décoder. Dans l'approche d'un texte, le titre, en tant que premier guide, constitue un informant au premier degré. Il formule l'ensemble des enjeux du récit qu'il désigne. Quelquefois même, le titre porte le thème du livre. Pour Henri Mitterrand, le titre est un "syntagme" dont les éléments sont issus du langage du 5 texte, lui servant de la sorte de métalangage . Puisqu'il annonce, dans la plupart des cas, le thème ou le contenu d'une œuvre, le titre constitue la "carte d'identité"
Charles LARSON, Panorama du roman africain, Paris, Éditions Internationales, 1974, p. 156 (C'est nous qui soulignons). 5 Henri MITTERAND, "Le titre des romans de Guy des Cars" in Sociocritique. Actes du Colloque organisé par l'Université de Paris VII et New York University, Paris, Nathan, 1970, p. 90.
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ou la "carte de visite" du livre pour parler comme A. Mbuyamba Kankolongo . Passant en revue les différentes catégories de titres de romans, Paul Ginestier en distingue trois types, à savoir : les titres mystérieux, les titres-noms et les titres fonctionnels7. Dans son livre intitulé, Introduction à l’étude du roman négro-africain de langue française8, l’écrivain et critique congolais, Jean-Pierre Makouta M’Boukou place la première tendance dans la catégorie des titres ambigus ou énigmatiques par opposition aux titres réalistes. Mais au-delà de ces considérations sur les divers types de titres, la titrilogie du roman guinéen apparaît plus complexe. Des paramètres géographique, culturel et politique s’y dévoilent comme autant d’indices, de marques de rapports intimes entre les romanciers et le territoire national ou qui traduisent son extraversion. En fait, la formulation des titres laisse aussi voir une certaine influence du style des auteurs. Pour déterminer la signification des titres des romans afin de montrer ce qui fait leurs spécificités, il convient de les examiner en tenant compte des différentes remarques qui viennent d'être faites : les titres réalistes, les titres ambigus ou énigmatiques et les titres les plus énigmatiques, parce que constitués à partir de jeux de mots et d'idées. 1- Les titres réalistes À ce niveau, les titres sont tous transparents. Ils abhorrent l'ambiguïté ou le suspens qui constituent pourtant la tendance qu'adopte toute littérature narrative. Ces titres écartent toute surprise chez le lecteur. Ils l'incitent plutôt à découvrir du déjà vu ou du déjà connu. D'une façon générale, les titres qui sont simples, c'est-à-dire réduits au seul nom du personnage principal sont rares. En revanche, ceux qui sont suivis d'un qualificatif sont de loin majoritaires. Au total, tous ces titres puisent leurs matériaux dans le langage courant ou la quotidienneté de la vie, la toponymie et la culture. A priori, ils ne posent donc aucun problème de déchiffrement. 1-1 : Le nom du héros comme titre Parmi plus d'une soixantaine d’œuvres romanesques constituant notre corpus, un seul roman a pour titre principal le nom de son héroïne. Il s'agit de Dalanda. C'est un titre/nom du roman de Biram Sacko est tiré de l’univers culturel malinké nom assez fréquent en Haute-Guinée et en Moyenne-Guinée. Ce. Cette tendance pose un problème culturel. Elle plonge le lecteur dans la confusion s’il se confirme qu’il n’a pas une certaine connaissance de la façon dont cette civilisation attribue les noms aux garçons et aux filles. Sans oublier, quand
A. Mbuyamba KANKOLONGO, "La Nouvelle congolaise de langue française. État des lieux." in Ethiopiques, N° 68, 1er semestre 2002 p. 66. 7 Paul Ginestier, Le Théâtre contemporain dans le monde, Paris, PUF, 1961. 8 Jean-Pierre MAKOUTA M'BOUKOU, Introduction à l’étude du roman négro-africain de langue française, Dakar-Abidjan, NEA, 1980, pp.226-23.
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cela s’y prête, de déterminer la signification du patronyme et de montrer son incidence sur l’intrigue du roman. Pour Makouta M’Boukou « (…) la 9 connaissance du sexe d’un héros ne nous renseigne pas sur son histoire ". La connaissance des réalités culturelles du cadre ayant inspiré l'écrivain devient alors plus qu'une simple recommandation mais s'affiche comme une exigence pour qui veut vraiment comprendre l'âme culturelle de cette société. Ainsi, Dalanda se compose de “ Da ” ou porte et de “ landa ”, signifiant secret. En général, il désigne la petite porte secrète qui, après la grande porte et le corridor de la case du chef de famille, donne accès à la salle des cultes ou aux latrines. Son sens confère à l’héroïne une retenue très marquée dans son comportement. En cédant donc vers la fin du récit à son cousin Bachir, elle ternit son image de jeune fille chaste. L’auteur qui appartient à ce monde malinké enracine de la sorte son œuvre dans la culture de son terroir, où ce genre de comportement est banni. Dans la culture peule où ce nom existe également, il est souvent doublé d’une autre appellation servant de signe d'appartenance. D’autres romans portent en titre des noms de lieux ayant marqué l’enfance de leurs auteurs respectifs ou le passé historique du pays. 1-2 : Les titres indiquant la toponymie Faralako, le titre du roman d’Émile Vissé désigne le village natal de Nî le héros et celui du romancier situé dans le Wassoulou, en Haute-Guinée, non loin de la République du Mali. Village que le personnage principal retrouve avec émerveillement après avoir longuement séjourné en France. Cette toponymie traduit la volonté du romancier de marquer son retour au pays natal, en même temps qu’il magnifie sa communauté d'appartenance, la société wassoulouké à travers ses us et coutumes et son cadre naturel synonyme de liberté par opposition aux artifices et aux contraintes de Paris. Quant à Cinéma de Tierno Monénembo, il désigne un lieu qui influence l’enfance de Badio le jeune héros. C'est le monde des rêves de cet adolescent, puisque c’est là qu’il peut retrouver et admirer ses héros et héroïnes préférés des justiciers indomptables régnant sur un univers de beautés inégalables. Parallèlement à cet environnement rêvé, il existe un environnement physique réel où se passent des évènements politiques importants qui auront des conséquences dramatiques sur l'existence de l'individu et de la société guinéenne. D'autres écrivains accompagnent les noms des héros d’une caractérisation pour en faire les titres de leurs œuvres. Ce sont Kesso Barry, Jean-François Alata et Lamine Kamara. 1-3 : Le titre comme nom de personnage caractérisé Des titres de romans comme Kesso princesse peuhle, Aminata ou le viol de l’innocence et Safrin ou le duel au fouet sont de ceux-là. Ils sont enrichis de
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Makouta MBOUKOU, Op.cit, p.227.

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compléments. Dans les deux premiers, on trouve deux noms d'héroïnes suivis d’une détermination qui les situe par rapport à la société. Pour Kesso, il s’agit de son statut de princesse, de son appartenance à la noblesse peule inséparable de l'incontestable charisme d’une famille, celle de l’Almamy du Fouta-Djallon. Ce titre renvoie à des réalités historique, religieuse, culturelle, politique voire mythologique et mystique de cette région guinéenne. Le nom “ Kesso ”, dont le sens est “ neuf ou nouveau ”, porte en lui toutes ces richesses qui sont vivaces dans cette société. Le personnage féminin apparaît ici comme le symbole vivant, le porteur de toutes les valeurs de cette société peule dans sa marche héroïque à travers le temps. Par contre, le titre du roman de Jean-François Alata lie Aminata, le nom de l’héroïne, à la situation de déshonneur qu'elle va connaître à la suite de la perte de sa virginité. Après ce drame, l'héroïne s'engage dans une lutte sans merci contre la phallocratie musulmane qui demeure encore une réalité coutumière à Kankan, deuxième ville de la Haute-Guinée. S'agissant de Safrin ou le duel au fouet, le titre du récit traditionnel héroïque de Lamine Kamara, il indique une volonté de recréer la vie, telle qu'elle était jadis vécue dans le Mandingue. Il s'agit d'une région aux grandes valeurs culturelle, historique, économique et politique incontestables, dont les symboles sont des héros vaillants, redoutables, courageux, imbattables au combat comme dans l'exécution des tâches communautaires ponctuelles, respectueux des règles coutumières et ayant surtout le sens de la dignité et de l’honneur du groupe. Safrin et Karinkan, les deux protagonistes portent en eux ce legs combien 10 précieux de leurs ancêtres qui portèrent jadis le Mandingue au sommet de la gloire. Ils renvoient de ce fait à des réalités historiques et mythologiques de la Guinée dans sa partie occidentale. L’auteur, à travers ses personnages d’exception, rappelle les preux du Moyen âge européen, ces chevaliers qui peuplent les chansons de geste11 et surtout Achille et Hector qui, avant la bataille, se défient et s’invectivent. Dans le récit de Kamara Lamine, ce rôle est assuré par les griots qui, en tant que porte-paroles des deux combattants assurent pour chacun des duellistes la joute oratoire. Les différents titres édifient sur certains aspects de la culture guinéenne ayant cours au Fouta-Djallon et dans la partie occidentale de la Guinée. Si Kesso est le nom d’une princesse porteuse de toutes les valeurs de civilisation du Fouta théocratique, il est aussi celui d'une femme qui défie cette société au nom de sa liberté personnelle. Chez Jean-François Alata, c'est Aminata, une jeune fille violée par un notable de la ville qui s'engage dans la lutte contre le carcan phallocrate du milieu traditionnel musulman. Le roman de Lamine Kamara, par son titre, marque d'emblée une opposition entre le nom et ce qui le caractérise,
Il s’agit de Soundiata Keïta, le libérateur du Mandingue et de Magassouba, l'ancêtre fondateur d'une bonne partie de la région de Siguiri, ville située à la frontière guinéo-malienne. 10 Nous pensons ici à Erec et Énide, le roman de Chrétien de Troyes 11 L'auteur se réfère à ses anciennes lectures pour bâtir son récit et l'adapter à son milieu culturel.
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