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Recension et réutilisation des savoirs et savoir-faire culturels

De
286 pages
Voici des pistes de réflexions sur les façons de collectionner les savoirs et savoir-faire en lettres, langues, histoire et arts, ainsi que sur les visées de leur réinvestissement tant dans les formations humanistes que dans les activités professionnelles, à l'époque où les moyens informatiques sont en pleine explosion. La question méthodologique, abordée dans une perspective évolutive du XIIIe siècle à nos jours, est au centre de ce volume divisé en cinq sections : littérature, lexicologie-traductologie, civilisation-sociologie, musicologie, et arts plastiques.
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CIRHILLa N° 40
Les Éditions de l’UCO
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Recension et réutilisation des savoirs et savoir-faire culturels Les catalogues de connaissances
CIRHILLaCahiers Interdisciplinaires de Recherche en Histoire, Lettres, Langues et Arts Publication du Département de Recherche en Lettres, Langues, Histoire et Arts de l’Université Catholique de l’Ouest – Angers Directeur de publication (Département LLHA) : Daniel Lévêque. ----------------------------------------------------------------------------------------L’équipe LÉMIC (Littératures-Étrangéité-Mutations-Identités Culturelles) Les enseignants-chercheurs travaillent en collaboration avec les équipes de l’Université d’Angers. L’axe principal de recherche de l’équipe LÉMIC est l’interculturalité. L’activité de l’équipe s’articule autour du repérage et du traitement des thématiques identitaires tant dans le domaine littéraire que culturel, linguistique, politique, religieux ou philosophique. Coordinatrice de l’équipe LÉMIC : Gwénola Sebaux. ----------------------------------------------------------------------------------------L’équipe GRIHLAM (Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Histoire, Lettres, Arts et Musique) Ce groupe de recherche se propose de questionner le caractère protéiforme de l’objet culturel entendu au sens large (œuvre, texte, source historique, tradition, monument); d’étudier le rapport entre l’objet culturel et son destinataire, les enjeux de signification envisagés du côté du récepteur; d’analyser les modes d’appropriation, les usages de l’objet et leurs effets sur le destinataire. Coordinateur de l’équipe GRIHLAM : Pascal Terrien.
Sous la direction de Daniel Lévêque
Recension et réutilisation des savoirs et savoir-faire culturels Les catalogues de connaissances
CIRHILLa –n° 40
Comité scientifiqueMoritz Csàky (Académie des Sciences d’Autriche). Debbie Mann (Southern Illinois University, USA). Juan Miguel Zarandona (Universidad de Valladolid, Soria, Espagne). Xavier Barral i Altet(Université Rennes II Haute-Bretagne et Università Ca’Foscari, Venise, Italie). David Eick (Grand Valley State University, USA). Christian Ingrao (CNRS, Institut d’Histoire du Temps Présent, IHTP). Friedemann Sallis (Calgary University, Canada). Comité de lecture Carole Bauguion (Université Catholique de l’Ouest). Annie Birks (Université Catholique de l’Ouest). Guy Jarousseau (Université Catholique de l’Ouest). Yannick Le Boulicaut (Université Catholique de l’Ouest). Nathalie Le Luel (Université Catholique de l’Ouest). Marc Michaud (Université Catholique de l’Ouest). Anne Prouteau (Université Catholique de l’Ouest). Anne-Zoé Rillon-Marne (Université Catholique de l’Ouest). Anne Rolland (Université Catholique de l’Ouest). Gwénola Sebaux (Université Catholique de l’Ouest). Pascal Terrien (Université Catholique de l’Ouest). Anne Vincent-Durand (Université Catholique de l’Ouest). ---------------------------------------------------------------------------------Remerciements àCharles Foin. ---------------------------------------------------------------------------------L’édition de ce volume fait partie du projet du Département LLHA intitulé « Transmissions – transmutations », lié au programme de recherche de l’UCO « Appropriation et transmission des œuvres et des savoirs ». ---------------------------------------------------------------------------------Illustration de couverture : composition photographique de Xavier Lévêque (Université Catholique de l’Ouest, Angers). Illustrations intérieures : tous droits réservés © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISSN : 1269-9942 ISBN : 978-2-343-03290-0 EAN : 9782343032900
SOMMAIRE Daniel LÉVÊQUEAvant-propos....................................................................................p. 7 Première partie : Littérature..........................................................p. 13Nicolae-Alexandru VIRASTAU Catalogue de connaissances et catalogue d’images dans la première encyclopédie vernaculaire ......................p.15 Magali JEANNIN-CORBIN L’Orbis sensualium pictus(1658) de Comenius : l’encyclopédie du savoir sensible...................................p. 29 Suzanne DUMOUCHEL e Le journal littéraire au XVIIIsiècle : un catalogue de connaissances ?........................................................p. 51 Sayaka SUDA La description catalogue dans la littérature – Alphonse Daudet, Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon..............................p. 67 Deuxième partie : Lexicologie – Traductologie.............................p. 77 Daniel LÉVÊQUE Lemmatisation sélective du discours littéraire centre-américain et finalisation d’un dictionnaire de l’espagnol d’Amérique centrale.....p.79 Emmanuel PLANAS La constitution automatisée d’un catalogue de connaissance spécifique : le lexique bilingue..........................................................p. 101 Paola MASSEAU Comment aider le traducteur à traduire les unités phraséologiques ?...............................................................................p. 115 Juan Miguel ZARANDONA An Instance of Knowledge Stored and Reused in the Valladolid Monastery of the Order of Saint Augustine Library, Spain: Queen Mary Tudor’s Tragic Life in the Hands of R. H. Benson and his Spanish Translator ..........................................p. 135
Troisième partie : Civilisation – Sociologie...................................p. 153Teresa QUESADA MAGAUD La reconstitution de la mémoire historique et culturelle de Carthagène des Indes dans le romanLes Cortèges du diablede l’écrivain colombien Germán Espinosa – Le roman historique en tant que catalogue de connaissances............p. 155 Zaïhia ZEROULOU Dynamiques migratoires familiales et réinvestissements de savoir-faire culturels porteurs pour la réussite des enfants ........................................................................p. 167 Anne-Charlotte TAILLANDIER Changements dans l’organisation : autant d’opportunités pour réinvestir les compétences .................................................................p. 185 Quatrième partie : Musicologie......................................................p. 201 Angélica RIGAUDIÈRE Le périodique, instrument de consignation et de circulation du savoir– leBulletin de la Société française de musicologie.........p. 203 Anne-Zoé RILLON-MARNE Entre action et spéculation, les savoir-faire d’un poète compositeur e dans les milieux scolaires parisiens du début du XIIIsiècle ............p. 219 Pascal TERRIEN Une épistémologie de l’enseignement instrumental : les premières méthodes pour saxophone............................................p. 237 Cinquième partie : Arts plastiques.................................................p. 253 Hiromi MATSUI L’établissement de l’historicité de l’anatomie artistique dans e la dernière moitié du XIXsiècle : le bilan historiographique dans les ouvrages de Choulant, Duval et Parada y Santín ..................................................................................p. 255
Avant-propos L’avancement des connaissances humaines a été consigné, depuis des siècles, dans des ouvrages spécialisés aux mises à jour successives, opérées par les plus éminents érudits du moment. Il n’est que de citer les Encyclopédistes français par exemple, Diderot et D’Alembert en particulier, qui, suivant les pas de Pierre Bayle, s’employèrent à décrire l’état des e savoirs au cours de la seconde moitié du XVIIIsiècle :recensions de tous ordres, digressions souvent polémiques autour de thèmes choisis et autres recherches philosophiques alimentèrent les articles de dix-sept volumes qui – évolution des sciences et des idées oblige– rendaient obsolètes les textes antérieurs et le devenaient eux-mêmes en partie au fil de leur publication. S’appuyant sur ce constat, le présent ouvrage collectif se donne pour but de partager des observations et d’ouvrir des pistes de réflexions sur toutes les façons de collectionner les savoirs et savoir-faire en lettres, langues, histoire et arts, ainsi que sur toutes les visées de leur réinvestissement tant dans les formations humanistes que dans les activités professionnelles, et cela à une époque où les moyens informatiques sont en pleine explosion. C’est ainsi que la question méthodologique, abordée notamment dans une e perspective évolutive du XIIIsiècle à nos jours, est au centre des quinze articles que comprend ce volume divisé en cinq sections: littérature, lexicologie-traductologie, civilisation-sociologie, musicologie, et arts * plastiques . La première section débute par une étude del’Image du monde de Gossouin de Metz. Nicolae-Alexandru Virastau y trace clairement les lignes e de force de cette première encyclopédie en français datant du XIIIsiècle, où l’iconographie –l’image –accompagne avantageusement les textes, et projette une représentation abstraite, géométrique, des objets ou mécanismes décrits, non sans tomber en certaines occasions dans un excès d’esthétisme, d’idéalisation, voire de divinisation de la création, préjudiciable alors à la véritéscientifique. Nous avons ici un bel exemple de catalogue de * L’extensionde l’éventail disciplinaire pris en considération ici, et pour la suite des parutions, explique la modification intervenue dans la dénomination desCahiers du CIRHiLLqui, à compter de ce n°40, deviennent lesCIRHILLa(Cahiers Interdisciplinaires de Recherche en Histoire, Lettres, Langues et Arts).
connaissances doublé d’un catalogue d’images. Pour sa part, Magali Jeannin-Corbin emmène agréablement le lecteur quatre cents ans plus tard en l’invitant à consulter une encyclopédie du «savoir sensible» :l’Orbis e sensualium pictus quadrilinguisde Comenius. Cet ouvrage du XVIIsiècle est présenté comme étant un catalogue de l’expérience à visée didactique, construit sur la base de la dénomination des choses (via leur représentation illustrée) par des mots tirés du latin, de l’allemand, du tchèque et du hongrois, un multilinguisme qui révèle la dimension universelle du savoir ainsi que l’unité du monde sensible. Les cent cinquante et une vignettes reproduites dans l’œuvre assurent ainsi la connaissance, par la vue, de l’objet recensé (aucune importance n’étant par ailleurs accordée à un quelconque ordre de classement dans le catalogue). Voir, nommer et mémoriser y font figure de schéma fonctionnel pour tout apprentissage. Lespériodiques e convoqués dans l’étude suivante nous conduisent au XVIIIsiècle. Suzanne Dumouchel y puise la matière d’une solide argumentation en faveur de l’idée que le journal littéraire d’alors était, par la variété et le classement de ses contenus (savants, mondains ou bourgeois), à caractère véritablement encyclopédique, bien que la position critique de ses lecteurs, devenus pour certains d’entre eux collaborateurs, introduisît dans les rubriques une part de subjectivisme, pour ne pas dire de parti pris. On observera ici comment cette nouvelle pratique culturelle de l’échange d’opinions contribua à la diffusion des connaissances en même temps qu’elle favorisa leur appropriation. Le volet littérature se ferme avec l’article de Sayaka Suda qui prend pour champ e d’observation le discours littéraire français du XIXsiècle comme « déversoir » possible de l’expérience et des connaissances terminologiques de l’auteur. Est donné ici en exemple Alphonse Daudet et son héros qualifié d’encyclopédique :Tartarin de Tarascon, véritable personnification du savoir. Prenant le contre-pied de la description pseudo-scientifique du jardin « Paradou »décrit par Émile Zola, l’auteur de cet article évoque avec bonheur le côté chaleureux des «descriptions catalogues» de l’écrivain méditerranéen, et pose la question même du mirage poétique de ces compositions. Cela amène à envisager, dans une deuxième section, l’élaboration scientifique des catalogues de connaissances lexicographiques que sont les dictionnaires, lexiques et autres glossaires. Ce thème est abordé dans l’article de Daniel Lévêque qui montre qu’un discours littéraire (ou ensemble syntagmatique) –en l’occurrence les œuvres centre-américaines des années 1920-1990 –peut donner matière, par voie de lemmatisation, à la constitution d’un catalogue de régionalismes lexicaux (ou ensemble paradigmatique) :en bref, un dictionnaire de l’espagnol d’Amérique centrale. On lira ici une présentation méthodologique rigoureuse de ce volume publié en 2010 par l’Université de Valladolid. À partir de la prise en compte du contexte d’emploi des termes, le procédé de lemmatisation préside aussi partiellement aux travaux de repérage informatique dont
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Emmanuel Planas décline les modalités, et qui répondent à un projet de recherche européen (TTC-project), orienté vers la constitution automatique decorpus detextes spécialisés, multilingues et comparables, ainsi que de glossaires techniques dérivés. Méthode compositionnelle et détermination de vecteurs de contextes font ici l’objet d’exemples précis. À la suite, Paola Masseau expose l’avancement d’un autre projet collectif –de type plus proprement phraséologique celui-ci– mené par le groupe Frasytram de l’Université d’Alicante. L’article met en évidence la nécessité, pour le traducteur, de manipuler les dictionnaires traditionnels de façon critique, et d’avoir à sa disposition des outils phraséologiques qui intègrent le paramètre de mise en situations (ou en contextes) des expressions linguistiques figées. Le groupe de recherche évoqué travaille précisément à la réalisation de cette banque de données des unités phraséologiques en question, et cela sous forme de catalogue de fiches dont nous pourrons apprécier quelques échantillons soigneusement choisis. C’est tout le contraire de l’objectivité scientifique –dont devrait pourtant se prévaloir l’activité traduisante– que fait ressortir le long exposé en anglais rédigé par le chercheur espagnol Juan Miguel Zarandona. Ce dernier démontre en effet, avec force exemples, que le parti pris politique, patriotique, religieux, du biographe anglais Robert Hugh Benson d’abord, puis –et surtout– de son traducteur espagnol Juan Mateos, en arrive à altérer jusqu’aux connaissances susceptibles d’être e transmises à propos d’un personnage historique du XVIsiècle :Marie Tudor, reine d’Angleterre, épouse de Philippe II d’Espagne. Cette étude textuelle comparative s’articule avec le troisième volet de notre distribution qu’ouvre Teresa Quesada Magaud par un développement sur la reconstitution de la mémoire historique et culturelle de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade à travers un roman contemporain du Colombien Germán Espinosa. L’article souligne le fait que les connaissances historiques liées à l’Inquisition espagnole sont revues, revécues, à travers le prisme de la composition littéraire, grâce à une double stratégie narrative : d’une part, une réactualisation événementielle, et, d’autre part, un usage de la tradition orale que sont les mythes et légendes, cela dans l’optique universaliste d’éveiller les consciences historiques ou, plus simplement, de toucher la conscience humaine. C’est ensuite sur le concept de transmission transgénérationnelle que nous invite à réfléchir Zaïhia Zeroulou dans son article consacré au sort des populations algériennes immigrées en France, où l’auteur insiste sur le fait que l’effacement de la contradiction entre tradition ascendante (ou « patrimoniale »)et formation nouvelle chez les enfants est promu par les parents eux-mêmes qui conçoivent la double culture en termes de savoirs et savoir-faire comme une chance accrue de réussite sociale. Dans le domaine tout autre du management entrepreneurial, et tel qu’il est abordé en ces pages par Anne-Charlotte Taillandier, il apparaît que la transmission des connaissances est souvent mise à mal du fait de la vision court-termiste, la gestion par l’urgence, des dirigeants d’entreprises oublieux de ce que
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