Recherches sur les résultats définitifs des traitements employés pour la cure radicale de l'hydrocèle vaginale, par M. F. Hutin,...

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J.-B. Baillière (Paris). 1853. In-8° , 20 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1853
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CORE RADICALE
DE L'HYDROCÈLE VAGINALE.
Imprimé par HENBI SI Charles NOM.IT, rua Saint-Dominique, 56,
RECHERCHES
SDR LES
RÉSULTATS DÉFINITIFS DES TRAITEMENTS EMPLOYÉS
POUR LA CURE RADICALE
_J)E L'HYDROCÈLE VAGINALE;
V ^j PAR M. F. HUTIN,
s ^ \/
? ~~ x / Docteur en médecine de la Faculté de Paris; •-
^ ^^JJbeÇ du service médico-chirurgical de l'Hôtel des Invalides;
Médecin principal de ir<> classe; Officier de la Légion-d'Honneur; Membre correspondant
de 1*Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse;
de la Société de médecine, chirurgie et pharmacie de la même ville;
de la Société des Sciences du Bas-Khin;
de la Société phrénologique de Paris; des Sociétés de médecine
de Lyon et de Marseille.
PARIS,
CHEZ J.-B. BAILLIÈRE,
LIBRAIRE DE L'ACADEMIE NATIONALE DE MEDECINE,
RUE HACTEFEDILLE, 19.
1853
RECHERCHES
RESULTATS DEFINITIFS DES TRAITEMENTS EMPLOYES
POUR LA CURE RADICALE
DE L'HYDROCÈLE VAGINALE.
La cure radicale de Phydrocèle vaginale a depuis
longtemps exercé le génie inventif des chirurgiens.
L'incision, pratiquéedès le temps de Celse; la cautéri-
sation de quelques parties de la poche séreuse, décrite
par Aëlius et Paul d'Egine, et faite tantôt à l'aide
d'un caustique, tantôt avec un fer incandescent ;
l'excision d'une portion de ses parois, remontant à
Celse et à Albucasis, mais remise surtout en pratique
chez les Anglais par Douglas; le séton, attribué à Lan-
franc par Sprengel, à Francofpar Sam. Cooper, à Paul
d'Egine par Peyrilhe; l'usage des tentes, adopté par
Guillaume de Salicet, des mèches effilées, préférées
par Fabrice de Hilden ; l'irritation de l'intérieur de
la poche à l'aide de la canule du trocart laissée en
place par Monro, ou à l'aide d'un bout de sonde élas-
tique, comme le voulait Larrey; les vésicatoires, les
topiques stimulants à l'extérieur; les scarifications
pratiquées à l'intérieur ; l'introduction de poudre de
cantharides, de vapeurs d'ammoniaque; l'acupunc-
ture; la compression, etc., sont autant de moyens
successivement préconisés,, abandonnés, repris et
délaissés encore. Ils ont suivi en cela le sort de tant
de choses, et prouvent une fois de plus qu'Horace avait
raison quand il disait :
M.ulta renascuntur quae jam cecidere : cadenlque
Quoe nunc sunt in honore.
0 CURE RADICALE
L'évacuation du liquide, suivie d'une injection des-
tinée à porter dans la cavité vaginale un certain
degré d'irritation, a remplacé presque généralement
ces procédés opératoires ; et l'on pourrait dire que
les praticiens se sont tous arrêtés à cette méthode,
que cependant un instrument nouveau, imaginé par
M. le docteur Baudens, semblerait devoir rendre
moins générale peut-être, si la sanction d'une vaste
expérience venait confirmer les avantages obtenus
par notre confrère et ami.
Quoique l'usage des injections, du moins sur une
grande échelle, ne soit pas d'une très-haute antiquité,
on n'a guère moins varié sur l'espèce de liquide à
choisir pour !es pratiquer. Malgré les essais plus ou
moins heureux tentés à l'aide de la sérosité extraite
elle-même; de l'eau phagédénique ; de l'alcool; des
solutions d'alun, de sel, d'azotate d'argent ; de l'eau
pure ou animée d'alcool, d'ammoniaque, d'éther ; du
lait, etc., on avait à peu près fini par se borner aux
injections de vin rouge et chaud, et ce procédé était
le plus universellement adopté , lorsque, en 1836 ,
M. Velpeau publia ses expériences sur les injections
de teinture d'iode étendue d'eau. En dépit du peu de
crédit que ce liquide a trouvé près de quelques-uns
des chirurgiens les plus distingués de notre époque,
l'immense majorité, j'allais dire la totalité, de ceux
qui l'ont mis à l'épreuve, lui ont reconnu des avan-
tages tels, que, s'il n'est pas encore exclusivement
admis, le temps n'est sans doute pas éloigné où le peu
de douleurs comparatives qu'il cause, les succès pres-
que constants qu'il procure, l'excessive rareté des
accidents, s'il y en a, qui accompagnent son emploi,
le feront préférer à tous les agents auxquels on a eu
recours jusqu'aujourd'hui.
Quelque soit le procédé auquel on s'arrête, le but
que l'on se propose est de provoquer une inflamma-
tion adhésive de la tunique vaginale, et de faire dis-
paraître ainsi, avec la cavité servant de réceptacle h
la sérosité accumulée , jusqu'à la possibilité d'un
DE L HYDROCELE VAGINALE. 7
épanchement nouveau. Cependant, est-il bien réel
que cette adhérence soit, indispensable pour la gué-
rison de lamaladie? L'oblitération est-elle également
la conséquence de toutes les manoeuvres chirurgi-
cales sus-énoncées, quand la guérison de l'hydrocèle
a couronné les efforts de l'homme de l'art? C'est ce
que j'ai voulu Constater.
« Une remarque de Pott, dit M. Velpeau dans sa
« Médecine opératoire, semblerait indiquer que ce
« chirurgien ne regardait pas la disparition de la
« cavité vaginale comme indispensable à la guérison
« de l'hydrocèle. M. Ward soutient même que l'hy-
« drocèle guérit souvent, quoique la cavité séreuse
« du scrotum ait conservé ses dimensions premières,
« et M. Green invoque à l'appui de cette opinion une
« pièce conservée au musée de l'hôpital Saint-Tho-
« mas. M. Ramsden est du même avis. »
M. Bégin , dans ses Eléments de chirurgie, re-
pousse cette idée, et s'exprime ainsi : « Quelques per-
« sonnes ont récemment prétendu que cette oblitéra-
« tion de la tunique vaginale n'est pas indispensable
« à la guérison radicale de l'hydrocèle; mais aucun
« fait positif, pas même celui invoqué par M. Vel-
« peau, ne justifie cette assertion, contre laquelle
« s'élèvent tous les résultats connus de l'inflamma-
« tion des membranes séreuses. »
Ces théories contradictoires, exprimées par des
hommes célèbres, n'ont guère été vérifiées, proba-
blement parce qu'on est rarement à même de le faire
dans les hôpitaux, où l'on retrouve assez difficilement
les mêmes malades après un certain laps de temps.
Placé dans des conditions meilleures, stimulé par la
discussion éveillée^n^i^^de l'Académie au com-
mencement de lS^^^!j|t S§É§;d'un savant rapport
de M. Velpeau, e^a^u,#èjçv;âa|ion officielle du Con-
seil de santé de^rr^Éfe|||ii &i| d'assez nombreuses
recherches, don$ï|. v^gjp||Qnjér^e résultat.
Au mois d'avriFdè^étle'alànée 1846, j'ai trouvé à
l'Hôtel des Invalides^^Jèng'^fre hommes qui avaient
8 CURE RADICALE
subi diverses opérations pour la cure d'hydrocèles
plus ou moins anciennes. Depuis cette époque, trente
autres ont été opérés dans mon service.-
Parmi les premiers,
3 avaient été soumis à l'emploi du selon, par Sabatier ;
2 id. à l'excision par Percy, pendant leur jeu-
nesse ;
3 id. à l'incision, par Yvan, avant ou depuis leur
admission ;
8 id. à l'emploi extérieur de la potasse causti-
que, par le même ;
8 id. à l'usage d'une sonde flexible laissée à
demeure, par Larrey ;
2 id. à des injections vineuses, par Pasquier
père ; •
3 îd à des injections de même nature, par Pas-
quier fils ;
4 id. à des injections iodées, par le même.
Un, enfin, avait subi en 1838 unesimple ponction,
sans injection, faite par M. Desruelles, au Val de-Grâce.
Une violente inflammation s'était déclarée; on l'avait
combattue à l'aide de sangsues : la guérison de l'hy-
drocèle s'en était également suivie.
Sur les trente hommes opérés à l'Hôtel depuis mon
arrivée en 1845, deux m'ont présenté des testicules
dans un état assez grave pour que je craignisse de
faire autre chose qu'une ponction évacuatrice. Les
vingt-huit autres ont été soumis à des injections com-
posées presque invariablement d'un tiers de teinture
alcoolique d'iode et de deux tiers d'eau, sans addi-
tion d'iodure de potassium : le liquide a séjourné de
4 à 6 minutes dans la cavité vidée de sa sérosité mor-
bide. Parmi eux se trouvait un invalide à qui, déjà,
M. Aronson avait fait infructueusement, à Strasbourg,
une injection vineuse, cinq ans auparavant.
Vingt-huit des trente-quatre premiers sont morts;
deux ont quitté l'établissement. Quinze des trente
opérés depuis 1845 sont morts aussi. Les uns et les
autres ont succombé à des affections diverses, tout-
à-fait étrangères à l'opération, et tous fort longtemps

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