L'instant transperce

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Journal intime d'un voyage à Madagascar. Le narrateur est-il dans la vie ou à côté de la vie ? Observateur qui se voudrait neutre et qui lentement et décidément plonge dans la réalité. La force et la faiblesse, garder les mots et les tournures dictés par l'instant.

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Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comL’instant transperce© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0713-6 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-0712-8 (pour le livre imprimé)Vacu Silant
L’instant transperce
Journal de voyage juillet août 1991
JOURNAL/CARNET (NON FICTION)1ER JUILLET 1991 15:06
Bon, je reprends dans ma piaule à Diego. Une
matinéecalme,unepetiteballadeverslaradeenredes-
cendant la rue Colbert. Une rue propre, assez large,
desbâtimentsdestylecoloniaux,ouplusrécentsenbé-
ton, qui gardent les arcades et les plafonds hauts. Des
boutiques assez nombreuses sont installées au rez-de-
chaussée des bâtiments. Portes à doubles battant pour
les alimentations, les magasins de fringues. Le Bata du
coin à ses chaussures en vitrine, du Made in china en
plastique. Une ambiance plus industrieuse, et surtout
plus propre qu’a Tana. Pas de mendiants, de belles
femmes musulmanes au teint métissé se couvrant les
cheveux avec des cotons imprimés jaunes et verts, ba-
riolés. Le soleil tapait déjà quand nous sommes arri-
vés sur le front de mer. Surélevé d’une vingtaine de
mètres au-dessus de la rade. Nous avons regardé la
rade et les bâtiments plantés en face de cette vue fa-
bul… Voila j’achoppe sur l’adjectif. Je n’ai pas envie
d’écrire celui là. Un soleil de dix heures, des reliefs
dans la baie, une couleur de Grèce en été. De petits
vallonnementssurlagauche,unerivepluslointaineen
face, la passe un peu à droite, la couleur de l’eau dans
cette direction métallisée par le soleil, la terre sombre,
unîlotdanslapasseetauloinlapleinemer. Maisplus
que le relief, c’est la couleur jaune des côtes, les bos-
quets d’arbres disséminés avec le vert assez sombre des
feuilles de payssecs, qui domine. Et puisla nature. La
7L’instant transperce
ville est sur son promontoire au sud ouest de la rade,
et le reste des côtes, en face, sur les côtés, c’est la na-
ture. Il n’y a pas une construction. C’est la vision du
monde tel qu’on ne peut plus la trouver chez nous, ni
même aux Etats Unis. Un site extraordinaire, décou-
vert depuis plusieurs siècles par Diogo Suarez dont je
1ne connais qu’une histoire de guide touristique,un
site qui n’est pas encore pollué par l’urbanisme, qu’il
soit industriel et touristique. Il n’en a plus pour long-
temps. Normalement nous sommes ici pour partici-
per au développement de cette île, au développement
del’endroitounousdevonsnousinstaller. Enl’occur-
rence Diego. Nous sommes partis dans l’intention de
monter un bar à Diégo sur une plage. Et de voir en-
suite, dans le bois, dans le tourisme, dans l’artisanat.
Nous sommes ici dans l’idée qu’un jour cette baie res-
semblera à celle de San Francisco, que nous nous y se-
rons installé à l’avance. Je trouve la baie de Diégo est
plusbellequecelledeSanFrancisco. ASanFrancisco,
aumilieudugoldengate,avecquelquesautrestouristes
qui se baladaient comme moi, je regardais la baie et
je tentais de me l’imaginer tel qu’elle était lorsque les
clippers en bois chargeurs de peaux venaient y traiter
quelquesaffairesaveclamissionDolores,oulesindiens
installés au fond après montain view. J’essayais de re-
mettre des arbres sur l’Alcatraz, sur toutes les berges,
j’essayais d’éliminer les ponts de ma vue. Eliminer le
Bay Bridge qui cassait la perspective au niveau de Ber-
keley. Eliminer le golden gate bridge qui défigurait la
passe. Eliminer le pont pour ne garder que la porte
d’or. Unepassesiétroite,siabrupte,siprofonde,pour
unebaieaussivaste. Moi j’auraiseu unsentimentreli-
gieuxenpénétrantcegenred’endroitpourlapremière
fois. Un sentiment de profond respect, d’inclinaison,
comme on s’incline en chine pour saluer. Je voudrais
1. Fausse. D’aprèsAKammerer,celuiquiadonnésonnomàlabaieétait
un demi pirateportugais envoyé dans les parages àla recherche du frère
d’un gouverneur de l’Inde disparu dans cette zone.
8Vacu Silant
saluer la beauté, respecter ce qui est visiblement gran-
diose. Dans la baie de San Francisco la grande beauté
naturelleadisparue. Onestobligédesel’imaginer. Ici
on peut encore voir. Nous sommes là pour faire dis-
paraître la beauté ! J’exagère bien sûr ! Nous sommes
petits,ilsyenàd’autresquiviendrontetnes’embarras-
seront d’aucunes questions, ce que nous voulons faire,
unbarsympaavecunebellearchitecture,rienquidépa-
reille,aucontrairequelquechosequiembellilaville. Si
cettebeautémesuffitpourvivre,sij’aienvied’habiterce
bord demer, je leverraissetransformer avecle temps,
jepourraisparticiperàcequ’ilnesedégradepas. Hein,
pourquoipas? Cequimerendlavieextrêmementfati-
gantec’estl’idéequ’enm’installant,jevaism’ennuyer,
brûlermavieenuninstantparlequotidien. Cetteidée,
sionyréfléchitestcomplètementidiote,c’estuneimage
mentalequiprovoquel’angoisse. L’imagementalec’est
une maison, un lit, un cercle qui part d’un lit, qui se
promènedansunevilledurantunequinzained’heures,
et qui revient vers ce lit. Qui s’oublie. Qui se réveille
un jour, il est ancien, vieux, et il se rend compte qu’il
ne savait pas ou il était. Jusqu’à ce jour il ne s’est pas
renducomptequ’ilvivaitici. Danscetteville,danscette
époque, et qu’il s’est plus ou moins bien amusé. Plus
oumoinsbienamuséc’estlejugementdernier. Amusé,
c’estêtresatisfaitduchemin,contentdesevoirmourir,
contentparsatiété,nonparfatigueoudéception. C’est
tellement banal tout ça ! C’est évident, c’est la même
chose pour tout le monde, mais il y en a qui trouvent
dessolutions. Alorsvoilalesecondproblème. Moijele
vois bien ce petit cercle. O. K, je l’accepte, je ne peux
pas faire autrement, la vie c’est la vie, O.K. Il faut que
metrouve un petitcercle,uncerclequije comprenne,
que j’analyse, que j’imagine même dans la durée sans
qu’il me tue d’avance. Mais au niveau du lit il faut de
l’amour. Et là le bât blesse. Le problème c’est que je
9L’instant transperce
refusedemecontenterd’unsimplesexechaudetmou-
lantentretenugrâceaucerclediurne. Parfoisj’ail’im-
pressiond’êtreunefilledupointdevuedessentiments.
J’ai besoin de pas mal d’amour et de connivence pour
baiserjoyeusement,du désirdel’autreaussi. Etbienil
faut croire que c’est pas si évident. Ici on trouve tout
ce qu’il faut du point de vue du sexe. Mais attention,
pas uniquement des putes à la nuit, des copines aussi,
desfillesquisaventparler,quiontducaractère,quiri-
golent, qui restent une semaine, un mois avec toi (on
mel’adit,jel’aivu)etqueturenvoisavecunpeuxd’ar-
gent, des beaux cadeaux quand l’utilité s’en fait sentir.
Et attention, il parait que la plus part ne t’en veulent
mêmepas,c’étaitlecontratdedépart,ellesneviennent
pastefairechieraprès. Maismêmeça jen’enveuxpas,
je ne peux pas imaginer ça dans mon cercle. Non, le
cercle auquel je rêve dans la catégorie des nuits, celles
quisesuiventseressemblentetneressemblentpas(avec
toutes les expériences l’esprit crée ses ressemblances) il
me faut de l’amour. Il me faut la femme que j’aime.
Voila comment on est conditionné. J’ai l’impression
d’êtreunefilleaveccegenredesentiments,(attention,
pasuneimpressiontrèsforteougênante,justeuneidée
qui me passe par la tête de temps en temps), une sorte
d’impression humoristique, je me dis "La rumeur so-
cioculturelle veut que les filles baisent par amour et ne
peuvent trouver du plaisir qu’avec de l’amour mental,
alorsquelesmecsbaisentparplaisiretnetrouventleur
plaisirquedansl’acte. Desconneriescommelarumeur
publique en propage sans arrêt. Jouir c’est très bien,
mais dans le cercle c’est de l’amour qu’il faut, non pas
seulement de la jouissance.
Dansmoncercle,dansmoncercleDiurneilyaun
autre problème. L’équation à résoudre : travail = ar-
gent. Travail = temps. Temps = vie. vie = vie. Il
me faut quelques heures pour écrire. Il me faut un
travail qui me plaise ou qui me laisse assez de temps
10Vacu Silant
pour pouvoir écrire quelque chose qui se tienne qui
justifie d’avoir écrit. Je veux me justifier d’avoir vécu.
Quellemerde! Je nesaispas vraiment àqui j’écrisau-
jourd’hui, à Cendre sans doute quand je fais mon dé-
liresurl’amour,aulecteurpotentieldecejournald’un
égaré, mais bon sang que c’est nombril ! Exactement
ce que je reprocheà lapluspart desécrivains, raconter
leurviealorsqu’ellen’aaucunintérêt. Maisbonceque
je me dis c’est que c’est pas l’intérêt qui compte, c’est
la manière. Moi si j’écris c’est que je voudrais la ma-
nière. La manière de dire. Et ma folie c’est de croire
quejepourraisentrouverune,quejepourraistrouver
une personnalité attachante, quelque chose qui puisse
faire qu’on m’aime… Ah, je veux qu’on m’aime et me
comprenne! Maissijedistouslesobstaclesquejevois
devantmaroutejerisquededevenircomique. Enpre-
mierlieu l’intelligence. Jenesuispasidiotausenscli-
niquedu terme,maisparfoisjemeposedesquestions.
Aucune mémoire, on me dit un prénom dans les cinq
minutes je l’ai oublié, j’oublie ce que je lis au fur et à
mesuredelalecture,jenemesouviensderiendesfilms
quej’aivu,j’aioubliémonenfancedanssaplusgrande
partie (il parait que ça revient avec la sénilité). Ensuite
mes raisonnements intellectuels aboutissent dans leur
grande majorité à des trucs évidents. Je me lance dans
des théories fumeuses, pendant dix minutes j’ai l’im-
pression d’avancer vers une révélation et puis pouf, je
tombe sur la vie c’est la vie, ou la vie sans l’amour c’est
pas terrible. C’est qu’aux yeux des autres je suis un in-
tellectuel,alorsjevoudraisycroire,jemelance,etpata-
tras. Pourleromanj’ail’impressionquec’estlamême
chose. Je dois être idiot ou têtu pour continuer à y
croire.
J’ai commencé à écrire depuis plus d’une heure.
Ce que je voulais faire c’était écrire un petit poème,
je ne l’ai pas fait. Ensuite je voulais dire mon putain
de malaise, celui qui a commencé hier dans la bagnole
11L’instant transperce
quandonaparlésérieusementdes’installer,etdejolies
filles qui traînent dans la rue. Hier soir à Antsohihy je
m’endormaisquanddeuxfillesonfrappéàlaporte.
Ce sont des nanas qui font du porte à porte. J’ai
ouvert, elles ont commencé à me baratiner. J’avais bu
une bière, fumé un pétard, j’étais naze, conscience en
faillite. La fille avait un visage mignon, elle est entrée
dansmachambreavecsacopine,elles’estassisesurmon
litetacommencéàmebaratinerqu’ellevoulaitpasserla
nuit avec moi. J’ai protesté, j’ai dit avec l’air crevé que
je devais prendre la route le lendemain à cinq heures,
que j’étais crevé, qu’elle me laisse en paix. Mais elle
s’est levée, elle s’est déshabillé carrément en gardant sa
culotte. J’étais assis sur le lit, elle est venue s’allonger
et poser ses seins sur ma cuisse. L’autre était debout,
elle nous regardait. Moi j’étais en caleçon, je sentais
une érection venir, et en même temps l’envie que rien
ne soit arrivé. Je me suis levé j’ai poussé l’autre vers la
sortie et j’ai fermé la porte. En revenant j’ai pris deux
capotes dans mon sac.
Le lendemain j’avais carrément les boules. La
journée passait et j’ai pensé à Cendre. Je trouve par-
foisquejesuisunecaricatured’homme. Unecaricature
mentale. La femme que j’aime ne baise pas, la femme
que je baise ne m’aime pas. Quel bordel cette vie ! Je
feraismieuxdedécrirelaroutequenousavonsfaitede-
puis Mahajanga.
Départ Mahajanga le samedi matin. Levé six
heures, départ six heures et quart. Nous avons bien
roulé, Feuker devait passer à Ambato Boeny pour voir
un client. Nous y sommes arrivés à 9 h 30, le gars
n’y était pas. La route est bonne jusqu’au croisement,
ensuite jusqu’au village c’est du bitume troué, parfois
même défoncé. Un pont en béton presque détruit
qu’il faut passer avec prudence. Ensuite bonne route
jusqu’au PK 0 que nous avons atteint vers dix heures
12Vacu Silant
trente, croisement entre Tana Mahajanga et Diégo. Là
nous avons attaqué de la mauvaise piste. Bitume troué
etdéfoncé,parfoissurquelqueskilomètresdesornières
séchées de quarante à soixante dix centimètres de pro-
fondeur. Nous sommes arrivés à Mampikony vers une
heuretrenteaprèsuneautrehalteinfructueusechezun
client de Feuker. Paysage de savane, de vallonnement
etd’arbresxérophiles. Desbosquetsdemanguiers. Les
rares villages sont petits et semblent vraiment pauvres
etsousdéveloppés. Lescasesontunecharpentedebois
fin et des toits de feuilles. Les murs sont en bambous
ou en feuilles tressées. Les gens portent souvent de
haillons, ou des vêtements simples et propres. Ils
sont souriants, de type africain en général, mais il y
a toujours des métis et du type asiatique de temps en
temps.
A Mampikony arrêt pour manger chez les trois
grosses. En vérité des Karany installé dans une case de
tôle. Riz plus petits morceaux de zébus (4 ou 5) dans
une sauce très liquide avec quelques feuilles vertes. La
caissièretenancièreunegrosseKaranytrèslaide,àtable
uneautregrossedelafamille,plusvieilleettrèsmoche
aussi. Unvisagedecommerçantquiattendleclient. Les
clients d’ici sont pauvres et vivent dans la crasse. Alors
eux,lescommerçant,entretiennentunefaçadedepau-
vretépoursepréserverdel’enviedesautres. Pourcou-
ronnerletout: desmariagesconsanguinspourpréser-
verlacommunauté,lareligion. C’estqu’ilsontracistes
etintolérants…rienàvoiravecleschinoisquisaventse
fondreouavalerlaculturedanslaquelleilss’installent.
Alors les Karany semblent tout faire pour se faire haïr
et devenir les boucs émissaires des révoltes de la misère
à venir. Ils ne sont pas responsables de cette misère,
ils en profitent, et parfois avec leur accointance avec le
pouvoir, ils l’amplifie. Ils sont aussi les piliers écono-
miques de ces villages. Les commerçants, ceux qui ap-
portent le progrès, la nouveauté, les idées neuves. On
13L’instant transperce
peutquandmêmeseposerlaquestiondesavoirsigagner
del’argentetledépenserestunprogrès. Avoirlaradio,
la télé, on le sait par expérience, n’en est pas un. Et
commeenplus,encequiconcernelasanté,onneleur
fourniquelesdéchetsdenotreindustrie…LesKarany
méprisentces pauvres malgaches, ils lesméprisentet se
sententau-dessusdecelotd’uneraceinférieure. C’est
le sentiment qu’ils ont. Je parle du Karany moyen, le
balourddebase,lamajorité. Cettemajoritésilencieuse
detouslespeuples,cellequiestlourde,inhumaine,vi-
cieuse,envieuse,raciste,inculte,sûrdesoi,desasupé-
riorité.
Nous sommes repartis de Mampikony vers
14 h 30. Vers trois heures nous sommes arrivés à
Tsarahasina, nous avons bifurqué vers une plantation
de coton que voulait voir Feuker. Des grecs qui ont
un domaine de presque mille hectares dont six ou sept
cent de coton. Autour de leur ferme il y a le village
d’ouvrier. J’ai pris quelques photos de l’endroit. Des
photos de gamins aussi. Nous avons visité les champs
de coton, Feuker à fait son baratin commercial, c’est à
dire qu’il s’est intéressé aux problèmes. Nous sommes
repartis vers quatre heures. Coin superbe, pour rien
au monde je n’y vivrais. Jusqu’à Port Bergé la route a
continué d’être mauvaise. Nous y sommes passé vers
17 h 25, la route jusqu’à Antsohihy était très bonne
ensuite. Nousy sommesarrivés vers 19h 30. Le temps
detournerunpeudanslaville,dechoisirunhôtel,pas
leplussélect,lesecondà10000lanuit,demanger,il
était neuf heures et demi. Ensuite nous avons décidé
d’aller boire un coup dans la boite locale. Au début
c’était carrément marrant. On était un peu cassé, on
buvait une bière, un type était venu nous brancher. Il
étaitraidebourré,gentil,maisonnecomprenaitpasle
quartdecequ’ilnousdisait. Surlapisteilyavaitàpeine
deux couples qui dansaient. On a commencé à délirer
sur les boîtes de province en France, sur l’ambiance.
14Vacu Silant
C’est vrai qu’ici les gens s’amusent, ou ont l’air de
s’amuser. Quelques bières dans le nez et dansent. Les
filles ont commencé à arriver. On les regardait, on les
jaugeait un peu en rigolant. Mais le mot d’ordre était,
demain on se lève à cinq heures du mat, alors pas de
folie de notre corps. Vers onze heures on est retourné
se coucher. Ensuite ces deux nanas ont frappé à ma
porte. Vers minuit je n’arrivais pas à m’endormir, je
me tournais, je poussais l’autre. J’avais envi de la faire
dégager. J’avais un peu honte d’avoir cédé si vite. Elle
avaitunjolivisageetuncorpspasterrible. J’avaisaussi
unpeu peurdu jugementdesautresau matin. Etpuis,
jemedisaisquequandlecœurn’yestpastotalement…
pourtant la galipette avait été assez bonne, la fille très
coopérative et assez démonstrative, sans aller jusqu’à
ameuter tout l’hôtel. C’est pour ça que pour attaquer
le trajet du lendemain j’avais un certain vague à l’âme,
une petite nausée à propos de l’amour.
Antsohihy Ambanja, route affreuse. 5 h 45
14 h 15, soir 8 h 30 pour faire 2OO Km. J’ai calculé,
çafaitdu20km/h. Jen’aijamaisvurouteoupistedans
un tel état. Il y avait parfois des dizaines de kilomètres
d’ornières qui faisaient jusqu’à un mètre cinquante de
profondeur, la voiture y entrait presque entièrement,
des fossés, des trous, des bosses. Impossible de faire
plus de 5 km/h, et à cette vitesse se faire casser le cul.
Pourtant la voiture était assez confortable. Heureu-
sement elle avait une bonne garde au sol. Comme la
route était sèche le 4X4 n’a pas beaucoup joué, par
contre la garde au sol oui. Nous avons mangé sur la
route à Maromandia vers dix heures, nous en sommes
repartis à dix heures trente. Un hotelly exceptionnel
quiproposait sursacarteducanard rôti,des bichiques
et du poisson au coco.
Ambanja Ambilobe route billard. Une heure et
demi pour faire les 125 km. Arrivé à Ambilobe vers
15

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