Le Chien de Bagdad

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Ce livre est un témoignage vivant sur les deux séjours effectués par Hédi Khelil en Irak, le premier de septembre 1989 à juillet 1991 en tant qu'enseignant de langue et lettres françaises à l’université d’Al-Mustansirya de Bagdad, et le second du 12 au 31 mars 2003, en qualité de journaliste. Cet essai littéraire combine et mélange deux itinéraires, celui d’un pays arabe en guerre, en proie à une grave déconfiture économique, sociale et psychologique et celui d’un témoin (suicidaire ?) entraîné par ses désirs, ses envies, ses fictions et poursuivi par de vieux démons. Hédi Khélil est spécialiste d’André Gide et de Jean Genet, critique de cinéma et journaliste. Il enseigne le cinéma arabe et la littérature française aux Facultés des lettres de La Manouba et de Sousse (Tunisie).
Publié le : lundi 13 juin 2011
Lecture(s) : 369
EAN13 : 9782748151763
Nombre de pages : 196
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Le Chien de Bagdad
Hédi K helil
Le Chien de Bagdad
Journal de deux guerres
(1991 et 2003)
TE MOIGNAGE
Le Manuscr it w w w . m anuscr it . com
© É ditions Le Manuscrit, 2005 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@ manuscrit.com ISBN : 2748151771 (fichier numérique) ISBN : 2748151763 (livre imprimé)
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LECH I E N D EBA G D A D
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PRO LO G UE Ce livre n’est pas une chronique de la guerre, mais celle de la vie des gens pendant la guerre. Ses motivations et sa portée ne sont pas donc circonstancielles et conjoncturelles. Si tel était le cas, je ne l’aurais certainement pas écrit. J’ai enseigné le français à l’Université d’AlMustansiryâ de Bagdad de 1989 à 1991, dans le cadre de la coopération technique. J’ai tenu à changer d’air pour échapper à un mariage dont je ne voulais plus et surtout pour me consacrer entièrement à ma thèse d’E tat surtranger dansL ’É criture de l’É l’œuvre de Jean Genetà laquelle je venais juste de m’inscrire. C’est au cours de ce séjour de deux ans que j’ai connu, sans doute, dans l’anonymat le plus total, ma période de carburation intellectuelle la plus intense.
Pendant la guerre de janvierfévrier 1991, j’ai commencé à tenir un journal dans lequel je consignais mes impressions sur la vie quotidienne de la population civile. Mais j’ai vite lâché prise. Je venais d’être endeuillé par la mort de l’un de mes meilleurs étudiants, K adhem, âgé de vingt ans, atteint le 15 janvier en plein jour au quartier AlK arrada à Bagdad d’une balle, diton, «perdue». Puis, deux jours seulement après le déclenchement de la guerre, nous avons été privés d’eau et d’électricité. Dans un appartement où sont venus se réfugier plusieurs compatriotes tunisiens, ni les bougies ni le laisseraller du corps n’étaient propices au travail. Mes souvenirs de l’enfer de 1991 ne sont pas, par conséquent, un récit chronologique, mais plutôt des éclats d’images.
Je voulais revenir en Irak depuis longtemps. Je savais qu’un jour ou l’autre je le ferais. Mais il fallait que je choisisse l’occasion la plus appropriée à de telles retrouvailles. Je suis parti via Damas le 12 mars et suis reparti le 30 du même mois en empruntant le même itinéraire. Au gré des jours, j’ai scrupuleusement noté ce que je voyais.
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À cause d’un problème de vol, mon séjour à Damas s’est étalé du 31 mars au 12 avril 2003. Me retranchant dans un hôtel de la ville et me coupant de toutes les informations, j’apprends, dans la stupeur générale, le 9 avril en fin de matinée, la chute de Bagdad. C’est alors que je me suis mis, au fil des entretiens et rencontres, à la poursuite, en Syrie, du fantôme de la Mésopotamie.
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