LIBERIA

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S'il y a un seul pays au monde qui se devait d'incarner la vitrine d'un monde de liberté sans injustice, nul doute que ce rôle devait échoir au Liberia. Imaginez un peuple d'esclaves affranchis qui décide de fonder une nation… Ces hommes et ces femmes avaient été déportés d'Afrique dans des conditions des plus abjectes pour une vie de servitude tout autant inhumaine. Ils ont eu à traverser toutes les phases physiques et psychologiques consécutives à la privation de liberté chez l'homme: le sevrage culturel, la maladie, la torture, l'assassinat, l'incompréhension, la révolte, la résignation, l'espoir, le désespoir…
Publié le : dimanche 1 février 2009
Lecture(s) : 333
EAN13 : 9782304012088
Nombre de pages : 257
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Titre
Liberia
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Titre Aboubacrine Banaye
Liberia La voix des morts
Témoignage
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01208-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304012088 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01209-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304012095 (livre numérique)
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AVANT PROPOS
Notre ambition n’est pas d’écrire l’histoire du Liberia. Nous avons malheureusement été asso-ciés à un drame humanitaire majeur dont ce pays a été et continue d’être le théâtre… Notre conscience d’homme ne pouvait faire autrement que de nous imposer de produire un témoi-gnage. S’il y a un seul pays au monde qui se devait d’incarner la vitrine d’un monde de liberté sans injustice, nul doute que ce rôle devait échoir au Liberia. Imaginez un peuple d’esclaves affran-chis qui décide de fonder une nation… Ces hommes avaient été déportés d’Afrique dans des conditions des plus abjectes pour une vie de servitude tout autant inhumaine. Ils ont eu à traverser toutes les phases physiques et psycho-logiques consécutives à la privation de liberté chez l’homme : le sevrage culturel, la maladie, la torture, l’assassinat, l’incompréhension, la ré-volte, la résignation, l’espoir, le désespoir… Ils ont lutté jusqu’au bout pour avoir, au lieu du droit de retourner vivre en Afrique, au moins
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Liberia
celui de jouir du minimum de droits dignes d’un être humain. L’Amérique a fini par entendre raison. La loi abolissant l’esclavage fut promulguée. Les an-ciens esclaves furent autorisés à retourner vivre en Afrique pour ceux qui le désiraient. Le Libe-ria naquit dans la foulée. Hélas, l’homme retombe toujours dans ses travers. Les ex esclaves afro-américains devaient à leur tour, chavirer dans les profondeurs du règne de l’intolérance et de l’exclusion mani-feste. Se prévalant d’une motivation aussi ignominieuse que le fait de se croire plus « civi-lisés » que les indigènes autochtones qui n’avaient jamais quitté l’Afrique, il ne tardèrent pas à ériger un système de discrimination raciale presque similaire à celui dont ils avaient tant souffert lors de leur captivité américaine. Pen-dant près d’un siècle et demi les Afro-américains avaient régné en despotes sur le Li-beria. La révolution de Samuel Doe, comme un cy-clone qui avait déjoué toutes les prévisions mé-téorologiques, était venue balayer 136 ans de tyrannie. Elle non plus, n’allait pas tarder à dé-cevoir les espoirs immenses que le peuple avait nourris à son égard. Pauvre Libéria ! Une nation partagée entre, d’une part, les Afro-américains, peuple culturel-lement essouché par une épisode éminemment
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