Repartir ou rester

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Présentation du livre Le meilleur moyen de se familiariser avec un sujet, c'est de lui consacrer un livre, écrivait Bernard Shaw. Vous avez certainement entendu parler d'immigration Canada. Mais, vous n'avez peut-être pas entendu parler du sort réservé aux immigrants reçus du Québec. Eh bien ! Yankhouba Sané, ayant immigré au Canada en 1998, a tenu à livrer aux lecteurs, et aux futurs candidats au grand saut 165 pages de réminiscences dans lesquelles il parle de son expérience d'immigrant "désiré" pour ne pas dire "indésirable." Il s'y adresse également à ses frères et sœurs de la Diaspora. Dans Repartir ou rester ? (Les non dits d'une immigration organisée), il évoque la vie des immigrés confrontés à l'épineux problème de l'emploi dans l'une des plus grandes métropoles du Ca
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 233
EAN13 : 9782748170566
Nombre de pages : 167
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Repartir ou rester
Yankhouba Sané
Repartir ou rester
Les non dits d'une immigration organisée
TEMOIGNAGEÉditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-7057-1 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748170573 (livre numérique) ISBN : 2-7481-7056-3 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748170566 (livre imprimé)
PRÉFACEe e LeXIXsiècle a été celui de la liberté, leXXcelui de e l’égalité. Espérons que leXXIle siècle de la sera fraternité. Mais que de chemin à parcourir ! Yankhouba Sané en est la preuve. Il débarque à Montréal tout feu et tout flamme, en provenance du Sénégal et de Paris où il décroche un doctorat ès lettres en littérature comparée à l’université de Paris X, Nanterre, une des plus célèbres universités françaises. Parlant couramment le français et l’Italien, il se dit qu’au Québec il n’aura pas grand mal à se faire une place dans cette Amérique mythique qui tend les bras à tous ceux qui ont le goût de l’aventure. Il foule le sol du Nouveau Monde en 98, mais dès le départ ses illusions s’envolent, il est déçu de l’accueil qu’il reçoit. La couleur de sa peau ne plait guère à certains. Cependant Yankhouba tient bon, comme Sisyphe, et envoie des tonnes de lettres pour lesquelles il ne reçoit aucune réponse. Et lui qui possède un diplôme d’une des universités les plus illustres au monde et voudrait partager sa passion de la littérature et de la belle langue avec les étudiants, il ne trouve que sourires en coin et portes closes. Il lui faut, parait-il, une expérience québécoise. Mais comment diantre avoir une telle
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expérience puisqu’il vient juste d’arriver ? Finalement, il se retrouve, non dans une chaire d’université, mais au fond d’une salle de classe à donner des cours de français, ce que n’importe quel instituteur aurait pu faire. Au lieu de parler de Dino Buzzati, qu’il vénère, ou de comparer les transformations de Cendrillon dans différentes littératures, il enseigne le français langue étrangère. Las d’attendre comme sœur Anne qui ne voyait rien venir, il se jette à corps perdu dans la littérature et fait une catharsis en écrivant le livre qui suit. Il y dit ses désillusions avec humour et sans rancœur, trouvant la force de rire de la connerie, et nous raconte ses aventures dans un style qui ne manque pas de douceur. Son témoignage est capital, mais les esprits chagrins le lapideront, sans comprendre que la littérature doit avant tout être critique dans le meilleur sens du terme, et non un concert de louanges béates à la fausse gloire des copains. Yankhouba fait ici acte de bravoure et choisit de s’exprimer en homme libre. Il sera certainement flagellé par les belles âmes, mis à l’index ou sur une liste noire, mais il s’en fiche et en prend le risque. Se faisant, il agit bien, car dans nos grandes démocraties il est inacceptable qu’on ne puisse pas s’exprimer sans s’exposer à être mis sur la touche. Vous me direz sans doute que j’exagère. Demandez donc aux gens qui vous entourent s’ils sont nationalistes ou bien fédéralistes. Vous verrez la pâleur envahir les visages et l’on vous susurrera : « Moi, je ne fais pas de politique. » Ce qui signifie en clair : « Mec, fous-moi la paix. Je préfère éviter les problèmes. » Le livre de Yankhouba est une revendication de vraie liberté qui me touche profondément. Car moi qui suis
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