Transats et palmiers en Mauritanie

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C'est une femme au foyer menant une vie monotone rythmée par les sorties d'école. Pour ses trente ans, son mari lui offre un voyage surprise. Ses amies imaginent déjà les cocotiers et les boissons sucrées devant une mer d'huile.La femme est soucieuse, son mari n'est pas amateur des vacances reposantes. Le jour J, elle apprend sa destination, la Mauritanie. Ils partent retrouver un ami de faculté, originaire de là-bas. Sitôt le pied engagé dans l'avion, une aventure épuisante, semée d'inattendus à la fois drôles et effrayants commence.

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2 Titre
Transats et palmiers
en Mauritanie

3Titre
Karine Carron de la Carrière
Transats et palmiers
en Mauritanie

Récit de voyage
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-02342-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304023428 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02343-5 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304023435 (livre numérique)

6 .
8 Transats et palmiers en Mauritanie
1
Je m’appelle Karine et je vous souhaite le
bonjour !
Je n’ai ni la prétention d’écrire un roman ni
quoi que ce soit de littéraire mais j’ai juste envie
de vous faire partager un instant de ma vie.
N’avez-vous jamais désiré vivre quelque chose
de vraiment exceptionnel ? La notion de
« l’exceptionnel » diffère, bien sûr, en fonction
du mode de vie de chacun et de son caractère,
c’est pourquoi, certains ne verront qu’un carnet
de voyage dans ce qui va suivre, et d’autres une
véritable aventure !

Tout d’abord, je me présente. Je suis mariée,
j’ai trois enfants et je suis enseignante en congé
parental. Là… Je vois déjà, les idées préconçues
de mes lecteurs, qui m’auront classée dans une
catégorie « fonctionnaire, mère au foyer ». Rien
de pire, ne vous y fiez pas ! !
Si j’ai un grand sens de la famille et que mes
principaux soucis se résument à ma pile de re-
passage, les heures de sortie de mes jumelles, les
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maladies infantiles et autres tracas de la vie sté-
réotypée du parfait ménage français, je reste
quelqu’un d’assez fantaisiste, parfois malgré
moi, car j’appartiens à la catégorie « pourquoi ça
n’arrive qu’à moi ? ».
Ma vie quotidienne est donc, par nature, em-
plie de petites aventures et ne me semble jamais
monotone. Bref, une vie parfaite que l’on peut
mener jusqu’à 100 ans sans se lasser…

Mais voilà, je ne vis pas seule ! J’ai un époux !
Mari, ami, confident de tous les jours, qui
s’appelle Denis. Si, à première vue, il est la rai-
son et la sagesse même, si, quand on le voit, on
peut parfois se dire : « Où là, là ! Ça ne doit pas
être toujours drôle avec un type aussi sé-
rieux ! », il abhorre la monotonie et adore les
sensations fortes, l’inconnu, le nouveau… Et
puis surtout… Il ne fait jamais les choses à moi-
tié !

*

Cette année là, j’allais avoir 30 ans et Thi-
bault décida, avec toute l’obstination que je lui
connais, de fêter dignement cet anniversaire.
C’est ce qui se passa, un jour de septembre, où
il m’offrit cette soirée inoubliable, où tous mes
amis, des plus anciens aux plus récents, furent
réunis pour une fête surprise extraordinaire. Le
10 Transats et palmiers en Mauritanie
cadeau était si beau que je n’en attendais pas
d’autres. Mais voilà, ce n’était pas tout, il
m’avait aussi offert un voyage dont la destina-
tion m’était inconnue.
Déjà, mes amies m’enviaient ces futures pla-
ges, où, nous n’aurions qu’à nous prélasser et à
nous occuper de nous-mêmes, sous un soleil
régénérateur, entourés de palmiers, de cocktails
posés près de nos transats, dans une chambre
digne d’une nuit de noce…
Doute… Affreux doute… Ce n’est pas du
tout le genre de Thibault d’aller se prélasser…
Plus il insistait sur le fait qu’il avait tout prévu,
plus je sentais mon inquiétude pointer son
nez… Qu’avait-il donc encore inventé ?
La veille du départ, j’appris par mégarde ma
destination ; la Mauritanie. Je compris, avec
joie, que nous allions rendre visite à notre ami
de faculté, qui en était originaire. Je fus ravie de
ce nouvel élément, mais restait sceptique quant
à l’organisation. Ce n’était pas un pays touristi-
que, mais, bon : « Inch Allah ! », il faut se laisser
porter, ils ont tout prévu…
La date du voyage arriva.
11 Transats et palmiers en Mauritanie
2. DIMANCHE
Tout commence donc à l’aéroport d’Orly, de
bon matin.
Je me sens toute excitée, malgré une journée
de route et une nuit hasardeuse dans le clic-clac
de mon frère. J’ai cherché le sommeil comme
une petite fille avant un départ en vacances, me
demandant à quelle sauce j’allais être mangée, et
les poches sous mes yeux en témoignent.
Nous nous asseyons à une table de café, dans
ce décor ultra moderne que nous ne remar-
quons même plus ; petits européens habitués
aux dernières technologies…
Café, croissant, jus d’orange ; commande in-
souciante avant le grand départ. Si j’avais su ! Je
les aurais goûtés, dégustés, dévorés avec toute
l’intensité de mes tripes, car ce fut le dernier pe-
tit déjeuner correct que nous primes avant no-
tre retour, dix jours plus tard.

*

Le vol jusqu’à Dakar, escale pour rejoindre
Nouakchott, me ravit. Enfin seule avec mon
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héros, je me laisse aller à ses côtés profitant
pleinement de notre bavardage, si rare avec nos
trois enfants. Les cinq heures de vol passent
très vite et l’atterrissage à Dakar est annoncé.
Nous voici arrivés dans l’aéroport sous une
chape de chaleur qui s’abat lourdement sur nos
épaules. Touristes sinon rien ! Nous adorons
cela !
L’escale étant longue, nous décidons de sortir
« voir le Sénégal ». Je m’approche des guérites
de la police et Thibault tend les passeports.
– Qu’est-ce que vous voulez ? demande le
policier avec un français approximatif
– Bonjour, répondons-nous tout émoustillés
par cette proche balade, aller nous promener
dans Dakar !
– Où ça, à Dakar ?
– On ne sait pas, on ne connaît pas !
– Quelle sera votre adresse à Dakar ?
Il est bouché ce type ou quoi ?
– On n’en a pas, on est en transit pour la
Mauritanie, on veut juste aller se promener.

Thibault et moi nous regardons. Est-ce qu’il
se fiche de nous ? Qu’est-ce qu’il a, à être aussi
agressif ? Je me vois déjà arrêtée, interrogée,
bloquée dans l’aéroport, sous le regard har-
gneux de cet agent de l’ordre, qui se met à débi-
ter une suite d’onomatopées incompréhensi-
bles ! Soudain, il se tait, nous rend nos passe-
14 Dimanche
ports et nous fait signe de sortir de l’aéroport.
Interdits, nous nous lançons un bref regard. Ils
sont fous dans ce pays ! Ou racistes ? Ou… J’ai
trouvé ! Sans doute attendait-il le pourboire que
tout européen bien élevé est censé lui donner !
Bah… Ce sera toujours ça de non perdu !

Frétillants, nous entrons sur le sol sénégalais,
nous posons un pied hors de l’aéroport. Et là,
nous nous transformons instantanément en
deux malheureux pucerons happés par des di-
zaines de coccinelles ; les pucerons sont blancs,
trop blancs pour ne pas être riches et les cocci-
nelles sont noires dans des taxis jaunes, trop
pauvres pour ne pas s’autoriser à nous harceler.
Je prends peur. Thibault s’agace de
l’obstination des chauffeurs, il me prend la main
et me tire le bras d’un geste vigoureux afin de
m’éloigner.
Nous avançons droit devant nous au pas de
charge, sans un regard autour. Surtout ne pas
répondre aux klaxons insistants pour nous
prendre, aux vitres baissées.
– Vous allez où ? Montez, montez ! !
Mais on ne veut pas monter, on veut mar-
cher, marcher ! Fichez-nous la paix ! Allez-vous
en, laissez-nous !
Nous prenons des chemins détournés. Ouf !
Les taxis se font moins pressants. Mes muscles
se relâchent, ma main se détend dans celle de
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mon Héros. Elle ressemble moins à un : « Au
secours, sauve-moi ! ». Nos mains sont moites,
mais elles restent accrochées tout au long de
nos heures d’errances, sans qu’aucun de nous
ne songe à les détacher. Celle de Thibault pro-
tège la mienne d’un pays si étranger et inconnu.
Il fait chaud, très chaud et nous n’avons pas
d’eau. Il faudra attendre le retour à l’aéroport
car nous ne possédons pas de devises sénégalai-
ses.

Mais notre fuite ne nous amène pas à Dakar.
Sans le savoir, nous avons pris le chemin oppo-
sé, vers un petit village dans lequel les touristes
n’ont aucune raison de s’aventurer. Nous som-
mes arrivés dans une sorte de bidonville. Le sol
est recouvert de sable, de détritus et de maté-
riaux de construction. Je manque de trébucher
plusieurs fois et je me concentre sur chacun de
mes gestes. Des chèvres se promènent çà et là,
des gamins dépenaillés nous arrêtent pour qué-
mander de l’argent, des visages méfiants et scru-
tateurs suivent nos pas.
Je fais semblant de rien, après tout, ne pour-
rait-on pas être de simples expatriés implantés
dans le pays et habitués à tout ceci ? Après ré-
flexion, non. Les blancs ne viennent pas dans ce
genre d’endroit et il est clair que notre couleur
nous met en point de mire de toute la popula-
tion.
16

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