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Récits et Anecdotes

De
148 pages

Né à Pau, en Béarn, le 13 décembre 1553. Mort à Paris, le 14 mai 1610.

Il n’est pas facile, dans une simple notice, de peindre Henri IV d’une manière qui satisfasse des lecteurs français.

Son nom est devenu chez nous l’objet d’une espèce de culte national ; toutes les classes de citoyens le connaissent et le révèrent ; nous nous efforcerons de ne pas rester trop au-dessous du sujet, en esquissant les principaux traits du caractère de ce grand, de ce bon, de cet aimable prince, qui eût été un homme remarquable dans quelque rang que le hasard de la naissance l’eût placé.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Molière et ses amis (page 125)
François Andrieux
Récits et Anecdotes
PRÉFACE
Le temps n’est plus où, pour composer une littérature à l’usage de la jeunesse, on se croyait obligé de donner un caractère puérile aux contes, historiettes, récits de voyages, etc., d’ailleurs édifiants et remplis de bonnes intentions. Ne soyons pas trop sévère : ce genre a produit des ouvrages de mérite, quelques-un s célèbres, qui ont charmé nos premières années, et que nous sommes heureux de ret rouver dans les catalogues de livres de prix et d’étrennes. Il y aurait néanmoins un grave inconvénient à retenir exclusivement les jeunes esprits sur des œuvres par trop enfantines. Ils seraient réduits au rôle passif, ou bien l’imagination et la sensibi lité seraient exaltées au détriment d’autres facultés essentielles. L’enfant deviendrait incapable de l’effort nécessaire pour comprendre les écrits dune portée plus haute et d’u ne allure plus austère. Telle est la cause de la frivolité de tant de personnes, même âg ées, qui ne peuvent lire que des romans, qui répugnent à ouvrir un livre de morale o u d’histoire vraie, qui, dans les journaux et les revues, dévorent les feuilletons et les chroniques légères, mais dédaignent les études de fond tant soit peu sérieuses. Alors on a pensé qu’il fallait petit à petit offrir aux jeunes intelligences des aliments substantiels, mais nonindigestes. Les savants ont vulgarisé la science ; les historiens, tout en présentant lesfaitssous une forme vive et colorée, ont provoqué la réflexion et le jugement ; les voyageurs ont continué à mettre du pittoresque dans leurs relatio ns, mais ils y ont ajouté des observations variées, propres à instruire les lecte urs ; les moralistes ne se sont plus contentés de donner des règles de conduite avec des exemples à l’appui, ils ont abordé la discussion des principes, pour mieux éclairer le s consciences ; enfin les critiques érudits, grâce à des commentaires clairs et discret s, ont mis à la portée de tous les œuvres des maîtres de la littérature, voire même le s œuvres des écrivains de second ordre. A défaut du génie, ceux-ci ont eu le culte d es belles-lettres, et une langue pure pour exprimer de nobles sentiments. C’est sous l’empire des idées que nous venons d’exposer que les honorables éditeurs du présent livre ont tenu à offrir aux élèves studieux les meilleures pages d’un auteur, qui a doucement ému et enchanté ses contemporains, et q ui, de nos jours, est loin d’être oublié. Les observations ci-dessus sont à peine app licables à ce recueil, vraiment attrayant par la manière gracieuse et piquante dont se dégagent les préceptes d’une saine morale. ANDRIEUX,poète et prosateur, est né à Stras-bourg, en 1759.Ses parents, de condition très modeste, s’imposèrent des sacrifices pour qu’il pût continuer à Paris les études commencées dans sa ville natale. Après avoir terminé ses humanités au collège Cardinal-Lemoine, il étudia le droit et se fit inscrire au barreau. En même temps, il entra dans les bureaux de la liquidation générale. Pendan t cette période d’une vie qui devait être longue, il cultiva passionnément les lettres, sans toutefois négliger, ses devoirs professionnels. Il se lia d’amitié avec des jeunes gens et des écrivains d’un âge plus mûr, qui partageaient ses goûts honnêtes et paisibles. Parmi ceux-là, il faut citer surtout Collin d’Harleville, Picard et le « bon Ducis. » Cest alors que parurent ses premières œuvres. Après le procès et la mort des Girondins, c’est-à-dire au début de la Terreur, il se réfugia à Maintenon dans la belle demeure champêtre de Collin d’Harleville. En1795,il retourna à Paris et fut nommé juge au tribunal de cassation. Il fut nommé aussi membre de l’Institut, dans la classe des Belles-Lettres, laqu elle devait reprendre le titre et les traditions de l’ancienne Académie française. Andrie ux accepta dans la suite un rôle politique : il entra au Conseil des cinq-cents, et, après le 18brumaire, il fit partie du
Tribunat. Il admirait le génie de Bonaparte, mais n approuvait pas ses tendances ambitieuses ; il faisait de l’opposition aux projets que répudiait sa conscience. On connait la fière réponse qu’il fit un jour au Premier consu l : « Citoyen consul, vous êtes de l’Institut, vous appartenez à la section de mécanique, et vous savez que l’on ne s’appuie que sur ce qui résiste. » Il ne tarda pas à être éliminé du Tribunat, et, dès lors, il appartint tout entier aux Lettres. Il devint bibliothécaire d e Joseph Bonaparte et il fut nommé professeur de littérature à l’Ecole polytechnique. A partir de1814,il occupa également la chaire de littérature au Collège de France. Enfin, en1829,il fut élu secrétaire perpétuel de l’Académie française. C’est dans le palais de l’Ins titut, en 1833,qu’il s’éteignit doucement, comme il avait vécu, entouré de sa famille et de ses fidèles amis. Sainte-Beuve, dans ses Portraits littéraireset M. Thiers, successeur d’Andrieux à l’Académie, dans son discours de réception,ont loué en lui l’homme, le professeur et l’écrivain. Andrieux était « un homme d’esprit et de bien, »préférant au monde frivole la vie retirée au sein d’une société aimable et spirituelle. Comme professeur, il avait un goût sûr et délicat. Fervent adepte des classiques, il r edoutait un peu étroitement l’intrusion des littératures étrangères, et aussi les hardiesses et les nouveautés dans la langue et la littérature françaises ; s’il avait vécu plus longtemps, il aurait lutté contre les influences romantiques. Ses leçons étaient de fines causeries plutôt que des expositions solennelles ; elles étaient émaillées de piquantes anecdotes et se terminaient presque toujours par des lectures. Il lisait dans la perfection, et avec un mince filet de voix : « Il se faisait entendre, à force de se faire écouter » (Villemain). Son talent d’écrivain se caractérisait par la simplicité, le naturel, lagrâce, l’élégance et le respect de la langue, et ce n’est pas un petit mérite, à une époque où l’emp hase était à la mode. Il avait une imagination enjouée, « un esprit fin, lucide, parfaitement droit, et un cœur aussi droit que son esprit. » Il a écrit de charmantes comédies. Il a donné des contes et des anecdotes qui sont « des modèles de grâce et de bon langage. » Quelques-unes de ses poésies sont populaires et figurent dans toutes les anthologies, par exemple : leSans- Meunier Souciet laPromenade de Fénelon.Enfin il a laissé des études littéraires et des discours académiques fort estimés. Ces dernières œuvres ne pouvaient figurer dans un livre destiné aux élèves des écoles primaires, mais nous avons tenu à ce que tous les autres genres y fussent représentés. Nous avons, bien entendu, éliminé les sujets ou les passages qui ne conviennent point pour de jeunes lecteurs. La tâche a été facile, car si Andrieux est un homme de lettres d’un goût impeccable, presque toujours aussi il est un moraliste judicieux, d’autant plus écouté que ses enseignements sont exempts de tout pédantisme. L. CHAUVIN.
Son nom est devenu l’objet d’un culte national... (page 13)
HENRI IV
DIT LE GRAND, LE CLÉMENT ET LE VICTORIEUX
Né à Pau, en Béarn, le 13 décembre 1553. Mort à Paris, le 14 mai 1610.
Il n’est pas facile, dans une simple notice, de pei ndre Henri IV d’une manière qui satisfasse des lecteurs français. Son nom est devenu chez nous l’objet d’une espèce d e culte national ; toutes les classes de citoyens le connaissent et le révèrent ; nous nous efforcerons de ne pas rester trop au-dessous du sujet, en esquissant les principaux traits du caractère de ce grand, de ce bon, de cet aimable prince, qui eût été un homme remarquable dans quelque rang que le hasard de la naissance l’eût placé. On ne dut guère penser, lorsqu’il vint au monde, qu ’il serait un jour roi de France ; Henri II vivait encore et avait quatre fils vivants , dont chacun pouvait renaître dans des enfants nombreux ; ainsi la branche des Valois ne p araissait pas près de s’éteindre. La religion calviniste dans laquelle notre Henri était né et fut élevé, semblait encore, suivant les idées de ce temps, lui fermer pour toujours l’accès au trône. Cette circonstance lui fut avantageuse ; car il reçut une éducation mâle et même dure, bien différente de celle qu’on donne ordinairement à l’héritier présomptif d’une couronne. Son père, Antoine de Bourbon, s’en mêla peu ; ce pr ince vulgaire et sans gloire serait entièrement oublié, s’il n’avait donné le jour à un fils qui ne lui ressembla point. Heureusement Henri avait une mère d’un rare mérite, femme instruite, vertueuse, courageuse et digne d’un autre époux. Elle était la fille de Marguerite, reine de Navarre, er sœur de François I , femme célèbre par son esprit, et dont on lit encore avec plaisir les contes ingénieux et naïfs. Celle-ci n’eut pas le bo nheur de voir naître ce petit-fils qui devait tant illustrer sa famille ; mais le roi de N avarre, Henri d’Albret, qui avait survécu à son épouse, assista, comme on sait, aux couches de sa fille, et présida, de concert avec elle, aux premières années de l’éducation de ce pré cieux enfant. Elles se passèrent au château de Coarase, situé dans les montagnes ; là, le petit prince fut élevé parmi les enfants des montagnards, parlant leur patois, mange ant leur pain bis, vêtu et nourri comme eux, courant et grimpant avec eux sur les roc hers, toujours nu-tête, souvent pieds nus ; car on voulait qu’il se formât un tempérament robuste ; sa mère avait surtout recommandé qu’on éloignât de lui les flatteurs, qui trompent et amollissent les enfants
des rois, et les accoutument à se croire d’une autre nature que le reste des hommes. Henri fut amené à Paris à l’âge de cinq ans, et, à huit ans, il fut mis au collége de Navarrepour y être institué ès bonnes lettres. Il y eut po ur compagnon, dit l’historien Pierre Mathieu,le duc d’Anjou, qui fut son roiIII) (Henri et le duc de Guise, qui le voulut être. Il n’y resta qu’une année ; Jeanne d’Albret ne permit pas qu’il demeurât plus longtemps si près de Catherine de Médicis et de la cour ; elle ramena son fils en Béarn, où il reprit sa première façon de vivre. Cette princesse lui don na d’excellents instituteurs, entre autres La Gaucherie, homme sévère et vertueux, qui fit lire Plutarque à son élève, et ensuite Florent Chrestien, l’un des littérateurs les plus habiles de son temps. Jeanne d’Albret elle-même savait le latin et même l e grec ; son fils avait trop de vivacité d’esprit pour ne pas apprendre avec facilité ce qu’on lui enseignait ; il ne devint pas un savant sans doute, mais il profita de ses ét udes ; il disait lui-même, lorsqu’il fut monté sur le trône, qu’il avait les plus grandes obligations à Plutarque ; qu’il avait puisé dans ce livre d’excellentes maximes pour sa conduite et son gouvernement ;traduisit il lesCommentaires de César, et on a étél’on prétend que le manuscrit de cette traducti gardé longtemps à la bibliothèque du roi. Lorsqu’il était encore enfant, à la cour de France, un jour, on jouait aux devises ; le petit Henri ayant à en choisir une, écrivit deux mots grecs ; Catherine de Médicis voulut savoir ce qu’ils signifiaient, c’était :vaincre ou mourir.La reine ne fut pas contente et dit qu’on élevait mal cet enfant, qu’on lui ferait un caractère trop hardi et trop décidé. Toute sa vie, Henri cita volontiers dans ses conversations, dans ses discours, quelques vers lat ins, particulièrement d’Horace ; et Scaliger disait de lui :car il s’enIl ne faudrait pas mal parler latin devant le roi, apercevrait fort bien. Mais ses études littéraires furent interrompues de bonne heure ; dès l’âge de treize ou quatorze ans, il fut obligé d’aller dans les camps apprendre le métier de la guerre ; et depuis cette époque, jusqu’à ce qu’il eût achevé de reconquérir son royaume, il ne discontinua point d’être en armes, à cheval, au milieu des fatigues et des périls, de faire à la fois le soldat et le capitaine. On sait de quels malheurs la France fut la proie pendant plus de trente années, depuis la conjuration d’Amboise (1560) jusqu’à la réduction de Paris par Henri IV (1594). Ce grand prince prit le royaume dans un état presque désespéré ; et en seize années d’une bonne administration, dont Henri fut la volon té et Sully l’intelligence, la vie et la santé furent rendues à ce vaste corps ; mais dès qu’il eut perdu son médecin, il retomba. Bientôt après la mort du roi, Sully fut éloigné des affaires ; les trésors que son économie avait amassés s’écoulèrent en folles dépenses et en prodigalités répandues sur des courtisans avides ; au bout de quatre ans (1614), il fallut convoquer des Etats généraux auxquels on demanda de nouvelles contributions deve nues nécessaires et qui furent encore insuffisantes.