Recueil de chansons : L'Abeille versaillaise, par Mme C. Herliez

De
Publié par

chez les libraires de la ville (Versailles). 1871. In-16, 80 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : dimanche 1 janvier 1871
Lecture(s) : 27
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 84
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

» II-
Il
DE CHANSONS
L'ABEILLK YEBSA1LLAISE
M»« G. HERLIEZ
CHEZ LES LIBRAIRES DE LA VILLE
RECUEIL
DE CHANSONS
L'ABEILLE VERSAILLAISE
PAR
M™ G. HERLLBjf
' PRIX : 1 ^aSua 1
VERSAILLES
CHEZ LES LIISISAIRES DE LA VILLE
1871
PROPRIÉTÉ DE L AUTEUR
S'adresser à Versailles, rue St-Pierre o, 'a/franchir).
Versailles. — Imprimerie Crété.
TABLE
Page*
L'Àbcillc versaillaise.. 1
Le Myosotis et la Marguerite - . lï
La belle En Tant S
Ste-Genevièvfi - 11
Le Patinage à Versailles 14
Le Rêve fraternel I"
La Violette 19
Le Désespoir d'Apollon 26
L'Knfant de belle fijrr.ro 30
La Cantate du généra! H.'uhe 33
L'Amour et !a Coquette . 3S
La Versaillaise 43
Les Francs-Tireurs • . 47
Le Vautour et l'Aigle M
La Caille S fi
La Fontaine de Trianon 60
La France et son petit Uoi. . . • 64
La Muse en Bretagne G9
Plidon et son Chien 73
La Haine sainte . .,: 77
L'ABEILLE VERSÂILLAISE
AIR : La fenêtre de Rose.
I
En voltigeant à l'aventure,
Selon mon goût capricieux,
Je donne essor à ma nature
Et vais par le chemin des Cieux.
Je suis une abeille sauvage,
J'ai pris naissance dans les bois,
Ma cellule est dans le feuillage,
Seul, mon instinct me fait des lois.
Va, petite abeille,
Dieu te le conseille ;
— 2 -
Fais comme tes soeurs,
Voltige et fredonne,
Butine et bourdonne,
Caresse les fleurs.
II
Approche-toi de ma corbeille
M'a dit la reine d'un essaim;
Viens près de moi, petite abeille,
De te guider j'ai le dessein.
Je veux t'initier, ma belle,
C'est l'utile condition ;
L'ouvrière chez nous excelle
Dans la bonne éducation.. '
Va, petite abeille,
Dieu te le conseille;
Fais comme tes soeurs,
Voltige et fredonne,
— 3 —
Butine et bourdonne,
Caresse les fleurs.
III
En liberté tu t'émancipes,
L'ignorance doit t'asservir ;
La travailleuse a des principes,
Artistement doit recueillir.
Ainsi dit ma noble voisine,
Le répète maître bourdon ;
Tu butines sur l'aubépine,
Sur la ronce et sur le chardon
Va, petite abeille,
Dieu te le conseille ;
Fais comme tes soeurs,
Voltige et fredonne,
Butine et bourdonne,
Caresse les fleurs.
IV
Tandis que nous sur toutes choses,
Dans les vergers et les jardins,
Sur les fruits, les lys et les roses,
Les orangers et les jasmins
De Dieu nous avons les offrandes;
Dans ces enclos délicieux,
Explorant moins que toi les landes,
Nos travaux sont plus fructueux.
Va, petite abeille,
Dieu te le conseille ;
Fais comme tes soeurs,
Voltige et fredonne,
Butine et bourdonne,
Caresse les fleurs.
V
A la richesse, à l'indigence
La poésie offre le miel ;
L'accepter est la récompense
De l'insecte inspiré du Ciel.
Quand le Créateur le dispose
A des travaux ingénieux,
L'encourager est une cause
Qui le maintient laborieux.
Va, petite abeille,
Dieu te le conseille ;
Fais comme tes soeurs,
Voltige et fredonne,
Butine et bourdonne,
Caresse les fleurs.
24 Août 1871.
LE MYOSOTIS ET LA MARGUERITE
Am : Les cîmles qui fient.
I
Je veux embellir ma parure,
Pour ce bal où j'irai demain,
Des simples fleurs que la nature
Fait croître le long du chemin ;
Fleur de Saphir, au charme étrange,
Divin reflet du paradis,
La Vierge envoya par un ange
Le céleste myosotis.
II
La couleur de mon diadème
Sera celle du firmament;
— 7 —
Ne m'oubliez pas est l'emblème
De l'âme aimante et coeur constant.
Sur mes cheveux et mon corsage
Brilla la fleur du paradis.
A la ville ainsi qu'au village,
On chérit le myosotis.
III
Mais hélas ! ici-bas tout change;
Nouveau bal et nouveau désir,
Il me faut une autre fontange;
La pâquerette vient s'offrir;
J'accepte la fleur d'innocence
Qui vient aussi du paradis;
Mais mon coeur garde souvenance
De l'azuré myosotis.
LA BELLE ENFANT
Am : La bonne aventure, ô <juc.
I
Je suis la perfection
De maman Rémonde ;
Marie est mon petit nom;
Je suis brune et blonde.
Quand on me dit, belle enfant,
Petit père est triomphant.
J'ai belle figure
Ogué,
J'ai belle figure.
II
Je vous dis naïvement
Que je suis gentille,
Nature courtoisement
Met son apostille;
Regardez mes blonds cheveux,
Mes cils noirs et mes beaux yeux ;
J'ai belle figure,
0 gué,
J'ai belle figure.
III
Mon grand-papa me sourit,
Car je fais sa gloire;
Il va m'offrir un biscuit;
C'est obligatoire.
- 10 —
S'il voulait me le donner,
Je saurais bien le manger.
La bonne aventure
0 gué,
La bonne aventure.
SAINTE GENEVIÈVE
AIR : Partant pour la Syrie.
I
La cime des montagnes
A vu finir la nuit ;
Déjà sur nos campagnes
L'astre éclatant reluit.
De la brillante aurore
Saluons le retour,
Qui de ses rayons dore (bis)
Les premiers pas du jour.
— 12 —
II
De ses flots de lumière
Cet astre lumineux
Inondait la bergère,
Sous la voûte des Gieux.
Dans les champs de Lutèce,
En gardant son troupeau,
La sainte patronesse (bis)
Garnissait son fuseau.
III
De cette allégorie
Que portent les rayons,
Les blancs fils de Marie,
Saintes allusions,
Les vierges dans la vigne
Dévident le fuseau;
— 13 —
Du beau temps c'est le signe, (bis)
Qui tombe en éclieveau.
IV
Admirons sur la terre
Ce qui nous vient des Cieux,
Les fils de notre Mère,
Prodige glorieux :
Comme notre patronne
Travaillons tout le jour,
Afin que Dieu nous donne
Sa grâce et son amour.
DÉDIÉE à l'Ouvroir Sta-Genevièoe
de Versailles.
7 Décembre 1S06.
LE PATINAGE A VERSAILLES
AIR : Du mirliton.
I
Partons, mon Isabelle,
Malgré neige et frimas ,
Viens patiner, ma belle,
Sans craindre les faux pas,
Dans les jardins de Versailles
Beaux dans toutes les saisons,
En été pour leurs broussailles,
En hiver pour leurs glaçons.
Voltigeons, ma tourterelle,
En effleurant les glaçons ;
— 15 —
Suivons la mode, Isabelle,
Patinons et glissons.
II
Doucement on chemine
Sur un gazon couvert ;
Une housse d'hermine
Couvre le tapis vert.
Vois-tu ce bassin de glace,
Tenant captif Apollon,
Ces quatre chevaux de race,
Embourbés dans un glaçon.
Voltigeons, ma tourterelle,
En effleurant les glaçons ;
Suivons la mode, Isabelle,
Patinons et glissons.
- 16 -
III
Regarde, ma mignonne ;
Tout le long du canal,
La jeunesse sillonne
Ce parquet de cristal.
Cupidon marque sa trace
Bien mieux que sur le gazon ;
Car il fait fondre la glace
Sous les pieds du céladon.
Voltigeons, ma tourterelle,
En effleurant les glaçons ;
Suivons la mode, Isabelle,
Patinons et glissons.
LE- REVE FRATERNEL
Am : Je ne sais plus ce que je veux.
I
Un soir, en faisant ma prière,
Rêvant aux Anges je dormis;
A Dieu je demandais un frère,
Dans mon extase je le vis.
J'avais douze ans et j'étais pure
De tout péché qui nous séduit;
Ignorant ce qu'est la nature,
Mon âme invoquait rJijjHr^snrit.
Réalisant mon espêrscfice.
- 18 —
Dieu m'envoya le chérubin
Dont j'avais eu la prescience ;
Et mon rêve ne fut pas vain..
Le jour heureux de sa venue
Fut le premier de mes treize ans ;
J'aime à le voir la tête nue;
C'est le plus beau des beaux enfants.
III
Voyez sa blonde chevelure,
Son doux sourire et ses beaux yeux,
Sa bouche, fine miniature,
Bouton de rose n'est pas mieux.
Vers Dieu s'élève ma louange
Pour le bonheur qu'il m'envoya ;
En recevant ce petit ange,
Mon rêve se réalisa.
LÀ VIOLETTE
AIR : De la cigale.
I
Humble petite violette
Tous au printemps nous te voulons;
Les amants cherchent ta retraite
Parmi les bois et les vallons.
Ton parfum nous rend à l'ivresse
Au souvenir des temps perdus,
Et nous ramène à la jeunesse,
Quand le coeur ne se souvient plus.
Tu es la fleurette
Qui plaît aux amours ;
- 20 -
Simple violette,
Fleurissant toujours
. Pour les jeunes filles,
Les jeunes garçons
Parmi les charmilles,
Les prés, les buissons.
II
Dans le jardin, dans le bocage
Fleurissant indistinctement,
Peu de soleil et peu d'ombrage
Te suffisent également.
Du printemps première parure,
On t'aperçoit sous les frimas ;
Tu n'as pas besoin de culture,
Et tu te plais en tous climats.
Tu es la fleurette
Qui plaît aux amours ;
- 21 —
Simple violette,
Fleurissant toujours
Pour les jeunes filles.
Les jeunes garçons,
Parmi les charmilles,
Les prés, les buissons
111
Tu n'as pas l'éclat de la rose
Qui t'éclipse par son brillant;
Mais elle se métamorphose
Et se dégrade en s'effeuillant.
La nature agit sans scrupule,
En parodiant ses attraits ;
Lé présent devient incrédule
Pour tout son passé de succès.
Tu es la fleurette
i Qui plaît aux amours ;
-22 -
Simple violette,
Fleurissant toujours
Pour les jeunes filles,
Les jeunes garçons
Parmi les charmilles,
Les prés, les buissons.
IV
A l'histoire Contemporaine
Tu présidais comme Clio ;
Parmi les fleurs tu fus la reine
Du colosse d'Ajaccio.
Le décorant après la guerre,
Tu brillais triomphalement ;
On te vit à sa boutonnière,
Comme l'étoile au firmament.
Petite fleurette,
Tu fus ses amours ;
- 23 -
Simple violette,
Il t'aima toujours.
Te voyant renaître
Partout sous ses pas,
Il t'aima peut-être
Jusqu'à son trépas !...
V
Doux symbole de la constance,
Viens donc partager mon destin ?
Je te parlerai de la France,
En te cultivant de ma main;
Du zéphyr nous viendra l'haleine,
Nous aurons le soleil et l'eau ;
Et, si je meurs à Sainte-Hélène,
Tu fleuriras sur mon tombeau.
Petite fleurette,
Tu fus ses amours ;
— 24 -
Simple violette,
Il t'aime toujours.
Te voyant renaître
Partout sous ses pas,
Il t'aime peut-être
Après son trépas !...
VI
Au champ de Mars il fut un temple
Où la fable exposa ses Dieux;
Mais l'histoire exposa l'exemple
De ce héros songeant aux Cieux ;
Comme au grand jour de sa puissance,
Devant lui passent, s'inclinant,
Peuples et rois et souvenance,
Un vieux guerrier dit en pleurant :
Petite fleurette,
On te voit toujours,
.- 25 -
Simple violette,
Comme aux plus beaux jours,
Toute fraîche éclose,
Humblement tu viens
A l'Apothéose
Unir tes refrains.
Juillet 1S6.7.
LE DÉSESPOIR D'APOLLON
AIR : Du mirliton.
i
x
Je veux briser ma lyre,
Dit le triste Apollon,
Jouer à la satire
Avec un mirliton.
Je n'ai plus lieu de prétendre
A l'esprit de qualité
Qu'Ovide faisait comprendre
Au temps de l'antiquité.
Je ne veux plus de ma lyre,
Je prendrai le mirliton,
-27 -
Pour jouer à la satire
Au son du mirliton.
II
Calliope, ma belle,
Selon le goût du jour,
La poésie est telle,
Qu'il faut dire à ton tour :
Admirons la belle Hélène
En déesse Benoiton ;
Faisons rire Melpomène,
En jouant du mirliton.
Adieu ma divine lyre,
Nous prendrons le mirliton,
Pour jouer à la satire
Au son du mirliton.
III
En troubadour nomade,
- 28 -
Antique pastoureau,
Je jouerai la ballade,
Monté sur un tréteau
La poésie est excluse,
Disait le pauvre Apollon;
Abdiquons, ma noble muse,
En faveur du mirliton.
Adieu ma divine lyre ;
Nous prendrons le mirliton,
Pour jouer à la satire •
Au son du mirliton.
IV
Au dieu Pan la victoire,
Grâce à cet instrument,
Midas aura la gloire
D'un nouveau jugement.
La Bacchante énergumène
Est muse du mirliton ;
- 29 -
Et Bacchus dit à Silène,
En vidant notre rhyton :
Nous rirons bien de la lyre,
Vive le gai mirliton, •
Pour jouer à la satire
Au son du mirliton.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.