Recueil de lettres et autres pièces adressées à la municipalité ou au conseil permanent de la commune de Lille, à l'occasion du bombardement de cette place, commencé le 29 septembre 1792...

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Impr. de Jaquez ((Lille,)). 1792. In-4 °.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1792
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LISTE
Des Membres composant le Conseil- Général de la Commune de
Lille, à Vépoque du bombardement de 1792.
CORPS MUNICIPAL.
r
MAIRE.
FRANÇOIS- ETIENNE-JEAN- BAPTISTE ANDRÉ.
OFFICIERS- MUNICIPAUX.
BARTIIÉLÉMI BROVELLIO.
PHILIPPE JOSEPH OTTESTllOY.
PIERRE MARICOURT.
JACQUES CHARVET.
N ICOLAS-J OSEPH SALADIN.
PIERRE-MARIE-RÉGIS DUROT.
JEAN-LOUIS-MATHURIN BERNARD.
GUILLAUME- JOSEPH LEFEBV RE-D'HENIN.
ALEXIS JOSEPH MOTTEZ.
BENOIT-JOSEPH FORCEVILLE.
FRANC; OIS- RÉGIS-BENJAMIN DEVINCK-THIERY.
LOUIS-JOSEPH SCHEPPERS.
PHILIPPE BRAME.
THÉOPHILE-JOSEPH LACHAPELLE.
PHILIPPE-JOSEPH MOURCOU.
JEAN-BAPTISTE AIMABLE JOSEPH HAUTECOEUR.
ANDRÉ-J OSEPH SELOSSE.
PROCUREUR DE LA COMMUNE.
FRANÇOIS-JOSEPH SACQUELEU.
SUBSTITUT,
1 ENRI FRANÇOIS-MARIE DEVINCK.
ij., -
SECRÉTAIRE-GREFFIER.
PHILIPPE-ALEXANDRE ROHART, par intérim. -
NOTABLES.
THOMAS-JOSEPH ROUSSEL.
GUILLAUME SiMON-ÂLEERT CUVELIER-BRAME.
FRANÇOIS-J OSEPH BECU.
JEAN-BAPTISTE WALOP.
JEAN-BAPTISTE-AUGU STIN-DIDIER TAYIEL.
JOSEPH DEHAU.
NICOLAs-JOSEPH GENTIL.
JEAN - BAPTISTE PROUVOST.
FRANÇOIS JOSEPH DUPONT.
LOUIS-JOSEPH NOLF.
JACQUES BRUNO-J OSEPH HOUZÉ. -
PIERRE-JOSEPH SAUVAGE,
CHARLES-LOUIS-J OSEPH BECU.
JEAN FRANÇOIS DETOUDI.
ALEXANDRE-JOSEPH DELEDEUILLE.
SÉRAPHIN- JOSEPH MANNJER.
PIERRE DUPONT.
PHILIPPE-AUGUSTE PETIT.
FRANÇOIS-BONAVENTURE THERY.
LOUIS-J OSEPH- MICHEL- F OR TÙNÉ FRANÇOIS.
HENRI-ELISABETH MOREAU.
AYLMER BRYAN.
- HUBERT-FRANÇOIS-J OSEPH CAPRON.
FRANÇOIS MARTEL-DELANNOY.
CHARLES-FRANÇOIS-J OSEPH LEFEBVRE.
HENRI-LOUIS FRANÇOIS LAURENT.
JEAN- BAPTISTE DELEDEUILLE.
Louis-AUGUSTIN-JOSEPH DATHIS.
FERDINAND-JOSEPH DELANNOY.
PHILIPPE-JOSEPH DEGAND.
LOUIS JOSEPH DECROIX.
HIPPOLYTE-JOSEPH PINTE.
LOUJS-FRANÇOIS DARCY.
- --
RECUEIL
D RECUEIL
DE LETTRES
ET AUTRES PIÈCES,
ADRESSÉES
'A la Municipalité, ou au Confeil permanent de
la Commune de Lille,
A Voccasion du Bombardement de cette P lace,
Commencé le 29 Septembre 179, l'an premier de la
République Françoise.
(3 )
RECUEIL -
DE LETTRES ET AUTRES PIÈ C E S etc.
SOMMATION faite par Albert DE SAXE , à la Municipalité
de Lille.
A LA MUNICIPALITÉ DE LILLE.
ETABLI devant votre Ville avec l'Armée de sa Majesté l'Empereur
et Roi confiée à mes ordres, je viens en vous sommant de la rendre,
ainsi que la Citadelle, offrir à ses Habitans sa puissante protection.
Mais si par une vaine résistance, on méconnoissoit les offres que
je leur fais , les Batteries étant dressées, et prêtes à foudroyer
la Ville , la Municipalité sera responsable à ses Concitoyens, de
tous lee malheurs qui en seroient la suite nécessaire.
Fait au Camp devant Lille, ce 29 Septembre 1792.
Le Lieutenant-Gouverneur, et Capitaine-Général des Pays-Bas
Autrichiens , et Commandant - Général de l'Armée Impériale et
Royale.
Signé, Albert DE SAXE.
RÉPONSE de la Municipalité de Lille, à Albert DE SAXE.
NOus venons de renouveler notre Serment, d'être fidèles à la
Nation; de maintenir la Liberté et l'Egalité; ou de mourir à notre
Poste. Nous ne sommes point des parjures.
Fait à la Maison Commune, le 29 Septembre 1792, l'an ier.
de la République Françoise.
Le Conseil permanent de la Commune de Lille.
SIGNÉ, ANDRÉ, Maire, et ROHART,
- Secrétaire-Greffier, par intérim.
( 4 )
LETJTRE des Administrateurs composant le Conseil du Départ
1 tement du Nord
Douav , ce 29 Septembre , l'an premier
de la. République Françoise.
CITOYENS,
V Ous avez parlé en Lacédémoniens ; vous agirez de même.
Vous tenez une des Clefs de l'Empire , elle ne peut être mieux,
confiée.
Les Administrateurs composant le Conseil du Département du.
Nord,
Signé, IVhcHEL, Président, H. A. PORENTRU, DOUDAN, DENIER,
A. FAUVEL, DONDEAU, J. B. JOSSON, DELVAL-LAGACHE, Commissaire
Procureur-Général-Syndic, et LAGARDE , Secrétaire-Général.
EXTR.flIT d'une Lettre écrite par le Commandant en Chef de
V Année du Nord, BOURDONNA Y,, aux Officiers-Municipaux de
la Ville, de Lille. -
Douay , l'an premier de la République Françoise
ce 60 Septembre 179z,
CITOYENS,
J'Ai appris avec plaisir et sans étonnement, la résolution cou-
rageuse que vous avez prise, d'appuyer les Commandans Militaires,
de tout votre Patriotisme, en rejetant avec dédain , la proposition.
injurieuse , de M. Albert DE SAXE. , 0- 0
- En effet, le Commandant des 12 à 15,000 Autrichiens (*), qui
sont devant Lille., a cru les François bien lâches, ou vendus à
nos Ennemis, quand il a osé proposer de rendre une Place , où-
vous avez plus de 65oo Hommes de garnison, et 55oo Citoyens-
armés. La Nation Françoise est assez riche pour payer quelques
Maisons incendiées , si le feu des Ennemis causoit quelques ac.-
cidens semblables ; vous pouvez assurer les Habitans , de ces
indemnités , sans crainte d'être désavoués. par nos Représentans.
Mais les braves Habitans de Lille, ne seront pas long-temps expo-
C) 11s étoient plias de O;o()o!-
( 5 )
ses à ces menaces, quand les Ennemis sauront vos résolutions,
et les secours multipliés, que vous êtes au moment de recevoir.
Je ne suis arrivé ici que le 28 Septembre, et ma première et
ma seule occupation, a été de prendre les* mesures les plus effi-
caces, pour chasser les ennemis du Département, et principale
ment du District de Lille.
Signé , le Commandant en Chef de, l'Armée du Nord r
-
«
LETTRE des Officiers-Municipaux de la Ville d'Armentieres r
à ceuos de Lille.
Armentières , ce 30 Septembre 17Q2 j
l'an premier de la République.
m E s s 1 E-U n S-e.
Q D'IL est malheureux ! chers Concitoyens, de ne pouvoir vous-
envoyer des Pompes, nous n'en avons qu'une t laquelle ne peut
plus servir depuis long-temps, pour en faire faire , nous n'avons
pas encore cet avantage ; il y en a deux à Bailleul , nous les faisons.
demander par un Courrier x et les pressons. de- vous les envoyer
de' suite.
Les Maire et Officiers-Municipaux. Etoit Signé, Charles Top.
L. J. THÉVELIN, Officier-Municipal, et DELEBors. ,.
AUTRE Lettre des mémes- aux mêmes*
Armentières , ce 3o Septembre 1792, l'an.
premier de la République Françoise.
MESSIEURS,,
■Y OILA une Pompe que nous vous envoyons de la Ville de Baik-
leul, et nous y joignons la'nôtre telle qu'elle est, vous pourrez
peut-être trouver des pièces chez vous, qui pourront lui conve-
nir ; ah ! quel est notre désir de vous être utiles , mais malheureu-
sement nous sommes condamnés à l'impossibilité.
Les Maire et Officiers - Municipaux de la Ville d'Armentières,
Signé i CHARLES TOP ? Officier-Muniçipal, et COTTIGY, SECRÉTAIRE
( 6 )
LETTRE des Officiers-Municipaux de la Commune de BèthuneJ
à ceux de Lille.
Béthune, Le 3o Septembre 1792, l'an premier
de la République Françoise.
OFFJCIJER.S-MUNICIPAUX,
Au reçu de votre Lettre de ce jour, nous avons fait disposer
la seule Pompe que nous avons ; "il n'est point de sacrifice que
nous ne soyons disposés à faire, pour la conservation de votre Ville.
JLlle part accompagnée du 8me. Bataillon des Fédérés qui devoient
partir pour Bergues, et se sont voués à porter du secours à votre
Ville. Nous avons dépêché à Aire et à St. Orner , pour engager
les Officiers-Municipaux, à vous faire passer les pompes qu'ils
peuvent avoir. -
Les Officiers-Municipaux de la Commune de Béthune, Signé,
PE BALLIEKCQURT Maire., MARTEL et BÉCOURT.
DÉLIBÉRA TJON du Conseil-Général de la Commune de
Béthune.
T j E Conseil-général de la Commune de Béthune, Officiellement
- instruit de l'état de Bombardement, où se trouve la Ville de Lille,
;a accepté la proposition faite par le-8me. Bataillon des Fédérés,
jde porter du secours à la Ville de Lille, en escortant la Pompe
Demandée par ladite Ville de Lille-
Fait en <3hamhrele trente Septembre mil sept cent quatre-
•vingt-douze, l'an premier de la République Françoise, étoient
$ignés;DE BAILLEN COURT, Maire, .BÉCOURT et MARTEL.
( 7 )"
LETTRE du Conseil Général de la Commune cïArras, à la
Municipalité de Lille.
Arras, ce 2 Octobre de l'an premier
de la République.
FRÈRES,
C'EST pour nous , c'est pour toute la Nation, que vous soute-
nez le feu des Ennemis , nous ne pouvons donc hésiter, à vous ac-
corder votre demande. 1
Courage, Frères! si votre position est inquiétante, vos sentimens
nous rassurent, et nous ne doutons pas que la circonstance actuelle,
ne soit bientôt pour vous, un nouveau titre de gloire.
Le Conseil-général de la Commune d'Arras, Signé , Joseph, LEBON,
Maire, et DELESTRE, Secrétaire-Greffier.
P. S. Nous regrettons de ne vous envoyer qu'une Pompe; mais
nous en avons déjà envoyé à Valenciennes, il y a huit jours.
EXTRAIT du Procès-Verbal du Conseil-Général de la Com-
l'nune d'Arras. Séance du deux Octobre mil sept cent quatre-
vingt-douze , l'an premier de la République..
U N Courrier dépêché par la Commune de Lille , remet sur le
Bureau une Lettre des Officiers-Municipaux de cette même Com-
mune, qui demandent qu'il leur soit envoyé des Pompes,
pour arrêter les incendies. 1
Le Conseil-général; ouï sur ce le Substitut du Procureur de la
Commune, arrête qu'il sera expédié sur le champ , et en poste,,
une Pompe pour Lille, et que le Citoyen Carlier, l'un de ses
membres , sera chargé de l'accompagner, afin que l'envoi n'en
souffre aucun retard. Signé, DELESTRE, Secrétaire-Greffier, ET.
scellé en cire roug.,
( 8 J
LETTRE des Officiers-Municipaux de la Commune de Dunkerque,
à ceux de Lille.
Dunkerque , le 2 Octobre 792, l'an premier de la
République Françoise , à 6 heures du soir.
CITOYENS,
P
N Ous recevons à l'instant votre Lettre datée de ce jour, par
laquelle vous nous demandez des Pompes pour les incendies de
votre Ville.
Sans perdre un moment, nous faisons partir cinq bonnes Pompes ,
avec tout l'attirail nécessaire pour les faire jouer; et plusieurs de
nos Concitoyens, experts dans ce genre de travail, partent en
même-temps pour Lille, afin de conduire avec plus de sûreté, la
direction et la jnanœuvre desdits instrumens.
Comptez sur nous, Citoyens, en toutes occasions, notre zèle
pour le salut de la Patrie, secondera toujours le vôtre.
Les Maire et Officiers-Municipaux:
Êtoient Signés, THIERY, Maire, THIBAULT,
E. AMAND et MiRi-r.
*
ARRÉ TÉ du Conseil-Général de la Commune de Dunkerque.
L'AN mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an premier de la Ré-
publique, et le deux Octobre, cinq heures et demie du soir, le
Conseil-Général de la Commune de Dunkerque, assemblé, sa
séance étant publique , il a été fait lecture d'une Lettre des
Officiers-Municipaux de la Commune de Lille, apportée par un
expréspar laquelle lesdits Officiers-Municipaux , demandent un
prompt secours de Pompes , pour assister à éteindre les incendies ,
qu'occasionne le Bombardement qu'essuye ladite Ville, depuis trois
jours. Ayant été délibéré sur la demande de la Municipalité de
Lille ; ouï M. Granger , homme de Loi , faisant les fonctions de
Procureur de la Commune par intérim. Il a été arrêté d envoyer
,sur le champ à Lille, cinq des dix Pompes à feu de cette Ville,
et M. Morel, Officier-Municipal, Commissaire en cette partie, a
été chargé de diriger les opérations nécessaires , pour le transport
desdites pompes, et de les faire partir sans délai; sur la motion
d'un
(9)
B
aun des membres, que des-Citoyens connoissant la manière de
faire jouer lesdites Pompes, fussent invités de se rendre à Lille ;
les Citoyens, Louis Vanryeck, François-Nicolas Morel, et Réné-
Robert Morel, frères , se sont généreusement offerts pour cet effet.
Le Conseil-Général de la Commune, ayant accepté leurs offres ,
avec reconnoissance, et a arrêté d'en faire mention honorable, au
présent Procès-Verbal. Le Citoyen Watel , Cavalier de la Cavalerie
Nationale de cette Ville, s'est aussi présenté, et a offert de précé-
der les Pompes, pour faire presser la fourniture des Chevaux de
Poste sur la route, il a été aussi fait mention honorable de cetje
affaire, qui a été acceptée.
Fait les jours , mois et an susdits. Signé, THIERT, Maire , et plus
bas , pour copie. Signé, MERLAN , et scellé en cire rouge.
Autre Arrêté du Conseil général de la Commune de Dunkerque.
LE Conseil général de la Commune de Dunkerque commet par
ces présentes les Citoyens François-Nicolas Merel et R-éné-Robert
Morel, de cette Ville, à effet de diriger et régler tout ce qui est
relatif au trans p ort des ploin p es dà e ,~ri er et régler tout ce qui est
relatif au transport des pompes à feu , que la Commune de Dun.
kerque envoie à celle de Lille , et de soigner en conséquence,
tant le chargement desdites pompes , que leur conduite et leur jeu.
A l'Assemblée du 2 Octobre 1792, l'an premier de la République
Françoise. Signé, THIÉRY ; Maire, et scellé m cire rouge-
LETTRE des Officiers - Municipaux de Dunkerque à ceux
de Lille,
Dunkerque , le 2 Octobre 1792, l'an premier d&
la République Françoise.
CITOYENS,
Nous sommes dans les plus vives inquiétudes sur votre situation ;
le vif intérêt que nous prenons à votre sort, nous porte à vous
prier avec instance de ne laisser passer aucun Courrier sans nous
donner le détail des événemens dont votre Ville est témoin et
victime : nous n'avions qu'un Régiment complet, il vole à votre
secours, Quoique pleins de confiance dans le courage et le patrio-
tisme de nos frères qui sont chez vous, néanmoins nous satisferions
à uts cœurs en partageant vos daners, mais placés à l'extrême
< 10 )
frontière el abandonnés à notre propre conservation, nous ne
pouvons faire que des vœux pour que nos ennemis ne réussissent
pas dans l'infâme projet qu'ils ont conçu.
Les Maire et Officiers-Municipaux.
Signé, Ph. LAKCEL, MAB.UEL , N. MoREL,
et. JACQUET..
*
LETTRE des Commissaires Municipaux de Cassel à ceux de
Lille.
A. Cassel, ce 2 Octobre 1792.
MESSIEURS,
INFORMÉS de la nécessité dans laquelle vous vous trouvez , nous
nous empressons à venir à votre secours autant qu'il est en nous;
à: cet effet , nous vous envoyons deux pompes, trois boyaux, ainsi
que trois conduits de cuivre; ce qui nous fait peine, c'est que
notre petite Ville n'a pas plus grande quantité à. vous envoyer,
nous espérons cependant que vous recevrez agréablement cet envoi,
et que vous en marquerez la réception; pour ensuite nous en faire
le renvoi lorsque vous serez délivrés de l'oppression des incendiaires
Autrichiens , car nous n'engardons plus pour nous-mêmes, la con-
sidération de votre nécessité instante, nous a fait préférer ce parti
à la possibilité dont l'Etre Suprême nous a préservés jusqu'à présent;
nous sommes trop sensibles à vos malheurs, pour exiger autre choae
que la réception de cet envoi, nous payerons le Voiturier. -
- Nous avons l'honneur d'être très-parfaitement,,
MESSIEURS,
Vos Concitoyens lés Commissaires Municipaux
- de la ViHe de Cassel. Signé, FORCADE, Bo&-.
NISIEN, Commissaires Municipaux , et DES-
MYTTEItE.
Acte desdits Commissaires• Municipaux de Cassel.
- N ovs Commissaires Municipaux dé là Ville dé Cassel , sur. la
représentation des Maire et Officiers -Municipaux de la Ville de
Lille, par le siège que font les Autrichiens de leur Ville à boulets
rouges, et qu'ils sont dans une urgente nécessité d'avoir des pompes.
pour éteindre les nombreux incendies que cela cause, nous nou&
( 11 )
.miies empressés de leur envoyer nos deux pompes, trois boyaux
et trois tuyaux de cuivre, afm qu ils puissent s'aider dans les pressans
besoins où ils se trouvent, et pour que lesdits instrumens y puissent
- être conduits en sûreté, nous avons jugé nécessaire de faire accom-
pagner le Conducteur Dequidt, de cinq Fusiliers sous la surveil-
lance du Sr. Frénélet, qui s'en est volontairement chargé; au
surplus, prions toutes Municipalités, Crardes Nationales, Gendar-
meries et Troupes de Ligne , de leur prêter aide et secours, y
étant requis.
Fait à Cassel, ce deux Octobre mil sept cent quatre-vingt douze
Sigité, FORCADE, BORNISIEN, Commissaires Municipaux; DESMTTTERB*
et scellé en cire rouge.
LETTRE des Membres du Conseil-général de la Commune de
Berlues, aux Officiers-Municipaux de la Commune de Lille.
De Bergues, le 2 Octobre 1792, l'an premier
de la République.
Nous nous empressons, Citoyens, à satisfaire à votre prière, et
nous vous envoyons une pompe aux incendies, qu'ün de nos pré-
Iiosés aux incendies accompagnera; nous vous prions de la renvoyer
e plutôt possible en bon état, en remettant au Pompier, le Sïv
Ciaarles Van Waterloot, porteur des présentes, ses salaires, frais
de Toute et ceux du transport de la pompe.
Les Membres du Conseil-général de la Commune.
SIGJIÉ, CLAYS , J. VANDERHUET > Maire ; BOLLOJ-
QUIE , et OZYÎTE , Secrétaire.
LETTRE du Conseil permanent de la Commune de Béthu.ne,'
aux Officiers-Municipaux de Lille.
Nous avons communiqué à la Ville d'Aire la Lettre que vous
avez écrite le 3o Septembre , elle a senti comme nous le besoin
de voler à votre secours ; un Courrier dépêché par elle, a instruit
la Ville de St. Orner de votre situation ; ces deux Villes nous
envoient aujourd'hui trois jpompes, pour les faire arriver à Béthunede
la manière le plus prompteiçent possible, elles ont eu recours à
la. voie la plus expéditive, la poste. Par la même raison , nous prenons
la Miêjne mesure, et pour que vous puissiez envoyer si vous le jugea
nécessaire, la force armée pour escorter ces pompes., nous TOUS
C 12 ,
envoyons un Courrier qui vous informera et peu près de l'heure
de leur arrivée.
Courage, courage , Officiers-Municipaux, nous savons avec quelle
intrépidité vous bravez le danger qui vous menace , c'est à des
hommes investis comme vous de la.confiance publique, qu'il ap-
partient de donner un grand exemple; la France vous contemple,
son estime sera votre récompense ; c'est à celle-là seulement que
des Citoyens vertueux doivent, prétendre..
Le Conseil permanent de la Commune de Béthune:
2-Octobre 1792, quatre heures du matin , premier
de la République Françoise. Signé , OUTREBOXT,
W ARENDOUG et ROLLAND.
LE%TRE des Officiers-Municipaux d'Arnienbieres à. ceux-de
Lille..
Axmenlières,. ce 2 Octobre 1792, premier de la
République Françoise.
NL- Il ous- vous .envoyons une troisième p,ompe, que la Municipalité
de Bailleul nous a adressée, lâqnelle elle a fait mettre en état
depuis que nous lui avons demandée ; tous nos désirs sont de vous
être utiles et de vous secourir s'il est à notre pouvoir. -
Ees Citoyens Officiers-Municipaux de la Ville
d' Armentières. Signé, DELEBOIS , Officier-
Municipal; BAEY, Procureur de la Commune,
et COTTIGNY Secrétaire. 1
LETTRE des Ofifciers-Municipaux de Laventie à ceux de Lille:
Laventie, ce 2 Octobre - 1792', l'an premier-
de la République. Françoise.
CITOYENS- MUNICIPAUX,.
Nous avons l'honneur de vous informer qu'un grand nombre de
Citoyens de notre Commune sont venus cejourd'hui nous témoigner
le désir de voler au secours de nos frères de Lille; ces généreux
Citoyens, remplis, pleins de courage pour défendre la Patrie, ont
demandé qu'une Lettre fut écrite à votre Corps Municipal,, ten-
dante à faire connoitre leur bonne volonté ; nous nous empressons
à. vous envoyer quatre des pétitionnaires qui vous feront connoitre
( i5)
eue tous les Amis de la Liberté et de l' égalité de cette Commune,
demandent tous à venir vous défendre; l'Autel de la Patrie est, et
sera toujours le point de ralliement des Citoyens de Laventie , et
que périr sous ses ruines, plutôt que de l'abandonner, voilà leur
devise ; si toutefois, Citoyens, vous auriez besoin des bras pour
repousser les satellites du despotisme qui nous menacent, comptez'
sur tous les Citoyens de notre Commune.
Nous avons l'honneur d'être au nom de la Liberté et l'Egalité,.
M&S Frères et-Amis.
Les Maire et Officiers-Municipaux de la Commune,
de Laventie , Département du Pas de Calais f
District de Béthune. Signé ? YAK-DENABETUE ,.
Procureur de la Commune.
LETTRE des. Commissaires Municipaux de Cassel, à ceux
de Lille.
Cassel, ce 4 Octobre 1792, l'an prernier-,
de let République Françoise..
CITOYENS,
"VOULAIT coopérer au besoin des défenseurs dè votre Ville ; et.
considérant dans ce moment l'embarras où TOUS vous trouvez, nous-
faisons un envoi de treize rasières de blé converties * en pain; nous'
n'avons rièn plus à cœur que dé pouvoir nous prêter en tout pour
vous secourir; accusez-nous la réception et attendez de nous tÓut.
ce que en cluoi nous pouvons vous être utiles.
, GlTOTEN-l)
IîesfOffrciérs Commissaires-Municipaux de CasseL
SiGné J BORNISIEN , Commissaire, J. MAHEREEL, ,
Commissaire Municipal ,.et DELANITOY. -
LETTRE-des Administrateurs composant-le Directoire du District
de- Bergues, aux Officiers-Municipaux de Lille.-
Bergues , le 4. Octobre 1792 l'an premier
de la République Françoise,
V'ous ne doutez pas, Citoyens, combien nous sommes- affligés,
des maux affreux que vous éprouvez de la part- d'un ennemi dont
la. férocité ne fournit point d'exemple ; nous sommes voisins , et,
cependant, nous sommes paralisés par l'incertitude de la gQsitiom
-( 14 )
de votre Ville et de celle de l'ennemi; nous sommes certains du
courage et de la résignation de nos frères de Lille , à vaincre; nous
sommes assurés qu'ils ne souffriront jamais que ce lâche ennemi
souille le sol de la Liberté, qui est renfermé dans vos murs, et
que tous vos braves habitans défendent avec tant de valeur; nos
Concitoyens brûlent de courir à votre aide, mais ils sont retenus
dans leurs places, afin de défendre à votre exemple l'approche du
même ennemi ; s'ils ne peuvent partager votre gloire., en com-
battant , ils désirent au moins d'être instruits officiellement du
progrès des armes de leurs frères de Lille. Sentant combien il nous
est important de leur donner cette consolation , nous avons pris
l'arrêté dont copie est ci jointe , -et nous les avons persuadés que
vous vous prêterez à leur désir, en en remplissant le but. Nous
vous serons bien reconnoissans, Citoyens, de faire faire la rédaction
du bulletin que nous demandons d'une manière à nous mettre au
fait de tout ce qui se passe d'essentiel, d'en faire les frais et nous
en adresser l'état, pour que nous vous en fassions tenir de suite
le montant.
Les Administrateurs composant le Directoire du
District de Bergues. Signé, BOISSIERE , Vice-
Président ; HEBERT ; P. LTA^IBRECHEL ; le Com-
mandant temporaire de la Ville de Bergues,
RiviÉ. et TESTE-DEWIGIT-ES , Secrétaire.
rAIUXÊ TÉ du Directoire du District de Bergues.
Nous Administrateurs composant le Directoire du District de
Bergues , justement alarmés avec nos Concitoyens, des malheurs
dont nos Frères de la Ville de Lille sont accablés, par le résultat
de l'attaque des indignes satellites des tyrans coalisés contre la
Nation Françoise ; considérant que l'incertitude dans laquelle nous
sommes sur les progrès de l'ennemi, et sur la vraie situation jour-
nalière de ladite Ville de Lille, accroît continuellement nos alarmes,
.et tient nos Concitoyens dans la plus vive inquiétude ; que de là
des crain-tes sans cesse renaissantes arrêtent la marche ordinaire
des spéculations et-des travaux de tout genre, et fait place aux
murmures et aux agitations qui peuvent se détruire par la con-
hoissance officielle de la situation des choses, tant à l'égard de
l'ennemi que des forces opposées et dirigées contre lui ; ouï le
Procureur-Syndic, avons arré-t^ d'ouvrir une correspondance jour-
nalière par courrier , avec les Corps Administratifs et Comité central
de ladite Ville , pour témoigner à nos Frères de ladite Ville de Lille,
notre sensibilité sur les maux qu'ils éprouvent de la part de Tennemi,
qui tient la conduite la plus féroce à leur égard; les prier de nQu.
< i5 )
&ire parvenir un bulletin tous les jours de la situation de la place,
de celle de l'ennemi, du courage et de l'intrépidité de nos Frères,
du succès de leurs armes , des secours qu'ils reçoivent , de la ré-
ignation générale à vaincre ou mourir, enfin de tout ce qui peut
intéresser le Peuple; et seront copies du présent, adressées tant
au District de Lille , qu'à la Municipalité et Comité central.
Fait à Bergues en la séance du- Directoire du District, le 4 Octobre
1792, l'an premier de la République Françoise.
Pour expédition conforme au Registre des Délibérations;
Signé, Teste-Devtigkïs , Secrétaire, et scellé.
LETTRE des Officiers-Municipaux de St. Orner f à ceux de Lille.-
St. Orner, 5 Octobre 1792, l'an
premier de la République.
OFFICIERS-MUNICIPAUX DE LILLE ,-
"V OTRE courage , votre fermeté ne nous étonnent pas, vous êtes
François , et ce nom est celui de l'honneur. Mais vous excitez
Ilotre sollicitude: nous vous avons envoyé des Pompes à feu, et
quatre à cinq cens hommes d'élite de notre Garde Nationale;
parlez, Citoyens,, s'il vous manque quelque chose, nous sommes
prêts à vous aider, de tous les secours qui sont en notre pouvoir.
Les Maire et Officiers-Municipaux de là Ville de St. Orner.1
Signé, D. DUrLOUY-, DUBRAUIS, Bailly et Ch. Deframce.
LETTRE, des Officiers-Municipaux de Dunkerque, à ceux
de Lille.
Dunkerque , le 6. Octobre 1792, l'an premier
de la. République Françoise. -
CITOYENS ET CONFRÈRES,
- Ous recevons par votre Courrier, votre Lettre du 5 de ce mois,
nous partageons sincèrement vos peines et vos sentimens, sur l'hor-
rible conduite de nos Ennemis. Nous espérons qu'ils auront bientôt
à se repentir de leur. férocité, puissent nos pouvoirs égaler nos
désirs. -
( 16 )
Les Citoyens More] et vanryelle, ne refuseront point de rester
parmi vous , aussi long temps qu'ils pourront vous être utiles: voui
pouvez joindre nos instances aux vôtres, assurez-leur que nous
nous ferons un devoir et un plaisir de suppléer à leur absence.,
autant que nous le pourrons ; que leur confiance égale leur civisme
et leur humanité, ils auront lieu d'être satisfaits. Nous avons pris
tous les moyens pour assurer la prompte arrivée des Pompes , que
nous avons commandées. Un des frères du Citoyen Morel, s'est
chargé de faire le voyage de l'Angleterre à cet effet; nous désirons
qu'elles arrivent trop tard ; mais au moins assez tôt, pour que vous
ayez une preuve de plus, de notre attachement et de notre fraternité.
Nous avons défendu à notre Courrier, de se charger d'aucune
dépêche particulière, pour qu'il ne soit point retardé.
Les Maire et Officiers-Municipaux.
Etoient Signés, THIERY, Maire, P. H. LANCiL,
T. CoppiN et E. Amand MOREL.
LETTRE des Ofliciers- Municipaux de^Bcthune} à ceux
de Lille.
Béthune, le 6 Octobre 1792, l'an premier
de la République Françoise.
CITOYENS COURAGEUX,
Nous partageons bien sincèrement, Ja cruelle position où vous
vous trouvez, et nous ne cesserons de faire ce qui dépendra de
nous , pour vous procurer du soulagement. Mais nous vous obser-
vons , que nous n'avons aucuns Magasins de farine; y auroit-il des
Marchands A Béthune, nous manquons de fonds, pour en acheter.
Vos Moulins entravés, vous empêchent sans doute , de convertir
vos Blés en Farine, il passe ici des convois de Blés pour votre
Ville , nous pourrions les faire moudre dans nos environs, et vous
les faire adresser. Nous avons envoyé chez tous les Meuniers qui
nous avoisinent, ils peuvent fournir, d'après le rapport qui nous
a été fait, 53o à 400 sac par semaine, et même plus si les Vents
servoient; le poids de ces sacs , est de 200, à la rétribution ordi-
naire, de dix sols par sacs; si cet arrangement vous convenoit,
écrivez-nous, autorisez - nous à prendre les Blés nécessaires dans
vos convois, et nous mettrons aussitôt toutes choses en activité,
pour vous les faire passer aussitôt en Farine.
Votre fermeté, votre dévouement au salut de la Patrie, feront
¡une époque remarquable dans les Annales de la République. Vous
ne
( 17 )
c
ne tarderez pas à voir éloigner de vos murs, cette horde de brigands
qui infestent la terre de la Liberté: Ce sont les vœux les plus ar-
dens de vos frères.
Les Maire et Officiers-Municipaux de la Ville de Béthune.
Signé , DEBAILLIENCOURT, Maire, C. DEBAILLIENCOURT dit COURCOL,
MARTEL et DELANNEAU.
LETTRE du Général en Chef, DUMOURIEZ, aux Citoyens
de Lille.
D'Autry , le 7 Octobre 1792. l'an quatrième de la Liberté,
le premier de la République Françoise.
B RAVES défenseurs du Boulevart de la Liberté Françoise, 6 vous
qui m'avez reçu dans vos murs, comme un ami, comme un libé-
rateur , lorsque je commandois le Camp de Maulde ; persévérezdans
votre glorieuse défense, j'accours à la tète de 40 mille vengeurs.
D'autres troupes me joignent de tous les côtés , nous ferons fuir les
barbares dévastateurs de vos Campagnes , nous les poursuivrons
hors de vos Frontières, nous rendrons la Liberté aux malheureux
Belges ; réunis à eux, nous irons faire repentir les Allemands, de
leur aveugle 'obéissance aux tyrans ; nous conquerrons la partie
de l'Europe, asservie par le despotisme , nous la soumettrons à
l'Empire sacré de la Liberté et de la raison , nous déposerons
ensuite nos Armes saintes, et qui ne sont destinées qu'à assurer
ou venger les droits de l'Homme. Sou huit jours, nous vous
joindrons ; nous savons bien que vous n'avez pas besoin de notre
secours , nous voulons partager vos dangers , sans rien ravir à votre
gloire. Je veux en mon particulier aller rendre hommage à mes
Braves Compatriotes.
Le Général en Chef.
Signé, DUMOURIEZ.
LETTRE du Conseil-Général de la Commune d'Amiens, au
Conseil-Général de la Commune de Lille.
Amiens, le 7 Octobre 1792, l'an premier
de la République.
CITOYENS, FRÈRES ET AMIS.
L Es dangers qui vous ont menacés, et qui semblent s'éloigner de
vous, ont excité la plus grande sollicitude de la part de nos Concitoyens
1
( is: )
et de la Tiètre : nous tiotis sommes occupés de vbus envoyât âfes;
forces. Huit cens hommes d'élite de ncrtre Garde Nationale 6e
sont mis en marche vendredi cinq de ce mois, pourrons ptrrtêr-
le secours de leurs bras , et nous comptions, que leur prompte arri-
'vée dans vos murs, vous pprenarbit cette disposition. Mais nous
sommes inFormés que lé Général de l'Armée du Nord, leur a
donné l'ordre de s'arrêter à Arras, en attendant qu'il leur désignât
le lieu où ils doivent se rendre, pour former son. escorte, a
l'instant où il fera son entrée à.Lille. Des nouvelles plus -heureuses ,
et notamment celle qu'on noùs a donnée, delà retraite de l'Enne-
mi de dessous vos murs , nous fournissent l'occasion de vous féli- -
cijter, et de vous, payer le tribut d'éloges que- votre courage et
'celui de tous nos frères 4e Lille- vous ont. mérité.. Nous vous
informons que nous ne nous étions point bornés à une stérile
jachniratjon : nous'^eusèions -désiré et vous
-iaifler. à *>ep&u<sserr les vile -esclaves,,- qui ont prétendu vous faire
subir le joug des despotes-. {Puissent nos^Goncitoyens vous accompagner
dans la poursuite *le ces brigands ,et cueillir avec vous , les Lauriers
qui vous attendent sur leur territoire.. Etoient S-ignês b .LEROUX ,
JVlaine, G. S. BEMOJ)Br, IQELAMORLIÈRE j_ ANSELIK , DRLAM£R'E, CANQUY,
DELnoOOR, aîné; WiET; Auguste IluJARr'DIN-, DEvl, THIERRY
P. BERTTHE , LOYJER , GérttNl'Duffi'l'lh', -FROIDURE ,XECURQN , LEBRi.,
-PouiiAm, P*oem-eunderka 'Commune^ <et JANVIER, Secrétaire. -
-¿EXTltE du Gonsêilrgènèvcil de la Qômmwïe de St. 'Quentbt;
,a_ux -OJ/i ci ci s*-NLu n i dp aux de Lille..
St. "Quentin , ce 7 Octobre , -l'an premier
- - - de la République JraïiçoKe..
FRÈRES ET AMIS ,
LE Conseil-général de la Commune dé St. Quentin, douloureu-
sement affecté de l'état déplorable de votre Ville, désirant en avoir
sdes nouv.eUe's .positives , cimrgeses deux Commissaires l'es Citoyens
Gallon et Charlet, et trois Officiers nommés par les. trois Bataillons
en garnison, dans notre,;Ville, le frère Beraud, Colonel en secon d
xiù tîinquième Bataillon-,. tBellefort^ c Adjudant-Major du sixième Ba-
taillon , et Trouette , Adjudant soxis-Offîcier du septième-Bataillon;
Tiommés par les Amis-de la. Liberté et de l'Egalité de vouloir bien
vous porter leur vœu ; il espère que vous voudrez bien lui faire part-
par écrit,. de l'état de détresse dans lequel vous vous trouvez actuel-
lement, il apprendra tiC plaisir que les Prrans qui vous tratent.-
1ii indigQement, rçOlYent- la.récom-peÍl-'d à l'indignité de feor»
indi g nement,, reçoivent la-récom p ense- due à ^qui vous traitent,
( *9 )
roc-édés. il recommande les susdits Hépùtés a votre bienveillance,
- JI vous prie de leur accorder toute protection-, sûreté , et faciliter
leur prompt retour. En permanence , l'an premier de la République
Françoise. Signé, Fouquier, Maire;.Lefebvre-Marolle , Ofiicier-
Mumxàpal; FUEAUX, l'aîné; CaOLET; MAiLHARD, Notable ; G.. L.Mo:-
NOISE; Benkornb, père; DELAFossE, Notable; PETER, Notable, et
Posset, Notable.
LETTRE du Citoyen COnEtON, Maire cle Cambrai, au Conseil-
général de la Commun^ d. Lille.
Au Conseil-général de LA, Commune DE LA Ville DE LILLE.
Cambrai , le 7 Octobre 1792, l'an premier
de la République l'rancoise.
Cténéreux Citoyens , dignes Défenseurs du Boulevart de la Ré-
publique Françoise daignez à l'occasion faire distribuer le porc
salé contenu en trois demi-pièces, sous les numéros 1, 2, 3; pour
récompense, je vous prie ciL grâce de m'accorder en retour trois
de nos frères blessés, je me charge de les soigner; retenu par ma
place, je ne peux aller périr ou vaincre avec vous, mais si vous
manquiez de-monde., parlez, et nous suspendrons tout, pour aller
partager la gloire immortelle dont vous vous couvrez. Je suis votre
Frère, A. L. CODRON, Citoyen et Maire.
Mon jardinier et mon garçon de cave , conduisent ce foible
présent et soulageront par leurs soins dans la route le noble présent
que j'attends ; si mon jardinier qui est marié, peut seul me ramener
mes Frères -souffrans, gardez mon garçon de cave dont le patrio-
tisme m'est connu, il me remplacera, son courage suppléera à la
science de la guerre.
- -t- -■ ■ ! -..
LE TTRE du Procureur de la Commune dç. Lauenlie, aux
Officiers-Municipaux de aille.
Laventie, ce 7 Octobre 1792, l'an premier
de la République Françoise.
CITOYENS MUNICIPAUX,
TPoujours prêt à voler à votre secours , je viens de me transporter
dans les Communes de Fleurbaix et de Sailly, à effet de représenter
l'urgence d'avoir des farines -pour votre Ville; il n'a pas été difficile,
C 20 )
Concitoyens, d'en obtenir de ces deux Communes, qui sont entfè..
rement dévouées à la chose publique. J'ose croire que Lundi .8
Octobre sans nulle faute , je viendrai avec environ seize à vingt
voitures de farines, escortées par un nombre de Citoyens , tant de
Fleurbaix, Sailly et Laventie ; cette dernière Commune vous a fourni
sept voitures et en fera charger encore sept pour Lundi ; toutes les
voitures arriveront ensemble, veuillez bien s'il est possible envoyer
20 hommes de troupes de ligne au Village de Lomme, les voitures
seront arrivées à trois heures l'après-midi ; je vais me rendre dans
les Communes de Neuf-Chapelle , Richebourg et Lacouture, où
j'espère que je recueillerai le plus grand fruit de la commission
que vous m'avez donnée ; dans tout ce que je puis être utile pour
la chose publiqueveuillez ne m'épargner en rien, et me croire ait.
nom de la Liberté et de l'Egalité.
CITOYENS MUNICIPAUX,
Votre Frère et Ami. Signé , VANABELL*^
Procureur de la- Commune de Laventie.
Le Procureur de la. Commune de Fleurbaix est porteur de la Lettre.
r
LETTRE des Officiers-Municipaux de la Commune de Fleurbaix>
à ceux de Lille.
Fleurbaix, le 7 Octobre- 1792, l'an premier
de la République Françoise.
CITOYENS MUNICIPAUX,
ANIMÉs du patriotisme, nous nous sommes: rendus, sitôt après
avoir eu connoissance de la Lettre que vous avez écrite aux Officiers-
Municipaux de Laventie, dans toutes les maisons de notre Muni-
cipalité , où nous avons fait la retrouve de toutes les farines que
nous y avons trouvées. Nous n'avons laissé à nos Concitoyens ,
que ce qu'il leur étoit nécessaire pour très-peu. de temps; jugez,
Citoyens Municipaux de notre zèle pour vous secourir, et croyez-
nous très-fraternellement.
Les Maire et Officiers-Municipaux de Fleurbaix..
Signé , LELEU J. B. VERDIER, P.-F. GRAU,
J. B. CANDEILLE , et Ch. DEPoxi)-, Procureur
de la Commune.
( stt J
ADRESSE des Commissaires Députés de la Convention
Nationale, aux Défenseurs- de- la Ville de Lille *
CITOYENS,
V Ous venez de prouver à l'Europe votre amour pour la Liberté'
et votre haine pour la tyrannie.
Vous avez vu périr vos frères, réduire en cendres une partie
de vos propriétés et vous êtes restés fidèles au poste où la Patrie
et l'honneur vous avoient placés. Vous vous êtes élevés à la hau-
teur de la révolution mémorable et salutaire du 10 Août dernier.
VOUS ÊTES DIGNES D'ÊTRE RÉPUBLICAINS.
Au milieu de l'incendie, prêts à périr sous les décombres de vos
habitations, votre voix ne s'est fait entendre que pour crier vive
la Nation , périssent les Despotes, nous voulons être libres et nous
le serons.
Ces brigands de l'Autriche, ees lâches-Emigrés, peuvent détruire ,
avez-vous dit, toutes nos maisons ; mais les remparts de la place
nous resteront, et les habitans et la garnison de Lille ne se ren-
dront point.
CITOYENS L VOUS AVEZ BIEN, MERITE DE LA PATRIE.
Les Commissaires de la Convention Nationale étoient venus par-
tager vos dangers. Les Représentans de la République Françoise
doivent donner l'exemple de mourir en défendant la souveraineté
du Peuple et son indépendance.
Ils veulent assurer de tout leur pouvoir la Liberté et l'Egalité ,
sous l'Empire des Lois.
Vous -venez-, par votre courage, par votre attitude fière et impo-
ante,- de placer une colonne au grand édifice de la félicité publique.
La Convention Nationale, à qui nous, allons transmettre le tableau
affligeant de votre situation , applaudira à votre patriotisme. Elle
ne tardera pas à acquitter, envers les Citoyens de Lille, une
dette sacrée. Vos pertes sont considérables, vos serez justement
indemnisés. Comptez sur sa sollicitude paternelle,
Les rois furent toujours inhumains et parjures. Les Représen-
tans du Peuple ne manqueront jamais à leurs engagemens. Ils ne
veulent que son bonheur; ils veilleront sans cesse au salut de la
République et à la prospérité de la grande famille.
Citoyens ! n'oubliez jamais qu'un roi parjure et corrupteur est
la cause que ses satellites, que des rebelles ; ont porté le fer et
( 22 )
la flamme sur le territoire Français; qu'ils ont massacré vos -frères-,
qu'ils ont ravagé vos moissons; qu'ils ont incendié vos habitations.
Vouez, -à ces monstres altérés de sang humain, :une haine éter-
nelle, et qu'ils sachent que les Patriotes François, plutôt que de
courber leur tête sous le joug affreux du despotisDle., .sont tous
résolus, à périr les armes à la mains.
A Lille, lé 8 Octobre 1792v l'an premier .de la République
Françoise.
Signé, E. J. M. D'AOUST , Gustave DOULCF.T ,
J. F. B. DELMAS, A. DEBELLKGARDE, P. J.
DUHEM., Ernest nUQUESOY. - -
LE TTRE du •Conseil-Général de la Commune de St. Omer
au Citoyen Maire de Lille.
:S-t. Omer, 9 Octobre 1792, l'an premier
de la République.
CITOYEN MAIKE DE LILLE,
NOus avons reçu hier seulement, votre Lettre datée du cinq
de ce mois, par laquelle vous nous mandez que nos Pompes vous
sont parvenues bien à propos, et qu'elles vous ont été d'un grand
secours dans vos incendies: quant aux Farines et aux Pains cuits
que vous nous demandez, nous ne vous envoyons pas Ge secours
de comestibles, attendu que nous avons reçu votre Lettre un peu.
tard, et que nous apprenons dans ce moment, que les Autrichiens
sont en pleine retraite ; vous nous obligerez beaucoup de -nous
donner la certitude de cette nouvelle bien consolante, et de nous
donner quelques renseignemens des quatre à cinq cens de nos
Concitoyens qui sont allés à votre secours, le trois de ce mois.
Les Maire, Officie rs-Mun icipaux et jNotables de la Ville de St. Orner
en Assemblée permanente.
.Signé, HEMART., CARON, C. B. DUMART, B. LÀRICITA,
X. S, C. RIVAI , LECOUT&E et CIIARÉ.
( -b3 )
AB T'TRE cles Officiers - Municipauas de Doitllens; à ceux
- de -Lille.
Doùllens, le 9 Octobre 1792, l'an premier
de la République.
-
CITOYENS, FRÈRES ET ÂMIS,,
FTDËL-ES aux Sermens que nous prêtâmes dans vos murs, indi-
gnés des sélératess-es de nos Ennemis, nous envoyons une Compa-
gnie 'de nos braves Citoyens Gardes Nationaux, commandés par le
Citoyen Heniery, composée- d'un- ier. 2. Sous - Lieu-tenans, 1
tSergent-Mtrjor, x Fourrier, 4 Caporaux, 1 Tambour et 55 Grena-
diers ; elle eût été plus nombreuse, si chaque individu eût suivi
son inclination ; elle forme néanmoins le quart des Citoyens en
état de porter les armes-en cette Ville, ils mettront à exécution
les ordres que vous leur donnerez, pour repousser nos Ennemis
communs ; leur présence esl la seule recommandation que nous
puissions vous faire.
Noua ne cesserons d'être vos - frères et amis.
Les Citoyens NOfficiers Municipaux de DouIIens:
Signé, RÏNG:A.Rln, D&RRAS , RIs, LAURENT-, Procureur
de la-Commune., et MOÏ) .Secrétaire.
LETTDE de F. L. AtmRY", Citoyen de Cambrai,, aux Officiers-
Municipaux de Lille.
Á. Cambrai, l'an premier de la? République
Françoise.
GIT 0 Y E N S IIS F OETUNÉS;,
E pleurs .de rage sur les malheurs qui vous accablent-, et sur les
horreurs commises par les scélérats Autrichiens. • J'ai une grande
maison, je puis loger dix personnes; s'il se trouve de vos Habitans
qui veuillent se retirer à Cambrai, en attendant que leurs maisons
soient rétablies,. dites - leur que je remplirai envers eux le devoir-
sacré de l'Hospitalité -, et que je n'exigerai pas le moindre loyer;
) e désire seulement qu'ils soient munis "de Draps, parce que jç
n'en ai pas suffisamment. S/-g?ié} JF. L. AILBEY, sur la- Grand'Place..
(«4 )
LETTRE des Commissaires Municipaux de Cassel à ceuc»
.de Lille.
4Cmsel, le 9 Octobre 1792 , l'an premier
de la République Françoise.
- CITOYENS MUNICIPAUX,
ACCEPTEZ, s'il vous plait, une troisième voiture contenant neuf
cent soixante-neuf Pains, que nous vous envoyons, sous la con-
duite du Domestique de la veuve Salcys, V oiturière de cette Ville.
Soyez persuadés que c'est d'un grand coeur, que nous vous faisons
ledit envoi.
Les Commissaires Municipaux de la Ville de Cassel
Signé, BORNISIEN, Commissaire Municipal.
Autre Lettre des mêmes aux mêmes.
Cassel, le 11 Octobre 1792, l'an premier
de la République Françoise.
UN troisième envoi de quatorze cens quarante-deux pains que.
nous voue prions de recevoir de notre part, pour aider à soutenir
nos. braves défenseurs de la Patrie, qui se dévouent si généreusement
pour la défense de notre Liberté; nous cesserons nos envois, si
vous ne demandez pas la continuation, et si vous croyez en avoir
encore besoin, soyez persuadés que nous ne négligerons rien pour
venir à votre secours et de nos Concitoyens.
Les Commissaires Municipaux de CasseL
Signé BO-B-NISIEIT , Commissaire Municipal.
DÉC.RF.T DE LA CONVENTION NATIONALE,
- Du. 12 Octobre 179.2, l'an premier de la République Françoise.
Portant que la Taille de Lille a bien mérité de la Patrie.
LA CONVENTION NATIONALE, après avoir entendu la lecture d'une
Lettre -de ses Commissaires à l'Armée du Nord, et sur la proposition
d'un
( a5>
JD
d'un de ses Membres, décrète que LES HABIT ANS DE LILLE
ONT BIEN MERITE DE LA PATRIE.
Au NOM DE LA NATION, le Conseil executif provisoire mande et
ordonne à tous les Corps Administratifs et Tribunaux, que les
présentes ils fassent consigner dans leurs registres, lire, publier et
afficher dans leurs Départemens et ressorts respectifs, et exécuter
comme Loi. En foi de quoi Nous avons signé ces présentes, aux-
quelles Nous avons fait apposer le Sceau de l'Etat. A Paris , le
dix-septième jour du mois d'Octobre mil sept cent quatre-vingt-
douze , l'an premier de la République Françoise. Signé, MoNGu.
Contresigné, GARAT. Et scellées du Sceau de l'Etat.
Certifié conforme à r originaL
Signé, GARAT.
Consigne dans les registres du Département du Nord, oui le
Procureur-général-syndic, pour être publié et en vor é aux Directo ireit
«
des Districts, pour être aussi consigné dans leurs registres , et par
eux publié ; pour être en outre envoyé à toutes les Municipalités de
leur territoire respectif, lesquelles seront tenues de le faire lire,
publier et afficher ~et â en donner avis, dans un bref délai, au
Procureur-syndic de leur District, qui en informera le Procureur-
général-syndic, et pour être en conséquence exécuté comme Loi.
Fait à DOIJay-, au Directoire du Département du Nord, le 22
Octobre 1792, Fan premier de la République Françoise.
Signé Là garde, »Secrétaire-général.
Certifié conforme à TExemplaire reçu certifié par l'Administration..
Les Administrateurs composant le Directoire du District de Lille.
ADRESSE du Conseil-Général de la Commune de Nancy y
à la Ville de Lille.
Nancy, le 12 Octobre 1792, l'an premier
de la République.
BRAVE CITÉ DE LILLE,
Tu as bien mérité de la République, la Ville de Nancy t'en félicite;
elle te loue de ton courage, elle voudroit pouvoir donner un asile
à tes habitans dont un ennemi barbare a brûlé les demeures.
Généreuse Cité, gloire à ton nom, il sera répété d'âge en âge,
( 26 ) -
et nous te proposerons pour modèle a nos derniers neveux. Reçois «
notre estime et notre reconnoissance; c'est la plus honorable ré-
compense que des Républicains puissent offrir à des Républicains.
Le Conseil-général de la Commune de Nancy,
Sigll, DUQUKSNOY , Maire ; GERARDIW , DÉMANGÉ ,
ItAYBOIS, VILLIER, BBAULISU , JOLEURll, DuFKSÎPE ,
};'nvÉ, Joseph ZOINGIACOMI , père ; LEBÆL, LACOUR,
BOUR , V. NlcoLAÏ, GENAUDE*, J. FLARCATTE, MA-
BIZIEN , DUMAS , J. F. POIRSON. BOURZONVILLER,
LAFITYE , NKRET , G. RINNIEP., ROLINS, HKNR y ;
RAGON, NICOLAS, FRANÇOIS, NICOLAS, J. HENRIOÎT.
Par le Conseil. Signé, NOAAN.
u
*v
"ADRESSE cle la Société des Amis de VEgalité et de la Juibertê
de Caen, aux Citoyens de Lille.
LIBERTÉ , ÉGALITÉ.
Caen, ce 12 Octobre 1792, l'an premier-
de la République.
LA SOCIETE DES AMIS DE L'EGALITÉ ET DE LA LIBERTÉ SÉANTE
A CAEN, AUX BRAVES CITOYENS DE LILLE.
BRAVES CITOYENS,
Vos Frères de Caen s'empressent de vous féliciter ; au spectacle
de la constance et du patriotisme que vous avez opposés aux-efforts.
désespérés des tyrans , nous avons dit : voilà de vrais François , de
véritables Républicains ! ces titres que nous ambitionnons, vous
les avez mérités, nous vous les donnons.
Votre Ville tiendra le premier rang dans l'histoire de nos triomphes,
votre bravoure et votre bonne fortune nous enlèvent cet honneur;
nous nous en vengerons contre l'ennemi commun, qu'il vienne, il
aura à combattre l'amour sacré de là Liberté et l'invincible orgueil
de nous montrer dignes de nos Frères de Lille. Signé, FLEUJBY ,
Président, et PIEMBAIN* 1
( 27 )
LETTRE du Ministre de l'intdrieur, aux Membres composant
le Conseil-général de la Commune de Lille.
Paris, le 13 Octobre 1792 , l'an premier
de la République.
V OTRn Lettre du 8, Messieurs, m'a confirmé ce que je connoissois
déjà, l'intrépidité et la constance des braves Citoyens de votre Ville.
Quand j'ai vu les Autrichiens s'en approcher j'ai présagé leur
honte et votre gloire. Voudriez-vous maintenant n'avoir pas eu
cette belle occasion de prouver à l'univers entier que vous n'aviez
pas juré en vain de vivre libres ou de mourir, et que l'appareil de
tous les dangers n'a pu vous arracher un seul cri de désespoir ?
Toute la République connoît maintenant votre résistance; il n'est
pas une Ville qui n'ambitionne, au prix des maux que vous avez
soufferts, d'avoir acquis autant de droit à l'admiration et à la re-
connoissance publique. Vous en jouirez, Messieurs, il est bien doux
pour moi d'être l'interprète de ces sentimens.
Le Ministre de l'intérieur t
Signé, ROLAND.
LETTRE des Députés Commissaires du Département du Pas.;
de-Calais y au Maire de Lille.
Lille, le 13 Octobre 1792, l'an premier
de la République Françoise.
CITOYEN MAIRE,
Nous venons d'arriver dans votre Ville, chargés par le Conseil-
général du Département du Pas-de-Calais f de présenter une Adresse
-au Conseil-général de la Commune de Lille et à tous les Citoyens
de cette Ville. Nous vous prions de nous indiquer à quelle heure
nous pourrions ètrerecus par le Conseil-général de cette Commune.
Les Députés Commissaires du Département
du Pas-de-Calais. Signé, F. DUBOIS et
ST. AMOUR.
( 28 )
EXTRAIT des Registres auic Arrêtés du Conseil - général dw
Département du Pas-de-Calais.
Séance publique du 12 Octobre 1792, l'an premier de la République.
ADRESSE au Conseil - général de la Commune de Lille,
et aux Citoyens de cette Ville,
CITOYENS,
L'EUROPE entière a les yeux sur vous, la République Françoise
vous comble de bénédictions, les tyrans frémissent, et les Peuples
étrangers qui commencent à sentir le poids des fers dont ils sont
chargés , voient en vous les libérateurs qui contribueront à les-
briser ; ceux même,- que votre courage désespère , ne peuvent:
s'empêcher de s'en étonner, et leurs cris de rage sont des applau-:
dissemens pour vous.
Au milieu de cette acclamation universelle, que vous sert un
hommage de plus? Il vous est inutile, mais vous l'offrir est un
besoin pour le Conseil-général du Département du. Pas-de-Calais.
Les Membres qui le composent ne peuvent vous parler au nom du
Peuple dont ils ne sont pas les représentans, mais ils répondent de
ses sentimens, et ils vous déclarent que vos frères, vos amis, vos
voisins du Département du Pas-de-Calais , regardent comme un
devoir pour eux d'ajouter une Palme à la Couronne que la Patrie
vous prépare. Et comment pourrions-nous nous taire, nous qui
jouissons les premiers de ce grand bienfait que votre magnanimité
procure à la France? C'est avec vos corps et aux dépens de vos
fortunes, que vous nous avez fait une barrière invincible. Un ennemi;
dévastateur et féroce se préparoit à fondre sur nos habitations, à
piller nos moissons, à égorger ce que nous avons de plus cher au
inonde après la liberté, vous seuls l'avez arrêté, secondés de cette
brave garnison qui est dans vos murs ; et si nous jouissons encore
des bienfaits de la Patrie et de la Nature j c'est à vous que nous le
devons; nous ne rendons pas un seul hommage à la liberté, sans
nous rappeler que vous nous en avez conservé le droit.. Nous ne
donnons pas un embrassement à nos, familles sans nous- rappeler
dans cette douce étreinte, que c'est à vous que nous devons cette
jouissance; recevez le tribut de notre immortelle reconnoissance.
Quel spectacle offre cette vaste et puissante Cité, naguères si
florissante ! on n'y marche que sur des ruines , et ces ruines sont
des trophées; tout semble annoncer la désolation et la mort, et
( 29 )
une joie pure respire sur les visages ; les chants de 1 alégresss
étouffent les cris de la douleur, et si quelques Citoyens ont à ëregret-
ter un parent ou un ami, leurs regrets s'évanouissent dans les bras
d'une Patrie qui leur applaudit et les admire.
Vous en êtes dignes de cette Patrie, CITOYENS, et elle est digne
de vous , elle vous doit le plus grand des bienfaits , vous avez
donné un exemple qui sera imitée et quel est le lâche François
qui oseroit encore plier devant les despotes, quand les braves
LILLOIS ont fait une si courageuse résistance ? Tremblez tyrans,
LILLE vous a fait connoitre les héros que la France est capable
d'enfanter, et cette forteresse est devenue inexpugnable pour vous.
Votre rage est venue expirer devant ses murs, vos projets si cruel-
lement combinés ne vous ont conduits qu'à la honte et aux
remords de- vos forfaits. Si vous l'osez r venez contempler les
lieux témoins. de votre retraite, et du sein de cette tesre souillée
de vos crimes,. une voix terrible s'élevera et vous entendrez : ici
'Vous a-vez appris que des esclaves doivent toujours céder à des
hommes libres. La terreur alors- s'emparera de vos eceurs, et l'at-
taque sera pour vous le signal de la défaite.
Oui, devant ces murs honorables viendront se briser tous leurs
efforts ; ici est posée la borne qu'ils ne passeront jamais, et cette
borne c'est le patriotisme et l'amour de la Liberté qui l'ont posée,
et ce sont les Citoyens de Lille, cesners et généreux Républicains
qtù l'ont rendue inébranlable..
GÀLAND, Secrétaire-Général.
LETTRE du Citoyen loussBAuME, de la Rochelle, aux Officiers-i
Municipaux de Lille.
La Rochelle , le i3 Octobre 1792.
CITOYENS,
PROFONDÉMENT affligé des maux de ma Patrie, et ne pouvant
que foiblement la soulager que de ma hourse, ( une émiplégie
m'ôtant toute faculté depuis douze ans ) recevez je vous prie, la
remise que je vous fais incluse d'une Lettre de change sur Paris
de trois mille livres, dont je vous prie d!appliquer le montant
aux premiers besoins des malheureux, que la barbarie de nos
Ennemis a ruinés : Vous pouvez en toute sûreté négocier ma Lettre ;
M. Garnier, Ingénieur de votre Ville, qui est ici mon proche
vo^sijQ, ou Yt--.. veuy LethierryFabricante de Fils, en .votre:
( 3o )
Ville, je crois rue des Fiens, vous attesteront que vous ne courez
aucun risque. Je suis dans les sentimens les plus patriotiques.,
votre affectionné serviteur. Signé, JOUSSEAUME.
ADRESSE du Conseil-Général de la Commune de Cambrai à
celui de Lille.
GÉNÉREUX CITOYENS,
Déjà votre Ville étoit illustre dans les fastes du Commerce,
elle sera désormais immortelle dans les Annales de la gloire, votre
conduite sublime pendant le terrible Bombardement que vous avez
soutenu avec une intrépidité sans exemple, l'a rendue pour jamais
chère à tous les bons François; ils ne prononceront désormais le
nom de Lille, que saisis de respect et -d'admiration.
Vous avez fait voir aux barbares satellites des tyrans , ce que
peuvent des Citoyens , quand ils combattent pour la Liberté. Vous
vous êtes montrés en véritables Républicains, qui savent braver
la mort, quand il s'agit du salut de la Patrie.
Braves Lillois , votre courage nous a sauvés des fureurs d'un
ennemi sanguinaire; si votre mâle résistance n'eut triomphé de
ses efforts , si vous eussiez pu succomber, bientôt il eût porté le
fer et la flamme dans nos propriétés, et peut-être en étoit-ce fait
de notre précieuse Liberté. -
Recevez donc le juste tribut de notre reconnoissance. Vous nous
avez appris que vous savez vaincre , nous apprendrons à la posté-
rité que nous savons apprécier les services ; nous apprendrons à nos
enfans à marcher sur vos traces; c'est l'éloge le plus énergique
et le plus durable que noîus pouvons faire de vos vertus, elles
demeureront éternellement -gravées dans les cœurs de tous nos
Concitoyens; et si jamais quelqu'ingrat, ou quelque lâche pouvoit
les oublier, nous le conduirons au lieu de nos séances , et en
fixant ses yeux sur l'inscription que nous y avons fait placer, nous
lui dirons : regarde le Monument élevé dans cette enceinte, à
la mémoire de ceux qui se sont montrés dignes du nom François.
) AUX BRAVES LILLOIS,
LA COMMUNE DE CAMBRAIRECONNOISSANTE;
EXEMPLE A SUIVRE.
- 5 OCTOBRE 1792.
Fait à Cambrai en Conseil -Général de la Commune, le 14 Octobre
%Hpremier de la République Françoise. Signé) A. S. CODHON T
C 3i )
Maire, F. LEROY, A. DOUAY, L. DESÀINT, C. L. AUBRY, LELY,
A. L. LALEU, GuENiN , DOUÀY , fils ainé ? Henri FLANDRIN et
LALLIER , Secrétaire, - - -
ADRESSE du Conseil-général de la Commune d'Orléans.
r
Orléans, le 14 Octobre 1792, l'an premier
de la llépublique.
CITOYENS DE LILLE,,
L'ÈRE- de la République Françoise datera de la défende de votre
Cité. -
Votre cou-ragc héroïque sera le désespoir des tyrans, et l'exem-
ple des Peuples qui veulent être libres.
Braves Habitans de Lille , recevez les sentimens d'admiration de
vos frères d'Orléans; ils s'honoreroient - de vous prendre pour
a&adèiës. -
Les Citoyens composant le Conseil-général de 11. Commune
d'Orléans. EtorentiSz^Tzé.y, FAVRS, ZAWOLB, PATAUD, DSWOIS,
F. CAUBLET, PORECAET, PERCHEROg, DDFREHE , l'ainé
PUR, l'aîné, BOUCHER-MEZIEKES , FURMEAD , SoUET
PETTXLIER , N. LAVALLF., NICOLE, CHAITAAlN, PETAU,
J. B. GAUDRY , JQHAUT , Procureur de la Commune ,
PERCHE , LEGRAND, - PARIS-MAISOSTHEUVE , TRAMBLAC Y
MAZÎTBYS , CARRÉ , DUFRENE , l'aîné 3 C. DESRUSSIS ,
F. CÂLLIE, l'aîné et LANDRE.
ADRESSE de la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité,
de Versailles.
"Versailles, le 14 Octobre- 1792, ran premie}?..
de la République Françoise.
BRAVES LILLOIS1,
Nous n'avons pu entendre sans émotion , le récit de votre cor¡..:-
duite héroïque pendant le Bombardement continuel de votre Ville.
Nous suivions d'un œil inquiet vos périls et vos travaux, les uns
npus arrachoient des larmes, les outres nous pénétroient d'admi- -
ration. Eh ! quelle ame de bronze, n'eût-pas partagé ces sentimens ?
uu.EeuEle délibérant tranquillement au milieu des Boulets et des
( 3a )
Bombes , répondant avec fierté, par le Serment des Hommes libres,
à une Armée menaçante qui lui envoie incessamment la flamme
et la mort; des femmes oubliant la crainte, et partageant avec
leurs « poux et leurs fils, les fatigues et les dangers de la Guerre;
des Citoyens voyant sans effroi leurs maisons réduites en cendres,
occupés d'un côté à sauver leurs frères de l'incendie , de l'autre
à foudroyer l'Ennemi du haut de leurs Remparts; réitérant à
chaque nouvel assaut, lar promesse de s'ensevelir sous les ruines
de leur Ville , plutôt que de se rendre ! Grand Dieu ! comment
résister à tant de force et d'intrépidité? dans quelle contrée, dans
quel temps, dans quel siècle , chez quel Peuple , trouver d'aussi
nombreux exemples de courage et de vertu? quels sont les Citoyens
du monde, auxquels l'amour de la Patrie ait inspiré de plus beaux,
de plus entiers dévouemens ? 0 Liberté, Liberté sainte, voilà de
tes prodiges ! helas ! si l'homme marchoit toujours sous tes ensei-
gnes , il ne démentiroit jamais sa céleste origine, il vivroit heu-
reux et respecté sur la terre I enfin braves amis, vous avez
chassé l'Année des tyrans; votre constance à lassé sa rage , elle
a fui devant vos Bataillons, et la Victoire est à vous ; la Républi-
que entière vous doit des actions de grâces , pour votre intrépidité,
un prix pour vos pertes et vos travaux, un tribut d'estime pour
votre généreux désintéressement. Après avoir tout souffert, vous
retrouvant à peiné au milieu des ruines de votre Ville, le cœur
encore déchiré par les peines les plus cruelles, vous semblezvous
oublier vous-mêmes , pour ne penser qu'à la Liberté et à la Na-
tion que vous avez si vaillamment défendues. Cette conduite est
touchante "et sublime ; mais si vous êtes généreux, la Patrie le sera
aussi ; soyez-en sûrs, car les Citoyens d'un Etat libre ne sont pas
ingrats comme les Rois. Vous avez perdu vos fils et vos fem-
mes , hélas ! ô nos chers amis ! nous ne pouvons les rappeler à
la vie, mais nous leur garderons un éternel souvenir dans nos
cœurs, nous leur décernerons des honneurs immortels ; nous gra-
verons leurs noms sur le Marbre et l'Airain; nous les transmet-
trons de race en race, à l'amour et à la vénération de la posté-
rité , et vous leurs amis , leurs frères , leurs Concitoyens , nous vous
chérirons, nous vous honorerons pendant toute votre vie, comme nos
guides et nos chefs dans le chemin de la gloire et-de la vertu. Vos
propriétés sont dévastées , vos maisons sont détruites ; la Républi-
que réparera les unes, relèvera les autres, n'en doutez pas ; il est
indispensable quelle rétablisse des deniers de l' État, une Ville
dont les habitans ont si bien mérité de la Patrie. Nous allons sur
le champ démander cet acte de justice à la Convention Nationale,
et nous sommes persuadés qu'elle accueillera notre demande avec
transport. Nous disons-plus, nous voudrions qu'après la Guerre,
les 83 Départemens envoyassent chez vous leurs meilleurs Citoyens,
pour
( 33 )
F
pctir contribuer "eux-mêmes à relever vos murailles et vos édifices*
Cet exemple unique peut être au monde, seroit digne d'un Peuple
qui sait sentir et payer le courage et la vertu des hommes; on
diroit un jour dans l'Histoire: ce Lille incendiée - et détruite en
cc partie par une rage implacable , jura de ne jamais se rendre ;
cc elle tint ses Sermens, et força l'Armée des tyrans de l'Autriche,
cc à une retraite honteuse : des Citoyens députés par les 83 Dépar-
cc temens de la République Françoise, rebâtirent cette Ville de
cc leurs propres mains, en signe - de respect et de reconnoissance J?.
Au reste braves amis, quelque soit le succès de notre projet,
votre Cité 'ne restera- pas plus en ruine que votre nom sans gloire
et sans honneur : nous osons vous l'assurer , votre exemple ap-
prend aux despotes, que la terre de la Liberté ne se conquerre
pas comme la terre des esclaves ; aux Peuples , que les Rois sont
des monstres d'injustice et de cruauté. Toutefois la Guerre n'est
pas. encore terminée; continuez braves amis, d'être l'effroi et la
barrière des -uns , -les guides et les modèles des autres : la Patrie
vous comptera parmi ses plus chers enfans , l'Egalité parmi ses
plus intrépides défenseurs , et tous les Peuples devenus libres à
notre exemple, tous ceux dont nous allons être les libérateurs
et les alliés, instruits par nous de tout ce que vous avez fait de
grand -et de glori&ux, aimeront et glorifieront les Citoyens et la
garnison de Lille, entre tous les François.
Nous sommes avec fraternité, les Président et Secrétaires de la
Société des amis de la Liberté et de l'Egalité, séante à Versailles.
6" igné , MESSIE , Président, LAURENT, Secrétaire., J. ROCQUET, Se.
crétaire et J. F. DAUS, Trésorier.
ADRESSE de la Société des amis de la Liberté et de l'Egalité de
Dijon.
Dijon, Département: de la Côte-d'or., le ]4 Octobre
1792, l'an premier de la République.
BRAVES ET GÉNÉREUX FRÈRES,
VOs vertus ont sauvé la Patrie, et vous avez repoussé sur nos
Ennemis, l'opprobre que deux Cités perfides ont tenté d'imprimer
au nom Franc ois. Nous savons par quels malheurs vous avez payé
la Liberté publique, mais vos pertes sont celles de tous les Citoyens ,
et votre gloire est à vous seuls. Jouissez, chers amis, de l'hon-
neur bien pur, d'avoir fatigué la rage des tyrans du monde. Ils
21 auront pas à s'applaudir de leurs effroyables atrocités ; et si Fin-
C 34 )
cendie qu'ils ont allumé dans vos murs n'a pu lasser votre cons-
tance, il servira bientôt à dévorer leurs Trônes. Non, les N ation
n'auront pas inutilement admiré votre courage, et gémi de vos
malheurs ; vous leur avez appris que la tyrannie des Rois, se-
brise contre la vertu des Peuples; et le moment approche où;
proclamant leur indépendance , elles rendront avec nous un hom-
mage immortel à l'héroïsme des Lillois.
Les membres composant la Soeicté des amis de la
Liberté et de l'Egalité établie à Dijon. Signé ,
RESEVOT) Président , C. BRUTUS , LEROUX ,
A. COQUEAU, J. B. YALLET , P. Juaus, nEa.
TIBËIEY Secrétaire.
rADRESSE de la Société des amis de la République de ,CompiegrieL
Compiegne , 14 Octobre 1792, l'an premier:
de la République.
FRÈRES ET FRAYES AMIS ,-,
NOus partageons l'admiration et l'ènthousiasme qu'ont excité
dans tous les cœurs, votre conduite franche et courageuse. Acca-
blés de mille maux à la fois, vous n'avez pas perdu de vue le'
précieux trésor dj la Liberté, et vous avez conservé ce trésor
intact, au milieu des horreurs du; Siége le- plus terrible. Vous
avez, Citoyens François, donné un grand exemple à la Républi-
- que ; recevez le juste tribut de notre profonde estime et. de notre-
fraternelle amitiés
La Société des amis de la République.
Signé, BERTRAND , Président et CAREON,,
Secrétaire.. -
ADRESSE, des amis de la République de Màclzecours..
Machecours, le 14- Octobre 1792, l'an premier;-
de la République.
BRAVES L.ILL_OIS.,;
CHACUN de vous est un Cui-tius r recevez l'hommage de notre:
profonde estime. Il est aisé d'être Républicains ; la Liberte
tant d'attraits ! il suffit de connoitre ses charmes pour la chérir ,.
pour l'idolâtrer. Mais il n'est pas donné à tout le monde de se-
dévour pour le salut de la République.
(55)
Hommes intrépides; l'univers étonné vous contemple ; vous
avez fait l'espoir et la consolation des François libres; vous avez
.bien mérité de la Patrie; vous avez fait votre devoir; le nôtre est
de vous admirer.
Les amis de la République , au District de Macliecours,
! Loire Inférieure. Signé, JAUBERT , vice-Président,
POISSON, Se-cretaire, et GASCHIGNARD, ex-Président.
LETTRE du Citoyen Philippe, Garde National à Wassy,
aux Citoyens de Lille.
Aux CITOYENS INVINCIBLES DE LA VILLE DE LILLE.
CITOYENS AU SUPRÊME DEGRÉ ,
JyÀi trop gémi de vos douleurs,
Pour être muet sur la gloire
Dont vous avez pour tous les cœurs
Couvert les pages de l'histoire:
- Vous avez à nos ennemis
Prouvé d'une façon terrible,
Que tous les enfers réunis ,
Trouvent l'honneur seul invincible.
Je suis avez l'admiration la plus patriotique.
CITOYENS AU SUPRÊME DEGRÉ,
Votre Frère. Szgné, PHILIPPE J Citoyen
Garde National.
A Wassy, Département-de la Haute-Marne,
ce 14 Octobre 1792, l'an premier de la
République.
ADRESSE du Conseil-Général de la Commune dAmiens ?
à celui de Lille. 1
Amiens, ce 15 Octobre 1792, l'an premier
de la République.
CITOYENS,
V ous êtes ennn délivrés des ennemis féroces qui incendioient
vos foyers et vos temples. Recevez-en les sincères félicitations de
( 56 )
xms frères. Nous avonsi reçu un exemplaire du Journal du Bom-
bardement : nous le déposons dans nos Archives, - comme un mer-
nument glorieux de votre constance inébranlable et de ce courage
héroïque qui honore a jamais la Cité de Lille, qui lui mérite la
reconnoissance de la Nation, l'estime des Peuples étrangers et les
éloges de la postérité. Recevez aussi l'assurance du tendre attache-
-inent qui nous rendoit communs tous vos dangers et qui nous fait,
partager avec joie la satisfaction de votre heureuse délivrance.
Les Membres du Conseil-Général de la Commune
d'Amiens. Signé, C. J. LENGPX, Maire, JP. BERTHE,
HELAMORLIERE., Officier-Municipal, DOTTIK , fils
aîné, DEVIMD, BLANDIN , LECORON , DELAMBK ,
D'ANTREJIÎER , THIERRY, FROIDURE, LEBRUN,
Aug. DESJARDINS , DELAROCHE , l'aîné , et SERRU-
RIER , Secrétaire-Greffier.
ADRESSE du Conseil-Général de la Commune, de Boulogne-
sur-mer, à celui de Lille..
Boulogne , le ]5 Octobre 1792 , l'an premier
- d la République-
CITOYENS PRÉRES)
Vous avez entendu le tonnerre dès tyrans gronder sur vos têtes ; :
vous avez vu la foudre tomber en éclats sur vos paisibles demeures.
Mais votre ame se doublant à la vue des dangers, vous vous êtes
élevés à la hauteur de ceux qui vous environnoient,.
Votre attitude fière et terrible, en déjouant les machinations in-
térieures , n'a laissé aux traîtres que d'affreux remords , que des -
sentimens de désespoir et de rage à nos infâmes agresseurs.
Il sera donc vrai, Citoyens et Frères , que la République Fran-
çoise , àson aurore, aura fait poser la première base de son Gou-
vernement par la main de la victoire, que les élémens même auront
combattu pour elle.. D'aussi heureux présages nous annoncent- la
plus haute destinée; nous saurons, sans doute, la mériter, en
épurant nos mœurs et en. donnant .à. notre caractère national la-
dignité qui lui convient.
- Pour vous, Frères et Citoyens, vous, dont l'intrépidité a égalé
le courage, que ne vous devons-nous pas? En servant la Patrie,
vous nous avez préservés du meurtre et du pillage, et si jamais le
sentiment sacré de la reconnoissance que nous vous devons, s'étei-
gnait dans nos cœurs , puisse la main des Citoyens qui signeront
6$ttc Adresse-, se dessécher aussitôt, puisse a instant même,.sonner -
( 37 )
lheure- dé notre néant ; pour ne point laisser au monde i exemple
de la plus coupable ingratitude. - -
Les Membres composant le Conseil-Général de la
Commune de" Boulogne-sur-mer. Signé, BELLE,
Maire , F. JVlF.L:E.RY, Officier-Municipal, J. Bou-
CHARD , Officier-Municiral; DUCROQ - ËEAucRE y
Officier-Municipal, YUART , Officier-Municipal,
B. 1 RLIN, Officier-Municipal, F. DOEET , N.
NECHlN, NotaLle, BEAUGY , BERQUIET-DUHAMEL ,
RocHJE j TIESSET, MARMIN, WISOGQ, Procureur -
de la Commune, et ROUTTHiR, Substitut.
rjéjyRESSE des Amis de la. République de Sezanne.
Ce i5 Octobre 1792, l'an premier de la
République Françoise"
CITOYENS , FHÈRES ET AMIS, HÀBITAN3 DE LILLE LIBRE.
Tous les Patriotes de France ont les yeux fixés sur vofas ; il
n'en est aucun qui ne soit déchiré de douleur en apprenant les
pertes, les sacrifices que vous cause votre attachement inaliénable
à-la félicité publique. En vous jurant une-amitié éternelle, ils
brûlent tous, et nous brûlons avec' eux du désir de vous venger.
Courage-, Citoyens, ( courage , Frères et Amis, ) sensible et con-
solatrice, la Patrie calmera vos douleurs; reconnoissante, elle ré-
tablira vos foyers : et s'il existe des moyens de faire oublier l'époque
si cruelle pour vous du passage de l'esclavage à la Liberté , soyez
certains qu'elle se hâtera de les épuiser tous. Nous le lui deman-
derons avec tout l'intérêt que la reconnoissance et la fraternité
pourront nous - dicter de plus cordial..
Les Citoyens libres composant la Société des Amis,
de la République sc-ante à Sczanne , Départe-
de la Marne. SigllJ, AERIS-, Président, ei -
GABRIEL , Secrétaire.
DRESS& tcu. Conseil - Général de la Commune d? Arras 3
à celui de Lille.
Arras. y le 16 Octobre de l'an premier de la République.' -
F R È R ES;
'AUJOUHD'HUI que la Liberté triomphe par votre courage , il nous i
est permis d'aimer la vie 7 et de témoigner une juste reconnoissanoo
( 38 )
-A ceux qui nous 1 ont conservée. Recevez donc nos remercimens,
pour le bienfait signalé dont nous vous sommes redevables ; si vous
eussiez succombé sous les efforts de l'ennemi, fidelle à ses s'ermens ,
le Conseil-général de la Commune d'Arras , auroit eu du moins la
joie de mourir libre à son poete , dans une Ville sans défense ; mais
votre intrépidité , braves Citoyens, nous assure une satisfaction plus
douçe et plus durable. Par vous , nous allons être les témoins de
la déroute entière des tyrans et de leurs suppôts; par vous, nous
allons voir la révolution propager ses heureux effets jusque chez
les Peuples les plus éloignés : par vous , enfin, il nous sera permis
d'applaudir au retour de ce siècle fortuné, dont l'aurore ne sem-
bloit devoir luire que sur nos enfans. Généreux Lillois ! comme
elles nous font envie , ces ruines glorieuses que vous nous invitez
de réparer, comme elles parlent puissamment à nos ames ; ah !
nous vous en conjurons, conservez quelques-uns de ces honorables
débris j et les François qui visiteront vos murs , iront apprendre
dans toute la suite des âges, à servir la Patrie et la Liberté.
Le Conseil-Général de la Commune d'Arras."1
Etoit signé, LEFETE, Officier - Municipal,
MURY, Officier-Municipal, LEMBSRB, fils »
Officier - Municipal, DEMOULIK, Officier -
Municipal, G. LEBLOND, Officier-Municipal,
HBRMAN, D. TAFFIN , DELÇARDIN-LHOMME ,
CARLIER, MANKESIER, P. G. GILLES, DAJLL*,
Substitut du Procureur de la Commune , et
DÉLESTRE, Secrétaire Greffier.
LETTRE du Citoyen Maire de Meyssat, au Conseil-général de
la Commune de Lille.
Meyssat, Département de la Corrèze , le 16 Octobre 1792 ,
1er. de la République.
BRAVES CITOYENS,
VOTITE constance courageuse, et votre honorable défense, vous
ont mérité l'amour de vos frères; la République en consacrant
solennellement sa recoIinoissànce, et vous accordant des secours,
exaucera nos vœux.
Nous adressons à la Convention la somme de cent soixante-huit
livres, destinées au soulagement des veuves et orphelins les plus
nécessiteux de votre Cité ; nous sommes pauvres, ne rejetez pas
cette modique offrande, elle est le tribut de l'admiration et de la
fraternité.
- • - Au nom de la Commune de Meyssat;
Signé, J. B. CHÀSSEING , Maire.
(39)
LETTRE du Conseil-général de la Commune de Samer, à celui
de Lille..
CITOYENS, des éloges vous sont dûs, ils vont sans doute vous être
adressés par tous les Cantons de notre vaste République; la Com-
mune de Samer ne sera pas la dernière à vous témoigner son admi-
ration et sa reconnOISbance.
Citoyens, tout le nord de fa France cfevoit bientôt devenir le
théâtre de la guerre; les hordes sanguinaires cr Autrichiens ne vou-
loient se rendre maîtres de votre Cité, que pour se répandre avec
impétuosité sur toutes nos Villes sans défenses-, courageuses, mais
foibles ; animés comme vous de l'amour de la Patrie, mais privés
de moyens, nous étions à la veille de périr sans com bat, de mou-
rir sans honneur. Votre courage a triomphé de la fureur des tyrans ,
votie exemple a fortifié notre espoir, votre résistance nous a donné
le temps de voler à votre aide-
- Citoyens, notre secours est resté superflu pour cette fois f à peine
notre jeunesse étoit en marche pour aller prendre vos leçons, que
déjà vous aviez obligé les brigands à quitter nos frontières ;
seuls ou presque seuls vous avez soutenu le siège le plus désas-
treux, vous êtes venus à bout d'arrêter l'incendie qui devoit em-
braser la France; vous avez prouvé à l'Univers que les amis de la
liberlé et de l'Egalité sont prêts à s'ensevelir sous les ruines de leurs
rem parts, plutôt que de trahir un serment que la justice a dicté.
Citoyens, de vils adulateurs, des poëtes stipendiés, eélébroient
autrefois les victoires d'un Prince qui restoit à quatre lieues du
champ de bataille; les dangers étoient le partage de la valeur, les
louanges celui de la lâcheté; le nom de Dassas tomboit dant l'ou-
bli, Louis XV étoit appelé le héros de Fontenoy.
Citoyens, dans un Gouvernement populaire l'estime est réservée
ÙL celui qui la mérite, vous avez acquis des droits éternels à la nôtre,
'votre vigoureuse défense va devenir l'objet de nos entretiens avec
nos enfans ; toujours nos desceooans répéteront que sans les Lillois,,
une partie de la France alloit être ravagée au moment où se for-
m oit la République.
Frères et amis, nous n'avons d'autre récompense à vous offrir ;
mais nos cœurs et nos bras sont à vous quand ils seront néces-saires.
Nous sommes vos Concitoyens, les Ofnciers-Municipaux et le
Conseil-général de la Commune, en permanence au Bourg de-
Samer, Chef-lieu de Canton, District de Boulogne, Département
du Pas-de-Calais.
A Samer , ce 16 Octobre 1792 , l'an 1er. de la République
Françoise. Signé, LEROY, Maire , GENEAU , J. B..
LEGF.AIN , DFBERTE , BEURE , Officier-Municipal R DEVIN
DUEQUR. et LAMBERT ; Procureur de la Comrolfiet-
CAo.)
ETTRE du Corseil-Géi-zéral de la Commune "dilozistehote -C-'
celui de Lille.
BRAVES ET GÉNÉREUX CITOYENS,
vOus avez par votre fermeté, au .milieu de l'incendie, sortant
de dessous les décombres de vos habitations, prouvé a l'Europe
entière, ce que peuvent les hommes libres contre l'exécrable et
trop perfide oppression des despotes et de leurs suppôts. Quel
exemple -à jamais mémorable , ne donne point à ses Concitoyens
François le Peuple de la Cité de Lille? de-combien les Citoyens
de cette contrée de la-République ne lui sont-ils pas redevables ?
ou. dignes -amis ,-sans vous, nous serions déjà ;dans les fers de
l'esclavage et de l'oppression, déjà les tyrans ennemis de notre
Liberté, - corn nie ttroien t dans cette étendue les plus cruels ravages.
Les-Citoyens d'Hontschote ne feront .ni harangues, ni complimens
sur la vigoureuse résistance qu'ont opposée aux tyrans, les Citoyens-
soldats de la Cité de Lille ; elle est au-dessus des éloges. D'ailleurs leur
ame Républicaine rejeteroit avec raison ce qui est indigne d'elle; il suf-
lira de dire que nous n'avons -qu'à nous féliciter nous-mêmes , du
faonheur inappréciable que leur courageuse et belle résistance nous
prépare.
Nous les Citoyens formant le Conseil-Général, de concert avec
les Habitans de cette Commune , admirateurs de ces vaillans ex-
ploits, désirant avec empressement venir au secours des Citoyens
de la -classe indigente qui ont le plus souffert, nous prenons la
confiance de vous demander le lieu du dépôt, où nous pourrions
faire remettra ce qui nous est si - généreusement offert pour leur
^soulagement.
Les Citoyens Maire, Officiers-Municipaux, Notables et autres
■flela Ville- d'hontsch oie, chef-lieu de Canton du District de Bergues,
,de notre Séance permanente et publique , du 16 Octobre 1792,
Yaj.1 premier de la République Françoise.
Signé, L. SCHADET, Maire, G. L.DEBROMVER , P. J.
DEPYFKR , N. TAVERNE , M. L. VERMESCH, J. B.
VERYEPE , J. F. MÂSSEHS, P. A. LELIEUR , P. J.
.;F JOOR, Procureur de la Commune, M L. VER-
CAMER. Secrétaire-Greffier, L. F. DERIR, Nota-
-ble , J. B. CAL-LIE* , Notable, J. M. VA:,.scHnGEL,
J. P. CoRKETTE , F. N. DEBRBNS, D. C. UsEA-
VJE&AIRE, DECQD , Notable , J. M. YAHSERAZECLS.,
- p
( 4i )
G
P. G. VANRYCKE , S. J. JJEMOL, B. DELÀROIER»,
fils, DU St. HILAIRB , Juge de Paix, B. P. COPPENS,
Chef de la 8me. Légion des Gardes Nationales du
District de Bergues , A. V. VANBOCHSTAEL ,
< Commandant en Chef de Bataillon , J. B. BLON*
DEL, Assesseur , J. L. DERIL , Assesseur, Fran-
çois DEBEL , Adjudant du 5me. Bataillon de la
5me. Légion et P. GEERAERT , CURÉ d Honts-t
chotte.
ADRESSE du Conseil-Général du Département du Calvados.
Caen, le 16 Octobre 1792, l'an premier de la
République Françoise.
GÉNÉREUX CONCITOYENS,
V Ous avez défendu avec un courage intrépide votre Liberté et
vos Remparts; les Législateurs de France ont applaudi à vos efforts;
et nous aussi, nous vous en adressons nos félicitations fraternelles.
Bienfaicteurs de la Patrie , l'histoire transmettra à ceux qui ne
sont point encore, le récit de votre héroïque défense. Le nom
des Citoyens de Lille servira désormais à rappeler les idées du
dévouement, du courage et de la mâle énergie des vertus Répu-
blicaines.
Les Administrateurs composant le Conseil-Général du Départe-
ment du Calvados.
Signé, J. J. L. LEMENIE , Président, PETIT,
HEBERT , CHATRY , SAILLENFESL,
LEFEBVRE , C. VARIN , CANTINE *
MESMIL , BRESSON, MERIEL , LEVE-
QUE , NICHOMMB , MOSIN , LIMOR-
MAND , BONCOR, Procureur-Général,
B. LAISUN , DECLERI , UATOUT, J.
LENOELE et TtUBOULT.
LETTRE des Officiers-Municipaux de la Commune de Sezanne,
à ceux de Lille.
L'an premier de la République Françoise,
- ce 16 Octobre 1792.
CONCITOYENS,
La République Françoise peut se promettre les plus glorieuses
destinées, lorsque ses premiers pas dans la carrière qu'elle va par-
courir, sont illustrés par le Siège de Lille.
î 42 )
vu-e ses courageux aeienseurs reçoivent ici le juste tribut dè-
notre admiration et le témoignage de notre inaltérable amitié.
Les Officiers-Municipaux de la Ville de Sezanne , Département
de la. l y arne- en permanence,.
Signé, DESPVA.NCHEL, DELACROIX, FONOT,
CLEMANGE , SURRION, Procureur de la
Commune, REMIONE, BAROST, Nota
ble , CHAMPENOIS ». Commandan
ri*» - >
ADRESSE de la Soeiété des amis de la Liberté et de l'Egalité-
de la Ville d'Uzès.
LA SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA LIBERTÉ ET DE L'EGALITÉ- SÉANTE A.
L,& SOCI-~ TÉ DES AMIS DE LA I à
U Ès, DÉPARTEMENT DU GARD, AUX CITOYENS ET A LA GARNISON,
DE LILLE.,
Uzès , le ï6 Octobre 1792, l'an premier,
de la République Françoise.
BRAVES CITOYENS ET SOLDATS,,
V Ous venez de donner aux hommes libres lè sublime exemple,
des vertus Républicaines , et aux tyrans ligués contre la France,,
la plus terrible des leçons. Attaqués dans vos foyers par des tyrans
altérés dû sang François , vous vous êtes défendus avec le courage-
cles véritables Héros. Vous avez vu vos parens, vos pères, vos
enfans , vos épouses expirans- sous les ruines de vos maisons-
embrasées; et ce spectacle dtchirant na point ralenti votre zélé;-;
entièrement dévoués à-la défense de la Patrie , et ne voyant que-
se& dangers, nuit et jour réunis sur vos Remparts, vous avez par
;votre constance, découragé les- assiégeans, vous avez fait plus,
vous vous êtes- présentés à .l'e.nnemi; vous l'avez combattu et mis\
en fuite ; nouveaux Spartiates vous avez su défendre vos thermo-
pyles ; l'histoire a conservé le précieux" souvenir de leurs actions ,
la Patrie reconnoissante placera las vôtres dans ses fastes, que
les' bénédictions (de la République vous consolent des malheurs-
que vous avez é prouvés pour elle; que le nom des Lillois, que
leur dévouement gravés dans l'ame de tous les François, devien-
nent: pour- eux l'éveil du courage et le gage de la victoire.
Les j^abitans du Midi appelés aussi à combattre de nouveaux
Ennemis, brûlent de marcher sur vos traces. Les tyrans peuvent,
se coaliser, ils peuvent armer tous leurs satellites ; fiers de vos
(43) -
succès, embrasés du même feu, nous leur prouverons encore une
fois, que la terre de la Liberté ne it plus être souillée par des
esclaves.
Les Citoyens composant la Société des amis de la Liberté et de
TEgaIité, séante àUzès, Département du Gard.
-Signé, SossiER , Président, Charles ROUSSEL,
Secrétaire et -FAUVFT-Y , Secrétaire.
ADRESSE de la Société des amis de la Liberté et de VEgalité
, de Baugenci.
Bauge nci, ce 16 Octobre 179a, l'an premier
de la République.
CITOYENS,
SPARTE fit autrefois radmiration de toute la Grèce; Lille fait
aujourd'hui celle de toute la France. Chers Lillois ! vous serez
dans l'histoire les Spartiates de la République Françoise.
Que d'angoises n'avez-vous pas dù éprouver, pendant ce Siège
dangereux ; croyez que nous les avons partagées ; ils n'est pas
d'.exemple d'une telle barbarie ; mais les tyrans ne respectent pas
plus les propriétés que le droit des gens.
Ils se sont enfin éloignés de vos murs, ces tigres avides de
meurtre et de carnage , que ce soit pour n'y revenir jamais, ou
que leurs cadavres amoncelés, servent de Remparts à vos Bataillons.
Tremblez brigands de l'Autriche ; craignez le courroux des Lillois
outragés.
Peuple valeureux 1 vous avez soutenu les destinées de la Ptépu-
blique. la Patrie ne sera pas ingrate; et déjà s'est fait entendre
dans toutes les Cités, ce cri d'alégresse que nous répétons avec
«nthoysiasme, vive les Lillois.
Les Citoyens composant le Comité de correspondance.
- -Signé, DUVAL., Président, C. R. F. CBASSAIGNE,
Secrétaire , J. E. N. PELLIEUX , Commissaire,
JERÉANT , W ONNEAI1, Charles PELLIEUX ,
- PXINGUET et fuCOQUILLÉ.
-
C 44 )
ADRESSE de la Société des amis de la République à Niort-
Niort, 16 Octobre , l'an premier de léf!-
République.
BRAVES LILLOIS,
J AM,US nous ne perdrons la mémoire de l'héroïque dévouement
des Habitans de votre Commune , et du courage intrépide de la:-
valeureuse garnison qui vous a si bien secondés. Heureuse, nous
sommes nous tous écriés, avec un saint enthousiasme, heureuse
la Ville , qui renferme de tels Citoyens , et la République , qui
possède de pareils défenseurs ! On ne cirera plus désormais Léo-
nidas, à la tête des trois cens Spartiates, qui dévoués pour la
Liberté de la Grèce , arrêtèrent aux thermopyles, plusieurs mil-
liers de barbares. C'est vous, que l'on va citer , braves Lillois,
parce que personne n'a jamais mieux mérité de faire une époque
plus glorieuse et plus mémorable, dans l'histoire des Peuples.
La Convention Nationale vient de décréter, que vous aviez bien,
mérité de la Patrie : cette Loi étoit sanctionnée d'avance par tous,
les Départemens , et vos frères de la Commune de Niort, réunis
en Société d'amis de la République; ces mêmes frères, qui ont.
perdu un de leurs membres, mort en vous défendant, ( Chabot,
aîné , Capitaine au quinzième Régiment ) avoient déjà arrêté
d'une voix unanime, qu'une inscription civique, dans le lieu le
plus apparent de leur Salle y seroit le triomphe et le monument de
votre gloire.
Recevez le tribut d'éloges et d'admiration , que vous avez mé!ité'
à si juste titre, et comptez sur l'amitié de _vos frères, composant-
la Société des amis de la République, séante à Niort. Signé, Clere,,
la Société des Président, RIVELTHIBEAUDIERE et CVVELIBR, Secrétaire.,
LASALLE , «■N et CuvELiER~ Secr-étaire.-
ADRESSE de la Société des amis de la Liberté et de légttlité
à Cohnar..
Colmar, le 16 Octobre 1792, l'an premier
de la République Françoise.
BRAVES CITOYENS,
"V" Otre valeur a ri des menaces des despotes r elle a affronté
tous les périls ; elle a méprisé-la mort, tout ce que vous-avez, tout
f 45)
ce que vous êtes, vous l'avez dévoué à la cause de 1 humanité et
"à la défense de la Patrie- Tant de Générosité, en excitant notre
admiration, vous assure à jamais notre reconnoissance et celle de
là postérité. Puisse votre exemple animer le courage de tous les
hommes J Puissent vos masures en cendres, servir de spectacle et
de, leçon à ces vils esclaves, qui en prêtant leurs bras pour les
incendier, se sont exposés au même sort. Mais la modération et
l'humanité de la Nation, manifestées en Savoie et aux bords du
Rhin, les garantissent de ces horreurs.
Que tous les Peuples de la terre ouvrent enfin les yeux ! que
ee ne soit pas en vain que vous leur ayez montré la vertu de
l'homme libre ! que ce ne soit pas en vain que la Nation Fran-
çoise , par son exemple, les invite à briser leurs chaînes, et à
donner des Lois aux tyrans, qui ne prononcent que des oracles
de mort contre leurs concitoyens. La France s'est prémunie contre
les attentats de ses Rois , bientôt toute la terre l'imitera et vous
serez vengés-
La Société des amis de la Liberté et de l'Egalité.
Signé t J. PRAS Président, LARCHEY, Albert
CHAY ROB, L. BLANCHARD , père G. B-INIEU.
ADRESSE des Administrateurs du Directoire du District de
Loudeac. aux Officiers-Municipaux de Lille.
Loudeac, ce 17 Octobre 1792, l'an premier
de la République Françoise.
CITOYENS-,
LEs barbares qui souilloient le terrain de la Liberté., viennent
enfin de lever le Siège de votre Ville. Des larmes de joie ont ici
suivi la lecture de cette nouvelle , et n'ont été interrompues que
par le souvenir des malheurs que vous avez essuyés. Citoyens, la
République Françoise vous doit de grandes obligations: vous l'avez
courageusement défendue. Que n'étiez-vous à Verdun et à Longwy !
les satellites du despotisme n'y eussent point entré; ils n'eussent
point trouvé les lâches qui leur ont livré ces deux Places ; que
toutes les.Villes frontières suivent votre exemple, et bientôt les
tyrans apprendront que le& François libres ne craignent point les
( 46 )
guerres des, despotes; qu'on ne sait point se laisser vaincre quand
on combat pour l EgalIte: la cause est belle, son succès sera assuré.
Nous sommes avec fraternité,
Les Citoyens composant le Directoire et Commissaire
faisant les fonctions du Procureur-Syndic du District
de Laudeac , Département des Côtes du Nord
Signé , LECOLLEDO , Y. PRÉT, MOREL , père , CHA-S
RBLAM, S. SIGRET., Commissaire., et LANSAJU>,
Secrétaire.
ADRESSE des Administrateurs du Département de VAisne
aux Citoyens et à la Garnison de Lille.
INTRÉPIDES LILLOIS, INFATIGABLE GARNISON, 1
Au nom des Administrés du Département de l'Aisne , nous vous
envoyons la seule récompense digne de vos vertus : l'assurance d'une
estime et d'une amitié'sans bornes.
Peuple de Héros, comme vous avez montré que vous étiez faits
pour la Liberté ! comme vous avez bien acquitté le serment sacré
de vivre libre ou mourir ! , -
Vous avez vu vos remparts menacés de cent bouches à feu; vous
avez vu vos maisons , vos propriétés ravagées par les flammes ; la
famine, vous menacer ; la mort, voltiger et rouler de toutes parts
sur vos têtes; votre patriotisme a doublé vos forces, vous avez bravé
la mort et vous vous êtes ris tranquillement de la férocité des tyrans;
c'étoit la dernière explosion de leur impuissante rage.
Républicains, c'est à ce prix qu'on achète l'immortalité, elle vous
appartient, elle est votre patrimoine , elle sera l'héritage de vos
descendans.
Songez que vos vertus ont acquis la gloire d'orner les premières pages
des fastes de la République Françoise, et nous vous devons d'avoir
effacé la honte des perlides et méprisables Villes de Verdun et
Longwy, qui méritent de disparoitre pour jamais du sol de la Liberté
.qu'elles déshonorent.
- Lillois, nom cher à la Patrie, et nom désormais envié par tous
les François, tous vos frères du Département de l'Aisne vous em-
brassent avec des larmes de joie, et vous disent par notre bouche ,
qu'ils sont fiers d'avoir des voisins tels que vous.
A Laon en Séance publique du Département de l'Aisne.
Signé-y P. L. DERONEY , BLAVIR , Ch. P. COXHETTB 9
C. CAIGHART , S. G. ROUS6EJL , DxLAisnE, J. TJlúC-
C4* y
QTTEHT , G. T. DBSMORILLOWS, GALLIEH , fils , C. L:-.
MACCERUT, CLOUARD, V. P. LELEU, GUILLOT, POT-
TOFEUX. Procrireur-Genéral-Syndiè , BOUKDIN , VA- -
NUJDET, P.ATÆN, DEMORY , MICliF-L, FAIQUIFR, JON-
CUNF-AULT 1 MORAIN, BUVRY, CALÎIEL , CARLIER ,
GRARD, BERT,.BURETTE, HAMAIDE, J. V. TRANCHAIT,
PIÎTTA , RIa j. LEGRAISTD , BASSELET, DU.FR.ESNE ,. et-.. ■
FROTTIS.
ItETTRE- du Lieutenant-Général D'ÀUMONT, au Maire de Lille;
- Gùiscard, le 17 Octobre 1794 5 l'an premier"
de la République.
CITOYEN MAIRE-,
TJN vieux Soldat qui a servi - sa Patrie dans lès murs - de la Ville
de Lille, et qui regrette de n'eir pas avoir partagé les dangers, vous--
prie de lui faire agréer l'hommage qu'il fait de ses décorations mi-
litaires , aux vertueux Citoyens qui ont bravé avec un courage rare
tous les périls d'un siège et -qui en ont supporté avec une patience
vraiment héroïque les funestes effets.
Signé, le Lieutenant-Général D 'AUlllO!iT.
LE TTRE dès Volontaires du dépôt du premier Bataillon de l'Isle
et Vilaine, aux Officiers-Municipaux de Lille. -
Béthune, le 17 Octobre 1792 , l'an premier
de la République Françoise.
LES Citoyens composant le dépôt du" premier Bataillon de l'isle
_et Vilaine , vivement affligés des malheurs qu'ont souffert leurs-
Frères de" Lille dans le dernier siège, s'empressent de venir à leur
secours , et prient de ne. pas mesurer leur civisme et leur dévouement
à la chose publique , sur la modicité de leur don; leurs moyens
ayant été épuisés par la longueur de- la route qu'ils viennent de-
faire;, venant de leur Département;
Les Volontaires du dépôt de l'Isle et Vilaine;
Signé, LAUREKT , Commandant, CHEVALET,.
Sergent, BERTAULT, Caporal, |LAUREHT, BECOT,
BoNJIET et HABITAS, Volontaires.

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