Réflexions d'une républicaine. 1er juin 1832. [Signé : Adèle M***** (Millet).]

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impr. de A. Mie (Paris). 1832. In-8° , 10 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1832
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REFLEXIONS
D'UNE REPUBLICAINE.
Ier JUIN 1832.
PARIS.
IMPRIMERIE DE AUGUSTE MIE,
RUE JOQUELET , N° 9.
1832.
RÉFLEXIONS.
Ier JUIN 1832.
Les nations n'ont toutes qu'un seul but, c'est
la liberté; je n'entends pas parler de leurs gou-
vernemens, qui font toujours ce qu'ils peuvent
pour l'enchaîner. Cependant, sans elle, il n'est
point de bonheur réel. La difficulté de l'obtenir
vient de ce qu'il faudrait que la société donnât
une direction morale à chacun de ses membres;
malheureusement on laisse diriger l'éducation
par des maîtres perfides, qui trouvent un avan-
tage à retarder l'impulsion acquise de ce senti-
ment, ou plutôt cet instinct que l'homme ressent
en lui de sa dignité et de ses droits. Son défaut
contient les masses dans l'esclavage , consé-
quence naturelle d'une avilissante ignorance.
Les connaissances sont nécessaires afin d'appré-
cier et de savoir bien jouir de cette liberté, car
elles assujétissent les passions sous le joug de
la raison. Pourquoi les voeux les plus ardents de
l'homme éclairé se trouvent-ils anticipés quand
la nécessité se fait sentir? pourquoi un entier
découragement arrive-t-il de concert avec l'a-
néantissement de ses nobles pensées? C'est
parce que les lumières ne sont pas assez répan-
dues ; on ne peut recueillir les fruits du prin-
temps dans la saison des frimats. l'instruction
ressemble à une pluie douce et abondante qui se
répand sur un sol desséché ; elle vivifie les ger-
mes contenus dans son sein, que l'aridité eut
laissé périr. II faut semer avant de posséder les
fleurs que promettent les fruits, puisque ces der-
niers ne paraissent jamais que lorsqu'ils sont pré-
cédés par elles. Ainsi nous pourrons accomplir
cette grande oeuvre, tant rêvée de la régéné-
ration. Identifions tellement la liberté avec l'es-
prit de l'homme, qu'elle le guide dans tous les
momens de son existence; alors, seulement
alors, le vice ne pourra passer outre les limites
que le coeur lui posera...
Malgré l'aristocratie et les privilèges, nous
arriverons à la république, seul gouvernement
convenable. Nous ne serons copistes ni des
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Grecs, ni des Romains, mais notre republique.
sera Française!! !...
C'est inutilement que des êtres ineptes ou in-
téressés , dont la mauvaise foi est assez prouvée
par leurs actions; leurs discours, s'efforcent jour-
nellement d'épouvanter des gens crédules, en
déroulant a leurs yeux le tableau sanglant d'une
ancienne époque; les nombreusses classes, dont
la ; plupart possèdent déjà le germe des vertus,
ne supposent point qu'on veuille les induire en
erreur ; aussi ne jugeant que d'après eux les in-
tentions de ceux qui les captivent, ils ne s'en
méfient pas. Après cela on ne doit plus, être
étonné devoir des législateurs qui font si bien
leurs affaires, en faisant semblant de. toucher
à celles de l'état, s'ils n'ont encore pris l'ini-
tiative d'une loi qui établirait une école dans
chaque village. L'influence et les sourdes me-
nées qui président ordinairement à l'élection de
ces hommes, ne devraient pourtant laisser aucun
doute sur leur conduite ; tous veulent dominer ;
pour y parvenir, celui-ci paie chèrement des de-
niers du peuple les complaisances de celui-là. Il
fallait détruire le principe ; on a cru devoir le

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