Réflexions diverses de M. le chevalier de Bruix

De
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A Londres, et se vend à Paris chez P. G. Le Mercier, rue Saint Jacques, au Livre d'or. M. D. CC. LVIII. 1758. [4]-119 p. ; in-12.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1758
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1;

^-REFLEXIONS
DIVERSES
Dt M. le Chevalier D E B Il U I X.
, A LONDRES,
Et si vend à Paris
Chez P. G. LE MERCIER, rue Saint
Jacques au Livre d'or.
1 ,..
M. D. CC. LVIII.
-IVEfXEXIONS
DIVERSES
De M. le Chevalier DEBRUIX.
1 A LONDRES,
Et si vend à Paris
Chez P. G. LE MERCIER, rue Saint
Jacques au Livre d'or.
A
1 1
RÉFLEXIONS
DIVERSES.
1 :* -
L
A vertu est humble,
le vice est rampant :
la vertu est ferme ,
le vice est audacieux. -
*
C4 ,..;.
Les confidences se font sou-
vent par intérêt, plus souvent
par imprudence, quelquefois
2
par trahison, rarement par
amitié.
Deux personnes se livrent à
l'étude, l'une par goût, l'au-
tre par ambition : la premiere
feme, la fécondé moissonne.
COQ
Une larme arrachée a plus
d'expression mille fois, que
des torrens de pleurs sou-
vent prodigués.
*
La patience se prête à la
*
3
A ij
colere, & se lasse de raigreur:
qui ne redoute plus la con-
fiance d'une fievre lente, que
la violence d'une fievre éphé-
mere ?
Ne pouvoir se passer du
monde, ne se plaire que dans
la retraite, c'est dépendre éga-
lement des autres, ou parce
qu'on ne peut que s'ennuyer
avec eux, ou parce qu'on ne
peut vivre sans eux.
L'air de triomphe qui perce
dans une jolie femme, inté-
4.
resse notre vanité à dédaigner
ses agrémens.
efo
Se prêter à la douleur eâ
un tribut qui la calme : la
mer, agitée fous un vaisseau
qui obéit aux mouvemens des
vagues, est furieuse aux pieds
d'un rocher.
t§9
Vous donnez un ridicule t
il vous reste un vice.
V»j»V
Que de circonstances où il
5
Aiij.
est moins triste de perdre
tout espoir , que d'en con-
server peu !
*
W-ifiV'
On n'est pas au comble de
la douleur quand on a la force
de se plaindre.
*,
L'Amant le plus fournis
est rarement le plus tendre.
Ne rien prévoir est d'un.
fou : tout prévoir est impos-
sible.
6
Les plaisirs du paffé lui prê-
tent moins de charmes , que
les ennuis du présent ; &
nos regrêts de ce qui n'est
plus, font, à proprement par-
1er, des plaintes de ce qui
est.
*
La Nature livre la jeunesse
à l'erreur, pour avoir à don-
ner à la vieillesse la vérité,
en dédommagement de tout
ce qu'elle lui fait perdre.
1
A iv
Paix intérieure, seul vrai
bonheur ! La vertu vous fait
naître, & si le vice parvient
à vous produire, c'est là sans
doute le comble de ses excès.
C~
Le desir naît de l'idde agréa-
ble qu'on se forme de ce qui
en devient l'objet; & des cho-
ses qui nous attirent, il en est
si peu dont l'erreur de l'ima-
gination ne faffe tout le char-
me, qu'on desire d'autant
8-
moins qu'on a l'entendement
meilleur.
Comparez la haine & le
mépris, vous observerez en-
tr'eux presque toutes les mê-
mes différences, qu'entre l'a-
mour & l'amitié.
*
Comment l'oser dire ! Il en
coûte moins à la plupart des.
hommes pour condamner un!
ami, que pour absoudre un.
ennemi.
9
K«ï»*y
viarv>*
Il est si beau d'oublier &r
la haine & l'amour lorsqu'on
est juge f que le desir d'at-
teindre à une vertu si rare
peut souvent faire illusion au
point que l'on prononce inju-
stement, ou contre un ami,
ou en faveur d'un, en-
nemi.
.,
r.if')
L'opinion persuade les fotr
& entraîne les gens d'es-
prit
t e,
C~A~
c<~
C'est un excellent consola-
teur que celui qui en a besoin
lui - même.
Un homme d'esprit fanr
goût est comme une belle
femme à qui il manque le je
ne fais quoi qui plaît.
e±b^.
WVV
La prodigalité peut être
corrigée par l'infortune ôc le
temps : l'un & l'autre sem-
blent enraciner l'avarice.
ir
Quelquefois la douleur por--
te avec elle une certaine on-
ôion qui la rendant, pour ainft
dire, chere à l'ame, l'y main-
tient plus que ne fait son
propre objet,
CIO
La coquetterie est un pic-
ge que la vanité des femmes
tend à la nôtre.
Pour faire fortune, ce n'est
pas de l'esprit qu'il faut, c'est
de la délicatefle qu'il ne faut
pas.
ill-.
*
La sottise des uns est un
fonds d'esprit pour les autres.
Dans le commencement
d'une passion les plus frivoles
apparences flattent notre es-
poir; a peine apprenons-nous
que nous sommes aimés, qu'un
rien nous donne des soupçons :
pourquoi ? le desir fait naître
l'espérance, qui s'éteint par la
possession ; 8c la crainte de per-
dre accompagne toujours cet-
tederniere.
13
On se rend moins commu-
nément haine pour haine &
mépris pour mépris, que mé-
pris pour haine & haine pour
mépris.
On hait le vice, on est vi-
cieux : on aime la vertu, oa
ne la fuit point.
~c<~~
Prier pour obtenir une chose
injuste est une offense : prier

ta sottise des uns est un
fends d'esprit pour les autres.
J&3-
Dans le commencement
d'une passion les plus frivoles
apparences flattent notre es-
poir; a peine apprenons-nous
que nous sommes aimés, qu'un
rien nous donne des soupçons :
pourquoi ? le desir fait naître
l'espérance, qui s'éteint parla
possession ; Se la crainte de per-
dre accompagne toujours cetr
tederniere.
*3
c~
On se rend moins commu-
nément haine pour haine ôc
mépris pour mépris, que mé-
pris pour haine & haine pour
mépris.
t~A~
~<t~
On hait le vice, on est vi-
cieux : on aime la vertu, on
ne la fuit point.
ti-:3
Prier pour obtenir une chose
injuste est une offense : prier
14
pour obtenir une chose qui
est due, en cft-elle une moin-
dre ?
Ce n'est pas le prix de l'ob-
jet aimé qui fait l'excès & la
délicatesse d'une passion, c'est
le prix de la personne qui aime;
c~tb~
W*-v
L'effet d'un bon Conseil dé-
pend presque toujours de la
façon de le donner.
Ir
CVifMj
Une défiance continuelle fait
payer trop cher l'avantage de
n'être pas trompé.
C~
On a souvent tort par la far
~on dont on a raison.
Le bonheur fuit devant ceux
oui le cherchent & court se
réfugier dans les bras de celui
qui l'attend.
16
VVV
La connoissance que nous
avons des bornes de l'entende-
ment humain devroit en met-
tre à notre admiration pour
tout ce dont .nous ne déve-
loppons pas les causes.
'*
La jalousie grossiere est une
défiance de l'objet aimé : la
jalousie délicate est une dér
fiance de foi-même.
Des différentes routes qui
menent
17
B
menent à la fortune , la plus
agréable, c'est le plaisir; mais
rarement ne s'égare-t-on pas
dans les détours qu'on y ren-
contre.
Mu».
Le plaisir est dans les choses:
la volupté est dans nous.
*.
Que de gens dont le moins
horrible vice est la dissimula-
tion ! Qu'on cesse de leur en
faire un reproche ; j'aime mieux
voir un beau masque, qu'un vi-
sage effrayant par sa laideur.
i8
c~*~
Vî|îV
Les égards dont la vieillesse
est honorée, ne font pas tant
l'effet d'un sentiment respec-
tueux, que de la compassion.
qu'elle inspire.
c~A~
~j~
Il n'est permis qu'aux hom-
mes d'aimer à demi ; les fem-
mes font comme forcées de ju-
stifier leur prétendue foiblefle,
même aux yeux de leurs a-
mans; & il n'y a que l'excès de
leur passion qui puisse le faire»
ip
B ij
C<A~
<<T~
On prend de l'amour auprès
d'une fille de seize ans : une
femme de vingt-huit en donne.
t<*~
vqp»
L'amour caché dans un
cœur qui commence à se con-
noître,paroît mille fois plus que
dans les vives expressions & les
transports d'une femme ; & l'on
pourroit dire que les voile9
dont une pudeur ingénue en-
veloppe cette passion, font
comme ces verres qui loin de
dérober à nos yeux les objets
20
qu'ils renferment, nous font
appercevoir une infinité de
nuances qui nous feroient. é-
chappées sans ce secours.
Ce n'et f pas la jalousie qu'on
hait ; c'est la façon d'être ja-
loux.
VÇ»
Que rares font les protecteurs
dont la vanité ne doit rien aux
protégés!
WTJfJ
C'est le plus fbuvent le desir
21
de la considération qui tourne
nos pas vers la Philosophie : l'a-
néantissement de ce desir de-
vroit en être le fruit.
*.
Le fage se prête au monde :
il se livre à la solitude..
~q~
L'amour dans les femmes,
& l'art ont cela de commun *
que plus ils se montrent, moins
ils valent.
do
Avec de l'adresse on amene
la vanité au point de révéler
#
22
des choses dont la confidence
feroit refusée même à l'amitié.
~t~
C'est moins pour suivre la
vertu, qu'on se sépare des er-
reurs de l'usage, que pour au-
toriser ses vices.
L'opinion est une chimere;
son effet, une réalité. 1
~t~
La timidité dans la jeunesse
fait plus gagner à la personne ,
23
qu'elle ne fait perdre aux ac-
tions.
*
Que de Héros ne l'auroient
jamais été sans les ressources
d'un génie prodigieux ! Que
de Héros ne l'auroient jamais
été , s'ils avoient eu le sens
commun !
»
efo
La mort d'une maîtresse,
en six mois plus ou moins
que durent nos regrêts, nous
fait verser toutes les larmes
que nous donnons à la perte
24
d'un ami pendant toute notre-
vie.
VjjfrV
En fait de vérités cachées-
le doute en est presque tou-
jours plus près que la convic-
tion.
<~!~
Le Philosophe qui doute,
voit tous les motifs de la con-
viaion ; l'homme convaincu
n'apperçoit point ceux du dou-
te.
Ct<3
Il est des loix nécessaires
dans la naissance d'un Etat, qui
deviennent
2*
c
deviennent inutiles dès qu'il a
acquis de la solidité, & alors
il est indispensable d'en faire
plusieurs que le premier légis-
lateur avoit sagement rejet-
tées.
<�'�
<-<��
La forme de gouvernement
fous laquelle les nouveaux ci-
toyens feroient plus heureux
que fous aucune autre, n'est
pas celle que choisit le légis-
lateur ; un tel établissement ne
pouvant être soutenu par des
fondemens solides , le bon-
heur des peres feroit le prix
anticipé du malheur des en-
sans.
x6
Il ne s'arrête pas non plus à
Ja constitution la plus inébran-
lable , les loix en feroient si
dures, qu'il en coûteroit pref-
qu'autant à les observer, qu'à
supporter les fuites d'une ré-
volution qu'il auroit voulu é-
yiter.
, C$0
L'amour exige des facrificesr
l'amitié s'en offense & les pré-
vient.
CI3
On hait ses rivaux, & l'on fe-
roit fâché de n'en point avoir,
17
çw
Flattez la personne dont vous
voulez vous faire aimer : elle
peut facilement échapper à
l'impression de ce que vous va-
lez , qu'elle cédera peut-être à
ce que vous la ferez valoir ;
car on est bien moins aimable
à nos yeux par les agrémens
6c les perfeaions qu'on a, que
par les mêmes qualités qu'on
nous prête.
Si. l'on connoifloit tout le
charme, de la vertu, on ne
s'en éloigneroit que par dé*
meace, C ij
'2&
Le châtiment du crime blefr
ferpit peut-être la justice, si 4
nécessité ne l'éxigeoit.
, La mort est indifférente pour
ceux qui ne la craignent point;
elle est un bien pour ceux qui
la redoutent.
e&j
On est presque toujours plus
choqué de n'avoir point été
préféré, qu'on n'eut été flatté
du contraire.

3*
Ciij
Le dernier trait de l'amouf
& le plus sur, c'est l'habitude.
On s'aime long-temps quand,
on a vécu long-temps ensemble.
sans s'aimer.
*
p' On se plaint de l'amour f (eg
effets ne feroient pas si su-î
neftes, si, ses plaiiirs. étoient
moins vifs.
C^ï
IL faut moins d'adresse pour
110
tromper; que pour ne pas se
laifler tromper.
ce
Les gens nés riches se glo-
rifient de cette façon de l'être :
les gens qui ont fait fortune se
glorifient de ne devoir leurs
richesses qu'à leur habileté.
WifiV
; On cherche la vérité, où ne
la trouve point ; mais on ap-
perçoit des erreurs, c'est bcav-i
coup.
*
C'est un effet ordinaire de
31
la crainte d'étourdir l'enten-
dement & de lui faire embraf*
fer des opinions inconceva-
bles: son triomphe est de s'em-
parer des ames par les chofes-
mêmes qu'elles ne croyent
point.
Il y a tel effet dont la cause
est peut-être fous nos yeux}
mais la chaîne imperceptible
qui lie l'un à l'autre échap-
pant à notre débile vue, nous
rejettons cette cause, & nous
avons recours à un principe
d'autant plus du goût de notre
vanité qu'il est plus tnconH
Cir
3*
préhensible ; car dès que cette
vanité est contrainte d'avouer
l'insuffisance de notre entende-
ment à pénétrer un ressort ca-
ché, plus la nature de ce ressort
est éloignée dela nôtre, moins
cet aveu lui doit coûter.
efo
Où fuir le monde quand
on en connoît les vices ! Corn-:
ment le quitter quand on eni
connoît les agrémens !
L'ambition d'un grand hom-
me est plus près de s'éteindre,
3?
que de se fixer au second
rang.
Les crimes de l'amour font
les effets d'une yvresse furieu-
se: l'ambition réfléchit les for-
faits dont elle se fouille, & sa
cruauté est tranquille.
-
On pourroit appliquer à l'a-
mour fie à l'ambition le mot
d'un grand Prince sur la gra-
vité des Efpagnôls & l'étour-
derie des François ; & peut-
être définiroit-on assez heureu"
sement ces deux passions, en
14
'disant que l'une est follèment
fage , & l'autre sagement
folle.
Tels font les hommes, qu'on
doit savoir gré à ceux qui gou-
vernent, du mal qu'ils ne font
pas.
Il faut avoir bien mauvaise
Gpinion de foi pour ne pat
youloir paroître tel qu'on est !
L'exaâ nécessaire donne
plus que ne sauroit ajouter
l'opulence.
3*
.-,
On est plus près du bon-
heur des gens riches quand
on est né dans la pauvreté,
qu'on ne l'est de ce dernier
état, dans l'indigence des biens
qu'on a eus.
C~
L'opinion des hommes ne
sauroit changer la nature des
vertus, mais elle peut affoiblit
l'hommage qu'on leur doit :
c'est ainsi que la valeur & la
chasteté nous méritent d'au-
tant moins de louanges, qu'on
36
a attaché plus de honte à la
poltronnerie & à la prostitu-
tion.
$33
Un méchant homme con-
çoit plus aisément qu'on peut
être vertueux, qu'un homme
de bien ne conçoit qu'on peut
être méchant.
efd
Plus la vengeance est facile,
tnoins on prend de plaisir en
se vengeant & plus on obtient
de gloire en ne se vengeant
pas.
37
*
L'occasion vole vers nous a
reculons : nous ne la recon-
noissons que lorsqu'elle ÎIOUS
PaUs.
*
Ce ne font pas les infortunés
qui s'ennuyent, & l'on ne se
trompe guere à juger paisible
la situation d'une personne qui
ressent quelquefois les atteins
tes de l'ennui.
c«~
: Au - moment - d'une longue
absence la casson nous dit que
»
19
nous ferons oubliés, & l'amour
nous assure que nous n'oublie-
rons jamais.
Une vertu mâle brave la
misere ; elle a besoin de toute
sa force pour ne perdre rien
de son éclat dans le fein des
honneurs : une vertu commu-
ne se maintient dans une for-
tune prospere , Ôc fuccombc
fous le faix des revers.
C~
C'est souvent par crainte
qu'on se dit qu'il n'y a rien à
craindre.
5*
(Vjtl
~t~
H faut peu de philosophie ,
ou plutôt il n'en faut point
pour embrasser une façon de
vivre singuliere: il en faut beau*
coup pour la quitter tout Am-
plement dès qu'on s'en en-
nuie.
C'est justifier la défiance do
son ami, que de la craindre,
Nous ne celions de repro-
cher flUX femmes mille défaut,
<- À,

sans lesquels elles fcroient
beaucoup moins faites pour
nous, & nous ferions encore
moins faits pour elles.
Wi§»>3
La critique d'une première
produaion est presque tou-
jours la meilleure ; & les per-
sonnalités ne commencent le
plus souvent qu'à la réponse
à cette critique.
fS&A
V#V
Le crime est plus grand,
devancé par les remords ; ce-
lui qui le commet, plus scé-
lérat,
4f
D
Jérat, quand la tranquillité 1er
précede.
C~!
C'est un sentiment si odieut
que l'envie, qu'on feroit ten-
té de faire un vertu de l'ex.(
ceflive vanité qui la détruis
toit.
C$3
Au moment d'une disgra-
ce ce n'est point la part que
nos amis y prennent, c'est
cell e qu'y prennent nos cnnc":
mis, qui nous occupe.
4*
Grace, don sans prix de la
bonté divine ! Mystere impé-
nétrable! de deux coupables,
ce n'est pas toujours celui qui
l'est le moins qu'elle rend au
devoir, & l'on voit plus sou-
vent le libertin incrédule ren-
trer fous le joug de la foi,
que le Philosophe malheureu-
sement égaré.
4"
De la plupart des gens qui
çroyent la Religion , & de
quelques Philosophes qui la
rejettent, l'on pourrait dire
que les uns vivent comme
pensent les autres.
41
D ij
En supposant que la Reli-
gion est purement un ouvra-
ge des hommes, on pourroit
affurer qu'elle en est le chef-
d'oeuvre. Le crime échappe-
aux loix ; quelque fages, quel*
que prévoyantes que soient les
loix, la vertu souvent est mi-
sérable : voyez la Religion
consolante & terrible, présen-
ter d'une main une palme im-
mortelle à celle-ci, de l'autre
porter les serpens des remords
jusques au fond d'un coeur cou-
pable. De tout ce que peut
produire l'humanité, qu'ima-
gines de plus beau qieun

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