Réflexions sur les mémoires justificatifs pour le maréchal Ney , par M. T***

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L.-G. Michaud (Paris). 1815. France (1814-1824, Louis XVIII). In-4 °. Pièce.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1815
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RÉFLEXIONS
SUR
LES MÉMOIRES JUSTIFICATIFS
POUR
LE MARÉCHAL NEY,
PAR Mr. T***.
A PARIS,
L. G. MICHAUD, IMPRIMEUR DU ROI,
RUE DES BONS-ENFANTS, N°. 34.
M. DCCC. XV.
Nota. Si les Mémoires pour le maréchal Ney étaient adressés
au tribunal chargé de prononcer sur son sort, on ne se livrerait
pas à réfuter sa justification ; on abandonnerait ce soin au minis-
tère public : mais ils sont avec profusion répandus dans le public ,
si facile à prévenir, et qu'il est si important de détromper, surtout
dans les graves circonstances où nous sommes.
C'est pour parvenir à ce but que l'auteur se livre à cette discus-
sion : il n'est mu par aucune passion que l'amour du Roi et de la
patrie.
Le maréchal Ney lui est personnellement étranger ; et il peut
dire avec Tacite :
Mini nec injuriâ nec beneficio
Cognitus.
RÉFLEXIONS
SUR
LES MÉMOIRES JUSTIFICATIFS
POUR LE MARECHAL NEY.
LES révolutions qui s'opèrent dans la destinée des grands sont
d'autant plus terribles qu'elles sont plus éclatantes; et si elles ont
pour objet un homme depuis peu élevé au faîte de la fortune et
des honneurs, l'opinion publique le traitera avec d'autant plus de
rigueur que sa rapide élévation fait sentir davantage à ceux dont
il vient de quitter les rangs la distance qui les sépare.
Le maréchal Ney en fait en ce moment la triste mais juste expé-
rience.
Prince, duc , pair et maréchal de France, couvert des lauriers
cueillis dans cinq cents combats et dans cinquante batailles
langées ; appelé le brave des braves; cher à la patrie ; posses-
seur d'une grande fortune : il ne manquait rien à son bonheur.
Par quel aveuglement ou par quelle fatalité a-t-il donc pu con-
sentira renoncera tous ces biens? Comment a-t-il pu abandonner
la plus sainte et la meilleure des causes qui seule pouvait les lui
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conserver, pour coopérer à la plus horrible et à la plus inouïe
des trahisons ? Comment a-t-il pu seconder les projets d'un homme
qui naguère couvrait de sang et de deuil sa malheureuse patrie ;
d'un homme dont un bon Français ne peut plus sans frémir pro-
noncer le nom?
La France et son Roi, victimes de tant de forfaits, et justement
indignés, accusent le maréchal Ney d'avoir concouru à rappeler
sur le sol français cet homme que, par trop de générosité, les Mo-
narques de l'Europe s'étaient bornés à reléguer dans l'île d'Elbe ;
D'avoir en lâche transfuge passé à l'ennemi avec l'armée que
le Roi lui avait confiée pour sa défense.
Ils l'accusent d'avoir reconnu et proclamé l'usurpateur qu'il
devait combattre; de lui avoir prêté serment en parjurant sa foi;,
et enfin de s'être mis à la tête de Français égarés ou rébelles,
armés contre leur Roi légitime.
Jamais accusations ne furent plus graves: elles compromettent
la vie et l'honneur du maréchal Ney..
Examinons les moyens qu'on emploie pour en. défense
Pour en apprécier le mérite, dépouillons les du charme de l'é-
loquence dont on a cherché à les entourer.
Ecartons le récit fastueux de ses victoires, de ses vertus et de
ses services passés : ils sont moins éclatants que ceux du conné-
table de Riron, dont la tête tomba aux pieds du meilleur et du
plus généreux des Rais ; de Henri IV, qui crut ne pouvoir faire
grâce à. Biron qui lui avait sauvé la vie , et avait combattu pour
lui......
Rappelons maintenant les faits : ils ne sont que trop connus et
trop avérés.
Une conspiration impie, dont le principal foyer était à Paris et
dans les environs, dont les ramifications s'étendaient dans les pro-

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