Réfutation des principes et assertions contenus dans une lettre qui a pour titre "Lettre à la Chambre du commerce de Normandie" : sur le mémoire qu'elle a publié relativement au traité de commerce avec l'Angleterre ([Reprod.])

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[s.n.] (Rouen). 1788. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : mardi 1 janvier 1788
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RÉFUTATION
DES principes & aflertions contenus
dans une Lettre qui a pour titre
Lettre 4 la Chambre DU
Commerce de Normandie $ fur
le Mémoire qu'elle a publié relative-
mertt au Traité de Commerce avec
l'Angleterre par M. D P.
PAR LA CHAMBRE DU COMMERCE
DE NORMANDIE.
Nota. Le Mémoire de la Chambre du Commerce
eft imprimé à la fuite de cette Réfutation.
M. DCC iXXXVIIt
ent rappellé les Anglais à leurs vrais inté-
rets dans une circonfance où par des rai-
fons fpe'cieufes on vouloit les induire à
l en écarter. Combien ne devons nous pas
regretter que cette Traduc1ion n'ait point été
entreprife Publiée au fi-161 que l Ouvrage
a paru 1 Elle auroit éclairé le Minijître
François dans l'importante Négociation
fu'il méditait alors elle auroit au moins
prévenu les illufions de ceux qui fiuls
ont été écoutés dans la conc!ufion du Traite
de Commerce avec tAngUttrrt.
(t )
A 3
RÉFUTATION
DES principes & aflcrtions conte-
nus dans une Lettre qui a pour titre
Lettre a LA CHAMBRE DU
COMMERCE DE Norm^i^die
fur le Mémoire quelle a publié relative-
ment au Traité de Commerce avec tAn~.
gleterre par M. DP.
PAR LA CHAMBRE DU COMMERCE
DE NORMANDIE.
LORSQUE la Chambre du Commerce de*
Normandie a été confultée par le Gouver-
nement, fur les moyens de remédier aux
effets en France du Traité de Commerce
avec l'Angleterre elle ne s'attendoit pas
( O
que l'ouvrage de fon devoir & du deûr
de fccQndet les vues bienfaifantes 'de l'Ad-
miniftration l'expoferoit à une difcunion
publique avec un Ecrivain célèbre parmi
ceux qui fe font occupées de l'économie
politique en France; avec l'Auteur des Ephe-
piérides d'un Citoyen.
La Chambre en apprafondiffant de plus
çn plus l'objet dont elle s'écoit occupée
reconnoiflbit que s'il lui étoit permis de
s'alarmer fur la rivalité effrayante que le
Traité a élevé en France contre l'induflrie
nationale elle ne devoir pas borner fon
attention aux effets qu'il produifoir dans
fa Province qu'il lui convenait de s'oc-
çuper encore à fixer fa propre opinion fur
la nature 8c l'étendue des compenfations ef-
feâives que la France en généra! peut ob-
tenir dans fes liaifons avec 1'Angleterre. Si
fes recherches ne lui préfentoienr que des
yérulrats auxquels elle ne pouvoit donner
encore une entière confiance elle ne dévoie
pas regretter le temps qu'elle ̃Jaiflcroit écou-
(7)
A
1er jufqu'à1 l'époque ou de part & d'au-
tre, les confommations effcdives ayant réglé
les importations réciproques il lui feroic
poflible d'en préfenter un tableau complet
& fatisfaifant. Tel devoit être l'unique &
vrai moyen de reconnoître fi l'inquiétude
qu'elle a manifefiée dans fes premieres Ob-
fervations fur le Traité eft plus raifon-
nable que cette heureufe confiance que pa-
roît avoir dans fes fuites l'Auteur de Ia
Lettre qui lui a été aflreffée en réponfs.
Mais la Chambre ne peut différer plus
long-temps à présenter quelques obferva-
tions préliminaires fur les afTertions de M.
D P., capables d'induire en erreur.
A la néceffité que lui en impofe la pu-
blicité des opinions de cet Ecrivain fur le
Traité de Commerce conclu avec l'Angle-
terre, fe joint une loi plus impérieufe en-
core celle que lui prefcrit Il convocation
des Etats Generaur. Elle doit faifir le
moment où la Nation va déli-
(8)
bérer fur tout ce qui peut intérefl'er le bon*
heur du peuple la force & la profpéritç
de l'Etat pour écarter les illufions que
M. D P. répandroit peut-être fur le plus
ou moins d'utilité que l'Angleterre peut
tirer de fon Commerce avec la France.
Mais dans cette difcuflîon indifpenfable,
elle ne fe diflînaule point tous fes défavan-
tages. Peu accoutumée à ces combats dans
lefquels un Ecrivain exercé à l'aide d'une
logique captieufe & en oprofant des rai-
fonnements aux faits promene fon ledeur
autour d'une queftion dont il lui convient
de s'écarter. La Chambre du Commerce
eflayera de remplacer ces preftiges de l'art
par la vérité qui, ne diffimulant rien, eft
préférée par les bons efprics. C'eft fous cette
égide qu'elle entre en lice avec le Chef
d'un fyftême d'autant plus féduifant qu'il
s'étaye des principes généraux avoués par
tout le monde mais dont les nombreufes
exceptions ne peuvent être apperçues que
par les Négociants inftruits. Eux feuîs en
( 9)
effet. favent que dans les hypolhefes ima-
ginées par ceux qui n'ont jamais exercé le
Commerce ni étudié fes grands rapports
& Ces effets la pratique dément fouvent la
théorie la plus lumineufe.
La Chambre du Commerce de Norman-
die commencera par prendre a&e des dé-
clarations de M. D P. On fait quelle fut
l'influence de fon opinion lors de la con-
fe&ion définitive du Traité il eft donc
très-intéreiTant de connoicre par fes propres
aveux quelles étoient les intentions du
Miniilere & de fes Coopérateurs lorfqu'il
a été copfommé.
» Le Miniftere ( dit l'Auteur de la Let-
»tre ) avoit fenti l'importance de rendre
» foutenable & même avantageufc, la con-
» currence qu'il croyait devoir permettre
il en avoit reconnu la néceffité. Et pré-
»«ifément les mefures que la Chambre pro-
p pofe dans fes Obfervations vraiment pro-
p près à produire les effets qu'elle en efpe-
(̃»)
» re, avaient été adoptées comrrjx indifyen-
Ttfabks. «
Après c\t important aveu l'Auteur ajoute
«Que tes bonnes intentions du Gouver-
» nement ont été retardées dans leurs effers
a» par l'inflabilité des Minifires. Que la né.
gligence involontaire mais trop réelle de
«TAdminiftration Françoife; la maniere dont
celle d'Angleterre avoir fixé fes Tarifs &
D Règlements de Douane ont dérangé le
»Traité dans fon exécution comme dans
Ces effets. Qu'en vain on avoit jugé que
»fî les droits étoient payés, comme ils
m feroient plus bas que l'afTurance de la con-
a trebande ils repoufferoient plus efficace-
» ment la concurrence que ne le feroit la
prohibition. Qu'on croyoit en avoir un
» garant bien folide dans l'intérêt même de la
» Ferme générale mais que ce qu'on ne fe fc-
roit jamais permis de croire avoir eu lieu
»la Ferme générale avoir mal entendu fon
inçérçt dans la perception de fes droits
Cii )
a que fans doute elle eut mieux aimé fa-
»vbrifer à la fois, nos Manufactures & fes
produits mais que l'efprit d'Adminiltra-
tion dans cette partie lui avoit manqué. «
L'Auteur de la Lettre entreprend il eft
vrai de confoler la Chambre par les plus
flatteufes etpérances celles qui fans dou-
te, ont Contenu fon zèle dans les veilles &
les foins qu'il a confacrés à la çonfe&ioa
du Traité de Commerce.
Mais hélas! M. DP. ne feroit-il point dans
le cas de ces hommes à imaginaticn arden-
te, que le révei! arrache un fonge fédui-
fànt & qui fe complaifent encore à en
prolonger l'illufton ? Voilà peut-être pour-
quoi il s'étaye encore de chimères que
1 exécution du Traité n'a que trop détruit
» Le retardement de .plufieurs opérations
importantes eft ( dit-il ) uo inconvénient
a inséparable de tout changement de Mi-
D niftere de l'inflabilité du Ministre des
u Finances. a Mais il nous alfure qu'il y a
( «O
tout lieu de croire que l'Adminiflratio»
( exilante torfqu'il écrivoit ) ( i ) fera du-
rable.
Il réconnoît que les machines qui ont
perfectionné la fabrication des étoffes de
coton en Angleterre & qui les établirent
à meilleur marché nous manquent. » Mais
» il nous slTure que le Gouvernement fera
x difiribuer des machines Angloifes dans tous
nos principaux atteliers de fabriques qu'il
encouragera les Arçtftes François qui in-
ventent ou font des machines égales ou
préférables à celles de l'Angleterre. « Il
devroit cependant prévenir ceux qui fans
attendre les bienfaits du Gouvernement
auroient l'émulation de faire par eux-mê-
mes, les dépenfes de fes machines en grand;
qu'on a permis l'introdudion des cotons
filés venant d'Angleterre fous des droits fi
légers, que les Anglois peuvent les établir
(i) Celle de M. l'Archevêque de. Sens.
1 10& i$ pour çe\t meilleur marché que
ceux des filatures Françoifes.
M. P. reconnoît » ue l'infériorité du
prix de notre main-d'oeuvre ne peut point
d compenfer dans la fabrication des petits
n lainages celle du prix de la laine en An-
gleterre qui d'ailleurs en général eft
d'une bien plus belle qualité. Que nos
n laines de la même efpece font a&uelle-
ment moins fines, moins brillantes &
plus cheres. ( Mais il nous dit) que ce mal-
» heur n'eft pas fans remède Que nous
» pourrons un jour regagner le niveau par
l'augmentation & le perfedionnement de
n nos races de bêtes à laine que depuis
long-temps il entend dire au Gouverne-
» ment qu'il reprendra la fuite des travaux
» de M. Trudainc fur cet important objet
qu'encore que le Miniltcre n'ait pas fait
» à beaucoup près tout ce qu'il pouvoit pour
arriver à ce but il ne l'a cependant pas
» totalement négligé qu'enfin, c'efl un des
('4)
»objets dont s'occupe fans cène le comité
a d'Adminiftration de l'agriculture. «
M. D P. eft de mê'ne lrès-confolane fur
l'article des Poteries. Il nous dit » Que
par le Traité nous ne fommes point obli-
» gés d'admettre dans nos Colonies les
» poteries ni les faïances Angloi fes & que
» nos Négociants ne peuvent s'en prendre
» qu'à eux mêmes s'ils les y font pauer. «
En effet le Gouvernement qui doit être
fatigué des plaintes de plufieurs Provinces,
& particuliérement de la Picardie de la
Normandie & de la Champagne peut fe
délivrer de fes importunités en déclarant
qu'aucun confommateur en France n'eft obli-
gé par le Traité, d'admettre les marchan-
difes Angloifes & que les habitants de
ces Provinces ne peuvent s'en prendre qu'à
eux-mêmes s'ils en font ufage, & fi leurs
Négociants & Marchands les expofent en
vente Cette manière de raifonner feroit afTez
étrange elle eft cependant conforme à l'ex-
pédient imaginé par M. D P. de rendre ref-
ponf.:bte les Négociants de Tintroduâiott
des faïances Angloifes dans nos Colonies.
On eit tenté il eft vrai, de demander alors
à M D P. pourquoi il a pris la peine de
faire un livre pour difcuter, avec la Cham-
bre, les avantages ou défavantages du Traité
de Commerce.
Il croit néanmoins que la Normandie
aurait pu être mife à portée de foutenir
la concurrence des faïances Arigloifes par
la fupprdlïon des droits à l'entrée du clias-
bon de terre Anglois. Enfuite il nous dit
Que le nouveau tarif devoit réduire exac-
tement ces droits que malheureufement
» ce nouveau tarif eft livré à quelques dif-
» cunions qu'on a cru néceffaires d'ajouter
» aux difeuffions innombrables qui avoieot
» précédé accompagné & fuivi fa rédac-
» tion qu'il faut convenir d'ailleurs que
n nous fommes encore novices dans l'Art
n de reconnoitre & d'exploiter les mines
» de charbon qu'en confervant à nos con-
D ceflionnaires de mines des Privilèges ex-
(
» cîulifs nous les avons îaifTé fans inft j
trudion fans émulation fans encours-
» gemenr. Mais il nous affurc que le GoU-
» vernement ne s'endort pas aujourd'hui j
quand à notre infti uftion fur l'exptoi-
» tation des mines & qu'il en: noblement
» difpofé à y répandre des encouragements
«utiles.
Jusqu'ici cette réponfe de M. D P. ré-
pandue avec tant de profufion fi prolixe-
ment extraite & vantée avec tant de com-
plaifance par tous les Journaux n'eft donc
qu'un aflentiment monotone aux Griefs expo-
fés par la Chambre, & un recueil de con-
iolatioos éloignées.
Il avoue enfuite qu'un feul point a été
Objiinément excepté de la part de l'Angle-
terre celui de nos foieries. Mais il nous
dit n Que notre Miniftere y a oppofé
» l'exception de toutes les étoffes Angloi-
s> fes de laine ou de coton qui feroient. mê-
» lées de foie. «
Nous
B
Nous ne pouvons abfolument admettre
la compenfa<ion qu'il nous prêtée ici. Il
devroit dire au contraire que les Anglois
ont obftinément excepté non feulement nos
foieries mais même toutes nos étoffes de
laine ou de coton qui feroient mêlées de
foie. M. D P. ne devoit pas ignorer que
cette exception eft plus nuifible à nos Ma-
nufaduivs qu'à celles de l'Angleterre. Que
nos étoffes en laine & en coton mêlées de
foie, fouriennent avfc fucccs, même chez
1'Etranger la concurrence de l'induré
Angloifes parce que les ouvriers Anglo's
ne peuvent imiter que fcrvilement le jeu
la variété ou l'élégance de nos deflins dans
toutes les étoffes où nous employons la fo:e.
Mais ajoure M. D P; notre Minière a
excepté les Marchandas de la Compagnie^
des Indes Angloifcs & quelque jour peut
erre ( dit-il ) » Les Anglois voudront faire
.participer ce qu'ils apportent de leurs
.Provinces d'Afie aux avantages donc
( 'S)
n chandifcs d'Europe. Alors on pourra
» faire avec eux une convention nouvelle
» qui fera encore réciproquement, avantjgeu-
» fe aux deux Nations & il ne reliera
» plu» d'exception dans leurs rapports Com-
merciaux «.
M. D P. oublier que pir b cré:-
tion d'une Compagnie des Iiulcs Franço!-
fe, âite cutérieu'.ement a.i traité l'intro-
du&ion des M.irclnndifcs de Il Compa-
gnie Antf;loifc Úoic nccefT::iic:ncnt défen-
due défeiife que le Commence François
liure dans l'Inde auroic également nécef-
firée & que nos fabriques nombreuses en
toiles blanches de coton & en toiles Gui-
nàs ;jxigeroieiu encore plus impérieufe-
ment parce que c'ell feulement en faveur
du Commerce François dans l'Inde qu'd-
les peuvent fe tenir dans le fileacc. Ainfi
nous ne pouvons encore admettre la con-
folation evcnruelie de cette convention
qui fereii un jeur difparohre les exceptions
B 2.
encore exij7antes dans nos rapports Coin*
nurciaux.
Mais les confolations de l'Auteur fur
les avantages que les Anglois peuvent re-
tirer du Traité relativement à leur Naviga-
tion, font encore bien plus extraordinai-
res. » Si la Navigation Angloife ( dit-il )
» a eu un beaucoup plus grand emploi il
» faut confidérer que lorfqu'elle a pour objet
d'enlever nos produdions & nos
» chandifes il nous eft avantageux qu'on
» les exporte par quelque voiture q;e ce
» foit & quant au fret des Marchandifes
» apportée dans nos Ports par Navires An-
» glois il fe confond pour nous avec la
« valeur de ces Marchandifes. a
M. D P. dans l'illufion qu'il fe fait que
le Traité de Commerce nous eft avanta-
geux, ajoute Que » peu importe au fond
» fi les Anglois nous vendent l'induflrie de
» leur Navigation ou celle de leurs Manu-
» fadurcs puifque le total n'exccde pas la
( *o)
fommc qui cfl balancée avec avantage. «
Il Te croit cependant obligé de terminer
fes réflexions pir qu:lques mots d'intér;t
pour la Navigation françoife. » Ce n'cll
» pas ( dic-iî ) que nous ne regardions comme
pour nous d'étendre &
» de perfectionner notre induthie de Navi-
» Ration le Gouvernement s'en occupe
» il a déjà réformé quelque droits d'Ami-
»rauté il a nommé une Commiflion pour
«examiner & iimpiifiçr lcs autres pour
»avifer aux moyens de fuppiimer ceux qui
» font nuifiblcs. «
Il dl réellement affligeant que M D P.
ait cru devoir traiter une queftion aufïi
importante que cc!!e qui nous occupe
lorfqu'il ne fait conférer dans le Com-
merce, que laâion de vendre & d'acheter
lorfqu'il n'en apperçoit point la principale
deftinatic qui eit de procurer au peuple
du travail & de la fubfiftance & à tome
la Nation des occupations utiles. Lorfque
( 11 )
B 3
dans un Traité qui nous lie avec l'Angle-
terre il s'embanafTe atfiz peu de la Na-
vigation pour abandonner Iàns regret d'a-
près de faux calculs le bénéfice du tranf
port, l'entretien & la multiplication de nos
matelots & qu'il croit définitivement fup-
pléer à ces intérêts majeurs par de nii-
nilirietix foulagemer.rs. Combien Cromwel
étoit-il donc un mauvais ccononv.f.e quand
il figna le fameux a£îe d? Navigation ?
Combien cette parrie de la pmi-
fance britannique que cet a&e a fécondée
ne doit elle pas à ce que cet ufarpateur
ait méconnu les grands principes à l'aide
defquels M. D P. prétend nous confoler >
L'Auteur de h Lettre femble n'avoir eu
aucune conr.-oiflT.ince des Mémoires que la
Chambre du Commerce de Normandie a
donné fucceflivement au Gouvernement fur
les Tanneries & parce que dans fes obfer-
vations fur le Traire avec l'Angleterre
elle s'eft bornée annoncer un nouveau tra-
.vail fur cette branche importante de l'indultrie*
( il )
de 1a Province M. D P. fait d'un ton
Magiftral & Prote&eur une pompeufe
énumération de tout ce que la Chambre n'a
point dit dans fes obfervations. Mais cetteénu-
mération fe trouve être précifément le détail
des Griefs dont la Chambre a ronftammenj:
porté fes peintes & prefque dans les mê-
mes termes. Au refle s'il a la follicitude
de découvrir les plaies qu'il croit que nous
déguifons il s'emprefle d'y verfer fon haume
ordinaire. » Je puis vous afTmcr (nous dit-il)
» Que lors ce que M. le Comte de Vergennes
»aiigné le Traité, il fe croyoit certain que
» le droit de marque des cuirs alloit être
«aboli ou transformé en une impofition
moins vexatoire & moins nuifible. Il ajoure
» que précédemment M. Turgot^*bit con-
»duit jufqu'au moment de l'exécution le
de la réforme de cette impofitinn
p. également affligeante & ont'rtufc. Que M.
» Necker avoit fait rechercher & reprendre
̃ le travail 4e h. Turbo. «
Mais çroiroit-on qu'après h. réupton de
B t
motifs fi fondés de s'attendre à l'abolition
du droit ou à fa meilleure difpoiïtion
M. D P. lui-même fe pcrfuade cepen-
danr qu'il convient que les Chambres de
Commerce s'occupent encore de cet objec
& ne négligent pas de continuer leurs fofc-
Hcitations ( ).
(i) L3 Chambre du. Commerce de Normandie
n't certainement pas n^ligé .les folîicitatiuns
cette année, elle a tuccefiweinenc donné depuis s
qu'elle a publié fes Observations fur le raité de
Commerce avec l'Angleterre eiruj difTérënrs Mé-
moires po.ur indiquer de nouveau défaille^ $C
développer tous tes jnoyëns propres l rnnaaragçr &
pétitionner les Manufactures de cette Province, &
à ranimer le Commerce dans toutes les parties oh
il a été fubitement privé de fes dchouches & de
fis renburces. Entcrieurement un Négociant du
Hivre diieingué par fes lumières fés ct)n:ioirTm-
ces & fes fuccès dans les opérations Mariritres»
avoit publié un excellent Mémoire fur la Navi-
nation Françoife & en dernier lieu le* Négo-
dams réunies de cette même Ville ont cioi»ri«
( H)
On feroit tenté de foupçonner que défi-
nitivement il fe fatigue de compatir à nos
maux & que pour donner fln aux confo-
lacions qui l'épuifcnt il termine fon en-
tretien Miniflériillement en nous difant
pour fe dcbairafl'a de nous Donnt{-moi
Il nous ramene cependant de nouveau à
fes flatteufes efpérances. Il voie par l'effet
de la Loi qui attire aux un état
civil des Capitalises des Négociants
des Fabricants accourir de
de l'Angleterre de Genève de SuiiTe
apporter en France leur industrie les ma-
chines par lesquelles ils l'ont fait profpé-
de & itératives
r.£r du 30 Août O.i peut dire avec vérité
que depuis ur^n, le Commerce n'a ce.fTé d'éle-
ver fa vpix fur gj qu,i peut inrére<Ter dans tout
ce qui eu de fon reflbrt ljprof;)érk« de l.\ Pro-
(
r^r & fur tout des Capitaux dont l'af-
fluence, en elle même un fi grand encou-
tapement pour lcs Fabriques. M. D P. nous
aflure » que la fupériorité de notre goût t
» fera bientôr tomber la concurrence des
« Artilles qui fe feront obftinés à refier
» chez l'Etranger « On feroit porté à ex-
cuf.T l'opinion de l'honnête citoyen qui fait
de beaux rêves f fi cette opinion n'avoit
pis eu une influence impérieufe fur l'cf-
prit du Minière qui a fait le Traité de
& fi le temps qui s'eft écoulé,
depuis la publication de cette Loi de to-
lérance avoit amené en France quelques
uns de ces diflidents dont il nous promet
l'afTlucnce peut-être un peu trop gratuite-
Il ne faut pas néanmoins perdre de vue
toutes les diïpolïcions qui dévoient être adop-
tees Si fi lie Miiiiflre les rçgardoir com-
me certaines M. D P. avoit quelque rai-
fon d'y prendre confiance.
( 26 )
» Les drbits de Fabrication fur fes pa-
» piers & cartons dévoient ( nous (lir-il )
,,être diminués. Leur perception devoir être
» rendue plus fimple & l'on devoir adop-
» ter des difpofitions pour rendre moins
» avantageuses les fpéculations des imprime-
ries étrangeres. «
» On devoit-en même- temps faire reftiti;e?
M en entier, les droits payés pour le papier
y* des livres imprimés & pour celui de la
» tapiflerie. <*
» On compioit auffi ( ajoute-t-il ) lorf-
n que lc Tiaité u étc conclu que le droit
de la marque des fers alloit être fup-
primé. «
» Le dtoit de Fabrication fur les huiles
» & favons devoir également être aboli. «
1 »On efpéroit trouver le moyen de ré-
pendre ces grands bienfaits fur le Com-
;» mercç de îâ Nation dans l'établiffement
«d'un léger droit d'entrepôt & de tianfît
D fur les Marchandas Etrangerts & fur-
» touc dans la fuppreffion des prohibitions
» inutiles. «
n Les Barrieres intérieures dévoient être
» détruites & un Tarif uniforme approprié
eaux befoins de notre Commerce établi à tou-
̃ tes les Frontières du Royaume. On avoit
y droit enfin d'efpérer que l'on pourroit
a conclure en même-temps que le Traité
n cette fage opération dont tous les prépa-
ratifs étoient achevés. «
r Oa pouvoit croire que le temps de
d cette noble & utile entreprife étoit enfin
arrivé.
La Chambre du Commerce de Norman-
die rend J uilice à la bonne Foi de M. D
P. Elle croit en effet que le Miniflre qui
a confenti le Traité n'avoit pas le projet
indifcrec d'expofer l'indûflrie Françoife
fans défenfe & fans armes »aux attaques
de l'ennemi 'qu'il a introduit dans fes pro
pres foyers mais fi par des riions poli-
tiques il vouloit permettre cette invafion
n'auroit-il pas été d'une prudence jufte &
indifpenfable de commencer par lui donner
les forces les moyens & Irs armes néeef-
faires pour au moins conferver fon terrain.
C'eft une cruelle & infultante exeufe de
dire que cette attaque inattendue lui don-
liera une énergie & une émulation donc
elle avoir befoin. Les Fabricants riches
pourront bien tenter quelques efforts mais
h multitude d'aîteliers ifolés pauvres &
difperfés le peuple de petits Fabricants
qui couvre la Normandie la Picardie &
la Champagne fera comme dans l'inva-
ficn d'un ennemi la vidime indéfendae.
En attendant » Le Traité de Commer-
» ce tel qu'il efl; ( dit Ni. D P. ) eft peut-
Ȑtre le feul garant de la paix entre les
» deux Empires. J'ai les plus fortes raifons
de croire ( ajoute-t-il ) que fa perfpec-
» tive eu a hâté la conclufion d'uue année
C'a*)-
*ou deux & il ed plus que vraifembla-
»b!e que fans lui nous effuyerions depuis
»fix mois & ferions forcés de rendre de
.fâcheuftt bonites dont le terme feroit
» impoffible à prévoir.
Loin de tout cœur François, le defir de
cctte fcandaleufe & facrilege compenfa-
lion La guerre notamment de nos jours,
ntft qu'un fléau paffager qui -réveille mê-
me l'efprit patriotique & l'énergie de la
Nation. Mai. un tribut payé par la lâcheté
ou l'ignorance pour obtenir la Paix, mine-
roit fourdement notre indullric, notre Ma-
rine 6c en aviliffant la génération aduel-
le ne prépareroit pour la génération fu-
ture que l'inertie, la mifere l'efprit de
fcrvitude & de dégradation. ÎTeureufement,
nous pouvons encore douter que M. D P.
air été luffifamment initié aux fecrets du
cabinet pour que nous foyons forcés de
donner une aveugle croyance à foa afTer-
tion miniiténclle.
Si toutes les difpofïtinns préliminaires
pour rendre fourenable & même avanta-
geufe, la concurrence que le Minitiere a
cru devoir permettre pour affurer cette
prétendue Paix font encore en efpérances
depuis plus d'une année que le Traité à
fon effet (i) fi M. D P. lui-même nous
Les trois cents mille livres que Sa Majeilé
à accordée aux demandes de l'Aflemblée Provin-
ciale de la Haute Normandie pour être em-
ployées en divers genres de fecours & d'encou-
ragements, en faveur des Fabriques & des Ma-
nufactures ne nous permettent pas cepend3nt
de ne rien voir qu'en efpérances dans la Géné-
ralité de Rouen parce que les perfonnes qui ont
été choifies pour coopérer à l'application de fes
différents encouragements ont fait par leurs
foins & leurs travaux l'emploi le plus heureux
de ce bienfait pour la foible partie qu'ils en ont
obtenu jufqu'a ce jour. Noi'î devons beaucoup
attendre de leur zele & de leurs lumières ce
de la bienveillance de Sa Miette, nui a daigné
prendre un intérêt particulier à leurs efforts.
( 3« )
fait considérer l'exécution de ces difpofi-
tions comme néceflaire & indifpenfable
cet Ecrivain devroie en conclure que le
Traité de Commerce au moins dans fon
début nous eft préjudiciable. Mais an
contraire il en conclut de débarrafler le
Gouvernement de toute follicitude fur les
fuites de ce Traité. Il entreprend d'établir
qu'indépendamment de ces difpoftions fi
néceffaires fi indifpenfabIes le Traité
de Commerce avec l'Anbleterre nous a
été jufqu'à ce jour avantageux. Nous nous
contenterons dans ces réflexions prélimi-
naires, de réfuter quelqu'unes des préren-
dues preuves & des raifonnements fpécieux
fur lefquels il appuie fon opinion à cet
égard.
C'eft dans un Tableau comparatif des
cours des changes avec l'Angleterre de-
puis l'exécution du Traité de Commerce
jufqu'au dernier de Mars que Mi
D P. croit avoir établi le plus vidorieu-
fement, que la balance de notre Commer-
(<l )
ce avec cette Nation a été décidée en
notre faveur. Au premier coup-d'œil l'a-
vantage du change que ce tableau pré-
fente, fembîeroit juger la queflion fi
le cours du change étoit aujourd'hui utv.
Thermomètre fidele de l'état du Commer-
ce mais il eft fournis à mille circonstan-
ces inftantanées & fon bénéfice nVil pis
toujours procuré par le fait du Commerce
réciproque des deux Nations & de fon
avantage pour l'une d'elles. Nous citerons
à l'appui de cette réflexion l'autorité
d'un Ecrivain qui jouit aujourd'hui, en
France & même dans le refie de l'Europe
de toute fa réputation & de toute fa gloire
Voici ce qu'il répond à ceux qui préten-
dent affcz communément que les variations
du change font la mefure des rapports du
Commerce & de fa balance
» Un pays peut-être créancier d'un autre
n par des rapports étrangers au Commer-
» ce & comme les mouvements du chan-
ge ne dépendent point des motifs qui
font

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