Réponse à "la Lanterne". [Signé : Aimé Pifre fils.]

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impr. de Vallée (Paris). 1868. In-8° , 16 p..
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Publié le : mercredi 1 janvier 1868
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RÉPONSE
A LA
LANTERNE
PRIX: 30 CENT.
EN VENTE
CHEZ TOUS LES LIBRAIRES
1868
REPONSE
A LA
LANTERNE
PARIS, 16 AOÛT 1868.
Hier 15, jour de l'Assomption et fête de
S. M. l'Empereur, je me suis promené toute
la journée et aussi une grande partie de la
nuit, pour connaître un peu la situation gé-
nérale de l'esprit populaire envers notre
Souverain.
— 2 —
J'ai tenu à me rendre compte par mol-
même du véritable sentiment de la nation
pour le chef de l'Etat, et, je l'avoue, après les
mille suppositions des divers partis, surtout
dans ces derniers jours, j'étais loin de croire
à un si grand empressement du peuple à fêter'
cette année Napoléon III.
En effet, depuis quelques jours, on ne s'a-
bordait qu'avec des paroles de crainte sur
l'avenir, et tout cela, pourquoi ?
Parce que quelques financiers de la plume,
spéculateurs enragés qui font commerce de-
leur esprit, en le mettant à la disposition des
partis, en flattant leurs goûts, leurs idées et
leurs opinions, ne craignent pas, pour quel-
ques louis, de jeter le trouble et l'effroi dans
les consciences timorées.
Chacun voit d'ici où je veux en venir :
En effet, il faudrait que le lecteur fût peu
au courant des choses actuelles, pour ne pas
comprendre que je vais aborder le sujet qui,
depuis quelques jours, fait les frais de toutes
les conversations et qui a ému beaucoup de
personnes.
Seulement, beaucoup l'ont été comme peu-
vent l'être au théâtre, à la représentation, d'un
— 3 —
drame, la moitié des femmes qui s'y trouvent;
beaucoup ont cru à la pièce, tandis que la
majorité, et j'en fais partie, ne s'est émue que
d'une chose, de la suite qu'aurait pu avoir un-
écrit aussi violent, que celui de M. Henry
Rochefort, si le bon sons n'avait fait de suite
justice de ces griefs personnels exprimés avec
tant d'abandon
L'auteur de la Lanterne a payé, du reste,
ou payera, s'il ne l'a déjà fait, le prix de son
audace. Or donc, à tout péché miséricorde,
et je lui donne personnellement pleine et en-
tière absolution, car je ne suis pas du tout
rancunier.
Que le lecteur se donne un peu la peine de
réfléchir avec moi.
Que dit M. Henry Rocliefort, dans ce fa-
meux numéro 11 de son journal la Lanterne?
Il ne raconte ni plus ni moins que ses dé-
boires personnels avec la justice ou le gou-
vernement, et de choses intéressantes pour
le bien public, il n'en dit pas un mot, au con-
traire...
Pourquoi donc cet enthousiasme, pourquoi
cet engouement pour un homme qui a de l'es—
prit, je le sais, mais qui ne parle que de lui?
Je n'ai jamais pu le comprendre.
Pour moi, ou M. Henry Rpchefort est un
bon patriote, ou il ne l'est pas.
Comme bon patriote, il devrait, comme
chacun, désirer le bien de son pays.
Or, qu'a-t-il fait?
En racontant ses inimitiés personnelles, il
a cherché à passionner les esprits en les inté-
ressant à une cause particulière, et cela, sans
réfléchir aux fâcheuses conséquences qui dé-
coulent parfois d'un langage trop exalté.
S'il y a réfléchi, c'est mal à lui d'avoir agi
de la sorte.
Et en somme, volontairement ou involon-
tairement (ce que j'aime mieux croire), il s'est
montré l'ennemi du bien public en cette cir-
constance, car ses paroles haineuses n'ont
produit, dans le petit commerce, que de mau-
vais effets qui, heureusement, ont été bien
vite détruits par les simples réflexions du
bon sens, et l'on n'a vu, dans tout ce fameux
numéro saisi de la Lanterne, qu'un long
article personnel pour mettre en relief son
auteur ambitieux.
Pour ce qui est du passage ayant trait à la
fête du 15 août, l'immense quantité de dra-
—5 —
peaux déployés dans les rues Saint-Denis,
Saint-Martin, du Temple, dans les faubourgs
et dans les quartiers commerçants de Paris,
proteste énergiquement contre le mépris
qu'affiche Henry Rochefort pour le gouver-
nement.
En résumé, que signifient actuellement les
écrits de cet écrivain et de ceux qui, prenant
fait et cause pour lui, parlent et écrivent
comme lui ?
Ils signifient feu et sang.
Tous, ils tonnent contre le gouvernement
ou contre son chef, tous ont l'air de réclamer
le bien de la nation, et ils sont les premiers,
par leur langage plein de fiel et d'amer-
tume, à entraver le bien fait dans l'intérêt
commun.
Et ces messieurs se disent patriotes?
Moi, je soutiens le contraire ; je ne vois chez,
eux qu'une idée fixe :
Faire parler d'eux beaucoup et toujours,
afin de vendre à de nombreux exemplaires
leurs discours, leurs idées, ou, si vous armez
mieux, quelques anecdotes sur leur vie pri-
vée, comme nous en racontait M. Rochefort
dans son dernier numéro.

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