Réponses aux "Lettres au paysan sur le plébiscite". [Signé : Charles Gaches.]

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impr. de Vve Théolier (Saint-Étienne). 1870. In-8° , 13 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1870
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RÉPONSE
AUX
LETTRES AU PAYSAN
SUR LE
PLEBISCITE
SAINT-ETIENNE
IMPRIMERIE DE Ve THÉOLIER ET Cie
1870
Extrait du Mémorial de la Loire des 24, 26
et 30 avril.
RÉPONSE
AUX
LETTRES AU PAYSAN
SUR LE
PLEBISCITE
I
L'Eclaireur nous a donné hier un superbe morceau de rhéto-
rique, genre flamboyant.
intitulé : AU PAYSAN.
A en croire l'Eclaireur, " l'Empereur peut prendre
paysan son fils et sa terre
Le paysan, de sa "-• o, a de la sagesse et du discernement.
Jusqu'à présent il s'est montré rebelle aux tendresses de la
démagogie et aux caresses des socialistes. Il sait qu'au bout
de ces cajoleries il n'y a pas autre chose que l'espérance de
se servir de lui et de son vote pour renverser l'Empire et
opérer une révolution. Il sait aussi ce qu'il trouverait au fond de
cette révolution : le désordre, i''r .•; hie, l'augmentation des
impôts, la perte du crédit, la si;--M .-ion des transactions, la
perturbation des affaires, la violence de foutes les passions anti-
sociales, une menace permanents suspendue sur la propriété,
et finalement la guerre civile.
— 5 —
On a gardé dans les campagnes la mémoire des maux soufferts
à une certaine époque et de ceux qui les ont causés. Et l'on
n'a nulle envie de voir revenir,ni les uns ni les autres.
Aussi, les campagnes qui ont tant contribué à faire l'Empire
l'ont-elles invariablement et résolument défendu depuis 18 ans,
et elles sont disposées à le défendre encore avec le même en-
semble et la même énergie,
Oui, le paysan aime son fils, mais il a le sentiment de la dette
de chaque citoyen envers sa patrie. Il sait que dans tous les
temps et sous tous les régîmes il a fallu des soldats pour assurer
contre l'étranger l'inviolabilité du sol national et protéger le
drapeau français !
Et nous en connaissons plus d'un qui, dans son gros bon
sens, se dira ceci : « Si MM. les démagogues avaient le verbe
moins haut, s'ils ne menaçaient pas tous les jours l'ordre poli-
tique et social, s'ils ne débitaient pas à la Villette, à Belleville et
ailleurs, un tas d'absurdités et de folies, s'ils ne fomentaient
pas des troubles et renonçaient aux émeutes, alors il serait pos-
sible de réduire l'armée dans une large mesure, et de diminuer
sensiblement le contingent annuel. Alors j'aurais quelques chan-
ces de plus de ne pas voir la conscription me ravir mon fils, de
garder auprès de moi le compagnon de mes rudes travaux, le
soutien de mes vieilles années ! »
Oui, le paysan aime sa terre, son champ, sa cabane ! Mais il
rira au nez de qui viendra lui dire sérieusement que l'Empereur
est le maître de l'en dépouiller et de le jeter sur la paille.
Est-ce qu'il ignore qu'on ne peut enlever à un seul homme
un pouce de son terrain, une pierre de son habitation, même
dans le cas où il y aurait utilité publique à le faire, sans lui
payer au préalable une équitable indemnité? Est-ce qu'ils ne
voit pas fonctionner les jurys d'expropriation, lesquels sont com-
posés de propriétaires et de paysans ?
Et qui donc en France a consolidé la propriété et tranquillisé
les propriétaires, si ce n'est l'Empereur ?
Qui donc menaçait l'une et effrayait les autres, si ce n'est les
hommes et les doctrines qui triompheraient si les espérances ré-
volutionnaires de l'Eclaireur étaient satisfaites, si ses conseils
étaient suivis, si les paysans, au plébiscite, votaient Non.
Il y a peu de temps nous lisions ceci dans un journal :

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