Réunissons-nous ! ! ! par A. B*** (Bignan)

De
Publié par

impr. de A. Boucher (Paris). 1818. In-8° , 11 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : jeudi 1 janvier 1818
Lecture(s) : 2
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 10
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

REUNISSONS-NOUS!!!
PAR A. B**.
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE D'ANTHe. BOUCHER,
SUCCESSEUR DE L. G. MICHAUD,
RUE DES BONS-ENFANTS, N°. 34.
1818.
RÉUNISSONS-NOUS!!!
IL est une vertu indispensable au bonheur et
à la gloire des peuples; une vertu qui leur fait
déployer toute l'étendue de leurs forces, parce
qu'elle leur en donne la conscience; une vertu
qui seule peut suppléer à toutes les autres : cette
vertu, c'est l'union. L'union assure l'indépen-
dance d'un Etat au-dehors, et son repos au-
dedans ; elle resserre de plus en plus cette double
chaîne d'amour et d'obéissance, qui doit des-
cendre du prince aux sujets, et remonter des
sujets au prince. Enfin elle est plus nécessaire a
une nation que des armées, des trésors, un ter-
ritoire; car avec elle on obtient tous ces avan-
tages, et sans elle on les perd. La plus petite
ville, si elle reste unie, est plus forte que le plus
grand État, s'il est divisé. Que d'exemples vien-
nent à l'appui de cette vérité de tous les siècles !
Si nous interrogeons l'histoire, l'histoire nous
(4)
répondra : Xercès fondit sur la Grèce avec toute
l'Asie; mais il eut la honte et la douleur de voir
des millions d'hommes terrassés par une poignée
de soldats, et la Grèce fut invincible, parce que
la Grèce fut unie. Philippe, pour asservir la pa-
trie des Miltiade et des Thémistocle, sema la
discorde parmi les Grecs, et triompha par son
or plus que par ses armes : ainsi, à des époques
différentes, l'union a sauvé Athènes et la divi-
sion l'a perdue. Si Rome parvint à ce haut degré
de puissance et de gloire, d'où long-temps elle
commanda l'admiration et la terreur, à quelle
cause en fut-elle redevable ? A l'inviolable atta-
chement de tous les citoyens aux lois et aux
coutumes de leurs ancêtres; à cette inflexibilité
de courage qui ne les trahit jamais dans les der-
niers périls; enfin à cette tendance de tous les
esprits vers un seul but; et ce but, c'était la gloire
de la patrie : l'autel de la Concorde fut le marche-
pied qui l'éleva au trône du monde. Mais dès que
les vices de l'empire eurent succédé aux vertus
de la république : dès que les confiscations arbi-
traires, lés proscriptions, les assassinats, eurent
élevé une barrière insurmontable, entre le tyran
et le peuple, entre l'oppresseur et l'opprimé,
l'injustice produisit la haine, la haine enfanta les
guerres civiles, et bientôt on vit Rome ramper

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.