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Rêve de cristal

De
394 pages
Trente ans. L’âge charnière. Pour lui, son existence va bel et bien basculer lorsqu’à sa soirée d’anniversaire, une inconnue lui offre un étrange cristal, un quartz blanc qui va vite révéler ses effets plus que troublants. Insomnies, puis cauchemars: le jeune homme a peur de devenir fou. Mais qu’est-ce que le peuple de la Loi du Un qui hante ses nuits? Est-il acteur ou simple spectateur de cette vie parallèle? Et qui est cet énigmatique Biros? Retrouvez les personnages de ce livre sur www.revedecristal.fr Une errance entre rêve et réalité, inquiétante étrangeté et douce sérénité. Du postulat fantastique de départ, Isabelle Pajor tire une quête identitaire, une réflexion sur le sens à donner à a vie. On navigue en clair-obscur, sur le fil du rasoir, à mi-chemin entre deux mondes, absorbé comme son héros par le tourbillon de l’inconnu. Déroutant et obsédant.
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Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0112501.000.R.P.2008.030.40000 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2009
A mon fils. A tous les miens.
Jour J, H moins 2 Ca y est enfin. Tout est prêt. Du bol de punch aux petits mots dans les boîtes aux let-tres des voisins. Pas tous les jours qu’on change de décennie, et je m’étais toujours promis de faire une fête de tous les dia-bles pour mes trente ans. D’ailleurs j’en avais tant parlé que bon nombre de mes copains me l’avaient rappelé de-puis quelques semaines. En fait cela fera bientôt deux semaines que j’ai soufflé les bougies, avec Géraldine qui avait interrompu un de ses voyages pour partager la bouteille de champagne tradi-tionnelle. Bien sur, ensuite, elle avait dû repartir et nous avions fixé la date de la fête après son vrai retour. Je suis allé la chercher à l’aéroport, hier soir, et depuis, il m’a semblé que nous ne nous sommes pas arrêtés une seconde. Les courses, les petits sandwichs, le déménagement des meubles du salon, les cocktails à préparer. Nous avons convenu cette nuit vers deux heures du ma-tin, devant des piles vertigineuses de canapés au beurre de je ne sais quoi, que la prochaine fois, ce serait dans une salle louée et avec traiteur. Il était tard, la cuisine était pleine de sacs, de bouteilles pleines, de plats où s’entassait régulièrement, quoiqu’avec trop de lenteur à mon goût, ce que tous nous allions engouffrer demain soir.
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Le couteau à la main, battant l’air au rythme de ses pa-roles, elle me racontait le Cameroun, la forêt, les villages boueux et les soirées de palabres pour négocier la moindre chose. Je vivais non pas avec une femme, comme la plupart des gens le croyaient, mais avec un courant d’air féminin, doublé d’un aventurier en dentelles. L’heure tournait, et avec ce don qu’elle a pour planter les décors et vous faire vivre avec elle les situations, elle transformait la cuisine de notre appartement parisien en case africaine. Depuis notre rencontre, il y a presque dix ans, elle a toujours su me fasciner. Même la plus banale des histoires d’interro de maths (elle était en première, à l’époque) pre-nait un air de film d’Hitchcock, à l’entendre. Elle mimait les visages, les expressions, sa voix colo-rait les moments forts, et ses mains, ses gestes… Lorsqu’elle tenait bien en main son auditoire, ses mouve-ments devenaient plus amples, plus larges. Elle se levait parfois ou, si nous marchions dans la rue, s’arrêtait pour marquer un passage particulièrement important. Les gens se retournaient ou s’arrêtaient à leur tour, pour écouter. Au début, cela me gênait. Je suis d’un naturel plutôt discret, et cette débauche théâtrale me mettait vraiment mal à l’aise. Puis, petit à petit, je m’y suis habitué, et tou-tes les femmes que j’avais pu côtoyer depuis m’ont toujours semblé ternes ou absentes. Le moins que l’on puisse dire de Géraldine, c’est qu’elle est présente. Enfin, lorsqu’elle est en France.
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