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Rêveuse... en sursis

De
125 pages

Alicia, à la veille de son trentième anniversaire, se pose des tas de questions existentielles.

Elle rêve d’être écrivain, mais ne devrait-elle pas plutôt choisir une existence plus conformiste ? Elle rêve du grand amour, mais est-il raisonnable d’aimer Julien, secret et solitaire, plutôt que Marc, riche et passionné ? Heureusement ses amies et sa sœur jumelle sont là pour soutenir Alicia et l’aider à trouver des réponses à ses interrogations.

De péripéties en remises en question, ce roman drôle et léger en apparence nous entraîne à la suite de son héroïne dans un Paris romantique à souhait.

Adama Mané signe là une jolie romance au style enjoué, à l’écriture pleine de vivacité. Un texte avec beaucoup d’humour, mais pas dénué de réflexions plus profondes sur les relations amoureuses et amicales.


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Rêveuse... en sursis
COLLECTION ROMAN DE FILLE
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1.
A u questionnaire de Proust, à la question concernant votre occupation préférée, qu'auriez-vous répondu ? Ma réponse est évidente : rêver... J'adore rêver. Rêver que je suis ailleurs, que je suis quelqu'un d'autre ou avec quelqu'un d'autre que Louis. Non, avec Louis, mais un Louis meilleur, un Louis attentionné qui m'apporterait, par exemple, un délicieux cocktail pendant que je me prélasserais sur un transat au bord de notre merveilleuse piscine. Le bonheur s'inviterait dans cette torpeur agréable, sans même qu'on le lui demande, et je ne me tracasserais plus au sujet de ce qui va m'arriver dans exactement un mois. Oui je l'avoue, je suis en sursis... Non, non je ne vais pas mourir ou aller en prison, mais c'est quelque chose auquel je ne peux échapper. Oui vous savez ce moment où vous franchissez une autre étape de votre vie, où vous murissez, où vous atteignez le plus bel âge de la vie d'après vos parents. Alors pourquoi est-ce si difficile pour moi d'accepter que je vais fêter mes 30 ans dans un mois ? 30 ans... ça sonne mal, ça sonne vieux et ça me file le bourdon. Comment lutter contre le temps qui passe ? Bien évidemment je ne parle pas de chirurgie esthétique, plutôt mourir que de me faire tirer la peau comme ma chère future belle-mère adepte des liftings. Pourtant, après de multiples opérations, une peau de vache devient un magnifique cuir, alors que ma future belle-mère reste... une peau de vache. Pour revenir à ma grande question, je pense qu'il n'y a aucun moyen, hormis la magie, de lutter contre le temps qui passe. Et je ne suis pas magicienne... Mais je suis voyante. Je ne suis pas aussi sensible qu'un médium qui entend des voix, mais je fais parfois des rêves prémonitoires. Et j'ai une sacrée intuition ! Une sorte de don, sans vouloir me vanter. D'ailleurs ce matin j'ai bondi du lit, car ma colocataire a fait un bruit d'enfer au moment où Louis me disait dans mon rêve, d'un air très sérieux : « il faut qu'on parle ». Mais de quoi ? ... Ce genre de phrase annonce une rupture, c'est évident, non ? — Alicia ! crie Paola en entrant dans ma chambre, si tu ne te lèves pas tout de suite, tu vas être en retard. On est vendredi aujourd'hui et tu as un rendez-vous. — C'est bon, je suis réveillée depuis un petit moment, avec tout le fracas que tu as fait ce matin, dis-je en bougonnant. Paola me regarde, toute souriante alors que je lui jette un regard noir. Elle s'arrête devant ma commode, sort son parfum de son sac et commence à s'en vaporiser un peu. — Humm, ça sent l'amour, s'exclame-t-elle. Elle virevolte dans la pièce en chantonnant, se regarde dans le miroir et me demande d'un air très sérieux : — De quoi j'ai l'air dans cette tenue ? Elle est vêtue d'une tunique bleue, d'un pantalon en lin blanc et de claquettes à fleurs. Ses longs cheveux châtains sont attachés en chignon et elle est maquillée très légèrement. — Tu es très jolie comme d'habitude.
— Oui, mais encore... Ses grands yeux bleus sont braqués sur moi comme si ma réponse avait une grande importance. — T'as pas bientôt fini de m'ennuyer... Il est 8 h du mat'... Tu me fatigues là. — Oh excuse-moi... Allez, debout... Et en plus j'ai préparé le petit-déjeuner, lance-t-elle en me tirant du lit. Un petit-déjeuner préparé avec soin rien que pour moi, ben voyons, me dis-je en entrant dans la cuisine. Paola a encore fait une rencontre hier soir et ce matin le type s'est enfui en courant quand il a vu qu'elle avait fait des pancakes et acheté des croissants. Pourtant ça faisait un moment qu'elle avait arrêté, je pensais qu'elle avait accepté sa défaite cuisante. Je vous explique, c'est une sorte de jeu sordide entre nous : moi j'ai toujours dit à ma chère colocataire que les coups d'un soir, dans leur grande majorité, ne restent pas prendre le petit-déjeuner et Paola a toujours soutenu le contraire. Alors on a décidé, il y a 3 mois, de parier et pour l'instant je suis gagnante, même doublement gagnante : à la fin du mois Paola me devra 100 euros et j'ai souvent la bonne surprise de déguster les viennoiseries destinées à l'amant envolé. Pas de gaspillage pour un jeu, voyons ! Il existe des codes dans les relations hommes femmes et généralement si tu couches illico avec un mec que tu rencontres le soir même, il y a peu de chances qu'il soit prêt, dès le lendemain matin, à jouer au petit couple qui se bécote entre deux tartines. Non ? Je prends place, satisfaite de voir que j'ai encore gagné : croissants, brioches, beurre et confiture jonchent la table. Je me retourne vers Paola toute souriante : — Alors, c'était qui cette fois ? — C'était Luc... — Luc... le serveur du Vaudeville ? — Le maître d'hôtel, tu veux dire... Oui, oui, il était ici et il a pris son petit-déjeuner. — Ce n’est pas vrai, dis-je en regardant les deux tasses dans l'évier. — C'est on ne peut plus vrai et disons que c'est plutôt sérieux. Je l'aime beaucoup, voilà, m'avoue-t-elle, un peu gênée. On en parlera plus ce soir, car là j'ai pas mal de boulot, la décoration de l'appart de Fred et Max devient une affaire d'état. — Tu m'avais caché ça... Toi et Luc... Je suis contente pour toi. Allez file, lui dis-je en lui faisant un bisou. — Bon, régale-toi ma chérie, crie-t-elle en attrapant ses clés, et au fait mon frère vient passer quelques jours à l'appartement et il arrive en fin d'après-midi. Mais ne t'inquiète pas, il ne squattera que le canapé. — Merci de me prévenir à la dernière minute, dis-je en attrapant une brioche. — Désolée... Mais ce ne sera que pour quelques jours, il veut prendre un nouveau départ, bla, bla, bla... Faut vraiment que j'y aille. Merci ma belle, me dit-elle en m'embrassant, et bonne journée. — OK, t'as gagné... Bonne journée toi aussi... Apparemment je me suis plantée, le super petit-déj c'était juste pour que je ne m'énerve pas trop à l'annonce de l'arrivée de son frère. Voici un des inconvénients de la colocation, devoir supporter les décisions de l'autre. C'est un peu une vie de couple en fait, avec des hauts et des bas. Mais il y a plus de hauts, Dieu merci, Paola est vraiment une amie. Je l'ai rencontré par l'intermédiaire de copains, il y a 2 ans de cela, et à cette époque elle
cherchait un appartement à partager sur Paris et moi une colocataire (ma sœur Clara venait de quitter l'appartement pour s'installer avec son copain). Et entre Paola et moi ça a été une sorte de coup de foudre amical... Oui on peut dire ça, n'ayons pas peur des mots. Depuis, nous vivons ensemble rue Vivienne. Paola et moi on se complète en quelque sorte : je suis méthodique, elle est dispersée, je suis angoissée, elle est zen, je suis la femme d'un seul homme, elle une nymphomane, enfin plus maintenant... Voilà en gros c'est ça. Après 1 h 30 de préparation... (et oui, c'est le temps qu'il me faut pour petit-déjeuner, prendre ma douche et me maquiller chaque matin, d'ailleurs j'admire les personnes qui, comme Paola, n'ont besoin que d'une demi-heure montre en main pour être prêtes chaque matin) je file dans le métro pour mon rendez-vous au Pôle Emploi. Les rayons de soleil de ce début de mois de juin me mettent du baume au cœur. Je suis ultra motivée, car la dernière conseillère que j'ai vue m'a dit en lisant mon dossier : « Mais vous avez un bac+5 mademoiselle, vous êtes donc cadre ! ». Ces mots résonnent encore dans ma tête... Je suis cadre, je devrais donc avoir un poste à responsabilités et non m'ennuyer comme je le faisais encore avant cet entretien à bosser comme vendeuse. Bon c'est vrai que je n'ai pas fait des études d'ingénieur ou de droit comme ma sœur cadette Sandy, mais j'ai un Master de recherche en littérature française. Je mérite donc d'être mieux considérée dans la société et de pouvoir prétendre à un autre métier que celui que je faisais jusqu'à présent. Mon rêve à moi c'est d'être écrivain. Mais je pourrais commencer par journaliste. Ce serait génial d'écrire pour un magazine féminin, par exemple, et je ne vois vraiment pas ce qui pourrait empêcher que cela devienne réalité, car je rassemble toutes les qualités pour ce poste : 1) Je sais lire. 2) Je sais écrire. 3) Je fais rarement des fautes d'orthographe ou de syntaxe. Mon bilan de compétences a confirmé tout cela et pendant plusieurs semaines j'ai passé différents tests, des entretiens, des mises en situation. Le résultat a été très positif : je suis faite pour un métier de communication... Mais le dur labeur que demande un bilan de compétences ne s'est pas arrêté là, la consultante de l'organisme affilié au Pôle Emploi m'a aidée à refaire un beau CV et nous avons épluché ensemble les formations pertinentes que je pourrais faire pour enrichir mon parcours. Et nous en avons retenu une, plus axée sur le journalisme dans la presse écrite. Le top du top... Mais avant tout ça je dois retrouver ma conseillère du Pôle Emploi pour lui faire mon rapport et je vais lui dire à quel point je suis satisfaite. J'ai déjà préparé mon papier telle une journaliste en herbe. Je me vois déjà assise dans un superbe bureau, rédactrice en chef d'un magazine féminin à la mode, une tasse de café à la main en train de rédiger un article passionnant. Mon assistante frapperait doucement à la porte pour me demander si je souhaite déjeuner au bureau ou si je veux qu'elle me réserve une table dans un restaurant... Ah oui, je m'y vois déjà ! Plus que quelques mois à attendre et mon rêve deviendra réalité. Cette conseillère a carrément changé ma vie et quelle n'a pas été ma déception quand je me suis rendu compte que je n'aurai pas affaire à elle aujourd'hui, mais à un homme au regard froid, non je dirai plutôt glacial :
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