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France Daigle 1953. Chronique d’une naissance annoncée
roman
Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine.
Éditions Prise de parole C.P. 0, Sudbury (Ontario) Canada PE 4R2 www.prisedeparole.ca
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC), du programme Développement des communautés de langue officielle de Patrimoine canadien, et du Conseil des Arts du Canada pour nos activités d’édi-tion. La maison d’édition remercie également le Conseil des Arts de l’Ontario et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
1953  ’  
D   
Sans jamais parler du ventsuivi deFilm d’amour et de dépendancesuivi deHistoire de la maison qui brûle,coll. « BCF », Sudbury, Éditions Prise de parole, 20 [8, 84, 8]. Pour sûr», Montréal, Éditions du Boréal,, coll « Boréal compact 20 [20], prix Champlain, prix du Gouverneur général, prix Éloizes, prix Antonine-Maillet-Acadie Vie. Petites difficultés d’existence, Montréal, Éditions du Boréal, 2002. Un fin passage, Montréal, Éditions du Boréal, 200. Pas pire», Montréal, Éditions du Boréal,, coll. « Boréal compact 2002 [8]. La vraie vie, Montréal, Éditions de l’Hexagone, . La beauté de l’affaire, Moncton, Éditions d’Acadie, . Avec Hélène Harbec,L’été avant la mort, Montréal, Éditions du remue-ménage, 86. Variations en B et K, Montréal, Éditions La Nouvelle Barre du jour, 8. Histoire de la maison qui brûle, Moncton, Éditions d’Acadie, 8, épuisé ; voir nouvelle édition 20. Film d’amour et de dépendance, Moncton, Éditions d’Acadie, 84, épuisé ; voir nouvelle édition 20. Sans jamais parler du vent, Moncton, Éditions d’Acadie, 8, épuisé ; voir nouvelle édition 20.
France Daigle
1953  ’  
Roman
Bibliothèque canadienne-française Éditions Prise de parole Sudbury 204
Œuvre en page de couverture et conception de la couverture : Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Copyright © Ottawa, 2014 [1995] Imprimé au Canada.
Difusion au Canada : Dimedia
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Daigle, France, auteur 1953 : chronique d’une naissance annoncée / France Daigle. e – 2 édition. (Bibliothèque canadienne-rançaise) Publié en ormats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 978-2-89423-909-4. – ISBN 978-2-89423-780-9 (pd ). – ISBN 978-2-89423-558-4 (epub) I. Titre. II. Titre : Mille neu cent cinquante-trois. III. Collection : Bibliothèque canadienne-rançaise (Sudbury, Ont.) PS8557.A423M54 2014 C843’.54 C2013-905068-X  C2013-905069-8
ISBN 978-2-89423-909-4 (Papier) ISBN 978-2-89423-780-9 (PDF) ISBN 978-2-89423-558-4 (ePub)
À mon père, Euclide À ma mère, Viola
P 1953,  F D P       
Dans les marges de l’Amérique, une histoire invraisem-blable a fait de nous des enfants adoptifs, des êtres tou-jours en quête de légitimité et d’acceptation. Si, avant même notre naissance, le code biologique a pu encore constituer le lieu de notre destinée primordiale, il n’a su à lui seul résoudre le mystère de notre identité au sein de cettesociété d’accueil que forment, dès les premières heures, la famille, les mots de la langue maternelle, encore indéchiffrables, et la culture primordiale dans toute sa diversité. Pour l’enfant qui voit le jour, il s’agit d’une deu-xième naissance à un monde qu’il (ou elle) partage désor-mais avec les autres et dont les bruits l’atteignent déjà par des voies toujours intermédiaires, par de « fins passages » de sens, par des régimes tournoyants d’images, de lettres, de récits et de croyances. Or comment faire sens de cette rumeur primitive, cette archive bruyante au cœur de l’identité dont, devenus adultes, nous n’avons plus aucun souvenir ? Comment
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cela s’est-il passé ? Après tout, si nous sommes venus au monde à Moncton, Paris, Longueuil ou Kapuskasing, c’est là le fruit d’un pur hasard. C’est ainsi que des figures évanescentes vont et viennent dans la mémoire. Ainsi resurgissent les années, les époques, les événements dont nous ne savions pas qu’ils nous accompagnaient depuis le premier moment : l’élection d’un pape ou d’un diri-geant politique, la remise d’un prix littéraire, une épi-démie, l’invention de la télévision, l’accession au trône d’un monarque, la sortie d’un film ou d’une chanson, un exploit sportif, une guerre, une révolte populaire, un anniversaire ou une commémoration. Le monde était alors peuplé de nos proches et de personnages publics dont les noms semblaient aller de soi, portés par la rumeur ambiante. Des milliers de faits divers et d’objets emblématiques circulaient quotidiennement aux abords de la conscience. Les journaux et la télévision étaient saturés de leur présence. Si le flux bavard du temps est intimement lié à notre identité, ne reste-t-il pas radicalement étranger à cette histoire lointaine des premières heures qui nourrit depuis toujours nos gestes, nos convictions, nos fantasmes, notre vie même ? Par quel étrange subterfuge pourrait-on arriver à déterminer à rebours ce qui s’est alors imposé à la conscience naissante, au lendemain de l’accouche-ment, le jour même de l’arrivée du nouveau-né dans la cohue de son entourage ? Il faudra bien un jour qu’on s’y mette, qu’on fasse de l’ordre dans tout cela. Comprendre l’origine !
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