2001. L'Odyssée de l'Espagne

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« Je vais pas te faire l’affront de te l’apprendre, mais le flamenco, c’est chaud-bouillant si tu regardes bien. Décolletés et gorges profondes se jettent à la face des mâles qui bombent le torse, ces cons ! Y’a trop de bruit mais je suis sûr qu’ils roucoulent en même temps les abrutis ! Les postérieurs se frôlent dans les piétinements frénétiques d’excitation et d’impatience conjuguées. Plus explicite, je vois guère que le zouc qui les coiffe au poteau avec ses frotti frotta de monts de vénus humides comme des matins londoniens.

Ça fait du bruit, ça tourne, ça castagnette, ça s'excite à n’en plus pouvoir. C’est la danse de l’amour, de la séduction folle, les prémices-promesses de copulations déferlantes qui se préparent dans les échanges de regards brûlants. Ça tient tout à la fois du rite barbare et du raffinement érotique paroxystique. Rien n’est dit mais tout est là. Les chants rauques mêlés de vocalises sont tout autant des cris de douleur que des plaintes d’amour. »




« À pied, à cheval, en voiture, en moto, il faut absolument lire cette chevauchée espagnole narrée par un J.M.M plutôt Tony(truand). »

L’Étérama


« Suzy et la Béhème deviendront vos héroïnes de l’année dès le premier chapitre de la saga espagnole. Elles vous tiendront en haleine bien au-delà des Pyrénées. »

Voili


« Cette odyssée ibérique, ça sent le cuir et la cane-bé. Même le mange-pierres fait le canard lorsque passent les Tarmos. »

Renault


« Incontestablement, J.M.M. ouvre la voie du renouveau littéraire. Sera-t-il à jamais l’écrivain phare du XXIe siècle ? »

Bernard Pavot


« Il m’est impossible de dire du bien de ce livre car je n’ai pas le même éditeur. Demandez plutôt l’avis de ma femme. »

Colombo


Publié le : dimanche 1 janvier 2006
Lecture(s) : 37
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 2952792801
Nombre de pages : non-communiqué
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Samedi 14 juillet
Quest-ce qui est vert, qui vit sous terre et qui mange des cailloux ? inq heures, jouvre un il Il fait déjà presque jour. C Jai limpression de ne mêtre assoupi que depuis quelques instants Je devine à la couleur bleu profond du ciel que la journée nous réserve encore une bonne grosse canicule. Déjà vingt-quatre ou vingt-cinq degrés qui sont partis à lassaut du thermomètre Ça promet ! Toute trace de sommeil sest évaporée, je me lève sans traîner. Toujours réveillé tôt, jadore les premières heures du jour : tout est calme, tout paraît simple. Je savoure mon premier café sans hâte. Cest linstant privilégié où le monde attend mon bon vouloir Tranquillement je me rends jusquà la boulangerie du Pin Vert pour y chercher des croissants. Cest un petit extra sympa que je nous octroie en ce jour particulier. À mon retour, Nadine sera sortie du lit, on les plongera dans notre deuxième café fumant Le rendez-vous chez Paul nest quà dix heures trente. Nous avons devant nous suffisamment de temps pour remplir nos sacoches avec les affaires dûment triées et sélectionnées la veille. Linstallation des effets de chacun se passe sans problème : chaque chose est à sa place et il y a une place pour chaque chose, cest pas plus difficile que ça ! Dans la foulée, le chargement de Suzette ne pose pas plus de difficultés. Je fais une dernière vérification, un ultime tour dans la maison avant de la fermer et de
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2 remettre un double des clés à Jean-Charles . Comme chaque année, celui-ci a suivi les préparatifs et le chargement, toujours aussi surpris de nous voir réussir à caser tout cet attirail sans anicroche Et nous voilà partis. Je roule en guettant les éventuelles réactions de mauvaise humeur que Mademoiselle Suzy manifeste parfois sous les charges quon lui impose lors de ces grands départs. Mais là, rien. Docile, elle ronronne sereinement. Elle na pas lombre du moindre désagrément à signaler Sans doute craint-elle que je ne décide au dernier moment de demander à lItalienne de faire le voyage à sa place si elle émettait quelque doléance sur ses conditions de travail ? Ainsi, peu après dix heures, elle se gare gentiment près 3 de Maya , la nouvelle Béhème de Paulot, qui croule tout autant quelle sous les sacoches, tente et autres matériels indispensables disposés au mieux sur son dos de sportive teutonne Imagine-toi que cest un mini évènement, rue du Mûrier : tous les proches de Paul sont venus nous encourager. Nous avons le plaisir de retrouver là tout ce petit monde. Tout dabord, il y a Sylvie. Elle est lex-4 véritable amour de Paul et lui a donné ses deux magnifiques enfants. Il y a sa fille Marion bien sûr qui partage toujours nos barouds estivaux. Elle a un peu hésité cette année mais elle a finalement décidé de se joindre à nous sans râler outre mesure malgré la perspective de bien longues étapes. Elle est accompagnée par son petit ami officiel du moment (pff ! Ça grandit vite). Puis il y a
2 Jean-Charles Jauffret, alias M. Monvoisin, historien des collines et maître de la maison dà côté. 3 Ainsi prénommée en raison de sa robe grise élégamment rayée de jaune. 4 Et à ma connaissance, le seul.
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Virginie, qui prend avec nous un petit dej en attendant que sa moitié, cest-à-dire Sébastien, le fils de Paul, émerge du sommeil de plomb dont sont dotés la majorité des individus nés durant ces vingt-cinq dernières années Lagitation qui règne finit par le faire sortir de ses draps. Il se joint à lultime café que lon partage au milieu des recommandations de dernière minute. On boucle les casques sur les baisers dadieux. Il est temps de rejoindre Rémi qui doit simpatienter. Le soleil déjà haut sen donne à cur joie alors que nous descendons prudemment la pente abrupte à peine viabilisée, grossièrement caillouteuse, qui mène au portail de son domicile des Aygalades. On range les motos plus ou moins à lombre, en ayant soin dassurer leur équilibre parmi les cailloux qui se dérobent sous les béquilles surchargées. On est à flanc de colline, au cur dune nature miraculeusement préservée. À travers les grands pins on aperçoit le scintillement, tout en bas, de la rade Nord de Marseille. La chaleur est déjà accablante, cest un plaisir de quitter blousons et gants pour rejoindre sans tarder la fraîcheur du grand séjour où Rémi, sans doute, doit nous attendre. Cest dans un étalage de vêtements mêlés à divers ustensiles de camping éparpillés que nous devons nous frayer un chemin. Je repère bien les casques sous les blousons au-dessus des sacoches encore vides, un camping-gaz et des gobelets, des palmes et un masque, une sacoche bourrée dappareils photos, une pile de T-shirts doù émerge une carte routière de la péninsule ibérique tant convoitée mais de Rémi, point ! Il nest pas du tout prêt nous prévient Christine, son épouse. Il est au premier en train de regrouper dultimes équipements. Tout en le houspillant dun étage à lautre, elle labreuve de conseils et dordres sur ses bagages à boucler Enfin il apparaît, le front soucieux, barré, du voyageur en partance ne voulant rien laisser au hasard.
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