52 cadavres exquis

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52 nouvelles déjantées écrites à 7 mains par de grands noms de la littérature !

Publié le : mercredi 19 octobre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782809653014
Nombre de pages : 376
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Pour Arsène
« Blanche Page et les sept mains », ainsi aurait pu s’intituler malicieusement l’idée de départ de l’exceptionnel recueil de nouvelles que vous propose Play Bac.
Sept auteurs et pas des moindres, trois femmes, Irène Frain, Christine Orban, Tatiana de Rosnay, et quatre hommes, Harold Cobert, Daniel Picouly, Yann Queffélec, Didier van Cauwelaert, ont accepté d’écrire ensemble cinquante-deux histoires. Une aventure collective inédite pour ces forçats du travail solitaire. À tour de rôle, ils ont imaginé le premier des sept épisodes qui composent chaque intrigue. Reprendre au bond un scénario qui n’était pas le leur, le prolonger de manière inattendue pour l’auteur suivant, tel a été l’esprit joueur de cette écriture à sept mains, inspirée du célèbre cadavre exquis créé par les surréalistes dans les années 1920.
Vous découvrirez au jour le jour ces cinquante-deux histoires mutantes, imprévisibles, étonnantes, où se mêlent les styles et les univers de chacun. J’espère qu’elles vous procureront le même bonheur que celui que nos sept mercenaires de l’imaginaire ont pris à les écrire.
BernardLehut

Un vent glacé souffle sur Piccadilly Circus

ChristineOrban
DanielPicouly
Didiervan Cauwelaert
Tatianade Rosnay
IrèneFrain
HaroldCobert
YANNQUEFFéLEC

Un vent glacé souffle sur Piccadilly Circus

ChristineOrban
Minuit. Je frappe à la porte du 12 Sherwood Street… Nous sommes à Londres au mois de décembre, un vent glacé s’engouffre dans le hall de l’immeuble de Piccadilly Circus.
Je ne sonne pas, je frappe juste quelques coups de mon poing ganté, cela devrait suffire puisqu’elle m’attend.
Quelques secondes s’écoulent… Je recommence, pas de réponse.
Elle n’entend pas ? Alors je sonne, une longue sonnerie appuyée ; trois, quatre sonneries, j’ai froid, l’inquiétude s’en mêle et me paralyse.
Comme j’ai oublié mes clefs, je l’ai appelée, afin qu’elle m’attende avant de s’endormir.
C’était il y a à peine une heure, elle avait sommeil et m’a proposé de les cacher sous le tapis de l’entrée, je l’en ai dissuadée.
Les aurait-elle tout de même glissées là ? Je soulève le tapis, rien, pas la moindre clef. Serait-elle sortie ?
Elle m’avait pourtant bien dit qu’elle était au lit en chemise de nuit.
J’enlève un gant et, de mon index glacé, je compose son numéro de téléphone…

Un vent glacé souffle sur Piccadilly Circus

DanielPicouly
La sonnerie ! J’entends Penny Lane derrière la porte. Les Beatles. J’ai horreur. Elle n’a jamais voulu changer de sonnerie. Penny Lane,
son adolescence, ses premières amours. Et si elle n’était pas seule ? Il faut que j’entre. À cet instant, je réalise que la porte est entrouverte. Dans l’obscurité, l’odeur douceâtre du sang. J’ai froid. Une opaline éclaire le sous-main de son bureau. Un homme y est assis, penché sur un plan de la ville. Un rasoir à la main, il semble chercher quelque chose sur le plan…
– Rassurez-vous, elle n’a pas souffert…
Il n’a pas levé la tête. J’ai froid. Sûrement peur. Mais surtout froid…
– Je vous dois des excuses…
L’homme porte une veste à brandebourgs.
– Je suis celui que le
Sun appelle Sergent Pepper. Je tue comme dans les chansons des Beatles. Ce soir, je suis le barbier de Penny Lane, mais je vous dois des excuses… C’est ça ! J’ai trouvé. Il y a une autre Sherwood Street à Londres. Je me suis trompé de sonnerie de téléphone. Votre amie n’aurait pas dû laisser ses clefs sous le tapis de l’entrée.

Un vent glacé souffle sur Piccadilly Circus

Didiervan Cauwelaert
Il s’est tu. Mon sang-froid. Reprendre mon sang-froid. Ou j’essaie de fuir, ou je retourne la situation à mon profit. Je sens bien que je suis en danger de mort, mais c’est la chance de ma vie. Le Sergent Pepper. Le tueur qui désespère Scotland Yard et régale les médias.
– Je peux m’asseoir ?
Il me dévisage, sourcil haussé.
– Vous n’avez pas peur ?
– Je suis pressée, surtout. Par la banque, les impôts, les dettes de jeu…
– La mort de votre copine, c’est tout ce que ça vous fait ?
– Je lui devais trois mille livres, et j’étais venue la taper encore une fois… Sans trop d’espoir. C’est vous qui m’intéressez. Si vous tuez toutes ces femmes avec ces rituels perso, c’est que vous avez besoin qu’on parle de vous, non ? Je suis la personne idéale.
Avec un sourire pas dupe, il frotte lentement la lame de son rasoir sur les plis de son poignet.
– Vous voulez mes aveux, pour aller les vendre aux flics.
– Ça ne rapporte rien, les flics. Ce n’est pas une déposition que je veux signer, moi, c’est un contrat. Je suis écrivain, et je suis en panne d’inspiration. Vous connaissez les éditions White ?

Un vent glacé souffle sur Piccadilly Circus

Tatianade Rosnay
– Non, dit-il sèchement. Je lis peu. Pas le temps.
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