a corps perdu

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Fabien Latour est un jeune chercheur éprouvé par la vie. Brûlé gravement dans sa jeunesse, il s'est fixé comme but de retrouver un jour son intégrité physique. Ses travaux universitaires l'ont poussé à étudier la mémoire humaine. Avec son équipe il a mit au point une machine capable d'extraire le vécu d'un être vivant pour la réimplanter dans un autre organisme. Si sa machine marche, Fabien a découvert la clef de l'immortalité. Il ne le saura qu'après l'expérience ultime sur sa propre personne. Une bande de terroriste va s'emparer de son invention. Pour survivre Fabien n'a qu'une solution, tenter de se transférer dans le corps d'un chat. L'expérience est un succès, et Fabien, en tant que chat, va lutter pour tenter de redevenir homme.
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 66
EAN13 : 9782748195460
Nombre de pages : 271
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A corps perdu
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Frédéric Sausse
A corps perdu
Chat peau de paille
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9546-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748195460 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9547-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748195477 (livre numérique)
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UN BATTANT
Fabien Latour était un battant. C’était un jeune homme, âgé maintenant de vingt-neuf ans. Il luttait depuis plus de dix sept ans pour retrouver un semblant d’humanité. Le matin, quand Fabien seul face à la glace, rasait le tiers de joue gauche où la peau restait saine, il se rappelait. Le soir, quand Fabien massait les doigts de sa main droite pour lutter contre l’ankylose, il se rappelait. Quand tous les jours Fabien croisait le regard tantôt effaré, tantôt effrayé, tantôt plein de pitié des autres, il se rappelait. Il avait été enfant. L’été de ses douze ans, Fabien l’avait passé dans la ferme de son oncle, avec ses cousins plus âgés, Tom et Lucien. Il était leur bête noire. Sous couvert de jouer aux gendarmes et aux voleurs, aux cow-boys, à chat perché, Tom et Lucien passaient leurs journées à torturer le pauvre bougre. Ils l’attachaient à un arbre, le présentaient nu devant des gamines niaises et moqueuses. Fabien avait découvert cet été ce
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qu’était l’humiliation. Certains parlaient de tortures infligées, d’autres préféraient évoquer une sorte de parcours initiatique pour devenir un homme. Toujours est-il que Fabien souffrait, dans sa chaire comme dans son âme. Il attendait, endurait en silence les sévices subits dans l’espoir qu’un jour ses muscles seraient plus forts, et qu’il pourrait lutter, leurs rendre la pareille. Ce soir du vingt-deux août, Fabien s’en souvenait comme si c’était hier, Lucien l’avait attaché au pilier de la grange. Tom regardait le pauvre gamin se débattre et tenter de se libérer. Le spectacle lui semblait plaisant, voire hilarant. C’est bien simple, c’était à mourir de rire. C’était même tellement drôle que Tom en avait échappé sa cigarette dans le tas de foin. C’était même si captivant que Tom avait oublié de chercher son mégot. C’était si prenant que Lucien n’avait pas osé détacher Fabien quand le foin avait pris feu. C’était si poignant que Tom et Lucien avaient fui sans avertir ni leur père, ni les pompiers. Résultat de tout ça, Fabien avait survécu, brûlé à soixante quinze pour cent. Il avait fallu qu’il lutte pendant six mois pour espérer survivre. Il avait fallu qu’il apprenne à vivre avec la douleur constante des grands brûlés. Il avait fallu qu’il renonce à muscler son
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