À découper selon les pointillés

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Sylvestre Lassin, jeune infirmier d'origine japonaise, est retrouvé mort dans la cabine de son ascenseur. Le procureur penche pour la thèse du suicide par hara-kiri. Jérémie Blanc, chargé de l'enquête, n'est pas de cet avis. Il réclame alors l'aide du commissaire San-Antonio et de son inséparable Bérurier. L'affaire va aussitôt prendre un autre tour avec la découverte, dans le congélateur du défunt, de deux mains et de deux pieds de femme. L'assassiné serait-il lui-même un redoutable meurtrier ? L'hypothèse tient la route, d'autant que d'autres tronçons du corps féminin, dont la tête calcinée, sont retrouvés chez les parents de Sylvestre, lesquels ont disparu : énigme supplémentaire ! Qui est donc cette malheureuse fille découpée suivant les pointillés, comme le cochon des panonceaux de charcuterie ?
C'est à la traque d'un prédateur sauvage, imprévisible et manipulateur, que San-Antonio, au sommet de sa verve, Bérurier, plus truculent que jamais, le commissaire Blanc, toujours aussi noir, le pétillant Toinet, l'ombrageuse Amélie, et même le brave Pinuche, en phase de semi-gâtisme, vont devoir s'atteler. Au long de ce suspens diaboliquement ciselé nous rencontrerons bien sûr la rigolade et la gaudriole, indissociables épices de la cuisine san-antonienne, mais aussi des personnages hauts en couleur... avec une dominante sanguine.

Publié le : mercredi 11 février 2015
Lecture(s) : 7
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782213679440
Nombre de pages : 312
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Couverture : Design by Fred Greneron ;
illustration : François Boucq ; photo : Sylvain Muscio

ISBN : : 978-2-213-67944-0

© Librairie Arthème Fayard, 2015.

petite poussée de misanthropie

Je déteste les réunions où il y a

plus de mains à serrer que de doigts à mettre.

Les personnes qui me donnent des nouvelles

sont rarement celles de qui j’en attends.

D’aucuns me mettraient la honte

s’ils disaient du bien de moi.

Ceux qui ne viennent jamais me voir

seront toujours les bienvenus.

Si la méchanceté de certains m’inquiète,

la gentillesse d’autres me terrifie.

San-Antonio

À Tony Parker

qui fait tant pour la France…

et pour San Antonio.

Et au maître sushi Takeuchi,

le Japonais qui est arrivé à pied par la Chine.

Avertissement à toi,
ami lecteur

Cette histoire,

à l’image de la principale victime,

a été découpée selon les pointillés.

Le moindre petit trait peut te conduire

à la solution à condition que tu sois attentif

au plus infime détail.

Si, par hasard, tu découvrais le coupable

avant moi,

n’hésite pas à m’en informer,

ça nous ferait gagner du temps.

PROctoLOGUE1

____________________

1. Quelques lettres inopinées ne se seraient-elles pas immiscées dans ce PROLOGUE ?

1
MISE EN BOUCHE

On pouvait qualifier Sylvestre Lassin de voisin modèle. Dès vingt et une heures, il baissait le son de la télévision, évitait de marcher de long en large dans son appartement. Il ne se douchait jamais au milieu de la nuit, même en cette période de canicule, et prenait soin de tourner la poignée en sortant, comme ce soir-là, au lieu de claquer la porte, à l’inverse d’autres locataires moins scrupuleux. À sa discrétion s’alliaient une politesse sans faille, une jovialité dépourvue de familiarité, un sens inné de la serviabilité, autant de qualités qui, s’ajoutant à un physique agréable, auraient conféré à ce trentenaire, métissé asiatique, des allures de gendre idéal.

Mais il serait déraisonnable de s’attacher plus avant à ce personnage, tant – nous l’allons montrer tout à l’heure – son existence va se révéler précaire.

En pénétrant dans l’ascenseur, il fut surpris par la présence d’un inconnu à l’intérieur de la cabine. Unique occupant du septième et dernier étage de l’immeuble, le jeune homme se dit que l’individu devait forcément se rendre chez lui.

— Vous cherchez quelqu’un ? demanda-t-il, circonspect.

— Je cherche simplement la sortie, répondit l’homme d’un ton glacial. Je suis monté au lieu de descendre.

Sylvestre Lassin se détendit :

— Je vois : j’ai dû presser le bouton d’appel avant que vous n’appuyiez sur le zéro.

— Sans doute.

L’ascenseur se mit en branle.

— Je suis désolé. Vous étiez à quel étage ?

— Le troisième.

Le garçon ne fut pas surpris. Le niveau correspondait au cabinet d’un psy ; or, son compagnon de descente arborait dans le regard une lueur dont l’étrangeté pouvait justifier ce type de consultation.

— Il est comment, votre bol fécal ? questionna tout à trac le singulier personnage.

Sylvestre ne comprit pas la question.

— Pardon ?

— Votre bol fécal, il est comment ?

— Je ne vois pas de quoi vous parlez…, balbutia le jeune homme, en proie à une suée.

— Je parle des aliments digérés qui stagnent dans votre intestin en attente d’être expulsés.

— Je vous en prie, monsieur …

— Répondez ! gronda l’inconnu.

— Mais enfin… j’en sais rien !

L’homme sourit, dégaina de sa poche un couteau de chef en murmurant :

— Eh bien, on va voir…

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