A Mort, la Banlieue?

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La médecine mène à tout à condition d'en sortir. Faut-il pour autant, par ambition ou soif de pouvoir, détourner les connaissances scientifiques pour les mettre au service d'une mauvaise cause ? Régis, jeune interne des hôpitaux, issu des banlieues Est de la capitale, maudites par l'establishment, se trouve contre son gré emporté par une tourmente, qui menace de détruire ce qu'il a de plus cher. Découvrant les luttes impitoyables que se mènent les services dits secrets pour contrôler les outils de la guerre biologique, et les menées d'islamistes radicaux, il ne doit son salut qu'aux amitiés qu'il a su conserver, et à l'emploi de méthodes plutôt éloignées de la formation médicale.
Publié le : jeudi 3 mai 2007
Lecture(s) : 160
EAN13 : 9782748185508
Nombre de pages : 287
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A Mort, la Banlieue?
Guido Delvil
A Mort, la Banlieue?
Tome 1: Où habitez-vous déjà?
Roman
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.comISBN : 2-7481-8550-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748185508 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-8551-X (livre numérique) ISBN 13 : 9782748185515 (livre numérique)
Le retour en Banlieue
« Il n'est plus qu'un homme seul. Les autres, les enracinés, un tas de fils protecteurs les re-lient à des alliés naturels. La vie est douce à ces normaux, si douce qu'ils ne savent pas ce qu'ils doivent à leur milieu, et ils croient avoir réussi par leur propre mérite. Le rôle que jouent les parents et les relations de longue date pour l'immense bande des veinards, conseillers d'état, inspecteurs des finances, diplomates, tous an-ciens cancres. Il voudrait bien les y voir à sa place, crétins protégés depuis leur naissance, doucement portés par le social du berceau à la tombe. » Albert Cohen,Belle du Seigneur
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Le retour en Banlieue
LE RETOUR ENBANLIEUE
« Bang » Un mouvement latéral un peu trop violent provoqua le tilt final. – Toujours aussi mauvais, on ne peut pas avoir de la veine partout, ricana Bouboule. Je le fusillai du regard en lui lançant un « Va te faire foutre, connard », qui aggrava l’hilarité de ses potes, mais aussi des miens. Bouboule me fixa méchamment, d’un oeil injecté de jeune alcoolo. Bordel de merde, études universitaires brillantes ou pas, je venais de réagir comme un vrai rejeton du 9-3. J’y avais passé toute mon enfance et surtout mon adolescence, et j’étais revenu fêter avec ma bande ma prise de fonc-tion comme interne des Hôpitaux à la Pitié-Salpétrière. Bande de petits bourges, par le sim-ple fait qu’elle s’était constituée progressive-ment dans les cours du lycée Albert Schweitzer, seul établissement secondaire correct du 9-3. La bande à Bouboule était, elle, réellement prolé-taire, rien que des ressortissants des grandes barres de HLM, pas un élève du lycée, à part Momo, un beur qui habitait près de chez moi à Villeneuve. De notre côté, j’étais le seul dont la
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A Mort, la Banlieue?
famille habitait en HLM, les parents des autres avaient des petits pavillons. Cette différence me valait un mépris discret de mes potes, qui considéraient avec un étonnement teinté de ja-lousie ma réussite en fac de Médecine et surtout mon succès au concours d’Internat des Hôpi-taux de Paris. Mépris dû aussi au fait que j’étais le seul à porter des lunettes depuis toujours, étant affligé d’une myopie féroce. Je me sentis humilié, Bouboule ne s’était lan-cé dans cette provoc qu’avec moi, le binoclard, pas avec un autre membre de la bande ni avec Alain, beau blond devenu employé des postes, après un échec sanglant en fac de sciences, ni avec Stéphane, antillais assez balèze, et encore moins avec Martin, tamoul au visage étrange et à la peau très sombre. Non, il fallait m’humilier moi, l’intello à lunettes. J’allai relever le défi quand le patron intervint. – Allez les gamins, faites pas les cons, j’ai pas envie d’appeler encore les flics. C’était un marrant, un gros auvergnat, qui sa-vait éviter les emmerdes et qui sentait les situa-tions. On avait tous dépassé les 20 ans et plu-sieurs avaient un cutter dans la poche. Ceux de la bande à Bouboule avaient eu de nombreuses fois affaires aux keufs, et certains comme Mo-mo avaient déjà connu la tôle pour plus de 24 heures. En fait on ne savait pas exactement combien de fois il y était allé, ni combien de
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