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A première vue

De
102 pages
Une graphologue expérimentée rencontre l'homme dont elle vient d'analyser l'écriture. Elle compte bien, lors de cette entrevue, parvenir à éclaircir une certaine particularité qui l'a beaucoup intriguée. Elle tombe aussitôt sous son charme et en oublie toute demande d'explication. Une nouvelle vie commence pour elle, avec ses joies, ses doutes, puis son désespoir lorsqu'elle découvre avec quelle habileté cet homme, devenu son mari, a su la manipuler pour l'entraîner dans la secte à laquelle il appartient. Ce qu'elle avait pressenti "A première vue" sans pouvoir en cerner la nature exacte, se révèle enfin dans toute sa dimension... Il n'y a pire aveugle qu'une femme qui ne veut pas voir.
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ApremièrevueChristine Broc
Apremièrevue
ROMAN© manuscrit.com, 2002
ISBN: 2-7481-2047-7 (pourle fichiernumérique)
ISBN: 2-7481-2046-9 (pour le livreimprimé)Avertissement de l’éditeur
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La voix au bout du fil était bien timbrée, ni trop
aiguënitropgrave,fermesansêtretranchante,juste
comme elle les aimait. La pratique du chant l’avait
d’ailleurs rendue d’autant plus sensible à toutes les
nuances de cet instrument.
Claire nota le rendez-vous pris pour la semaine
suivanteetquiallaitunefoisdeplusluipermettrede
confronter l’analyse qu’elle avait faite de l’écriture
et son auteur en chair et en os.
Elle avait l’œil, c’est certain. Après quinze ans
de métier, elle n’aurait pas dit bien sûr que les écri-
tures n’avaient plus de secret pour elle, mais on lui
reconnaissait tout de même assez de talent pour s’y
retrouverdanslesméandresducomportementetdes
motivations de ceux qui étaient soumis à son regard
de graphologue expérimentée.
Aprèsledessindel’écrituresurlapage,lesonde
la voix, elle aurait enfin devant elle un visage. Et
si l’apparence physique ne venait pas démentir les
deux premiers éléments de connaissance, elle se ré-
jouiraitdecetteharmonie. Elleappréciaittoujoursce
momentoùelleavaitl’impressiondepouvoir«bou-
cler » son enquête alors que bien souvent hélas, elle
devaitrestersursafaimetsecontenterd’envoyerson
portrait à un destinataire qu’elle ne verrait jamais et
dontellenesauraitmêmepass’ils’étaitvraimentre-
trouvé dans ce qu’elle avait défini de lui.
7Apremièrevue
Claire regardait son bureau, s’étonnant toujours
de ce contraste entre son goût pour les écritures et
lanécessité devoir trôner,commecheztout uncha-
cun, cet ordinateur qui lui semblait un peu une in-
congruité. Ellequitravaillaitsurlamatièrebrute,la
plus primitive qui soit, celle surgie directement de
l’inconscient et dans sa forme originale, se sentait
continuellementrebutéeparl’usaged’uninstrument
autre que la plume, qui ne délivrait que des lettres
d’imprimerie, avec d’ailleurs en petit clin d’œil aux
nostalgiques des temps anciens, la possibilité de re-
courir à de fausses écritures manuscrites !
Ellesesentaitbiendanssonépoquemaiselleap-
préciait que son activité lui permît de faire le lien
entre le passé et le présent, entre la simplicité des
caractères disposés dans la page et le portrait enfin
élaboréet impriméquirésulterait detoutun proces-
sus d’interprétation.
Ceregardcirculairequilaportaitdesécritureséta-
léessursonbureauà«labête»commeellel’appelait
(ce monstre d’ordinateur dont le côté incontrôlable
lui faisait peur parfois) accrocha au passage une jo-
lie glace ancienne, un peu mouchetée, qui lui ren-
voya d’elle une image légèrement ternie mais aussi
plusdouceetplusflatteusequ’ellenel’auraitespéré.
Elleabordaitlacinquantaineaveccemêmevisage
un peu long et fin qu’on lui avait toujours connu,
quireflétaituneévidentesensibilitésouslaquellede-
meurait,plusmasquée,unefortesensualitéquel’âge
n’avait pas atténuée. Mais si la réussite profession-
nelleaidant,lesécrituress’amoncelaientsursonbu-
reau,leshommeseux,petitàpetit,sefaisaientpour-
tant plus rares.
Sa clientèle aurait pu lui fournir quelques occa-
sions, mais elle s’en était toujours tenue au principe
8Christine Broc
deséparervieprofessionnelleetvieprivée. Latenta-
tionl’avaitdéjàbiensûreffleuréederompreparfois
des moments de solitude bien mal supportés. Mais
ellen’avaitjusqu’àprésentjamaisfaitd’entorseàla
règle.
Etpuisdanslesbonsjoursoùl’optimismerégnait,
elle se disait qu’elle avait toujours l’œil et le flair,
comme devant la page écrite à déchiffrer, et qu’elle
saurait bien le moment venu ramener dans ses filets
une nouvelle conquête pour remplir son existence.
Elle usait des hommes avec modération mais tou-
joursavecunplaisirjubilatoirepourcequ’elleconsi-
déraitcommeleseldelavie.
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