A VENDRE

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Lorsqu'on se prend 17 coups de fusils dans le ventre, on est condamné à ne plus Vivre. Lorsqu'on a si mal, on est condamné à attendre la mort, en souffrance. Anaïs en sait quelque chose , elle, la spectatrice et la victime de ce monde morose et dans lequel les hommes n'ont pas d'ambition de grandeur humaine : ils se contentent de vivre petit, d'aimer petit, de ressentir petit, n'aspirent qu'à du futile et restent ainsi dans leur petitesse. Mais un monde où l'élévation de l'esprit est roi et l'harmonie reine, existe peut être…
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 121
EAN13 : 9782748181142
Nombre de pages : 185
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2 Titre
A Vendre

3Titre
Amandine Mouynès
A Vendre

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-8114-X (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748181142 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-8115-8 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748181159 (livre numérique)

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. .

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Le sol, ce sans quoi on ne saurait se regarder et se
mouvoir.
Des images qui témoignent de la place physique de
l’homme quand il regarde : les pieds posés sur le sol, le
regard dirigé par ceux-ci.
Et le sol est ovale.
Où l’oeil amène le corps à entrer en action.
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À la Vie, à l’Homme, à la Terre
11 Acte I

ACTE I

13 A VENDRE






Merde.


Un soir, en une seconde, comme un éclair,
vous sentez un courant passer dans votre corps.
Un courant indescriptible vous transperce le
corps. Ça ne fait pas mal, ça ne fait pas de bien ;
ça passe. En un éclair, plus rien. Plus un bruit,
pas même le bruit du silence, plus un souffle,
plus un tremblement, plus rien. Le néant vous
envahit. Oui, c’est cela, le néant vous envahit.
En une seconde, votre corps n’est plus soumis à
la pesanteur, ni aux lois humaines, ni même à la
conscience. Votre esprit rétrograde, ralentit.
Vos pensées et réflexes sont comme un vieux
33 tour rayé qu’on lit en 45 tours. Un truc qui
vous revient sans cesse avec une lenteur
incroyable.
À l’origine de cela : un coup de merde. Ana,
plus qu’une amie, une vraie sœur. Depuis la
plus tendre enfance, celle avec qui on partage
de petits moments pudiques. La vraie amie
qu’on ne perdra jamais même en passant trois
mois sans nouvelles. Celle avec qui on se marre
15 A Vendre
bien aussi. La pote quoi. On se dit pas qu’on
s’aime, mais putain qu’est-ce qu’on s’aime !
Jamais on ne peut, ne serait-ce qu’imaginer
qu’elle puisse nous tuer. Ce soir là, elle l’a fait.
Mais on se dit, « allez, pas de rancune, tu es
mon amie, ma sœur. Je te pardonne. » Puis…
autre coup de fusil ! Je prends une grande
respiration. Puis pan ! Pan ! Pan ! Deux coups
de fusils dans le ventre à secondes d’intervalle !
Un troisième, un quatrième coup de merde
avant le cinquième quelques heures plus tard.
Mais les deux précédents avaient déjà été
mortels.

Colère, haine, froid, tremblement, déprime.

Olivier. Le… difficile à définir… super pote,
ex amant et presque amoureux secret. Le
fantasme du moins. Oui, oui, tout cela en une
seule personne. On se connaît depuis 5 ans.
Sans être véritablement amis, mais copains. Et
depuis le jour de notre rencontre, ça a toujours
été étrange, presque ambiguë. Une espèce
d’attraction physique. Comme une compatibilité
évidente. C’est le copain qu’on a très envie de
prendre dans ses bras le jour où on est un peu
triste, un peu mélancolique, où on a envie du
réconfort de maman de quand on était petit.
Celui qu’on prend dans ses bras en ayant le
sentiment à chaque fois qu’on a été conçu l’un
16 A Vendre
pour l’autre précisément pour cela. Ces câlins,
ils sont forts. Des embrassades uniques,
électriques, où un tas d’ondes circulent à toute
vitesse. Des aimants en fait. Pour de vrai.
Attirés naturellement, très fort. Impossible de
se décoller. Puis, un soir, quand même, au bout
de cinq années, on a arrêté de faire semblant.
On se prend dans les bras et cette fois, on ne se
décolle plus. Il faut entraver des principes, des
valeurs, contrer la raison, pour ne pas se
décoller. Alors là, t’es léger comme une feuille
morte, t’es insouciant comme au temps du bel
âge, t’es tout le temps souriant, presque un air
naïf… C’est ça la passion. C’est ça la fusion.
Elle a beau être la plus déchirante, elle aussi la
plus intense, la plus émotive. L’explosion
chimique entre deux êtres humains. Tous les
sens stimulés. On se sent vivre incroyablement
intensément. La passion déchire de douleur ;
mais la vie sans passion est dénuée de sens.
Mais contre toute attente encore, un soir, en
une seconde, comme un éclair, vous sentez un
courant passer dans votre corps. Un courant
indescriptible vous transperce le corps. Ça ne
fait pas mal, ça ne fait pas de bien ; ça passe. En
un éclair, plus rien. Plus un bruit, pas même le
bruit du silence, plus un souffle, plus un
tremblement, plus rien. Le néant vous envahit.
Oui, c’est cela, le néant vous envahit.
17 A Vendre
À l’origine de cela : un coup de… bref, vous
avez compris le truc quoi… Mais un vieux
souvenir s’accroche, absolument pas noirci. Et
l’air devient chargé d’électricité lorsque ces deux
êtres humains sont réunis dans un même
espace. Peu importe le temps qui s’écoule ni
même les circonstances des vies respectives.
Puis pan ! Second coup de fusil ! Coup de
merde. Mais rien n’y fait ! Le souvenir n’est pas
mort ! Il résiste à la douleur de la balle, là, logée
dans le ventre. Pan ! Coup de feu… Coup
de…

Colère, doute, haine, froid, tremblement, doute,
déprime, doute.

Hugo, l’ex. Une rencontre à la Belle au Bois
Dormant. Le prince charmant à la rescousse de
la princesse en détresse. L’amour. Une espèce
de vision profonde de deux personnes. Pas
passionnel ni irraisonné. Mais au contraire
réfléchi. Puis plus d’amour. Plus du vrai amour,
du comme celui qu’on ne connaît que trois ou
quatre fois dans sa vie. Alors on quitte la vie de
la personne que l’on connaît le mieux, qui vous
connaît le mieux. La personne avec qui vous
partagez tout, de votre soupe à vos loisirs à
votre lit à vos pensées à vos sentiments, bref
vous partagez votre personne. Pas de colère,
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