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Linel nous entraine dans un voyage intérieur aux chemins escarpés et aux haltes destructrices avec le fardeau inaltérable de son enfance volée

Linel n’a de cesse que de se reconstruire. Enfant privé d’amour, écrasé par un père brutal et abandonné par une mère soumise, l’enfant ne trouve pas sa place dans cet univers. Son père n’est présent que par sa violence et sa cruauté. Linel tente désespérément de se réfugier dans des sentiments maternels que sa mère lui refuse. L’existence de cette femme est sordide et misérable et le chemin de vie qu’elle poursuit l’entraine peu à peu vers l’irréparable.

Dans cette descente aux enfers, Linel n’est pas épargné. Sa solitude est chronique, ses révoltes ponctuent les abandons et les abus sexuels jonchent son parcours. Pourtant, en dépit de son odyssée périlleuse, Linel atteint la cité brumeuse de Londres, lieu de mises en scène incontournables dans ses desseins de vengeance. Ce père à abattre y séjourne.

Soupçon de pardon, goût de vengeance, et ruse sont également au rendez-vous. Linel parviendra-t-il à vaincre tous les démons contre lesquels il bataille depuis si longtemps ? Et puis Stella, elle aussi qui réapparait. Hasard ou pas ? Faut-il croire à cette soi-disant fatalité improbable et impropre à toute réalité ? Chacun de ces personnages clés l’ignore, mais leurs destins sont intimement liés.

Un roman noir à l’atmosphère pesante dont on ne ressort pas indemne

EXTRAIT

La conséquence de mon erreur n'a pas tardé à provoquer en moi un sentiment d'impuissance. Un terrible blasphème a emporté mes indulgences, je ne pouvais continuer. Intolérant de mon image j'avais le choix de rester où de m'effacer. La réflexion intense qui m'usait aboutit un dimanche vers ma destinée. Seule, une pertinence vaguement organisée orientait ma démarche. Compliquée. La décision que je devais prendre n'offrait pas d'alternative, injuste, la meurtrissure que je ne dominais plus m'entraînait à louvoyer entre larmes de tristesse et océan de lave de néant. Tonitruant d'amertume, effiloché d'avoir tenté d'assumer mon inefficace inconstance, je bavais de ma propre ingérence, dominatrice de mes errances. Apparemment nonchalant, je vomissais en circuit fermé. Ma propre image semblait vouloir me fuir, pourtant, pourtant avant de passer à l'acte j'ai bien réfléchi, prié, pleuré.


Pas assez.