Adolescence

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Au seuil de son adolescence, Sophie est témoin d’une scène dépourvue de toute ambiguïté entre sa mère et Jean-Pierre, son parrain. Bouleversée, elle décide, avec le culot qui sied à son âge, de remettre sa mère dans le droit chemin et, pour cela, de séduire son parrain, un chirurgien réputé, de vingt ans son aîné. Parvenue à ses fins, son projet de vengeance cède la place à un amour intense...
Publié le : jeudi 4 mai 2006
Lecture(s) : 207
EAN13 : 9782748157642
Nombre de pages : 333
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Adolescence
Henri Veysset
Adolescence
ROMAN
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-5765-6 (fichier numérique) EAN : 9782748157659 (fichier numérique)  ISBN : 2-7481-5764-8 (livre imprimé)  EAN : 9782748157642 (livre imprimé)
HE N R IVE Y S S E T
1 – Sophie, il est déjà neuf heures, ma chérie. J’adore cet instant où maman vient s’asseoir sur le bord de mon lit et où elle m’enlace pour me glisser dans l’oreille la phrase rituelle du dimanche matin. Les autres jours, c’est le réveil qui me fait sursauter, parfois c’est papa quand il travaille à la maison. C’est alors beaucoup plus tôt, à cause du collège, et maman n’est déjà plus là car elle est partie au bureau. C’est qu’il faut qu’elle prenne le train de 7 h 38 et la gare n’est pas à côté. Mais le samedi et le dimanche, j’en profite toujours avec gourmandise. Je ne réagis pas afin de prolonger le câlin, je fais celle qui n’a pas entendu. Et maman joue le jeu, elle me masse doucement la nuque et me répète à l’oreille qu’il est l’heure. D’habitude, je réussis à la retenir plusieurs minutes contre moi avant d’ouvrir enfin les yeux, m’imprégnant de son discret parfum, toujours le même. Après l’avoir embrassée et lui avoir murmuré d’une voix encore ensommeillée « bonjour maman », je la repousse un peu pour pouvoir me redresser dans mon lit, rejeter les draps et mettre pied à terre directement
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AD O L E S C E N C E
dans mes mules que j’avais rangées avec soin juste devant ma table de nuit. Car ce matin, c’est différent. J’ai très envie de paresser encore, mais je sais que la journée va être chargée et qu’il n’y a pas une minute à perdre. C’est aujourd’hui ma communion et il faut être à l’église un bon quart d’heure avant la messe de onze heures pour faire notre entrée en procession et gagner nos places dans le chœur, les garçons à droite, les filles à gauche, et surtout pour que nos familles puissent s’installer dans les premiers rangs de la nef qui leur sont en principe réservés. C’est qu’il faut se méfier des bigotes paroissiales, elles sont capables de tout pour être en pôle position ! La météo avait vu juste : un ardent soleil a envahi ma chambre dès que maman a écarté les doubles rideaux. Papa, qui ne rate pas une occasion de développer notre esprit logique à mon frère et à moi, m’aurait fait déduire de cette profusion de lumière que c’est parce que ma chambre donne à l’est, tout comme celle de Ludovic et aussi celle qu’il partage avec maman. A travers le voilage qui ondule devant ma fenêtre entrouverte, j’aperçois les marronniers qui étaient là bien avant notre maison et que papa a respectés au moment de sa construction achevée quelques mois avant ma naissance. C’est une règle qu’il s’est fixée pendant ses études d’architecture : priorité absolue à la nature. – Vite, ta douche, ma chérie. Ensuite, enfile un peignoir le temps du petit déjeuner. Tu t’habilleras à la dernière minute afin d’éviter tout risque de taches. Je vais réveiller Ludovic qui dort probablement encore. – D’accord, maman, je me dépêche… Je peux me vaporiser un peu de ton eau de toilette au jasmin ?
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