After AIDS

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Imaginez un monde futuriste, où le Sida ne serait plus qu'un mauvais souvenir...Découvrez-le dans ces pages!

Publié le : jeudi 16 juin 2011
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EAN13 : 9782748126662
Nombre de pages : 138
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After AIDS
Jack Felson
After AIDS
ROMAN À SKETCHSTOME1/2
© Éditions Le Manuscrit, 2003. 20 rue des PetitsChamps 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.comISBN : 274812667X (fichier numérique) ISBN : 2748126661 (livre imprimé)
PROLOGUE
Le professeur regarda sa montre, et eut un léger haussement de sourcils. Il nous reste, disonssept minutes avant la son nerie, ditil. (Son cours était le dernier de la journée, et il avait dit tout ce qu’il avait à dire.) Plusieurs élèves levèrent la main. fit le professeur, à l’adresse de l’un d’eux.Oui ? lança le gosse.On peut partir tout de suite ? Quelques gloussements fusèrent. Le professeur sourit. Non, réponditil en secouant la tête. J’ai une autre idée, et je suis d’avis qu’elle est meilleure. Avant que vous ne rentriez chez vous, nous allons parler d’un sujet qui vous est plus proche que ce que l’on vous enseigne dans ce collège. Devinez quoi ? Silence. Eh bien, vousmêmes, tout simplement. Nous ? lança une fille, l’air incrédule. problèmes actuels, ou plutôt celui quiOui. Vos vous touche au plus près, vos préoccupations, com ment vous voyez votre avenir, des choses comme ça, quoi. Nous allons y consacrer nos sept dernières minutes. Bien sûr, n’auront la parole que ceux qui voudront bien la prendre. Vous avez le droit d’y mettre une sourdine. Ça marche ?
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Ils regardèrent autour d’eux, se jaugeant, prenant la température du groupe ; cela dura une bonne di zaine de secondes, avant que l’un d’eux ne s’ex clama : fitil.Voulez savoir mon problème, à moi ? Mais on ne demande que ça, mon petit, affirma le professeur, d’un ton amical. J’ai toujours la trouille en venant ici, ditil. Et c’est encore pire en sortant ! Y a toujours, matin et soir, des types qui sont prêts à vous dérouiller pour une montre, un blouson, un portemonnaie ou autre chose. quesÇa t’est déjà arrivé, ce genre de tuile ? tionna le professeur. Ça a failli, répondit l’autre. C’est pour ça que j’arrive souvent en retard, et que je demande souvent à partir avant la sonnerie. dit le professeur.C’est donc ça ! Mon problème à moi, dans ce bahut, lança une blonde très sexy, c’est les mecs. C’est tous des ploucs. Point à la ligne. Les filles rigolèrent, les garçons répondirent par des huées et des sifflets. Si t’es pas contente, t’as qu’à changer de quar tier, fit l’un d’eux. Va dire ça à ma mère, réponditelle. Mon cassetête à moi, c’est les gonzesses comme toi, fit un autre. Le genre supérieur, toujours à faire style. Ouais, et ça pousse de partout en ce moment, fit un troisième. C’est bon, c’est bon, dit l’enseignant. Vous n’avez rien d’autre de plus intéressant ? Votre tra vail en classe, par exemple ? Les matières qui vous posent de plus de problèmes ? Les matières scientifiques, répondit un garçon, calé au fond de la salle. J’ai rien contre, faut que vous
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me croyiez, mais franchement, toutes ces formules à retenir, moi ça me fout la tête comme une citrouille. C’est vrai, moi aussi, j’ai du mal à m’y retrou ver, fit un autre. Y en a trop, je vous jure. De quoi vous emberlificoter les neurones. Des filles pouffèrent. Tu voudrais qu’il y ait moins de formules ? de manda le professeur. Ça m’arrangerait bougrement, répondit le type au fond de la salle. Mais tu sais bien que ce n’est pas possible. Ce qu’il faudrait, c’est qu’on nous aide à distin guer les formules les plus importantes des autres, dit le type. Ça, ce serait une solution, une solution au poil, même. On serait cinq fois moins emmerdés. Facile à dire, dit une fille. Ce qu’il faudrait, c’est qu’il n’y ait plus de for mules du tout, dit un autre. Allons, allons, un peu de sérieux, dit le profes seur. Ne parlez pas pour ne rien dire. Moi, j’trouve qu’on devrait pas finir aussi tard, se plaignit une fille à voix de basse, après avoir en vain étouffé un bâillement. On passe plus de temps à bosser à l’école que chez soi. C’est pas normal, et il n’y a qu’en France qu’on voit ça. Tous approuvèrent bruyamment. Tenez, ma mère elle est allée en Allemagne, l’an dernier, dit l’élève placé à côté d’elle. Elle m’a dit que làbas, ils finissent les cours à treize heures. Vous vous rendez compte ? Treize heures ! Résultat, poursuivit la fille, ils ont tout le temps qu’il faut pour se détendre, faire du sport ou s’en voyer en l’air avant de passer aux choses sérieuses, pendant que nous, on s’encroûte avant l’âge dans les salles de classeOn rentre chez nous tellement cre vés et avec une telle migraine qu’on ne pense plus qu’à une chose : en écraser
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Oui, approuva le professeur, c’est un des pro blèmes les plus préoccupants de ce pays, qui détient le système scolaire le plus lourd d’Europe. L’élève n’a plus le temps de se consacrer à d’autres activités. Oui, c’est un problème C’est les boches qu’ont du bol, lança quelqu’un. Paraît qu’en AnY a pas qu’eux, dit un autre. gleterre, en Belgique, aux States, bref dans plein d’autres pays, c’est pareil. Moi, je me suis trouvée un type super, lança soudain une jolie brune, placée juste devant le prof. Et mon rêve, c’est de l’avoir dans mon lit. Mais il a peur d’acheter des préservatifs. Il en avait acheté une boîte, avant, et la pharmacienne, qui le connais sait bien, a mouchardé au téléphone. Ses parents lui ont flanqué une de ces correctionsMoi aussi, j’ai peur. J’ai même peur d’en prendre dans les distribu teurs. Les gens autour de moi sont tellement vicieux et méchants, ils prennent toujours plaisir à vous en foncerJe sais pas quoi faire, vraiment. Je sais pas quoi faire. Achète un préservatif, lança un type. Personne ne trouva ça drôle. T’as qu’à en demander aux copines, fit une autre fille. C’est ça, et en moins de temps qu’il n’en faut à une puce pour sauter, c’est tout le bahut qui sera au parfum. On vous connaît bien, les filles. Bref, ton problème, c’est tout simplement cette maladie qu’on appelle le Sida ? questionna l’ensei gnant. Si on veut, marmonna la fille. Voilà quelque chose qui nous concerne, tous au tant que nous sommes, ditil. C’est le sujet rêvé, et
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