Ainsi soit-il

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Trente quatre secondes avant l'heure prévue l'accouchement commença. Le souffle de Maryline fut le seul à se joindre à l'air.La tête sortit, puis, aidé par des centaines de millions de volontés, le reste du corps. L'humanité resta bouche bée pendant quelques secondes, interminables. Le bébé était hermaphrodite. Maryline s'évanouit...Des personnes moururent d'émotion, de vieillesse, de malnutrition. Maryline, aidée par la médecine, se ranima. Le bébé cria. La planète se réveilla, enfin. Il y eut un, puis plusieurs cris. Des sifflets aussi. Puis vint le silence de la réflexion. Il fallait conjurer ce signe de la fin. Le retourner, l'exploiter. En refaire un symbole de renaissance. De purification d'absolution.
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 64
EAN13 : 9782748102727
Nombre de pages : 151
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Ainsi soitil
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748102738 (pour le fichier numérique) ISBN: 274810272X (pour le livre imprimé)
Mikael Gérard
Ainsi soitil Fable onaniste
NOUVELLE
I : JE MÉTAIS RÉVEILLÉ UN MATIN DE FIN DAVRIL
« … Vas  y Aude je suis sure que ça va être amu sant. Et puis ce sera l ‘occasion pour toi de sortir un peu et de te faire des amis. Tu sais moi… » Ca y est, c ‘est reparti, se dit Aude. Il suffit qu’elle reçoive un coup de téléphone l ‘informant que sa fille est invitée à une soirée pour qu ‘aussitôt elle ressorte son monologue habituel. « … et puis on n ‘a pas deux fois 22 ans 7 mois et 18 jours et à ton âge j’avais déjà rencontré ton regretté père… » Son regretté père, une des premières victimes de la coca  colonisation de la planète. L’ironie avait voulue qu ‘il ait approché sa mère pour la première fois en lui offrant un verre de cette boisson. Et qu ‘ il soit mort le jour leur vingtième anniver saire de mariage écrasé par un distributeur de coca alors qu ‘il se démenait contre la machine pour attraper une canette récalcitrante. Cette façon qu ‘avait eu son père de mourir avait été reprise dans le monde entier, beaucoup y voyant ou cherchant un présage de ce qui arriverait à l ‘humanité si elle persistait dans la voie de la mondialisation et de l ‘ économie de marché.
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Aujourd ‘hui encore, Aude est curieuse de consta ter que les abords du distributeur de boissons sont plus fleuris que la tombe de son père. Bien qu ‘Aude ait été fortement atteinte par ce dé cès parce qu’elle n ‘avait alors que quinze ans, il semble que ce soit sa mère qui ait le plus souffert. En effet, non seulement Laure avait perdu son mari, mais en plus elle avait été déboutée dans le pro cès intenté à la firme américaine à laquelle elle réclamait 112 millions de dollars et 10 000 actions de la compa gnie en dommages et intérêts. Cette dernière, une fois ses treize avocats mis d ‘accord avait argumenté pour la relaxe. Car selon eux un individu au chômage depuis peu et connaissant donc des difficultés financières naissantes, ne pouvait s ‘être tué innocemment vu l ‘état de grand désespoir ou il était.
De plus une heure avant cette accident, il aurait été vu donnant une pièce de cinq francs à un sans domi cile fixe. Cet acte prouvant qu ‘il avait peur de connaître la même situation. Ce que confirma un psychologue ré puté cité à comparaître par la défense. Devant cette argumentation sans faille les jurés s ‘étaient évidemment laissés convaincre et le non lieu fut prononcé à l ‘unanimité. « … si j ‘avais vingt cinq ans de moins, je ne res terais pas presque constamment enfermée comme toi à lire ou regarder la télé. T ‘ aur as vingt cinq ans pour le faire pendant ta retraite, fais pas ça maintenant sinon t ‘en seras vite lassée. D ‘ailleurs si tu t ‘ennuie madame Billard m‘ a dit qu’elle voulait bien te pistonner pour que tu fasse un stage de recherche de stage non rému néré… » Ca y est Laure avait mentionné la fameuse madame Billard, son amie quasi imaginaire. Elles étaient toutes les deux ouvrières dans la même « usine de confection textile » qui était en fait
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un petit atelier situé dans le sous sol d ‘ une maison ou les employées travaillaient au noir. Cette madame Billard avait pris une dimension énorme dans la vie de Laure qui rapportait à sa fille ses moindres paroles, si bien qu ‘Aude connaissait presque parfaitement la vie de cette femme qu ‘elle n ‘avait jamais vue et que Laure elle même ne voyait jamais en dehors de son travail. Mais c ‘était la seule personne avec qui Laure avait des liens en dehors de sa fille unique depuis son veuvage. Aude arrivait a comprendre que sa mère ait besoin de cette madame Billard pour se meubler l ‘existence. « D ‘accord Laure, comme sa mère avait demandé qu ‘elle l ‘appelle depuis ses dix huit ans pour lui faire comprendre qu ‘elle était adulte, tu m‘ a convaincu. Je vais y aller à cette soirée ». Cette soirée ne lui disait rien de bon. Elle était sensée réunir tous ceux de sa classe de première, une des années les plus insipides de sa scola rité. De plus les réunions d ‘anciens se font générale ment au moins dix ans après et non seulement cinq. Un ancien élève devait sans doute avoir une réus site personnelle qu ‘il voulait étaler. Aude en avait bien revu quelques uns par hasard lors de ses études en fac. Mais elle n ‘avait noué aucun véritable lien. D ‘ou l ‘impression qu ‘elle allait s ‘en nuyer. Mais après tout ce serait l ‘occasion ou jamais de mettre en pratique sa toute récente licence de psycho logie mention analyse des français moyens et de percer ainsi à nu ses anciens camarades.
Deux heures plus tard, c ‘est à dire vers huit heures douze, elle se rendit à l ‘adresse indiquée. C ‘était une grande maison de style ancien. Datant sans doute d ‘avant la dernière guerre… Une fois engagée à l ‘intérieur Aude fut surprise.
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Car après l ‘entrée plutôt froide et impersonnelle, elle entendit une voix s ‘élever d ‘une pièce dont la porte était entrouverte. Et sur laquelle était marquée en gros caractères « Bureau de restauration des coeurs ». Aude était trop intriguée pour ne pas s ‘appro cher. Et décida de faire un détour avant de se rendre à la soirée qui devait se dérouler au troisième étage. De toute façons elle tenta de se rassurer en pen sant que si sa curiosité lui amenait trop d ‘ennuis elle pourrait toujours dire qu ‘elle s ‘était perdu. Ce qui était fort possible vu l ‘obscurité régnant dans le hall d ‘entrée ou se trouvait l ‘escalier. Elle entra donc dans la salle en essayant de se mon trer le plus discrète possible. Mais elle s ‘aperçut ra pidement que cette précaution était pour le moins in utile. En effet cette salle contenait une cinquantaine de personnes, assis sommairement sur des bancs, qui ne prêtait pas la moindre attention à son entrée. Leurs yeux étant tous dirigés vers une estrade ou se tenait un homme qui semblait animer les débats et capter toute l ‘attention de l ‘assistance. Aude, intéressée, voulu rester un peu pour dé couvrir la raison de cette assemblée. Elle s ‘assied sur un banc tout en essayant de dis tinguer qui étaient les personnes présentes. C‘étaient pour la plupart des hommes ou des femmes âgés n ‘ayant toutefois guère plus de soixante dix ans. Mais elle remarqua aussi, malgré la lumière plutôt faiblarde à cet endroit au contraire de l ‘es trade qui semblait être inondée de lumière, que des personnes ayant près de trente ans étaient également présentes. Dont un homme qui s ‘était endormi dans ce lieu qui paraissait sa résidence principale tant son sommeil semblait paisible. Par ailleurs, comme les autres personnes, ses vê tements ne semblaient pas indiquer qu ‘il faisaient parti des couches supérieures de la société sans pour autant ressembler à un albanais en exil.
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