Ainsi va le jeune loup au sang

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Tout commence au bas de la Tour Montparnasse. Le Paris des années 70 ressemble alors à un chantier. Samuel est un enfant solitaire, orphelin de père, élevé par une mère dépressive, accrochée à sa maison du passage d'Odessa, que la mairie menace d'expropriation. On a déjà démoli la gare, la tour se construit, et tout autour, le quartier se modernise inéxorablement. Regroupée en phalanstère de pseudo-révolutionnaires hostiles au plan d'urbanisation, sous la férule d'un prof d'histoire gauchisant et bavard, la famille tente de résister. Peine perdue. La mère entre à Sainte-Anne comme on se réfugie hors du monde. Samuel, maintenant adolescent, entre en délinquance, avec le rêve de dynamiter la « grande vilaine ». Sa bombe est un pétard mouillé, mais il se retrouve en prison. Drogue, sexe, c'est un dépucelage brutal auquel le petit terroriste trouve certains avantages. Sortant de là, il doit la vie sauve à un couple mal assorti : Sanchez, le chef de chantier de la tour et sa femme Hélène, devenue trop jeune pour lui, mais tout à fait mûre pour Samuel. Drôle de ménage, Dans les bras d'Hélène, le garçon se découvre farouche, et joue, pour Sanchez, le rôle du fils prodigue ou de l'ange exterminateur. C'est bien d'un crime dont il s'agit. Et la rédemption viendra des livres, de l'écriture, de la ressemblance progressive - réelle ? - entre Samuel et l'auteur. Ainsi va le jeune loup au sang est un roman d'initiation, où la cruauté de l'auteur dissimule à peine une tendresse pour ses personnages parmi les plus étonnants. Un chien qui a une pile à la place du coeur, un peintre fou de Picasso, un écrivain célèbre suivi dans son enfer. Comme dans cette scène d'anthologie que Samuel décrit en voyeur fasciné par Hervé, où l'amour physique confine à la grâce, la perte au rachat, le désir à l'offrande : tout le talent de Christophe Donner est là, dans ce basculement du sordide vers le sublime.
Publié le : mercredi 3 septembre 2003
Lecture(s) : 31
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246652595
Nombre de pages : 270
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Tout commence au bas de la Tour Montparnasse. Le Paris des années 70 ressemble alors à un chantier. Samuel est un enfant solitaire, orphelin de père, élevé par une mère dépressive, accrochée à sa maison du passage d'Odessa, que la mairie menace d'expropriation. On a déjà démoli la gare, la tour se construit, et tout autour, le quartier se modernise inéxorablement. Regroupée en phalanstère de pseudo-révolutionnaires hostiles au plan d'urbanisation, sous la férule d'un prof d'histoire gauchisant et bavard, la famille tente de résister. Peine perdue. La mère entre à Sainte-Anne comme on se réfugie hors du monde. Samuel, maintenant adolescent, entre en délinquance, avec le rêve de dynamiter la « grande vilaine ». Sa bombe est un pétard mouillé, mais il se retrouve en prison. Drogue, sexe, c'est un dépucelage brutal auquel le petit terroriste trouve certains avantages. Sortant de là, il doit la vie sauve à un couple mal assorti : Sanchez, le chef de chantier de la tour et sa femme Hélène, devenue trop jeune pour lui, mais tout à fait mûre pour Samuel. Drôle de ménage, Dans les bras d'Hélène, le garçon se découvre farouche, et joue, pour Sanchez, le rôle du fils prodigue ou de l'ange exterminateur. C'est bien d'un crime dont il s'agit. Et la rédemption viendra des livres, de l'écriture, de la ressemblance progressive - réelle ? - entre Samuel et l'auteur. Ainsi va le jeune loup au sang est un roman d'initiation, où la cruauté de l'auteur dissimule à peine une tendresse pour ses personnages parmi les plus étonnants. Un chien qui a une pile à la place du coeur, un peintre fou de Picasso, un écrivain célèbre suivi dans son enfer. Comme dans cette scène d'anthologie que Samuel décrit en voyeur fasciné par Hervé, où l'amour physique confine à la grâce, la perte au rachat, le désir à l'offrande : tout le talent de Christophe Donner est là, dans ce basculement du sordide vers le sublime.
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