Amour à vif

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Publié le : lundi 13 juin 2011
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EAN13 : 9782748151428
Nombre de pages : 161
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Amour à vif
Camille Guichard
Amour à vif
ROMAN
Le Manuscrit www.manuscrit.com
Éditions Le Manuscrit 20, rue des Petits-Champs 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.comÉditions Le Manuscrit, 2005 ISBN : 2-7481-5143-7 ISBN : 2-7481-5142-9
AA V M O U R I F
« Ecoute. Je suis ici pour me souvenir. J’ai besoin de… me souvenir. Il y a tout ce chagrin en moi et je ne sais pourquoi. » « Bien avant d’avoir la chance de t’adorer en intégralité, je t’ai adoré en détail, au gré de ce que je pouvais capter »Sarah Kane
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CAMILLEGUICHARD
Je m’appelle Raphaëlle de Van, mon nom est mentionné sur certaines des photos qu’il a prises. À mon grand étonnement, je les pensais disparues. C’était sans compter sur son obstination à se faire reconnaître du grand public, à devenir le grand photographe qu’il rêvait de devenir. Je ne lui ai jamais donné l’autorisation de les présenter, je pourrais faire interdire l’exposition. Mais je n’en ai pas le courage, trop d’émotions me reviennent dès que je pense à lui. Vincent Madeck est né dans un phare en bord de côte bretonne, du côté de Perros-Guirec. Une luminosité constante, tout petit, déjà dans les yeux. Une intensité visuelle qui ne le quittera jamais. Je n’ai existé pour lui qu’auréolée d’une lumière idéale qu’il fallait attendre des heures, et parfois des jours. Jamais, il n’a su me regarder en dehors d’un certain éclairage. C’est cette attention particulière, cette recherche de la perfection dont j’étais le centre, qui a déclenché en moi un sentiment fort et incontrôlable. C’est seulement aujourd’hui que je peux l’écrire, mais il est déjà peut-être trop tard pour le partager encore avec lui. Je suis toujours dans l’attente de le revoir, jouant du violon en solo dans les grandes salles du monde, en espérant qu’il se manifeste. Je désire plus qu’avant être l’objet de son attention même si cela engage des risques que j’ai déjà pu mesurer.
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AI FA V M O U R
Au début de notre rencontre, je ne me suis pas laissée photographier naturellement. J’avais une très forte appréhension d’être désirée, de me perdre dans un personnage qui n’était pas totalement moi. Mais la confiance aidant, j’ai accepté ce déséquilibre jusqu’à le rechercher et le quémander journellement. Je découvrais de nouveaux territoires sensoriels, creusant à chaque fois plus profondément mes abîmes, révélant des émotions inconnues, accentuant avec désespoir ce décalage entre moi et un personnage fantasmé. Vincent réussissait à faire de moi une autre femme, plus sensible mais également plus intraitable. Une femme qui désirait vivre dans un extrême surpassement d’elle-même pour communiquer son amour. Je le reconnais d’autant plus aujourd’hui et le dis sans amertume que j’ai traversé une longue période où je ne me souvenais absolument plus de rien.
Je ne l’ai pas revu depuis un an. C’était au mois de mai, le temps était particulièrement ensoleillé, les paysages de l’île se dessinaient avec une netteté révoltante. Belle-île, mon Eden. Je te quittais alors que je ne désirais rien de plus au monde que rester en toi, ancrée dans chacun de tes méandres. Dans le bateau qui me rapprochait du continent, je n’avais pas la force de me retourner vers toi. Vers ce que je venais de vivre et dont je n’avais curieusement pas le moindre souvenir. J’étais prisonnière d’un corps qui me faisait mal, emmurée dans un être que je découvrais au fur et à mesure que l’île s’éloignait de moi. Aux abords de la côte, un petit garçon est venue vers moi et m’a tendu un paquet de biscuits. Ses parents étaient assis sur une banquette face à la mer, ils lui tournaient le dos. Après
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