Analogie de l'ordinaire

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Dix histoires, dix situations. De la lettre perdue au journal intime, de la Normandie à Moscou, de la fille libre et moderne à la paysanne des plages du débarquement, voici quelques histoires, situations venues tout droit du monde des femmes. Alors? Prêt à vous plonger dans ces dix mondes à la fois similaires et atypiques? Bon voyage!
Publié le : mercredi 17 février 2016
Lecture(s) : 28
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342048292
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342048292
Nombre de pages : 56
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Elise Marie ANALOGIE DE LORDINAIRE
Mon Petit Éditeur
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Dédicaces Ce recueil de nouvelles, pour la majorité fictives, n’aurait ja-mais vu le jour sans le soutien d’une poignée d’amis fidèles et dévoués, sans lequel toute inspiration m’aurait quittée. À mes femmes auteurs qui m’ont donné le goût de l’écriture au féminin Bien sûr je remercie ma famille, qui par sa présence au quo-tidien me guide sur la voie de la réussite. - Merci à ma mère pour sa curiosité littéraire. - Merci à mon père pour son humour. - Merci à mon petit frère pour nos joutes verbales quoti-diennes. - Merci à Lui, qui saura se reconnaître, et qui m’offre chaque jour la poignée de sourires qui me fait oublier la grisaille. - Merci à vous tous pour votre amour.
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I. Moscow Calling (Poupée Russe) * pour les mots en russe
Prologue Au milieu des années 1990, au cœur d’une Russie nouvelle libérée de la pression communiste est née Svetlana, au sein d’une famille qui allait bientôt devenir l’une des plus riches du pays. Son père, Yegor Sramanov, n’était encore qu’un fils de paysan bercé d’un trop-plein d’illusions. Sa mère, Katerina Mi-lanova Sramanov, était l’humble descendante d’une famille noble déchue dès la révolution de 1917. Plus tard, ils incarne-raient la classe Russe des Nouveaux Riches, effrayant ainsi la bourgeoisie européenne.
I. Je descendais deux par deux les marches en marbres du haut de mes douze centimètres de talons, balayant sur mon passage ceux qui osaient s’y trouver, jusqu’à attendre la neige fraîche et épaisse. Le froid me prit de court et je serrai instinctivement le col de fourrure de mon manteau. D’un pas net et décidé, j’avançais sur les trottoirs glissants des rues Moscovites : Certes,
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les Français ont créé les Louboutin… Mais qui de mieux qu’une Russe pour leur faire honneur sur sol enneigé ? Une fois arrivée devant mon Aston Martin, l’un des cadeaux généreusement offert par mon père pour mon vingtième anniversaire, je me pressai d’entrer dans l’habitacle chaleureux. Un coup d’œil dans le rétro de la berline me rassura : Le vent n’avait pas décoiffé mes cheveux châtains savamment ordonnés. La voiture démarra au quart de tour dans la poudreuse. J’étais prête à atteindre ma destination, priant pour ne pas être prise en flagrant délit, suivie par un quelconque agent de sécurité paternel ou un paparazzi trop zélé. Car oui, cela faisait quelques années que la presse s’intéressait au cas Svetlana Sramanov, depuis le début de mes frasques, depuis la mort de ma mère… Depuis que l’une des plus grandes familles fortunée russe avait commencé à se décomposer, il y a quatre ans. Les immeubles de style Staliniens défilaient à travers les vitres de l’Anglaise. Des bâtiments de pierres grises et austères, vestiges de l’époque communiste, époque que je n’aurais voulu vivre pour rien au monde. J’accélérai. Le ronronnement de l’Aston Martin avait un effet particulièrement apaisant. J’entrai dans l’un des quartiers les plus vieux de la capitale, le Montmartre russe : le vieux Arbat. Je me garai, le cœur battant. Dans ce quartier, la chaleur de la vie contrastait avec le monde extérieur : chaque ruelle étroite abritait un nombre incalculable d’artistes qui offrait leurs talents à la vue de chacun. Les plus vieilles familles résidaient depuis des siècles dans ces maisons traditionnelles, bercés chaque jour, par tout temps, et même au plus profond de la guerre ou la dictature, par une musique traditionnelle apaisante et guillerette. J’avais l’air d’une étrangère dans ce monde qui n’avait pas changé depuis tant d’années. J’allais bientôt atteindre mon but : Une maison blanche et épurée, enclave moderne au milieu de ce monde traditionnel,
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habitée par l’un des plus grands ennemis de mon père, et l’un de mes plus grands amis d’enfance : Viktor Lyoubitsky.
II. Viktor et moi étions amis d’enfance. Depuis toujours, nos parents menaient entre eux une guerre entretenue par leurs in-vestissements respectifs : c’était à celui qui achèterait la plus grande part de Moscou. Des grands palaces aux clubs les plus sordides, tout étais prétexte à la surenchère. Mais depuis la mort de ma mère, mon père avait calmé sont besoin de puissance et n’achetais plus sans raison. Jusqu’à ce coup d’éclat : J’avais l’intention de faire naître une nouvelle bataille entre Sramanov et Lyoubitsky, pour le rachat d’une annexe du Palais Boyards Romanov, dans le quartier de Kitai Gorod. Je m’étais toujours tenue à l’écart de leur petit jeu de puissance. Aujourd’hui je pre-nais part à la bataille, me glissant dans le camp adverse. Et à l’instant, mon nouvel associé se tenait devant moi, con-fortablement assis sur son canapé en cuir moderne recouvert d’une peau d’ours typiquement russe, mélange parfait entre luxe post Soviétique et gloire traditionnelle du bloc Est. Tout en sirotant sa flûte de Dom Pérignon, il fut le premier à prendre la parole : — Alors, dorogaïa*, qu’est ce qui t’amène dans la tanière du loup ? Il pouvait, pour la majorité des filles de mon âge, un « agita-teur d’hormones », sa blondeur et ses yeux bleu profond rappelaient la beauté froide scandinave, tandis que sa démarche féline, ses manières raffinées et son sens des affaires trahissaient quelque origine européenne. Mais garçon de 21 ans était plei-
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nement conscient de son pouvoir te séduction, ce qui le rendait particulièrement prétentieux. Trop à mon goût. — Je cherche un moyen d’empêcher mon père d’acheter la Tsarine Pourpre. Et je sais que pour tirer dans les pattes du paternel tu es doué Ce dont j’ai omis de vous parler, c’est la fonction actuelle de l’annexe du Palais. Anciennes écuries, elle accueillait aujourd’hui un club très select, humblement nommé La Tsarine Pourpre, rassemblant l’ensemble de la jeunesse riche de Moscou. Réser-vée à une élite comprise entre 18 et 30 ans, l’entrée était aussi chère que 2 mois de salaire chez un Russe moyen. C’est dans ce lieu de débauche qu’une partie de ma vie s’était envolée, ici que j’avais sombré dans les pires addictions. Jusqu’à ce que les chers employés de mon père le découvrent, et que ce dernier organise son rachat, afin de le transformer en musée à la gloire de la pé-riode faste des Tsars. Mais pour le moment, mon potentiel coéquipier ne paraissait pas particulièrement emballé par mon initiative, comme en té-moignait son sourcil relevé. — La Tsarine… Svetlanouchka… Non… Tu sais très bien pourquoi ! me lança-t-il. Ces yeux clairs me perçaient à jour. — S’il te plaît ! Tu me dois une faveur depuis le jour où je t’ai sorti de la merde ! Tu te souviens le soir ou tu vomissais allègrement devant les paparazzis et… — Ok ok, me coupa-t-il, tu marques un point. Je rachèterai ce boui-boui seulement si je peux en tirer profit, tu piges ? Je vais faire un tour là-bas. Et on avisera ! J’avais presque gagné la bataille. Je commençais enfin à me détendre, et les battements de mon cœur commençaient à décé-lérer. Jusqu’à ce qu’il me coupe dans mon élan.
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