Annonce d'une idylle

De
Publié par

L’œuvre autobiographique gravite autour de deux êtres : Roxane et Jonathan Alabot. Deux étudiants à fleur d’âge, tissant allègrement leur vie dans la candeur et la sérénité des jours sans nuage, jusqu’au moment où le destin va croiser, unir les deux créatures pour le meilleur et le pire.

La texture du message est à la fois dialogique et polyphonique. Dialogique d’abord, parce que tout au long de l’œuvre, Roxane et Jonathan s’engagent dans un tête-à-tête avenant et convivial qui tisse la trame du récit. L’énonciation s’inscrit dans un univers où locuteur et interlocuteur expriment alternativement deux intentions portant la marque des individualités distinctes. On peut dire aussi que le message est polyphonique, en ce sens que le discours donne suffisamment le loisir de discriminer, de différencier des paroles, des intentions et des regards qui ne sont pas ceux, exclusivement de l’auteur.


Publié le : vendredi 1 janvier 2010
Lecture(s) : 25
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953027211
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
La rencontre d’une dulcinée Ce jour-là, je marchais à vive allure pour rattra-per mon bus. Plongé dans mes pensées, je m’effor-çais de trouver le moyen de mieux appréhender mon cours de biophysique, quand soudain je la vis. Elle était si belle, avec un teint… Un senti-ment doux et étrange m’envahit. Je la regardai monter dans le bus, tout en elle respirait la grâce… Je montai après elle, juste le temps de laisser passer une dame. Une fois à l’in-térieur, je scrutais le véhicule pour la retrouver. J’avançai le long du bus, espérant croiser son re-gard. Et bientôt, je l’aperçus : elle était assise près d’une jeune fille de la faculté que je connaissais bien, Marie. Nous avions fait la première année de médecine ensemble. Marie me sourit et je la saluai en lui donnant deux accolades. Je lui demandai comment elle avait passé le week-end, et comment cela se passait à la faculté. Mais en réalité, je ne l’écoutais qu’à moitié.
9
Toute mon attention était attirée par sa voisine. Elle était assise du côté de la fenêtre, et lisait un livre dont je ne pus lire le titre. Apparemment, Marie ne semblait pas la con-naître puisqu’elles étaient assises l’une à côté de l’autre sans se parler. Après avoir salué Marie, je m’assis derrière elle. J’étais très troublé. Je brûlais d’envie de faire sa connaissance. Tandis que le bus se rapprochait de la faculté, je me demandais s’il fallait l’aborder. Au milieu de mes pensées, je fus ramené à la réalité par la voix de Marie qui, déjà debout, me demandait ce que j’attendais pour descendre. Nous étions arrivés à notre arrêt. Bon gré mal gré, je me décidai à me lever pour sortir du bus. Je me retournai et jetai à mon in-connue un dernier regard, espérant croiser le sien, mais en vain. Elle demeurait imperturbable, plongée dans sa lecture. Et bientôt, je vis le bus s’éloigner. J’avais l’impression qu’il emportait mon cœur avec lui, tout en ayant le sentiment d’avoir raté quelque chose. Au lycée, je m’étais épris d’une jeune fille avec qui je partageais les cours dans la même section de travaux pratiques de chimie. Je pensais avoir eu pour elle une attirance, mais sans jamais avoir osé lui
10
avouer mes sentiments. A l’époque, j’étais très ti-mide. Ce jour, je vivais plus qu’un coup de foudre ordinaire, c’était différent de ce que j’avais connu jusqu’alors. J’avais le sentiment de voir le morceau de puzzle qui manquait à ma vie. Il émanait de cette belle créature quelque chose d’indescriptible. Alors que je cheminais avec Marie vers la faculté, j’essayais de graver son visage dans ma mémoire. Marie me parlait mais je répondais vaguement par oui ou par non. Quand nous arrivâmes au hall du grand bâtiment du rectorat, avant de se dire au revoir, elle me demanda si j’allais bien, machinale-ment je lui répondis que tout allait pour le mieux. Mais bientôt le contrôle continu de biophysique me ramena sur terre. Les dernières révisions des autres étudiants me firent penser que moi aussi j’avais quelques formules à revoir avant l’arrivée du professeur, M. Epinal, qui avait la réputation d’être très sévère dans la correction. Certains de ses collègues professeurs ne manquaient pas de s’offusquer des mauvaises notes qu’il attribuait aux étudiants. L’année précédente, le doyen de la fa-culté avait convoqué les représentants des trois classes où il dispensait des cours. Il voulait com-prendre pourquoi il y avait tant de mauvaises notes. M. Epinal lui-même était présent, mais au-
11
cun étudiant n’avait eu le cran de dire clairement qu’il y avait un problème de communication et même un problème pédagogique. C’était un peu hypocrite de convoquer une telle réunion sachant très bien ce qui se disait sur lui. Certains adminis-tratifs agissent de la sorte. Ils organisent des réu-nions pour se couvrir, sachant que dans le fond, les décisions sont prises d’avance. Après le contrôle, je ne me sentais pas disposé à aller travailler à la bibliothèque universitaire, comme à mon habitude aux heures creuses. Il était onze heures, je décidai de rentrer à la maison. Pendant que j’attendais le bus qui reliait le centre-ville au domaine universitaire, je n’avais qu’un espoir, celui de retrouver ma belle inconnue. En effet, il n’y avait qu’une ligne qui assurait le trajet aller-retour dans cette zone. J’étais seul à l’arrêt, après environ cinq minutes d’attente, le bus arriva. Je montai d’un pas vif, en quelques secondes, j’avais parcouru du regard l’intérieur du véhicule de transport, il n’y avait qu’un groupe de trois étudiants. Je m’assis juste à la première place derrière le chauffeur. J’étais déçu de ne pas la voir. Au final, le fait de rentrer n’était qu’une façon inconsciente d’aller à sa recherche.Mai
12
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Détective sur cour

de syros-jeunesse

404 Not Found

de editions-actes-sud