Au Bord D'Elles

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Une collection de nouvelles
mettant en scènes des femmes
et dédiées aux femmes
qui m'ont toujours beaucoup apporté...
Publié le : lundi 11 novembre 2013
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Au Bord D’Elles
Jesse CRAIGNOUAu Bord D’Elles
Jesse CRAIGNOU
Des nouvelles de mes femmes…
Un voyage au bord et à bord d’un autre monde… une autre destination…
Un Amour De Rêve connaîtra-t-il la réalité ?
Découvrez la planète de l’Astronaute…
Le Baiser et sa passion éternellement enflammée…
Un étrange Compagnon De Voyage pour une voyageuse hors du commun…
Quelle sera La Dernière Danse De Gayaneh ?
Fedelma croyait en un autre monde, un autre avenir et s’y employa…
Où allait donc La Femme Qui Disparaissait ?
Les Filles De Tropolitsa ont un charme irrésistible…
La nouvelle vie de Lulu lui redonnera-t-elle vie ?
L’Opéra détient-il la clé de la survie ?
Le Pire Ratage au départ d’un virage fatidique…
Quel est donc l’étrange Secret du bonheur De Yasmina ?
Le mariage Toni l’a-t-elle conduite au septième ciel ?
Y2K serait-il le code de l’Apocalypse ?
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Jesse CRAIGNOU
Un Amour De Rêve
Astronaute…
Le Baiser
Compagnon De Voyage
La Dernière Danse De Gayaneh
Fedelma – Travailleuse Du Destin
La Femme Qui Disparaissait
Les Filles De Tropolitsa
Lulu
Opéra
Pire Ratage
Le Secret De Yasmina
Toni
Y2K
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Jesse CRAIGNOU
Un Amour De Rêve
À ma sœur Arielle
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Jesse CRAIGNOU
À quoi ressemblerait-il celui qui se coucherait à ses côtés au soir de ses jours ?
L’amour serait-il au rendez-vous ? L’émotion aurait-elle survécu à l’habitude ?
L’habitude aurait-elle résisté à l’usure ? Elle ne savait… Elle ne pouvait l’imaginer.
Sa question était plus pressante. Elle était pressée.
À quoi ressemblerait-il celui qui viendrait la cueillir dans son parterre ? Sa solitude
s’étendait dans ses heures qui s’allongeaient… La passion était consumée. La
rupture était consommée. C’était le creux de la vague et le vide lui pesait. Ce vide
s’appesantissait sur son cœur qui se lassait. Le pronostic lui semblait fatal : son
remède semblait difficile à ordonner.
Qu’allait-elle devenir ? Elle s’interrogeait à son tour…
Après tout, qui était-elle ? Une femme. Une mère peut-être… Elle ne se trouvait
guère que des défauts. L’avenir lui semblait noir. Mais non il lui fallait rassembler ses
qualités. On n’est jamais foncièrement mauvais. Tout n’était pas négatif. Tout ne
pouvait pas être tout noir même si tout ne pouvait pas être tout rose. La coupe ne
pouvait être qu’à moitié vide. Elle ne voulait rien d’autre que l’amour. Un homme qui
la complèterait. Quelqu’un qui la reconnaitrait. Quelqu’un en qui elle se reconnaitrait.
Quelqu’un en qui elle se retrouverait. Cela ne pouvait être bien difficile. La plupart
des gens semblait déjà l’avoir fait. De plus, une personne qui vit seule, à son âge,
n’est pas sécurisante pour les autres. Pourquoi est-elle encore seule ? Est-elle
rivale ? Elle n’est qu’impaire. Elle n’est qu’une autre intruse, avec tous les dangers
que cela comporte… Elle dérange les forts. Ils viennent vers elle, enflés de leurs
mots qui se croient bien placés. Elle arrange les faibles, ceux qui se croient
déplacés. Ils viennent vers elle, panser leurs mots. Elle les écoute tous avec pour
raison la déraison, pour compagnon la désillusion, pour fanion la soumission et
l’omission. L’addition, la soustraction sont sommation. Contraventions aux
conventions. L’intention enfante la dimension. La confession la commisération.
Il lui fallait se ressaisir mais, avant, il lui fallait se rassasier. Telle un vampire, elle se
mit en chasse. L’âme sœur ne pouvait être bien loin. Elle l’avait peut-être déjà
rencontrée par hasard. Elle le croisait peut-être déjà régulièrement. Il était peut-être
déjà là qui la regardait. Elle ne l’avait peut-être pas encore remarqué mais cela ne
saurait tarder. Pas vu pas pris. Pas pris en considération. Cette idée de l’autre qui
l’attendait au chaud, à l’abri, tapi dans l’ombre qu’elle devait dévoiler, mettre à jour, la
divertit quelque temps. Mais elle se lassa. Elle se laissa aller à la mélancolie. Par
dépit, elle révisa ses choix. Elle redéfinit ses priorités et ouvrit son laboratoire pour
procéder par élimination.
Ravivée. Ravigotée. Elle se confondit en conjectures, en compromis aléatoires,
destinations déboires. Carambolages en séries, éraflures, tôles froissées et bris de
glaces.
Elle se retrouvait devant le mur.
Elle avait tout essayé. Les rencontres fortuites, les rencontres forcées, les rencontres
organisées. Quel que soit le moyen, elle avait déployé tous ses moyens. Elle avait
affûté toutes ses armes. Elle avait effilé toutes les lames.
Elle y avait usé de tout son charme pour n’y retrouver que ses larmes. Elle avait tout
essayé. Elle les avait tous essayés. Les plus jeunes, les moins jeunes, les grands,
les petits, les gros, les minces, tous y étaient passés. Tous l’avaient blessée. Tous
l’avaient laissée.
Elle avait fini par se dire que tout était fini. Que c’en était fini de sa recherche
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Jesse CRAIGNOU
effrénée. Elle se mettrait en berne. Elle rangerait son cœur de verre sur l’étagère…
De là, elle verrait. Elle descendrait peut-être un jour, pourvu qu’on la remarque.
Pourvu qu’on rallumât sa flamme.
Elle en était là de ses considérations quasi noviciales quand, un jour, par un grand
jour d’été, dans un grand soleil aveuglant, elle le vit.
Elle ne le vit pas tout d’abord. Le rayonnement était trop fort. Puis, elle l’aperçut. Elle
le distingua et son image irradiante se précisa, se dessina même. Pas de doute.
Non, aucun doute possible, c’était bien lui. C’était bel et bien lui ! Cet homme qui se
dressait là, devant elle. Cet homme qui venait au-devant d’elle. Elle le reconnaissait.
Il n’y avait pas d’erreur possible, pas de méprise. Elle ne savait plus à quoi il
ressemblait cet homme qu’elle avait tant de fois imaginé, sous tant d’apparences
possibles. Elle lui avait prêté toutes les allures. Elle lui avait accordé tous les
sentiments, tous les crédits. Elle n’en avait trouvé aucun. Elle n’en avait reconnu
aucun. Décidément, il n’était pas derrière tout ça. Alors de là, comment imaginer qu’il
se cachait derrière ce rideau de lumière. Qu’il étincellerait de mille feux. Qu’il la
ravirait à ravir. Non, tout cela ne pouvait être que le produit d’un rêve. Cet homme ne
pouvait sortir que d’un rêve. Pourtant, elle ne rêvait pas. Elle ne dormait pas. Elle
était bel et bien aveuglée dans la lumière.
Les étrangers ne seraient plus des étrangers, étrangement. Devant cette averse de
lumière, le temps d’un éclair, il était devant elle. Elle n’en revenait pas de lui qui
venait pas à pas. Petit à petit, elle abaissait ses défenses. À son élan, elle avait
rangé ses lances. À son avance, elle avait fait son avance. Elle étendait l’étendard
de son cœur à prendre. Mais, déjà, elle ne le voyait plus. Elle se sentait entrant dans
son encan. En transe, elle entra dans sa danse et, l’encerclant de ses bras elle sentit
qu’elle s’entait à son flanc. Ses vannes s’évanouirent et le flot de son amour la
pénétra. Une avalanche s’épancha et leurs émotions fusionnèrent. Cette émulsion
décantée les retrouva en communion. Union fraiche affranchie de ses frontières dans
un bonheur infini. Elle était bien, il était bon.
Passionnée, leur passion s’écoulait paisible. Action par fraction, pas friction.
Émulsions, émotions, sensations. Fonction, amour de faction. Fusion, effusions et
non pas frustration.
Cet amour dont, depuis toujours, elle avait rêvé lui avait été adjugé au jugé. Rien ne
pouvait mieux la combler. Au diapason, à l’unisson, ils faisaient sensation.
Cette union durait, dure, durera qui sait combien de temps. En attendant, elle
baignait dans ce bonheur rémanent. Ce bonheur réparateur de tous les bonheurs
perdus, brisés, rompus. Ce bonheur n’avorterait pas. Ce bonheur ne connaitrait pas
le malheur. Ce bonheur portait bonheur. Ce bonheur nu les portait aux nues. Ce
bonheur parvenu au bienvenu. Ce bonheur sans retenue.
Petit à petit passionné et passionnant. Tour à tour aimé et aimant. Il était carrément
caresses. Calé dans ses câlins. Cocon. Cocoon. Cocooné. Amour. Amour toujours.
Tous les jours, en tous lieux, en toute heure. Jamais en défaut, jamais par défaut.
Toujours comme il faut. Leurs penchants s’épanchaient, s’effleuraient et
s’effeuillaient. Se fondaient et s’effondraient. Épuisée l’énergie, épuisés d’amour, ils
se retrouvaient rassasiés, ravaudés, ravagés. Ravivés. Revigorés.
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