Au-delà du Mékong

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Oubone vit une enfance heureuse et sans souci là-bas dans son pays encore imprégné de rites et de traditions qu'elle relate aux lecteurs par le hasard des évènements survenus à ses proches, tantes et grand-parents. Elle quittera assez tôt sa terre d'origine,pour la France à la fin de son enfance, et connaîtra une adolescence désenchantée marquée par la psychiatrie. Elle raconte comment elle a dû appréhender la maladie pour mieux vivre avec. L'âge de la raison l'amènera à connaître une histoire peu singulière...
Publié le : dimanche 19 juin 2011
Lecture(s) : 135
EAN13 : 9782748199741
Nombre de pages : 167
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Au-delà du Mékong
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Oubone-lat Papet
Au-delà du Mékong
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9974-X (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748199741 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9975-8 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748199758 (livre numérique)
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À Ségolène Royal et Sandra Weingarten
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RÉMINISCENCES
Le jour où nous avions dû partir pour la France loin de ma famille maternelle, mes tantes, mes oncles, mes grands parents, mes amis d’antan, je ne m’étais pas rendue compte des préparatifs du départ car jusqu’à la dernière minute, j’étais dans ma joie quotidienne. Quand ma nourrice vint m’appeler pour que je m’apprête à partir et rejoindre le reste de la famille, j’étais encore avec mon compagnon de rizière, à pêcher des poissons d’eau douce. Je ne suis pas née paysanne mais j’ai grandi dans les rizières à force de passer du temps avec mon compagnon de route de cette époque à chercher des poissons, à pratiquer toutes sortes de pêches, de la pêche à la ligne à la pêche à l’épervier ou au carrelet, ou encore à assécher un cours d’eau dont la profondeur nous arrivait jusqu’aux genoux. C’était un vrai labeur mais en même temps un réel plaisir. Il ne nous restait plus ensuite qu’à ramasser tranquillement les poissons, crabes, anguilles, escargots, grenouilles… Quand une sangsue par malheur se collait à moi, je criais au
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Au-delà du Mékong
secours et partais à la renverse dans la boue dans ma frayeur, faisant rire mon acolyte. C’était ensuite lui, qui me la décollait de la jambe. Mon temps durant les week-ends et les vacances scolaires était pleinement planifié, de mon propre chef. Mon ami d’enfance, Sone et moi, nous nous mettions d’accord sur l’heure matinale de nos rendez-vous pour aller lever les lignes que nous avions posées la veille avant de partir chacun de notre côté à l’heure du dîner. Nous posions trente à cinquante lignes en fin de journée et nous nous retrouvions vers sept heures du matin le lendemain. Dans la journée, nous en posions trois fois par jour avec un intervalle de deux heures avant la levée. Le reste du temps, nous pratiquions toutes sortes de pêche… La nourrice me tira presque, en me traînant derrière elle, me pria de prendre une douche, de m’habiller. Je ne réalisai pas vraiment sur le coup l’importance de cet évènement. Tout s’est passé si vite entre ce moment là et le trajet pour rejoindre l’aéroport. Quand je suis arrivée là-bas, une grande partie de la famille de ma mère était déjà réunie entourée de malles et de valises. Je voyais mes parents remettre des papiers aux douaniers, puis le garde de sécurité rappela l’heure d’embarquement, toute la famille était en larmes avec des mouchoirs pour certains. – Au revoir petite sœur. On s’écrira ! me dirent-ils en peine.
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