Au nom de jupi… terre

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Curieuse révélation : un être qui vit, pense et agit comme un humain avec un cœur qui bat mais qui est parfois si étrange ! C’est l’histoire pleine de fureur et de rebondissements d’une espèce d’extraterrestre ayant trébuché dans l’espace-temps.
Raphaël avait le pouvoir de fusionner le temporel avec l’éternité. Bien des choses échappent à notre compréhension en ce bas monde, quand est-il pour l’autre ? Pour lui tout était clair... Allait-il renaître pour réapparaître dans un au-delà sans mystères ? Suivez-le dans un récit alerte, parsemé de scènes burlesques, théâtrales, où les passages philosophiques font bon ménage avec la poésie et l’humour.


Publié le : vendredi 11 juillet 2014
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EAN13 : 9782332689559
Nombre de pages : 580
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-68953-5

 

© Edilivre, 2014

Dédicace

 

A la mémoire de Madeleine B.

A Michelle et Anne

Citations

 

Avenir de ma vie ne vois-tu rien venir ?

Non, répond le présent, je ne vois

Que ton passé trépassé.

Mon présent deviendra-t-il

Passé sans avenir ?

Résigne toi et accepte.

Seul l’au-delà comptera

A répondu l’avenir.

L’instant rejoint l’éternité.

Suivons la voie de nos rêves même si le chemin est difficile.

Ce n’est pas parce que certains sont « borgnes »

Qu’il faut se crever un œil pour leur ressembler.

Au royaume des « aveugles » qui croient voir et savoir,

Les muets sont plus éloquents qu’une… cataracte de mots.

P.A.L.

Introduction

L’histoire de Raphaël débute dans les années 50, époque de fer et d’autoritarisme d’un monde finissant. Le lavage à l’eau de Javel des jeunes têtes n’allait pas souvent dans le sens de leur poil !

Moi, Sylvain. J’étais son seul ami pour un temps, si tant est qu’il en eut un ! Le suivi de nos relations fut assez éphémère. Néanmoins les moments qui nous ont réunis ont marqué ma mémoire d’un sceau indélébile… Je m’attelle donc à une curieuse tâche que j’estime nécessaire en regard de ce qui ne nous est pas complètement inconnu : un être de ressemblance humaine, et agissant comme tel, mais si étrange par moments !… C’est l’histoire pleine d’aventures, de fureur et de rebondissements d’une espèce d’extra terrestre qui avait trébuché dans l’espace temps né de parents bien terriens. Parfaitement incompris, il ne pouvait émarger qu’en dehors des grandes lignes bien tracées du socialement correct. Mais avec ou sans poigne de titane, un extra dimensionnel d’apparence humaine avec un cœur qui bat, n’a-t-il plus qu’à attendre de renaître, quitter son enveloppe pour réapparaître au-delà de ce qui reste un mystère pour ceux qui n’en sont encore jamais revenus…

Raphaël a maintenant quitté cette planète pour réintégrer un monde qu’il n’aurait jamais du quitter s’il n’avait été incarné en naissant comme le « bébé d’un drôle de monsieur Toutlemonde » !

Petit mémo technique

Pour indiquer les lignes directrices qui ont tracé la trame de ce roman, et afin que tout soit cohérent dans cette clarté diaphane, il y a en fait trois narrateurs :

– Au début l’ami psychiatre rencontré plus tard, retranscrit le récit autobiographique des années de jeunesse de Raphaël, d’après son journal ;

– Puis des circonstances particulières font que « le double » du héros raconte le déroulement des évènements épisodiques de sa vie ;

– Enfin, l’auteur lui-même devient son médiateur, témoin de la « transformation de son drôle de personnage ».

Avertissement

L’auteur tient à préciser que ce roman à la fois réel et onirique est une œuvre de fiction quant à la véritable nature du père, personnage principal, moteur de cette histoire, même si beaucoup d’évènements de fond reflètent des épisodes vécus par son original de fils, dans la réalité.

Toute ressemblance avec des personnes réelles existantes ou ayant existé, serait pure coïncidence.

Préface

Un écrivain porte en lui quantité de graines de semence qui ne demandent qu’à s’épanouir. Son aimable public, c’est l’eau bienfaisante qui fera pousser « les germes de son esprit » qui peuvent parfois fleurir pour le plaisir du lecteur.

Nous vivons pour la plupart l’aventure de notre vie. Lecteur, si je ne suis qu’une curiosité pour toi, le pari que je me suis fait à moi-même sera réussi.

Un esprit avide de renouveau, imaginatif, éveillé, ne vieillira peut-être pas desséché. Une vie bien remplie, n’est-ce pas un voyage de tous les instants, une découverte toujours recommencée de ses semblables ? Beaucoup ne nous ressemblent pas mais tous sont fréquentables.

Un ancien Sage avait dit : « Est-il plus important de chercher la considération que d’atteindre la vérité de son être ? »

 

A défaut de gentils lecteurs, je dédie cette œuvre à Dieu,

Même si son souffle n’est pas pour moi celui des chrétiens.

Dieu et le Diable ne seraient-ils pas ailleurs qu’en nous ?

Ceux qui mal y pensent ne seront pas honnis.

P.A.L.

Première partie

Un homme singulier

Chapitre 1
Portrait d’un roi de pique

Parmi des millions de pierres des plus communes à la plus précieuse qui ont édifié l’humanité, la sienne portait le nom de Raphaël. Elle ne brillait d’aucun éclat. Son père Grégoire était ancré dans les réalités d’un monde imparfait que justifiait celui des lois indéfectibles. L’aspect du personnage affichait une ressemblance avec un officier prussien genre Erich von Sroheim mais avec un regard beaucoup plus dur.

Comme dans le Roi des Aulnes, le fameux poème de Goethe, cet homme de principe et de devoir aimait son fils également pour le principe en le détruisant inconsciemment. Il était pour lui un étranger familier qu’il assistait et nourrissait en lui fourrant dans la bouche de tranches de pain de seigle trempées dans une bonne soupe à la maïzena et aux patates, bien bourrative.

Mais quand on n’a pas l’allure d’un prince charmant dans sa jeunesse, on ne peut être qu’un roi de pique à l’âge adulte sans être un monstre dénaturé pour autant !…

Qui était donc cet homme terrible et intransigeant qui avait imposé la vie à ce fils qui lui ressemblait si peu en dépit de quelques traits communs de caractère peut-être. Mystère des gènes ! Raphaël aurait-il pu choisir d’être le produit d’une autre semence que celle de ce personnage inflexible auquel il devait appartenir jusqu’à sa majorité ? Si certains prétendent être maîtres de leur destin, pourra-t-il jamais échapper à sa destinée tant qu’il sera revêtu d’une enveloppe de chair ?

Grégoire Deguerlande était « fils de famille ». Cela impliquait-il qu’il était né avec une cuillère en argent dans la bouche ? Non, elle n’en avait que l’apparence, car, tout comme des vessies que l’on prend pour des lanternes, sa cuillère à lui avait plus l’éclat de l’étain que celui de l’argent, dans les deux sens, apparenté à la classe dite bourgeoise. Que vaut « l’avoir » du à l’argent si un petit n’est pas comblé d’affection dans son être profond, hormis celle qu’une mère porte à ses enfants par instinct maternel.

Curieusement Grégoire n’était pas non plus le fils choyé par un père qui préférait de loin sa fille aînée, sœur de Grégoire. Brillante et très habile, elle fit un mariage de bonne lignée qui allait la positionner en haut de l’échelle sociale. Brimé et délaissé par ce père partial et très exigeant, Grégoire n’en avait que pour sa mère qui acceptait son peu d’enthousiasme pour les études. Il les termina tout de même à la fin de la 3ème. Décelant en lui un réel talent pour le dessin, elle le poussa à entrer à l’école des Beaux arts (pas besoin du Bac à cette époque), d’où il sortit avec le diplôme requis pour devenir professeur d’histoire de l’art et de dessin (arts graphiques aujourd’hui). Il en vécut assez modestement. De fait, sa vraie vocation était celle de peintre paysagiste. Paradoxe vivant, il avait deux faces : artiste et homme d’affaires. Cette singularité soulignait l’ambiguïté d’un comportement déroutant : ni rêveur ni poète. Un poète est soumis au pouvoir subjectif de sa nature inspirée. Il dépeint les paysages de son âme et du monde qui l’entoure. C’est la force de son tempérament qui lui dicte son mode d’expression à travers les visions qui le hantent.

Grégoire Deguerlande n’était rien de tout cela. Ce n’était pas un « créatif » qui peint sous l’impulsion de ses passions tumultueuses. Ce qui le motivait c’était de reproduire la Nature simplement, en photographe pictural, pour l’embellir, la magnifier dans nombre de ses paysages méticuleusement léchés, qu’il n’a jamais « déformé » par le prisme d’une perception intellectuelle. Il se dégage de son œuvre une sorte de rayonnement qu’il a traduit avec une certaine euphorie lumineuse. Traditionnellement attaché à un conservatisme néo impressionniste, il continuera à vivre à travers ses gouaches qui resteront le seul point positif de sa nature à mon sens.

En revanche, le côté Mr Hyde constituait la deuxième face de la porte « triangulaire » de son Janus psychologique, la troisième étant celle de Mr Fangio.

Ultra autoritaire à tendance paranoïde, il ne tolérait aucune contradiction, aucune opposition déclarée, aucune revendication au nom du droit légalement reconnu du paterfamilias tout puissant dans l’exercice de ses fonctions d’éducateur. Son fils Raphaël, de nature plutôt frondeuse et rebelle à toute oppression, en fit largement les frais en tant qu’aîné !

Troisième aspect de sa personnalité : tout en respectant l’ordre institutionnel établi, ne circulant qu’en scooter, il aimait néanmoins braver les interdits, les règles fixées par décrets préfectoraux pour se prémunir des défectuosités humaines, des irresponsables, des fous dangereux, des fraudeurs, des égoïstes, de tout ce monde frelaté dont il affirmait avec force ne pas faire partie. Il avait tendance à confondre sens interdit avec non sens, bande d’arrêt d’urgence avec passage public, passage clouté piétonnier avec passage prioritaire pour scooters, ligne continue avec dépassement autorisé pour les deux roues, épaisses comme des frelons mais bien plus mobiles que les autos, etc… La dessus, son rejeton Raphaël avait hérité de cet esprit marginal en beaucoup mieux car il était doté d’un sixième sens « infaillible »… ou presque ! Ce qui était parfaitement évident pour tout le monde, l’était pas du tout pour lui, compte tenu que les lois étaient faites pour endiguer la bêtise, les pulsions négatives et les crises d’ego bafoué qui sont l’apanage des gens branchés sur basse fréquence. Raphaël lui, sans faire montre d’une vanité prétentieuse – on est comme on naît – était habité en permanence par son double très fort, une sorte d’ange gardien, solidement logé à l’intérieur de lui-même. Il s’avertissait automatiquement de tout danger imminent par intuition instantanée et irréfutable. C’est ainsi que, pour lui, les feux rouges n’étaient utiles que si l’on est absolument sûr de se faire couper en deux. Il se disait conscient et responsable, prudent mais pas téméraire. Son père lui, faisait plutôt partie des casse cous, surtout dans sa jeunesse, comme vous allez le voir. Il lui est arrivé de se casser le co, voire même la tête, sans pourtant s’empêcher de casser autre chose de précieux sur la personne de son fils « malvenu » !

Je m’arrête là dans ce préambule pour le laisser s’exprimer à travers ses écrits :

« Souvent je l’accompagnai dans nos courses en ville, à califourchon sur la selle arrière. Il fonçait à plein gaz quand le passage était libre, louvoyait à travers les carcasses de voitures qu’il qualifiait de catafalques, de plats de nouilles, de gros veaux et engueulait nommément les maudits piétons qui traversaient en dehors des clous au moment où il surgissait !

« Une fois même, je fus le premier témoin d’une scène hallucinante. Mon ex femme, enceinte jusqu’au cou – nous étions en mai 1970 – me raccompagnait jusqu’au ministère de la Marine, rue Royale, où j’exerçais mes fonctions de secrétaire traducteur. Nous nous apprêtions à traverser tranquillement alors que le feu était orange bien mûr quand un bolide, fonçant droit devant, frôla le ventre de Raymonde. C’était bien lui ! Quand il roulait à fond de train, toujours très pressé, il ne voyait personne en particulier, caché derrière le plexi glas de son casque, plutôt opaque et rayé, doublé de son cockpit pas très net non plus !

Mon épouse d’alors, – je ne dirai pas un mot sur les cinq années infernales que j’ai passées à ses côtés – empesée et lestée, n’eut pas à se rabattre à cause du déplacement d’air !…

« En trente ans de cavalcades sur son cheval de course motorisé, il fut victime de cinq ou six accidents dont les deux derniers faillirent lui coûter la vie…

En revenant d’Alfortville où il exerçait son enseignement de professeur de dessin dans un collège privé, il essaya de doubler un camion dans une descente, sur une voie à deux sens en franchissant la ligne continue. A cette époque les bandes marquantes avaient un revêtement plastifié, sans doute pour éviter l’écaillement de la peinture à refaire moins souvent par ce procédé.

Ce qui devait arriver arriva. Il perdit l’équilibre, juché sur les petites roues de son engin très instable, et tomba sur la tête. Le casque n’était pas encore obligatoire au début des années 1970. Il n’avait donc que son casque « capillaire » pour le protéger. Mais dans la famille on a la tête dure. Il en réchappa avec quelques points de suture à la clef !

Il était sans nul doute comme il disait, protégé par Saint Christophe, patron des voyageurs, dont le médaillon était fixé sur le centre de son guidon.

Petite parenthèse : les chenapans qui s’étaient vengé si bassement à cause d’une punition qu’il leur avait infligée se rendirent coupable d’un acte presque criminel à son encontre. Encore punis une autre fois, ils lancèrent une petite pierre au moyen d’une fronde dans l’escalier du collège qui frôla la tempe de mon père ! Ils lui en voulaient à mort parce qu’ils connaissaient ses idées politiques d’extrême droite ! Et il enseignait dans un collège communiste à Stains !

Enfin dernière historiette relative à ses pérégrinations routières :

« Roulant pour une fois à faible allure à cause d’une circulation encombrée, la voiture qui lui faisait face attira vite son attention. Trois jeunes donzelles, agenouillées sur la banquette arrière, se moquaient de lui ouvertement à travers la vitre arrière en se livrant à des mimiques, grimaces et autres singeries et en riant à gorge déployée ! Il est vrai que, complètement voûté sous les pans de sa gabardine grise, tête et vieilles lunettes enchâssées sous un casque plus jeune non plus, il avait une allure franchement ringarde… Mais tout de même, se payer sa tête à si bon compte par des filles planquées dans l’habitacle de leur véhicule, voilà qui était intolérable ! »

Vu la densité des voitures à touche-touche, impossible de doubler. Et le petit manège de continuer de plus belle !…

Enfin, le flux des voitures devint plus fluide et il put contourner l’automobile incriminée à nouveau immobilisée. Froidement, il descendit de son scooter, sortit son canif et raya consciencieusement la carlingue de tout son long ! Il s’était vengé comme il avait pu, d’une façon infantile certes !

Son geste n’a d’ailleurs jamais recueilli l’approbation de ses proches quand il raconta sa mésaventure, sauf Maman qui, soumise de nature, ne contredisait jamais son seigneur et maître !

Elle ne faisait pas partie de la nouvelle gente féminine sonnant l’hallali sur la bête poursuivie (l’homme) par leurs revendications féministes après plusieurs siècles « d’esclavage » !…

Et maintenant voici deux petites anecdotes de jeunesse beaucoup plus remarquables qui définissent ce futur père si particulier avant qu’il ne donne naissance à son originale progéniture. Par la suite, il procréa deux autres enfants qui, pour sa consolation, faisaient partie du moule collectif reconnu, donc socialement admissibles.

Chapitre 2
Quand une hirondelle à képi, perché sur un dos d’âne, rencontre un drôle d’oiseau

« Grégoire, dans sa prime jeunesse, consacrait une partie de ses loisirs à parcourir son petit monde sur un engin qui tenait plus de la bicyclette que du vélo sportif à poignées en col de cygne. En général, il ne dépassait pas la grande banlieue parisienne. Son secteur préféré était l’Essonne, couronnée par la vallée de Chevreuse avec son leitmotiv itinérant : la forêt de Rambouillet. Un jour de septembre 1931 – il n’avait pas encore 18 ans – il s’était attardé dans le parc de Versailles qui constituait, pour le développement de son talent, quantité de motifs pour remplir des cartons de croquis. Etudiant débutant aux Beaux-Arts, il esquissait des études en tout genre en cherchant sa voie. S’étant mis bien en retard, il pédalait à vive allure, pressé de rentrer chez ses parents, avenue de la Grande armée. A cheval sur le cadre de l’engin, ses jambes tricotaient « en danseuse » pour l’aider à gravir une longue côte qui se terminait sur un dos d’âne.

« Il allait enfin s’affaisser sur la selle. Mais, juste en léger retrait du dos d’âne, pour pas que les grimpeurs motorisés ou non le remarquent de loin, était planté malencontreusement un animal hybride : une espèce d’hirondelle à képi, revêtue d’une ample cape, qu’on appelait à l’époque, sergent de ville ! Deux grandes oreilles dépassaient du képi. Elles étaient si rouges qu’elles auraient pu remplacer des clignotants. Un bras prolongé d’un bâton blanc se maintenait à angle droit, perpendiculaire au tronc de l’escogriffe, droit dans ses bottes tandis que l’autre bras en V lui servait à souffler avec hargne les trois coups de sifflet réglementaires.

– « Jeune homme, veuillez descendre de votre véhicule… Vos papiers, s’il vous plait. Vous êtes en infraction ! » Et le voilà qui s’approche de lui. Grégoire fait mine de descendre, l’air contrit. Mais… en un tour de roue très énergique, il redémarre en trombe sur cette bienheureuse forte pente adverse qui lui offrait « une chute libre » avec la complicité de la pesanteur !… Le bonhomme poussa un « hep là » retentissant en courant après le salopiaud qui lui échappait. Grégoire sentit sa lourde patte frapper violemment son garde boue arrière, mais en vain ! Bénis soient les concepteurs de porte bagages à l’avant !

« Furieux de n’avoir pas réussi à accrocher son grappin, le garde bout arrière mal fixé n’offrant aucune prise véritable, le digne représentant de la maréchaussée se mit à siffler avec frénésie dans son foutu sifflet comme un forcené, s’époumonant pour avertir son collègue positionné au bas de la côte et qui l’avait « reçu cinq sur cinq ! ». En effet un petit barrage s’organisait en bas, en toute hâte, dans une magnifique aubade de roucoulades sifflées ! Mais c’était sans compter sur notre fringant gaillard qui dévalait la pente à « tire d’ailes d’hirondelle ». Il s’engouffra vite sur les bas côtés, dans un dédale de ruelles perpendiculaires en zigzaguant à qui mieux mieux ! Impossible de prendre l’oiseau dans leurs filets de flics ! Et en faisant un large détour il leur échappa définitivement….

« Bravo, Grégoire, je te reconnais là comme le futur père de ton fils aîné qui ne te ressemble que pour cette singularité !… de défier des règlements aussi « cons » que les formalistes conformistes qui les ont conçus pour se prémunir de cons aussi cons qu’eux !… Mais, pour des êtres sensés et censés être intelligents et évolués qui refusent d’être mélangés au troupeau bêlant, à quoi sert tout ce tremblement d’interdits ridicules ?…

« Je salue au passage ce magnifique acte de bravoure et de résistance de la part d’un innocent cycliste ! Pour une fois, l’agneau à cinq pattes échappait aux griffes des loups cervier en leur faisant un superbe bras d’honneur… pardon, une superbe patte d’honneur… sa cinquième !

J’ajoute qu’en revanche, mon futur père avait un contre principe sacré, inaliénable dès qu’il s’agissait de respecter un civisme mutuel, lié par la grande chaîne de solidarité humaine au sein de gens normalement constitués.

Etrange paradoxe de la part d’un homme d’un côté très borné quand il s’agissait de revendiquer la puissance de ses droits privés de chef de famille inattaquables, et de l’autre, arborant des idées frondeuses quant aux lois publiques consacrées pour la sauvegarde de tous les citoyens. Mais s’il n’était pas un citoyen « ordinaire », son fils Raphaël n’était en rien son modèle réduit pour ce seul aspect de leurs personnalités. Quant au fond, qui manquait le plus entre eux deux, c’était véritablement très différent ! »

Chapitre 3
Propriété privée champêtre,
interdite aux pique niqueurs. Danger !

« Nous étions au début des années 30. Grégoire, né en décembre 1913, fêtait donc son vingt et unième printemps en ce beau mois de mai 1933. Il commençait déjà à rechercher des coins pittoresques en Bretagne et en Normandie. Ces contrées froidement colorées correspondaient bien à son tempérament et à ses aspirations. Il était déjà tout à son allan de reproduire ces paysages marins évocateurs du Finistère ; mais un Finistère sans tempêtes, sans bourrasques, sans ciel tourmenté, sans bateaux luttant dans les éléments déchaînés. Non !! il procédait par petites touches méticuleusement composées de douces tonalités pour former des lignes sagement harmonieuses correspondant à ses états d’âme sereins ! Gauguin et Van Gogh lui étaient diamétralement opposés…

« Il était servi par deux chevaux hybrides : son vélo à gros pneus couleur rouille dur lequel pendaient à l’arrière deux grosses sacoches/balloches pleines à craquer, pas du tout sexy, et son inséparable chevalet qu’il portait dans un sac à dos approprié avec tout son attirail d’artiste. Le porte bagages avant avait reçu pour mission de soutenir son matériel de camping dont une petite canadienne achetée au Vieux campeur. Tout ça lui allait très bien !

« Cheminant, par une belle journée, à travers les pleins et déliés du bocage normand, il avisa soudain un vaste pré fleuri légèrement incliné, au pied d’un joli coteau. Il y avait bien au loin quelques bovidés qui paissaient paisiblement. Le temps était limpide, le soleil déjà haut. Un champ de marguerites complétait ce tableau bucolique. La campagne s’abandonnait aux effusions végétales. Il n’avait pour l’instant nullement l’intention de croquer ce petit coin de paradis sur une de ses toiles, mais plutôt son pain quotidien car il était une heure de l’après-midi. Il déballa une partie de son fourniement, sandwiches, gamelle de salade, fromage, désserts, gourde, couverts etc… et enfin son attirail au cas où il aurait planté son chevalet après la sieste. Pour améliorer son confort, une ample nappe servait de support pour tout ce petit barda, sans oublier ses précieux coussins…. Un grand calme régnait, juste un petit gazouillis d’oiseaux. Une petite brise marine balayait la Côte de Grâce toute proche, à quelques kilomètres de Honfleur. Juste une fraîche petite caresse sur son visage juvénile. Il finissait de mastiquer lentement son savoureux sandwich au Pont-Lévêque et allait attaquer un délicieux pot à la rhubarbe après son flanc au caramel quand il remarqua au loin un semblant d’agitation entrecoupée de beuglements répétitifs. Il y avait bien quelque mouvement au sein du flegmatique troupeau. Cela ne l’inquiéta nullement. « Ben oui, se dit-il, c’est le paysan du coin qui vient s’occuper de son bétail ». Mais alors qu’il cherchait le sachet de sucre pour saupoudree sa rubarbe, il aperçut distinctement un taureau noirâtre qui avançait dans sa direction d’un pas de très gros sénateur. Arrivé à une quarantaine de mètres, il s’arrêta net pour fixer Grégoire d’un regard noir globuleux qui n’avait rien de tendre, tête penchée, museau soufflant !

« Attention, faut pas rigoler là » dit-il tout haut en sautant sur ses jambes… Et voilà la massive bête qui se met à gratter vigoureusement la terre de ses sabots en meuglant furieusement. Son sang ne fit qu’un tour… En quelques secondes, il ramassa pêle mêle l’ensemble de ses affaires. Abandonnant en sauve-qui-peut boîtes, ustensiles et autres reliefs de victuailles, il lança à toute volée son chevalet et annexes sur le dos et se précipita vers la palissade heureusement proche. N’ayant aucun talent de torrero (il aurait pu utiliser sa nappe pour quelques passes !), il réalisa le plus beau saut en hauteur de sa vie par-dessus les barbelés, après avoir projeté son bazar de l’autre côté. Brillant exploit pour quelque un qui ne faisait que du vélo en promeneur du dimanche ou pour agiter ses pinceaux ! Il était temps car le terrible animal n’était plus qu’à quelques centimètres de son corps en fuite. Le souffle puissant qui s’échappait de ses naseaux lui fouettait l’échine. Juste au moment où il allait enfin l’atteindre, le jeune homme s’éleva en l’air pour sauter ! Ce fut beaucoup plus un choc pour le taureau que pour le jeune homme qui s’en tira avec quelques égratignures en retombant ! Stoppé brusquement dans son élan, le quadrupède, furieux de ne pas avoir pu régler son compte à l’intrus à coup de cornes, lâcha un formidable mugissement, expirant des brassées d’air, semblable à un soufflet de forge. Il ne tarda pas à lui tourner le dos en catapultant de grosses mottes de terre en sa direction !…

« Ouf ! Il était moins une… », lâcha Grégoire en s’essuyant la figure ruisselante de sueur. La poussée d’adrénaline jointe à un afflux de sang au cerveau lui déclancha un terrible mal de tête.…

Etant né sous le signe chinois du buffle, renforcé par le signe du sagittaire centaure, cela justifiait-il la farouche attitude d’un taureau colérique, sentant peut-être ce faux frère, buffle d’origine, réincarné tout bonnement en homme, alors qu’ils auraient pu paître en parfaite harmonie !! Hypothèse évidemment farfelue dans la réalité génétique de l’espèce animale, quoi que l’anthropomorphisme reste souvent révélateur face à certains types physiques liés à des caractères ou comportements qui apparentent certains humains à des espèces animales bien définies !… Tiens !… Si l’on prend comme référence les Bebettes shows, les portraits de Mitterand en grenouille, Raymond Barre en ours, Marchais en cochonne, Sarkozy en chien et Fabius en rat, ils sont criants de vérité !…

La morale de cette histoire vraie est qu’il est plus dangereux de pénétrer dans le territoire d’un taureau jaloux de sa propriété que dans celle d’un paysan mal embouché, aussi agressif soit-il ! Comme pour les chiens méchants, il serait souhaitable que les propriétaires fassent mention d’une indication sur la palissade de leurs champs si elle n’est pas électrifiée : Attention danger, taureau irascible ! »

Deuxième partie

Les jardins d’une enfance

L’enfant devenu adulte porte en lui les traces génétiques de sa chrysalide

P.A.

Souvenir, tu réveilles dans le présent par ton charme tout le petit monde du passé. La mémoire opère comme dans un miroir magique. Elle nous aide à retrouver le temps d’une prime jeunesse qui a fertilisé nos jeunes pousses pour leur éclosion vaille que vaille, dans nos vies d’adultes.

P.A.

Chapitre 1
Confitures et huile de foie de morue
font du bien aux enfants.

Qui aime bien fouette bien

Comtesse de Ségur

Les derniers de la classe seront peut être un jour les premiers dans un monde meilleur. Les « battus » n’ont pas besoin de devenir battants pour exister quand même !.

P.A.L.

Après avoir été conçu sous une tente en septembre 1945 en Normandie, Raphaël Deguerlande, bébé terrible, eut l’avantage d’ouvrir les yeux à la lumière du jour véritable le 26 juin 1946 au domicile de ses parents, boulevard Saint-Jacques à Paris dans le 14èmeet non sous l’effet de l’éclairage artificiel d’un tube de néon dans une clinique de maternité !…

Il fut aspergé d’eau purificatrice sur les fonds baptismaux de l’église Saint Dominique trois jours après. Il fallait faire vite car sans cette consécration rituelle, en cas de très court séjour sur terre, il aurait été privé à jamais du repos éternel… au paradis. Et finita la commedia !

Mais laissons le évoquer ses souvenirs que j’expurge de ses premiers cahiers de jeunesse :

« Après que ma mère prit la peine d’accoucher pour que je puisse prendre la peine de vivre, le vigoureux poupon que j’étais ne put s’empêcher de contracter une primo infection à l’âge de 5 ans, fatalité pour nombre de moutards pas trop bien nourris suite aux privations provoquées par cette saloperie de guerre ! Je fus donc envoyé pour un séjour de trois mois dans un sanatorium en haute montagne…

« Découverte des joies de la luge. Cette passion naissante liée à un caractère intrépide m’entraîna à toute vitesse vers une pente plutôt raide qui se terminait en entonnoir. Cela me valut une blessure à la jambe dont je garde discrètement la cicatrice. L’un des rebords de ma luge en bois m’avait entaillé la cuisse !

« Plutôt précoce en ce qui concerne l’éveil des sens, je ressentis mon premier émoi quand la directrice du Centre, infirmière de son état d’âge mûr, eut pansé ma plaie, la guibole infectée posée sur ses jambes qu’elle tenait écartées sous sa blouse ! Je fis exprès de tomber pour découvrir un petit bois enchanté entre ses cuisses. Grand moment de petit bonheur ! Par cette petite ruse, je sacrifiai ma douleur pour contenter une curiosité toute neuve.

« En revanche, au réfectoire, je prenais souvent un plaisir sadique à tirer les mèches de cheveux des petites filles que je jugeais trop désinvoltes ou trop enjouées… jusqu’à les faire pleurer pour certaines.

« Tous les jours sans exception, les petits bronchiteux convalescents que nous étions, devions nous soumettre à une sieste obligatoire de trois heures ! Demander à un jeune corps solidement constitué de rester immobile et inactif était à la limite du supportable ! Cela me poussait à l’ennui engendré par ce confinement forcé dans la pénombre ouatée du dortoir…

« Un après-midi, le soleil, dans toute sa splendeur irradiante, léchait les rideaux du dortoir de ses langues de feu. Je me régalais du spectacle léger de ce jeu de feu follets virevoltant au milieu des tâches d’ombre derrière les volets entre baillés. Animé par un instinct de curiosité qui me hantait déjà, je conçus de m’échapper hors de cette chape de plomb qui pesait sur ces petites têtes plongées dans cette torpeur, que j’« estimais parfaitement inutile ! Sur la pointe des pieds, comme un chat en chaussettes, je me glissai furtivement à travers les petits lits et me faufilais en entrebâillant la porte. J’enfilai à la hâte mes godillots, négligeant les lacets. Mais, malchance… dans ma précipitation, j’avais oublié que la porte du chalet était munie d’un ressort. Elle claqua brusquement. Effrayé par le bruit, je courus dans la neige en contournant l’édifice pour échapper à une éventuelle poursuite ! Deuxième malchance : je dérangeai dans sa sieste un affreux chien berger qui aboya contre l’intrus ! Galopade entre la surveillante qui se précipita dehors pour colleter le garnement qui s’enfuyait au plus vite en trouant le tapis de neige. L’émotion provoquée par les criailleries de la maîtresse femme me firent tomber, face contre les coussins glacés.

Vite rattrapé, je subis le courroux de la cerbère :

– Espèce de petit vaurien, on veut jouer les fortes têtes… eh bien, la voilà refroidie maintenant ! Allons, file et retour à la chambre, vite fait ! A la prochaine fugue, je t’enferme à la cave et fais appel au croquemitaine !

– Qui c’est çui-là ?

– C’est un monstre horrible qui apprend aux vilains enfants à rester sage en leur frictionnant les oreilles de ses pattes griffues !

Mais madame, pourquoi vous m’obligez à dormir ? Il fait très beau dehors. J’veux promener !

– Mon enfant, tu n’es pas tout seul. Il y a une discipline de groupe et tu dois t’y soumettre. Allez, obéis ! Si chacun faisait ce qu’il voulait, ce serait l’anarchie. Et n’oublies pas que tu es dans un sanatorium pour te soigner. Allons, rentre vite !

– Quand je serai plus grand, j’irai dans le vaste monde et je verrai des gens moins bêtes que vous !…

– Oh le petit insolent !… Là-dessus je reçus une solide beigne qui eut pour effet immédiat de me transformer en petit taureau. Je fonçai, tête baissée, vers la grosse bonne femme et la renversai dans la neige.

– Petit voyou, tu vas me le payer cher ! Et ça n’a que six ans ! Tu promets, mon garçon ! Je vais avertir tout de suite la directrice…

Elle se releva, furieuse et courut à l’intérieur du bâtiment.

« La décision ne se fit pas attendre avec sanction appropriée : séance de cachot trois heures par jour ; surveillance particulière en regroupement collectif ; courrier médical transmis aux parents, leur demandant de venir chercher leur chenapan de fils qui, du fait d’un état récalcitrant physique et moral très marqué et remarqué, était déclaré parfaitement guéri ! Sic »

Il commence le parcours laborieux de sa scolarité en « subissant » les classes primaires. Il rencontre comme bien d’autres, des difficultés certaines avec l’orthographe !…

« Un samedi matin, la maîtresse annonça sérieusement devant tous les bambins que « j’étais consigné pour le week-end dans les murs de l’institution, pour avoir atteint un « record en fautes d’orthographe dans la dernière dictée ! Je pleurais toutes larmes de « mon corps en hoquetant à travers mes sanglots : – J’veux ma maman… j’veux ma « ma-man ! Si je ne fus guère étonné de me retrouver dans le hall d’entrée, poussé avec « les autres enfants, quelle fut ma surprise et ma joie d’apercevoir ma maman qui venait « me chercher à midi. De plus ce jour devait coïncider avec le début des vacances de « Pâques car elle m’installa dans un car Chausson, confié à une vieille dame, Place « Denfert-Rochereau. Cet autobus assurait la liaison permanente avec Orléans. Il fallait « près de trois heures pour y arriver ! L’autoroute n’existait pas à cette époque. »…

Accueilli par sa grand-mère, dite bonne maman, il passa des vacances paradisiaques au Faubourg Bourgogne, dans une grand maison dotée d’un beau jardin qui se prolongeait jusqu’à la Loire.…

« Ces lieux magiques pour moi, faisaient partie des sept merveilles du monde !…

« Je dormais dans la chambre de ma tante Thérèse. Avant de trouver le sommeil, je « prenais un plaisir fou à regarder les raies striées de lumière mouvante qui filtraient à « travers les persiennes à chaque fois que les phares d’une voiture projetaient ses rayons « sur les parois de la chambre !…

« Tous les souvenirs se rapportant à ces jours heureux sont du monde enchanté de l’enfance. Je revois mes essais de tricycle sur les pavés du perron entre l’escalier du jardin et la buanderie. Après quelques essais déambulatoires, la bielle de l’engin cassait. Consciencieusement bonne maman la portait à réparer et la bielle recassait invariablement ! Après une dizaine de tentatives, le jouet fut délaissé définitivement. Mais j’avais à ma disposition toute une série de jeux très compensatoires : des fléchettes ventouse à bout caoutchouté par exemple, lancées au moyen d’un pistolet à ressort. L’une d’elles tapa dans le mille en trouant un petit carreau coloré de la porte du corridor donnant accès au jardin… ou même le jeu de « la pêche miraculeuse », large boîte contenant le décor en carton-pâte d’un petit port de pêche breton, avec en son milieu un plateau tournant, animé par un ressort mécanique et, musical d’où émergeaient des anneaux hameçons au bout desquels on « pêchait » toutes sortes de poissons, grâce à un aimant…

« Une fois par semaine, nous allions rendre visite à une certaine Madame Lecomte, brave octogénaire impotente, qui m’offrait des petits macarons à la noix de coco… ou encore nous recevions régulièrement la visite de la voisine, Mme Lecoq, dont le verbiage tonitruant, la minceur des jambes et la figure au teint couperosé s’apparentaient curieusement à cet animal !

« Les jeudi après-midi, à la belle saison, notre Maman nous amenait au Parc Montsouris, mes deux sœurs dans la poussette vert clair à garde bouts et moi-même à pied. Là nous nous ébrouions ; mes sœurs s’égayaient en jouant au bac à sable ou à la poupée tandis que je divaguai comme un jeune chiot au hasard des allées et des buissons.

Comme pour me faire pardonner des tracasseries infligées à mes petites copines du sanatorium, j’embrassais quelques petites filles que je rencontrai entre trois pelouses et deux massifs de fleurs au grand étonnement des mamans qui acceptaient la chose bon gré mal gré ! Par contre, les gamines étaient parfaitement indifférentes à mes démonstrations de tendresse !…

« Les moments privilégiés, hédoniques, fleurons des journées de détente pour nous quatre en dépit d’une liberté surveillée, furent bien ceux des vacances estivales auxquelles notre père (qui est aux cieux) tenait par-dessus tout !

Après Menton, La Madrague près de Marseille, Yport, en camping sommaire, puis Evian, vint Aix en Provence où furent installées les canadiennes paternelles dans une grand propriété peuplée de quantité d’arbres majestueux. Là se situait aussi un grand bassin ornementé de balustrades et de vasques de pierre.

Ce fut l’occasion rêvée pour mon père de m’apprendre à nager ! Muni d’un appareillage de sangles, il plongea d’autorité mon jeune corps dans une eau noirâtre. J’entends encore les hurlements d’effroi que je poussais en me débattant sauvagement, tel un animal pris au piège, entravé. Je surplombais cette nappe d’eau noire, compacte, que j’imaginais sans fond. Ce fut vraiment la première frayeur de ma vie !…

« Je poursuivis mon...

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