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Le volume du journal de Renaud Camus pour l’année 2008 doit son titre à un séjour que l’écrivain fit ce printemps-là à Vancouver, sur l’invitation de l’université de Colombie-Britannique. Il était alors obsédé, comme bien d’autres avant lui, par le titre du poème et du recueil du poète belge Marcel Thiry, Toi qui pâlis au nom de Vancouver ; ces mots ne l’ont pas quitté pendant tout son séjour, passé en grande partie enfermé, fiévreux, dans une chambre d’hôtel, avec, il est vrai, toute la ville à ses pieds à travers la large baie d’un étage élevé. L’année 2008 voit aussi un retour en Ecosse, sur les traces de Rannoch Moor et à la recherche de maisons d’écrivains et d’artistes qui feront la matière du deuxième volume britannique des Demeures de l’esprit, tandis qu’est préparé aussi, sur les chemins du Sud-Ouest, le deuxième volume français de la même série, contemporain du roman Loin. Cependant la vie suit son cours, avec les aléas familiers aux lecteurs de journal de Renaud Camus : histoires de « convertisseurs » qui ne convertissent rien ni personne, de tours qui menacent de s’effondrer, de débats idéologiques, de réflexions sur la langue et la culture, de hauts et bas du micro-parti politique dont l’auteur est président, l’In-nocence. On retrouve les figures coutumières, Pierre, la mère, le peintre Marcheschi, Alain Finkielkraut, la Société des Lecteurs et son forum, et encore et toujours la chaudière, le toit, la banque, les factures mais aussi la lumière, les paysages, les chemins, la phrase.