Au nom du Père

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Élohim, un jeune homme né de deux pères suite à une fécondation in vitro part à la recherche d’une petite fille blonde qui a connu l’un de ses deux géniteurs. Une inspectrice marseillaise aux méthodes peu orthodoxes, un enfant de dix ans et son père militaire poursuivi par des moudjahidines dans les montagnes afghanes, un terroriste religieux responsable de plusieurs attentats dans des mosquées d’Europe, et le curé d’un petit village de Belle-Île-en-Mer. Quel est leur point commun, comment vont-ils se rencontrer ? Seul le Père PECQUEUX semble détenir une partie du secret.
Publié le : lundi 8 février 2016
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EAN13 : 9791026203971
Nombre de pages : non-communiqué
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Lionel MARTINS
Au nom du Père
© Lionel MARTINS, 2016
ISBN numérique : 979-10-262-0397-1
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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Élohim, tu n’y crois toujours pas, mais moi je sais que tu n’es pas là par hasard, que tout ce qui t’arrive fait partie d’un immense puzzle qui s’assemble jour après jour. Et que tu n'en découvriras l'issue, que quand tombera la dernière pièce !
Père PECQUEUX
Chapitre 1 Baptême de mort, Marseille le 9 août.
— C'est qui ce connard ?
— Je suis l'adjoint au maire de Marseille Madame, et je vous prie de surveiller votre langage.
— Et alors que veux-tu que ça me fasse, tu n’as rien à foutre ici, et encore moins à me donner des ordres.
— Vous ne pouvez pas arriver comme ça et frapper mon personnel.
— Vous voulez protéger un tueur d’enfants ?
— Cet homme a le droit à un procès !
Elle regarda l'homme qui gisait à ses pieds, il était sa toute première enquête. Hugues MAURELLO, « le prédateur », notable et directeur d’un collège de la banlieue nord de Marseille. Onze crimes atroces à son actif, le dernier en date, Clément, un petit garçon de sept ans, violé et torturé.
Un an que la brigade était à ses trousses. Mais contre sa hiérarchie, son instinct avait fini par payer. La jeune inspectrice avait fait le lien entre les ballets roses organisés par quelques notables de la ville, et le serial killer, pédophile et tueur d'enfants.
— Madame KRAMER, ce type de prédateur n'est pas très sociable, il agit seul et n’est excité que par le fait de dominer ses victimes. Croyez-moi, cela n’a rien à voir avec les partouzes de la mairie.
— J’ai recueilli les témoignages d’une certaine Nadia, elle aurait transité un moment chez le directeur du collège. Et elle affirme avoir entendu des cris d'enfants.
— Il y a maintenant plus de dix années que nous recherchons ce tueur en série, vous, vous arrivez et vous pensez régler cette affaire en quelques mois ! Nous avons vérifié vos dires, il n'y a rien d'anormal chez cet homme, qui plus est, c’est un ami du maire.
Vos excès de zèle commencent sérieusement à m'exaspérer !
— Mais putain, on parle d’un tueur d’enfants !
— Vous débutez, vous êtes encore faible, et surtout vous laissez parler vos sentiments de femme. Vous ne ferez jamais un bon flic, trop impulsive, trop sensible, vous feriez mieux de...
— Allez vous faire foutre.
Elle se leva et sortit du bureau du commissaire.
Dehors le ciel était bleu et l'air brûlant. D'un geste elle fit tomber la paire de Ray-ban qui, jusqu'alors, étaient bloquée dans ses longs cheveux blonds. Elle sortit un paquet de cigarettes de contrebande et en grilla une.
Il lui fallait retrouver la jeune roumaine et recueillir son témoignage. Elle sortit son Smartphone de la poche de son blouson en cuir et appela son indic.
— Salut Oscar, j'ai besoin d'un renseignement.
*
Elle sauta du tramway pour se diriger vers le numéro vingt et un de la rue LIEUTAUD.
Arrivée sur place, elle jeta un œil à la façade délabrée, avant de franchir la porte du hall.
En montant les vieilles marches en bois, elle essayait de se rappeler les paroles de son indic.
— C'est au deuxième étage, porte de gauche. Donc c'est là !
Elle posa son oreille contre la porte, des gémissements lui parvenaient de l'intérieur. Elle recula, s'adossa contre le mur face à l'appartement, et attendit.
Dix minutes plus tard, un homme sortit, il avait une tête de premier de la classe avec son attaché-case et sa cravate. Elle s’adressa à lui en le regardant méchamment.
— Dépêche-toi de regagner ton foyer, ta femme et tes enfants d'attendent.
— De quoi je me mêle ?
Elle sortit sa carte de police.
— De ce qui me regarde connard, cette fille est très certainement mineure, tu veux qu’on en parle ?
— Non c’est bon, excusez moi !
La jeune Roumaine essaya de claquer la porte, mais la chaussure de l'inspectrice fut plus rapide, le pied en empêcha la fermeture. D'un coup d'épaule contre la porte elle projeta la jeune prostituée au milieu de la chambre. Hébétée, le cul nu sur la moquette sale, elle regardait la fille blonde.
— Je cherche Nadia ?
— J’ai repris son appartement, mais je ne la connais pas !
— Vous dites toutes la même chose, vous ne connaissez jamais personne et vous n'avez jamais rien vu, ni entendu !
— Je vous jure madame, je ne l’ai vue qu'une seule fois.
— Où ?
— A une réception chez le maire.
— Tu entends quoi par réception, une soirée chaude ?
— Oui !
— Quel âge as-tu ?
— Dix-huit ans !
— Mon cul ! Je suppose que ton mec t'a enlevé tes papiers pour t'obliger à travailler.
La jeune fille baissa la tête.
— Donne-moi Nadia et je te fais rentrer chez toi.
— Vous allez lui faire du mal ?
— Je n'ai rien contre elle, je sais juste qu'elle a croisé le tueur d'enfants.
Nadia regardait cette jeune fille à la silhouette élancée et aux longs cheveux dorés. Ses yeux bleus la fixaient et semblaient lire en elle. Elle était belle et féminine, mais semblait forte comme un homme, son assurance, ses gestes, sa façon de se déplacer et de parler.
— Vous ne pourrez rien faire pour moi, même en Roumanie ils me retrouveront !
— Pas avec une nouvelle identité et dans un nouveau pays, Angleterre, Suède, à toi de choisir.
Elle jouait sa vie, mais décida de lui faire confiance.
— Je sais qui est le tueur !
— Comment ça ?
— Il y a quatre ans, le jour de mes douze ans, j'ai été louée à cet homme.
— MAURELLO ?
— Oui, l’instituteur !
— Il est directeur maintenant.
— J'ai passé trois semaines enfermées dans un local caché au fond de sa cave, derrière une porte dérobée faite de casiers de bouteilles. Il me violait tous les jours et me faisait subir les pires sévices, m'obligeant même…
Elle fondit en larmes.
— Tout ça sera bientôt terminé, alors continue ton récit.
— Il m'obligeait à avoir des rapports avec son chien.
— Il paiera pour ça aussi, termine ton histoire.
— Un jour il est rentré avec un petit garçon, qu'il a enfermé avec moi. Il était apeuré et tremblait, alors je me suis occupée de lui pendant une semaine. Chaque jour l’instituteur venait le chercher pour le violenter, puis un soir il ne la pas ramené. Le lendemain après m'avoir violée et torturée à nouveau, il m'a fait comprendre que j'allais mourir, parce que j’en savais trop !
Il m'a frappée jusqu’à ce que je ne puisse plus bouger, puis il m’a enfermée dans le coffre de sa voiture. Au moment où le véhicule est sorti du garage, j'ai entendu des bruits et des cris. Puis quand le coffre s'est ouvert j'ai vu Dimitri, l'homme à qui j'appartiens, il venait récupérer son loyer.
Après s’être fait remettre une grosse somme d’argent, voyant l'état de maigreur dans lequel je me trouvais et les traces de coups sur mon visage, Dimitri décida de rompre le contrat avec MAURELLO.
— Une jeune fille de douze ans vaut très cher !
— C'est comme ça que j'ai rencontré le tueur, mais mon proxénète m’a défendu d’en parler.
— As-tu des preuves de ce que tu avances ?
— Dans la pièce où j'ai vécu enfermée, il y avait un coffre fort, dans lequel il enfermait un
Notebook où il enregistrait les tortures et les viols qu'il filmait.
Par la fenêtre entrouverte, le bruit d'un moteur V8 coupa court aux révélations de la jeune Roumaine. Elle se recroquevilla, et la terreur envahit son visage.
— C’est Dimitri ?
Elle acquiesça d'un signe de tête.
— Lève-toi et habille toi, on part !
— Mes affaires ?
— Tu n'en auras plus besoin, plus de celles-là en tout cas. Allez, suis-moi.
Elle dévala l'escalier quatre à quatre, suivie de la jeune fille.
Soulevant le dos de son blouson, elle dégaina son automatique et le serra fermement dans sa main.
Quelques marches plus bas, Dimitri apparut sur le palier du premier étage, surpris, il n'eut pas le temps de sortir son arme.
Elle n'avait jamais tiré sur un homme, et se dit qu'il devait toujours y avoir une première fois.
La balle atteignit le souteneur en pleine poitrine, l’homme fut projeté contre le mur, puis s'effondra sur le palier. Elle continua d'avancer, et marcha sur le corps sans vie pour descendre le premier étage.
Une fois sur le palier de l’immeuble, elle s’adressa à Nadia.
— Tu vas m'attendre ici, pendant que j'inspecte la rue. Il a quoi comme voiture le mort ?
— Une Mustang rouge !
— Je vais aller voir s’il était seul, toi tu récupères les clés de la voiture.
Elle se retourna pour sortir quand elle aperçut deux hommes prostrés près des boîtes aux lettres, ils fixaient l’arme qu’elle tenait en main. Visiblement des ouvriers clandestins.
— Vous parlez français ?
— Oui un peu.
OK, alors vous allez sortir avec moi et marcher à mes côtés sur le trottoir.
Ils acquiescèrent, mais ne semblaient pas comprendre ce qui leur arrivait. Elle tenait toujours son arme à la main.
Dans la voiture décrite par Nadia, elle pouvait apercevoir un homme assis côté passager.
— On va aller jusqu'à la Mustang rouge, ne regardez pas l’homme qui est dedans. Vous faites comme si on se promenait en amoureux, c’est compris ?
— Oui madame !
Elle replia sa main droite qui tenait toujours le revolver derrière son dos, puis s'adressa aux deux hommes.
— Vous vivez ensemble dans cet immeuble ?
Les deux émigrés se regardèrent avant de répondre.
— Oui
— Vous êtes PD ?
*
Dans la Ford, assis à la place du mort, l’homme fumait en regardant impudiquement la femme blonde qui marchait vers lui.
— Que peut-elle bien foutre avec deux sans-papiers ?
D’un coup de hanche, elle cogna volontairement le rétroviseur.
— Salope !
L’homme sortit son bras afin de redresser le rétroviseur, tout en continuant de jurer. Elle pivota et lui asséna un violent coup de crosse de revolver en plein visage, le temps qu'il réagisse, il en avait pris trois autres.
Elle sortait son Smartphone pour appeler sa brigade quand elle aperçut la jeune Roumaine qui arrivait essoufflée. Elle regarda Yousef, inconscient, la tête posée sur le rebord de la portière. Puis elle releva la tête pour regarder la jeune femme blonde.
— Ce n’est rien, une insolation sans doute, il aurait du porter un casque !
— J’ai les clés, madame !
— Merci. Tu sais quoi, je pense que Dimitri n'aura plus besoin de cette voiture, alors je vais la garder. Tu n'y vois pas d'inconvénient, je suppose ?
— Non !
— Tu t’appelles comment ?
— Sofia ! Et toi ?
— Romy !
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