Au secours, je suis enceinte !

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Écrire, écrire… Cela doit faire du bien non? Souvent, les psychothérapeutes utilisent l’écriture comme mode expiatoire, comme outil pour permettre au patient d’exprimer tout ce qu’il ressent. Dire ce qui ne va pas, identifier les problèmes et pouvoir les surmonter. Peut-être devrais-je en faire autant? Doudou ne cesse de dire que je suis une femme à problèmes. Maman dit que je passe mon temps à faire du cirque. Peut-être ont-ils raison? Qu’est-ce qui me pousse à ces extrêmes, si tant est que ce sont des extrêmes. Qu’est-ce qui ne va pas? J’ai des problèmes, eh bien lâchons-nous un peu, évacuons tout ce stress. Rions, rions, un fou rire n’a rien de dangereux en soi. Bébé bénéficiera d’une mère parfaitement détendue.
Publié le : jeudi 8 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748379877
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748379877
Nombre de pages : 128
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Natacha Odonnat AU SECOURS, JE SUIS ENCEINTE ! Écrits cathartiques d’une jeune femme enceinte
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117125.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
À Nickie. À toutes les femmes qui vivent des grossesses tumultueuses
Sommaire La folle de Pétion-Ville .....................................................................9Punition.............................................................................................23Carmen Nicolas ...............................................................................29Texao ou le déni ..............................................................................41Nano..................................................................................................49Je veux croire à la vie ......................................................................53Au secours, je suis enceinte81................................................!........Adélaïde ......................................................................................... 105Je voudrais pouvoir te parler damour....................................... 109Perdition ........................................................................................ 115Naître 121 .........................................: le premier combat de la vieBiographie de lauteur .................................................................. 125
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La folle de Pétion-Ville Rue Rigaud, Pétion-Ville, banlieue chic de Port-au-Prince, une femme complètement nue sassied sur une grosse roche et simprovise lavandière. Elle frotte, écume, rince une robe ima-ginaire. Les yeux hagards, elle rêve éveillée. Personne na voulu endosser la tâche ingrate et solitaire de gardien dun sommeil éveillé. Mais comment en est-elle arrivée là ? Elle sappelait Joliette. Sappelait car elle ne vit plus pour les siens. Elle est censée être enterrée dans la cour de la maison familiale à Fonds-des-Nègres. Elle avait rencontré lamour à Fonds-des-Blancs. Il la regardait aider sa mère à étendre son linge. Elle dépliait ses longs bras, ses longues mains adroites, avec des mouve-ments déliés et soyeux dune grande délicatesse. Elle lui apparaissait comme venue dailleurs, princesse arrachée à Yo-kele, déesse africaine en exil. Il la regardait bouger. Les yeux de ladmirateur sarrêtèrent à son visage. La plus jolie frimousse quil nait jamais vue. Le visage était immaculé, la peau noire de jais brillait de mille feux. Front large et bombé, yeux bridés et marron comme des fèves de cacao séchées. Le regard était vif, fier et serein. La sérénité de Joliette était le reflet dune parfaite conscience de soi, dune assurance sans faille ni vanité. Cest ce quexprimait son regard grave et limpide. Le nez était effilé, solidement charpenté, larête précise. Le menton sculpté par
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AU SECOURS, JE SUIS ENCEINTE !
une fossette était la touche masculine de sa grâce toute fémi-nine. Les lèvres ambrées sépanouissaient telles deux tranches de mandarine. Les grandes dents blanches étincelaient, faisant de son sourire une merveille, un éclat de soleil. Le cou rond, droit, absolument gracieux. Le regard du grand Blanc descendit et sarrêta aux seins de Joliette. Petits, en pomme semblait-il, haut plantés. Le dos était solide. Les hanches larges. Un joli derrière musclé, tendu, saillant. Joliette se cambrait, comme prête à senvoler, se débattant avec le coton humide des draps. Les cuisses bien musclées ; des jambes interminables qui sem-blaient sélancer, longues, longues, les mollets bien marqués. La terre bascula lorsque Joliette vit José. Il ny a pas de mot pour dire ce qui se passa en elle. Son sang ne fit quun tour. Des papillons de lumière lui brouillèrent la vue. Elle eut chaud, puis froid et encore chaud. José était de passage à Fonds-des-Nègres. Il y venait sou-vent, mais étrangement elle ne lavait jamais vu. Le moment nétait pas encore venu, lheure navait pas encore sonné. Pour le coup, la foudre sétait abattue dans son cur. Joliette, hardie, prit la parole la première. « Bonjour, mon bon monsieur, vous cherchez votre che-min ? Je peux vous aider ? dit-elle dune voix si douce qui létonna elle-même.  Non ma belle dame, je ne suis pas encore perdu mais je ne suis pas loin de lêtre. » Joliette sentit le sang lui monter aux joues. Bienheureuse-ment, se dit-elle, elle avait la peau sombre et cela ne se verrait pas. Il fallait néanmoins quelle trouve quelque chose à dire pour faire durer linstant. « La belle dame sappelle Joliette, et le bon monsieur ?  Joliette, un prénom bien à propos. José, pour vous faire rougir. »
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