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Aux confins de l'Univers - La Découverte

De
419 pages
La Découverte est cette quête vers ce qui à nos yeux serait du domaine de l’absurde. C’est pourquoi toute évolution, si utopique soit-elle, est toujours un possible vers lequel l’homme aspire. L’humanité entière est en attente d’ouverture, de changement et tendue jusqu’à l’impossible. C’est cet impossible devenu possible, que nous révèle la civilisation de Naturalia. Le désir fou qui entraîne l’humanité dans le « Tout est à chacun ». Sa capacité à étonner, tout comme d’ailleurs à découvrir prouve a quel point l’homme n’est jamais exactement tel que l’on se le représente.
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Éditions Le Manuscrit
Paris
La Découverte
Éditions Le Manuscrit
Paris

4
Jean-Pierre Ferrer
Aux confins de l’Univers
La Découverte

Tome 2
Roman d’anticipation sociale
Editions Le Manuscrit
Paris




















© Éditions Le Manuscrit, 2009www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-03164-5 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304031645 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-03165-2 (livre numérique) 031652 (livre numérique)








Je dis un grand merci à Denise mon épouse,
pour toute la patience qu’elle a su déployer tout
au long des années d’écriture et de création
des « confins de l’univers »

Jean
Editions Le Manuscrit
Paris
.







Deuxième jour à Baie des Mines.







« Tout esprit profond a besoin d’un masque »
Nietzsche


« Donne toujours plus que tu ne peux reprendre et oublie »
René Char



« L’utopie de la découverte est un bien nécessaire pour
entraîner l’humanité. »
J-P F
9 Deuxième jour à Baie des Mines.

Personnages de la planète Terre
Hugues : Agriculteur - France.
Hortense : sa Mère.
Amanda : Attachée d’ambassade, ex ministre
de la culture Sud Américaine, Brésil.
Abdou : Diplomate auprès des Nations
Unies, Africain.
Frieda : Historienne, Sociologue, ministère
de la politique étrangère russe
Kyi : Cadre commercial - Chine.
John : Cadre de Banque - Américain

Personnages de la planète Naturalia
Romarin : Responsable Suprême.
Jonquille : Attaché Responsable Suprême.
Rose : Coordinatrice Planification.
Chêne : Attaché Coordinateur Sécurité.
Bouleau : Attaché Coordinateur
Informations. Steward à bord de : Clair de
Terre
Immortelle : Attachée Coordinatrice
Communication.
Jonc : Mari de Immortelle.
Capucine : leur fille
Violette : Hôtesse à bord de « Clair de
Terre. »

Personnage Historique
ROSEAU : fondateur de la nouvelle société.

11 Jean-Pierre Ferrer
Personnages de rencontre
Anémone : Vendeuse.
Lierre : Membre Grand Conseil.
Nimbus : Astrophysicien.
Hêtre : Agronome.
Sycomore : Biologiste.
Frêne : Historien.
Cirse : Commandant « Clair de Terre »
Iris Responsable : Baie des Mines
Clair de Terre : Vaisseau Spatial

















Carte de Naturalia
12 Deuxième jour à Baie des Mines.

PROLOGUE
Qu’est-ce que « l’Etre humain » ? Il est pour
lui-même le plus grand des mystères et la
connaissance de soi-même, quelque chose de
fascinant. Cette rencontre directe avec soi-
même lui inspire toujours une frayeur justifiée.
Nietzsche disait : « Tout esprit profond a
besoin d’un masque. » Cela n’est pas seulement
vrai des « esprits profonds » mais de tout
Humain qui a conscience de toutes les
imperfections qui sont en lui.
Quel qu’il soit, l’homme n’est qu’un homme !
L’histoire nous en donne le sens et la limite.
Qu’il soit investi des plus grands pouvoirs ou
simple citoyen, ses capacités reste égales devant
la mort. Chacun doit reconnaître ses limites et
ses impossibilités concrètes à passer le seuil
incontournable de l’au-delà. Il sait ce qu’il
voudrait être, mais qu’il lui est impossible
d’être.
Ainsi les humains ne réalisent qu’un petit
passage dans l’immensité cosmique du temps et
de l’espace. Ils ne détiennent qu’une infime
13 Jean-Pierre Ferrer
parcelle de vérité. Ils n’ont progressé dans le
savoir qu’à petits pas et leur science est freinée
par l’avoir. Un avoir moral qui s’est vu reconnu
d’une manière inédite par rapport à des sociétés
où d’autres représentations attestaient
la « valeur » des personnes. C’est le phénomène
de marché, qui a permis le développement
d’une prospérité plus ou moins bien répartie et
partagée. Le capitalisme libéral lui a octroyé
toute puissance, toute souveraineté et toute
liberté, dans la plus parfaite légalité. Le
socialisme s’en est accommodé, et les pays
communistes y trouvent encore leurs comptes,
tant que le pouvoir central totalitaire tient les
rennes. Sans parler des dictatures qui détiennent
le pouvoir, l’avoir, l’expression et la soumission.
L’être humain est ainsi impitoyablement et
éternellement soumis à un développement
fragmentaire. Il ne sera jamais totalement réalisé
en cette vie, limité qu’il est dans sa vision
globale de sa destinée finale et enfermé dans
son propre orgueil. Ainsi, voit-il arriver le bout
du chemin sans en avoir saisi le sens, et il
retourne effarer à son destin éternel. Instant
immuable que tout croyant ou incroyant
ressentira et vivra, car la bonté infinie de Dieu
et sa grâce lui permettront d’avoir la vision de
son passage en cette humanité.
Saisir l’insaisissable, l’innommable pensée,
telle est la révélation perçue, alors que nous
14 La découverte

entrons dans le troisième millénaire. Cette
vision d’un au-delà cosmique entrouvert dans
cette galaxie lointaine où gravite
« NATURALIA » dont la « Découverte » va
nous démontrer l’incommensurable destin de
femmes et d’hommes, qui ont bouleversé le
devenir de toute leur humanité.
Deux mille ans, ne sont que quelques
générations, et c’est en se souvenant de son
passé, que l’homme donne sens à son futur.
Sénèque quatre ans avant Jésus Christ venait
de passer un millénaire sans le savoir, Soixante
cinq ans après J-C il disait déjà : « Il n’y a de
vent favorable que pour celui qui sait où il va »
Quel homme aujourd’hui peut-il savoir où il
va ? Seul peut espérer savoir cela, celui qui a la
foi en son Dieu. Foi en Dieu et non dans les
hommes, suivre les pas de celui qui fut le
Créateur de tout l’univers, c’est aimer tous les
hommes, sans aucune distinction. Aimer, c’est
respecter l’autre, son frère en Dieu. Seule une
espérance ardente dans l’amour peut conduire
l’homme à sa totale vision humaine.
Il ne faut pas attendre de notre monde ultra
libéral, qu’il déploie des mesures adéquates pour
garantir à tous, les mêmes droits et les mêmes
devoirs. L’envolée des technologies nouvelles et
le développement à outrance de toutes les
bulles spéculatives économiques et financières
laminent par le bas toutes les couches des
15 Jean-Pierre Ferrer
nations de la planète. La rentabilité et l’appât
des gains conduiront vite vers des lendemains
sans espoir et plein d’amertume. L’on assiste
impuissants à des faillites astronomiques par
des malversations qui déstabilisent des pans
entiers de l’économie et de la société. Et de
surcroît plonge dans la pauvreté et le malheur
des millions d’ouvriers et de petits épargnants.
Il est donc prouvé et de notoriété publique,
qu’aucune politique économique et sociale
assise sur une valeur qui s’appelle l’argent, ne
peu que conduire vers des infortunes, comme
toutes celles qui envahissent notre quotidien
commun à travers la planète ? L’argent qui
appelle l’argent est nocif et malsain. Il est vrai,
que bien utilisé, il peut-être d’un grand recours.
Il n’en demeure pas moins un danger toujours
explosif.
En effet ! Son pouvoir autodestructeur
demeure en lui, malgré le bien qu’en pensent
tous ceux qui le manipulent. Ont-ils un jour
pensé, que l’on pouvait vivre sans lui ? L’argent
dit-on contribue au bonheur. Certainement, en
accaparant la pensée de l’être le mieux
constitué, il s’immisce lentement dans son for
intérieur et en occulte lentement toutes les
richesses humaines, qu’il a reçues en don.
L’argent n’est pas équitable, car il n’est jamais
équitablement réparti, toutes les bonnes
intentions de partage sont un leurre. Un
16 La découverte

mensonge qui perdure et qui se multiplie, car
tant que l’on devra organiser « le resto du
cœur » c’est que l’appel de Coluche, n’aura pas
été entendu. Que tous ceux, qui détiennent un
pouvoir reçu du peuple où qu’ils soient sur la
planète, ne perdent pas de vue cette vision
énoncée, non pour déstabiliser le monde, mais
au contraire lui permettre d’évoluer vers la
dimension supérieure qui nous dépasse tous.
Le statut de l’homme politique où qu’il soit
dans le monde doit se renouveler rapidement.
Car tout pouvoir qui dure dérive vers l’autisme,
l’absolutisme et la corruption de toute sorte. La
dérive des nations à l’échelle de la planète
prouve bien, que les hommes sont fragiles,
quand la pression devient étouffante. Et que
l’on ne s’y trompe pas, qu’ils soient les tenants
ou les opposants du pouvoir, ils sont faillibles.
Tel tout homme, si grand, si intelligent, si
altruiste en son temps, doit savoir quitter le
devant de la scène, s’effacer n’est pas un acte de
démission, c’est un acte d’humilité et de civisme
profond.
Cette histoire écrite dans sa forme de fiction
romanesque veut nous plonger au cœur d’un
monde nouveau. Elle veut nous conduire pas à
pas sur le chemin de découverte de Naturalia,
vers une autre civilisation qui n’est plus celle du
développement à tout va. Mais celle d’une
pratique, qui donne à l’Humain sa dimension
17 Jean-Pierre Ferrer
d’Etres créés Femmes et hommes de toute race
et de toute confession vivant leur passage
terrestre dans une vraie communion fraternelle.
Ou le petit est plus fort que le grand, le grand
aussi humble que le petit ou tous dans la liberté
de leurs différences travaillent et vivent dans un
vrai bonheur possible dès ici-bas.
Une humanité qui a su réguler la dimension
matérielle de l’existence et celle immatérielle de
la liberté. Une société bien établie sur l’équilibre
entre ses deux dimensions, qui respecte toute
forme de sociabilité et ou chaque homme y
perçoit sa propre liberté et le sens collectif de
l’ensemble de ses frères. Une société de sagesse
et de travail commun où le responsable
Suprême est le garant de cette évolution, et où il
ne peut en aucun cas faire carrière.
L’utopie de cette fiction ne doit nullement
vous décourager, car l’utopie de la
« Découverte » est un bien nécessaire pour
entraîner l’humanité vers ce bouleversement
radical, souhaitable pour tous. C’est la voie
unique sans révolution, pour un renouveau
parfait et durable. L’amour entre tous en est la
source, il s’écoule dans le long fleuve tranquille
de la vie de Naturalia.
Comme toute parole, « la Découverte » est
une révélation. Elle ose montrer une autre
réalité, une autre vision ou le travail est la force,
le partage la fraternité, l’amour la liberté. Elle
18 La découverte

peut s’affronter sur des points de réalité
économique, mais l’essentiel, c’est faire en sorte
que l’on retienne l’éventail des possibles de sa
vision.
19 Deuxième jour à Baie des Mines.

MÉMOIRE AU TEMPS SUSPENDU
Ils allaient enfin parcourir la terre de
Naturalia, s’enivrer de sa nature généreuse, et
vivre au fil des saisons. En déceler la richesse
humaine, et participer au quotidien de ceux qui
sont le peuple. Unique moyen semblait-il à leurs
yeux, de se forger une opinion personnelle de
cette civilisation.
Ils étaient de plus en plus fébriles à
l’approche du jour fixé. Durant ces dernières
semaines, ils avaient accumulé beaucoup de
contacts, ils étaient attendus dans toutes les
latitudes, jusque dans les terres extrêmes. Une
aventure hors du commun, si grandiose, qu’ils
avaient peine à l’imaginer avec leur conception
de Terrien. Cela aurait demandé des mois de
préparation, mais surtout un budget colossal, et
ici tout était gommé, même pas une allusion. IL
n’était question que d’itinéraires, et liaisons à
coordonner pour les déplacements les plus
lointains. Leur désir de connaissance
augmentait de jour en jour, surtout depuis qu’ils
avaient visionné à la maison des grands
21 Jean-Pierre Ferrer

horizons cette merveilleuse planète. Cap-Vert
n’avait plus aucun secret. Ils en connaissaient
l’histoire et les moindres ruelles, les meilleures
tables, les clubs d’animation et de loisir. Bref !
Ils l’avaient parcouru de jour et de nuit pour y
puiser la vie, et l’ausculter pour en tirer un
diagnostic. Ils avaient rencontré les plus hauts
Responsables de Naturalia, et avec eux, ils
avaient tracé les premiers grands objectifs de
leur coopération. Ils avaient écouté leur
enseignement, et leur stratégie dans tous les
domaines, politique, économique, et social.
Le religieux n’était pas absent de leur
discours. Mais il demeurait beaucoup de
question en suspens, auxquelles il faudrait
apporter une réponse, dans les mois à venir. Ils
étaient plus que jamais déterminés à sonder le
peuple, pour bien appréhender les moindres
détails, et vérifier à la base toutes les réalités
concrètes, et leurs limites. Ils avaient eu droit
d’accès au centre intergalactique sous la
conduite de l’éminent professeur astrophysicien
Nimbus Il avait commenté le film de leur
propre trajet dans l’espace interstellaire. Cette
visite dura deux jours complets et le professeur
fut submergé de questions. Elle fut celle de
l’émerveillement devant la maîtrise de
technologie qu’ils possédaient. Une incroyable
science régnait sur cette planète toute axée pour
le bonheur de l’être humain, unique but et
22 La découverte

unique recherche. Chaque réponse entraînait
une autre question. Sujet inépuisable, plein
d’imprévus et d’interrogations ! Un véritable cas
de conscience pour le professeur qui avait en
main l’ensemble de cette force stratégique du
cosmos.
Fallait-il répondre à l’invitation pressante
d’une collaboration active entre les deux
planètes ? Quelles conséquences en résulterait-
il ?
Eux, Terriens ne voyait que le côté positif.
C’était tout naturel. Ils pensaient au formidable
impact que produirait sur la planète Terre une
telle révélation. L’être humain avait son
semblable, son identique. Ils n’étaient pas
uniques. Le cosmos était habité. Une autre
planète tournait dans une autre galaxie. Une
civilisation supérieure précédait celle de la terre
dans son organisation sociale, et technologique,
d’un millénaire ou plus ! Elle reposait sur
l’égalité en toute chose, et sur le bonheur de
l’homme. C’était sa vraie victoire, et sa plus
formidable conquête. Dans leur euphorie, ils
avaient oublié la nature conquérante de leurs
frères de la terre. Leur ambition démesurée de
pouvoir, de puissance, d’écrasement, l’orgueil
de domination, l’esprit guerrier, toute cette
panoplie pour soumettre l’autre, avec cet
arsenal d’armes destructrices, que les super
puissances brandissent pour rester les maîtres
23 Jean-Pierre Ferrer

du monde. Cette déformation guerrière brandie
en signe de paix est une mascarade, une
supercherie, dont ils font usage, pour justifier
leur cause. Les armes ne sont en réalité que des
instruments d’agression, de répression, de
ténèbres et de mort. Cette situation et cet état
d’esprit n’avaient pas échappé aux responsables
de Naturalia. C’est pourquoi, ils prônent la
patience, et ils fixent à des échéances lointaines
toutes possibilités de rencontre. Ils ont évalué le
risque couru ; et ils n’accordent aujourd’hui
aucune confiance aux Terriens. Chêne disait
l’autre jour :
« Ne brûlons aucune étape, mieux vaut
patienter un, deux ou trois siècles, que tout
perdre dans une décision hâtive. N’accélérons
pas l’histoire, laissons au temps faire son œuvre.
Elle a l’éternité pour se réaliser. »
Ils savaient que les paroles de prudence de
Chêne étaient une réalité sur la Terre. Les
Naturs connaissaient notre histoire, parsemée
d’invasions, de batailles, et de guerres. Ils
savaient pour l’avoir vécu, que l’homme est à
cause de sa nature, un conquérant peu pacifiste
et souvent un tyran. L’histoire évolutive de tout
monde comporte des zones obscures, faut-il
encore savoir tirer la leçon des temps passés !
« Sommes-nous prêts à reconnaître nos
erreurs, à recomposer nos jugements, à accepter
de nous transformer ? Nous avons peu de
24 La découverte

gloire à tirer de l’écrasement et de la disparition
de civilisations entières par des conquêtes
territoriales. Loin de nous est encore le chemin
de la paix. Trop d’ambitions demeurent en
l’homme. Trop d’armes d’apocalypse subsistent
et trop de recherches en ce sens se poursuivent.
Avec comme argument une excuse simpliste la
dissuasion. Il serait temps de mettre fin à ce
gâchis inutile, par un accord total et général sur
la fabrication d’armes, et la destruction de celles
existantes. Les machines de guerre à la casse,
nous pourrions envisager un état de droit
planétaire, et marcher en confiance, en toute
sérénité, vers l’ère du vrai bonheur. Cette
démarche est celle du bon sens appliqué par le
peuple Naturs. Il est devenu un peuple
pacifiste, et leurs craintes ne peuvent venir que
de l’extérieur de leur planète. Depuis des siècles
ils se sont attachés à évacuer tout esprit
guerrier, et ils ont établi la Charte de la
fraternité, avec pour devise “L’unité dans la
diversité”. Un combat qu’ils ont conduit avec
pugnacité, et la volonté farouche d’extirper le
mal à sa racine, au cœur de l’homme. Une lutte
qu’ils ont pu gagner en conduisant de pair
l’éradication totale de l’objet pervers qu’était
devenue la monnaie. »
Il faut savoir regarder avec lucidité les
chancres qui entravent le développement
harmonieux de la Terre, disait encore Chêne.
25 Jean-Pierre Ferrer

Prendre conscience de tous les maux qui
subsistent, et pratiquer une ablation radicale
sans concession. Vous vivez dans un monde
déshumanisé, où les puissants en infime
minorité règlent le devenir de leurs serfs. Cette
dépendance qui demeure d’âge en âge, au cœur
même des plus bienveillantes démocraties. La
Charte des droits de l’homme n’est que le
balbutiement vers la libération totale de l’être.
Ce sont tous les peuples de votre planète qui
doivent s’interroger sur leur existence
d’homme.
Pourquoi l’argent asservit-il l’homme de la
terre ?
Pourquoi est-il l’instigateur des guerres, des
révoltes ?
Pourquoi entrave-t-il le développement
harmonieux de la vie ?
Pourquoi est-il la voix du plus fort ?
Ainsi, nous pouvons introduire des
questions, et appliquer des formules vivantes,
réelles, que l’homme dit civilisé perpétue. Nous
sommes dupes de notre propre aveuglement.
Chacun tire la couverture à soi. Ce satané
individualisme freine nos élans unitaires. Nous
craignons la perte de nos racines et nous
enfermons dans nos coquilles et nos rejets
racistes. Faudra-t-il être au bord du gouffre ?
Acculés au saut final dans l’abîme profond, vers
la mort ? Pour avoir le sursaut de conscience, et
26 La découverte

la lucidité d’esprit, que tous nous sommes
semblables. Faits de la même chair, vivant les
mêmes épreuves, d’un temps éphémère, qui
nous est décompté. Etre, des êtres humains,
Femmes et Hommes dotés d’une volonté
commune, pour un destin commun, sur le
chemin du bonheur et de l’amour.
27 Deuxième jour à Baie des Mines.

PENSÉES
Il se levait à l’heure légère de l’aube pour
goûter la vivifiante fraîcheur, et respirer les
parfums envoûtants de la nuit. Il s’emplissait de
cet air vierge, et ses yeux dévoraient les
premières lueurs d’or et de carmin. Ce rite
accompli il rentrait. Il savait alors ce que serait
ce jour ; et il pouvait s’abandonner à son
incontournable café et à ses pensées.
Ce pays, il l’aimait comme s’il l’avait toujours
connu, rester là toujours, ne plus s’en aller,
jamais. Accomplir ici la besogne de tout
homme, et laisser le pénible apostolat, qu’il
devrait s’imposer au retour.
Hugues ne voulait pas analyser ses
sensations, ni trop réfléchir non plus à l’amour
qu’il portait à ces deux êtres si chers à son cœur.
Il aurait dû y penser bien avant d’entraîner Kyi
dans cette aventure, il savait bien la situation
dans laquelle il s’emmêlait. Il brûlait en lui une
passion trop forte pour chacune d’elles pour
qu’il renonce. L’une et l’autre se fondaient en
lui et son amour tressaillait en chacune. Cette
29 Jean-Pierre Ferrer

situation, il ne l’avait pas cherché, elle s’était
imposée à lui comme un lien indivisible entre
deux mondes, elle le dépassait, et il devait en
assumer toutes les conséquences. Saurait-il
trouver un équilibre équitable, sans détruire ni
l’une, ni l’autre ? Il s’apercevait de la fragilité de
ses sentiments, des amalgames qu’il entraînait à
sa suite, de toutes les confusions qu’il épandait
sur sa route, et qui ne manqueraient pas de lui
nuire, le temps venu. Saurait-il retrouver la
sérénité de son âme ? Comment avait-il suivi la
voie du désir brûlant ? Comment avait-il
enfermé sa vie sans en percevoir le danger ?
Comment lui, le guide, avait-il succombé ?
L’amour serait-il sa perte ? Il n’osait y croire, et
ne voulait pas s’enfermer dans ce labyrinthe.
Ici, tout paraissait s’écouler
harmonieusement, sûrement plus facilement
que sur sa terre, et pour la première fois ses
pensées s’envolaient négativement. Changer de
vie, abdiquer et devenir simple citoyen tout
comme les autres, perdre sa personnalité, ses
convictions. Renoncer à ce combat titanesque,
trop inégal et démesuré pour lui, fuir cette
responsabilité qu’il avait tant appelée, tant
exultée et désirée, abandonner sa mission,
décevoir ses amis. Cette voix négative qui
bourdonnait dans ses oreilles, devenait
insupportable. Elle violait son espace intérieur,
le déchirait, jusqu’à le faire tressaillir, et lui
30 La découverte

arracher un cri. Cette négation forte et brutale
qu’il appelait de toutes ses forces, et qui
semblait figée au fond de son être pour
s’expulser brutalement, et retentir comme une
délivrance.
Non ! Il ne renoncerait pas à ce rêve fou
dont il s’était grisé, alors que maintenant, il avait
la preuve irréfutable, visible à ses yeux, palpable
de ses mains. Non ! Il ne décevrait pas ses
compagnons qu’il avait entraînés dans cette
aventure. Non ! Il ne se soumettrait pas aux
charmes envoûtants du vrai bonheur. Il
retournerait semer la parole d’espérance, il
resterait lui-même. Par deux fois une voix
venait de l’interpeller, « Hugues, Hugues ! »
– Pardon Kyi, je percevais une voix lointaine.
Etrange, ne crois-tu pas ? Elle était en moi
vivante, envahissante, véritable soliloque
intérieur.
– Pauvre Hugues ! Tu vas perdre la tête. Tu
veux tout voir, savoir, ta passion est trop forte.
– Tu dois me prendre pour un fou ?
– Non ! Cette voix qui t’assaille, n’est autre
que celle de ta conscience.
– Mais alors, ce n’est plus le vrai bonheur. Il
serait tyrannique, ce n’est point ce que nous
sentons ici.
– Je crois que c’est plus complexe que tout
cela. Nous vivons deux situations différentes, et
notre analyse ne peut être la leur. Les Naturs
31 Jean-Pierre Ferrer

ont eux intégré la notion du vrai bonheur dans
tous les actes de leur vie. Ils vivent avec, c’est
un état naturel, simple et paisible. Leur
comportement est celui d’un peuple vivant une
situation dynamique extraordinaire sans aucun
obstacle majeur.
– Tu insinues que leur existence est toute
rectiligne.
– Que veux-tu savoir, s’ils sont vraiment
heureux ?
– Oui ! Je veux aller au fin fond de ce
mystère, sans enfreindre leur conscience, ni
transgresser les règles.
– Ne vas-tu pas trop loin dans tes
interrogations ? Ne cherches-tu pas à aller au-
delà de la personne, vers ce mystère si fort qui
est la relation unique de l’être à son Créateur.
– Peux-tu vraiment penser, que je veux violer
ce qui à mes yeux est la seule parcelle de vie
inviolable ?
– Non ! Je ne te comprends plus, mon
amour. La vie est si simple ici, que je ne ferais
aucun effort pour m’en extraire. Plus les jours
passent et plus j’aspire à vivre pleinement mon
aujourd’hui.
– C’est à ce constat que nous arrivons tous.
– Mais Hugues ! Quel être humain serait
assez fou pour vouloir interrompre ce
merveilleux, briser cette extase permanente du
corps et de l’esprit ?
32 La découverte

– Toi aussi, en si peu de mois, tu as opéré un
changement radical.
– Hugues ouvre tes yeux ! Ne vois-tu pas en
nos compagnons cette transformation ? Ils sont
en passe d’oublier la Terre, et le sens de notre
mission ici, pris dans le charme et les effluves
que dispense toute vie ici.
– Merci de me le rappeler Kyi. Je sais, car je
vois et entends. N’oublie pas, que j’ai déjà vécu
ce passage seul. C’est une force, mais aussi une
faiblesse de recommencer. Je voudrais te mettre
en garde sur cet état normal qui passe, pour ne
pas perdre toute illusion plus tard. Forge-toi un
moral d’acier, une carapace sans faille, mais
garde cette confiance sereine, ce dynamisme à
tout va, cette volonté qui transcende l’être.
Reste à jamais dans cette disposition, elle te
permettra de ne pas sombrer aux heures
d’angoisse. Car la voie du bonheur se gagne, et
se mérite, elle n’est pas restrictive. C’est un flot
envahissant qui submerge, dynamise, t’ouvre
pour toujours aux autres. Ton vécu ici, tu vas le
désirer pour tous tes frères de la terre. Ce
charme, tu vas en user pour convaincre. Quant
aux effluves, elles ne te quitteront plus. Tu te
rappelleras ce que je te dis ce jour, comme tu
dois te rappeler ce que je disais à notre arrivée
et bien avant : « Emplissez-vous de cette vie,
respirez là, gorgez-vous de ses effluves
puissants. » Ce n’était pas en vain que je le
33 Jean-Pierre Ferrer

disais. Nulle part ailleurs qu’ici, tu ne
retrouveras cet envoûtement. Ce n’est point un
mystère, ni une magie quelconque, c’est tout
simplement dû à la grande pureté de l’air. A ce
retour dans une atmosphère saine, presque
virginale, où les senteurs infimes sont toutes
perceptibles à l’odorat. La nature généreuse en
est pourvue et dispense ses essences olfactives
qui excitent merveilleusement nos sens. Ses
émanations ne sont pas l’exclusivité de
Naturalia, notre nature terre en dégage autant,
seule différence notoire notre atmosphère
polluée ne nous permet plus de sentir les odeurs
naturelles. Il ne subsiste plus sur notre planète
que quelques infimes coins vierges, où quelques
rares privilégiés peuvent encore s’offrir ce
plaisir de l’odorat. Aussi pour pallier cette
frustration, nous n’avons rien trouvé de mieux
que de fabriquer des senteurs artificielles
agressives et nauséabondes. Et qui plus est
commercialisées dans des bombes aérosol,
véritables détonateurs contre nature et nocives
à l’extrême de la couche d’ozone. Jusqu’où
irons-nous ? Combien de temps tiendrons-
nous ? Saurons-nous, nous arrêter à temps ?
Tout cela, avec tout le reste, fait la différence
entre les Naturs et les Terriens.
– Ainsi, crois-tu à l’influence naturelle sur le
subconscient de nos êtres ?
34 La découverte

– Non seulement j’en suis certain, mais je
l’affirme, et je peux l’expliquer sans de grandes
théories scientifiques. Les Naturs ont maîtrisé
leur avenir, par un retour drastique au naturel.
Ils ont éradiqué le mal à la racine « la monnaie »
pour se doter de la force d’intervention et
développer les orientations économiques,
naturelles et humanistes. Homme, nature ; paix
et bonheur. Sans pour autant renoncer à la
modernité, ils ont choisi l’utile à l’inutile, et fait
le choix irréversible du bien sur le mal.
– Mais pour arriver au degré de technologie,
n’ont-ils pas dû pousser leurs essais, et peut être
ont-ils commis des fautes.
– Sûrement que la maîtrise n’est pas venue
seule, mais ils n’ont pas hésité à épurer tout ce
qui représentait un danger. Ils ne se sont pas
entêtés comme nos Etats au surarmement pour
préserver leur souveraineté au détriment de
l’humanité.
– Ils ne sont ni des surhommes, ni des
créatures étranges. Ce sont des sages. Ils ont su
trouver l’équilibre entre les hommes et les
éléments. Une civilisation où chaque homme
est l’égal de son semblable dans toute sa
diversité. Un rêve fou, insensé, qu’ils ont osé
entreprendre, et qu’ils ont maîtrisé.
– Oui, je sens en moi progresser de profonds
changements, mais je ne peux dire encore si
cela provient de la vie ici ou plus simplement de
35 Jean-Pierre Ferrer

vivre à tes côtés. Il y a pour moi un côté conte
de fée. Tant d’événements se sont succédé, que
souvent je rêve oubliant que nous sommes en
mission.
– Ce qui est certain, c’est qu’il se passe
quelque chose d’indéfinissable encore.
L’euphorie naissante en tous, n’est autre que la
façon de réaliser son passage d’homme sur une
terre où tout est accompli pour qu’il en tire lui-
même la plénitude. Ici tout est si naturel, que
tout paraît simple et facile. Il faut se garder de
penser et voir ainsi, car leur civilisation est très
exigeante, et demande des efforts soutenus
pour ne pas tomber dans un laxisme qui leur
serait fatal. Je voulais te mettre en garde avant
notre long périple, car tout au long des jours ce
merveilleux ne nous quittera pas. Le bonheur
sera de plus en plus intense. Nos yeux verront
le déroulement d’une vie autre, où les
réalisations innombrables nous éblouiront. Plus
tard ! Ta mémoire débordera de richesses
insoupçonnées, inaltérables et inépuisables, que
tous reçoivent et partagent pour leur grand
bonheur.
– Pourquoi veux-tu me mettre en garde
devant tant de richesses et de bonheur ?
– Pour que tu puises dans cette richesse de
vie, la force essentielle au combat futur.
– La force, pourquoi ? Tu me déroutes. J’ai
toujours pensé à une lutte pacifique.
36 La découverte

– La force est en chacun de nous, elle vit en
nous pour en faire usage. Elle est douce mais
tenace, elle ploie mais ne rompt pas, elle sait se
faire entendre et devient exigeante. Elle peut
être menaçante et violente, dans ses réparties si
la situation la provoque, et son usage parfois
nécessaire. Si tu as la force en toi, tu vaincras. Si
tu la sollicites, elle te sera donnée pour une juste
cause. Demain, nous aurons la tâche de
dynamiser les hommes de la terre pour qu’ils
prennent en main le futur de leur vie. Saisis-tu
la carapace qu’il te faudra ? Cela, tu devais le
savoir !
– Oui Hugues, je saisis et j’ai peur de ma
faiblesse. Tu devras tenir ce discours à nos
compagnons.
– Sûrement, mais toi aussi Kyi, tu es
maintenant en charge pour le faire. C’est cela la
dynamique du thermocouple, l’énergie
rayonnante qui permet de régénérer de hautes
températures envahissantes porteuses d’une
thermodynamique, dont désormais nous
sommes emplis. Cette force ne nous quittera
plus. Rien ne sera comme au temps passé. Tu
peux aller, en toute confiance, la route est
ouverte. A toi maintenant de répandre ce que tu
as reçu. Donne et ne reprend jamais. N’attends
pas de voir lever ce que tu vas semer, va, dis,
annonce et réjouis-toi, ton oeuvre te survivra.
Dès ici bas tu atteindras des bonheurs
37 Jean-Pierre Ferrer

insoupçonnés, et plus encore, quand tes yeux
retourneront dans l’ombre de la terre, et que tu
verras alors le chemin parcouru à la lumière
éblouissante du Père éternel.
– Tu me demandes un acte de Foi. Suis-je
digne d’un tel acte ?
– Sollicite sa venue en toi et il t’inondera de
sa force. Ce dialogue matinal fait oublier le
temps qui fuit, et nous avons pourtant des
engagements à respecter. Que fais-tu,
aujourd’hui Kyi.
– Je retrouve Anémone chez elle à onze
heures.
– Que faites-vous ?
– Je ne sais pas ! On verra bien. Nous allons
mieux nous connaître. Et toi ?
– Tu le sais très bien. Feins-tu d’oublier ou
veux-tu encore me faire répéter.
– Pardonne-moi Hugues, je suis toujours à
vif. Je ne devrais pas m’insurger contre elle, ni
envers toi. Je suis entrée dans ta vie que bien
après, et tu n’es pas ma possession.
Elle s’était accrochée à son cou et
l’embrassait. Puis elle redit.
– Je ne sais pas reconnaître l’amour que tu
me donnes, j’ai toujours besoin de preuves. Je
suis égoïste, voulant tout, ne partageant rien,
mais j’ai confiance. Je suis déjà comblée et
heureuse, je te promets, cela n’altérera pas ma
journée. Je comprends le désir d’Immortelle de
38 La découverte

te recevoir chez elle, et sa joie de te faire
connaître sa fille, son mari, et sa maison.
– N’ajoute plus rien Kyi. Je ne suis pas un
surhomme, et l’avenir nous dira ce dont nous
sommes capables.
Sur ce, il la souleva de ses bras puissants et
l’embrassa, deux coups retentirent sur la porte.
– Qui est là dit-il ?
– John et la suite. Pouvons-nous entrer ?
– Entrez !
– Alors les amoureux, lança John, il fait si
beau dehors ! Nous venions vous dire au revoir,
nous partions au Cap où chacun a des
occupations diverses, et nous ne pouvions
partir sans vous avertir.
– Nous devons aussi nous y rendre. Hugues
à midi, et moi, vers onze heures.
– Tu n’as pas l’air de connaître la dernière
dépêche, dit Frieda.
– De quoi s’agit-il ? réplique Hugues.
– Ton ex-Président est décédé ce matin.
Et tous les quatre d’une même voix
solennelle ajoutaient : « nos condoléances, cher
compatriote. »
– Je ne pensais pas une fin aussi rapide. Il a
assuré jusqu’au bout ce rôle qui lui collait si
bien à la peau. Que Dieu soit indulgent, pour
tout ce qu’il n’a pas accompli de sa si lourde
charge. Il entre aujourd’hui dans l’histoire de
mon pays, dommage que ce ne soit pas celle de
39 Jean-Pierre Ferrer

l’humanité. Un Président de plus qui n’aura pas
saisi le vrai sens de l’histoire universelle. Je
pense et je crois qu’il a fait son possible pour la
France. Il lui aura manqué l’ambition et la
vision de l’avenir, pour propulser son pays vers
le troisième millénaire. Son humanisme et ses
dons d’orateur n’auront pas dépassé nos
frontières. Toute son énergie politique aura été
balayée par le poids du pouvoir économique.
Incontestablement, c’est un handicap qu’il n’a
pas su, ni pu surmonter.
– Tu n’es pas tendre envers ton Président.
– Je m’incline respectueusement devant
l’homme. Je ne le juge pas. L’histoire s’en
chargera, quand le temps sera venu. Pour
l’heure, je ne peux que dresser un constat
d’échec qui se perpétue de politique à politique.
Ils luttent en vain contre le chômage pour le
plein emploi, et ne s’aperçoivent pas ou font
semblant ce qui est plus grave de ne pas savoir,
qu’ils sont muselés par les défis économiques.
Ils asphyxient l’humanité à commencer par les
plus pauvres. L’économie ne sert que la règle du
profit, que manipulent d’habiles financiers. Mes
amis, la mort d’un homme si illustre soit-il, ne
doit pas dévier notre combat. Il faudra des
prêcheurs de l’impossible pour dévier le cours
de l’histoire des hommes. Vous êtes convaincus
que l’on peut gérer autrement les ressources
d’une planète. C’est du domaine du possible,
40 La découverte

mais surtout du bon vouloir. Il faut oser aller à
contre sens, quand on tient les rênes du pouvoir
exécutif.
Etre chef, c’est avoir une vision. C’est aussi
un talent reçu pour le service du bien commun,
qu’il faut faire fructifier. C’est au nom des
manquements à cette éthique que je réagis, vis à
vis des gouvernants, mais aussi de nous-mêmes,
qui devons tenir un langage de vérité et
d’absolu, en devenant critiques des actes
sclérosés du passé, et les fers de lance des idées
nouvelles. Peu importe le temps qu’il faudra ?
Ce qui compte, c’est que l’œuvre soit en route.
Tu ne rates pas une occasion pour nous
rappeler notre objectif, dit Amanda.
– Exactement ! Il faut sans cesse raviver la
mémoire.
– Tu ne veux point, que l’on se laisse
emporter par la facilité ou griser par le chant
des sirènes, ajoute Frieda.
– Oui ! Redresser la barre, avant de faire
fausse route.
– Que veux-tu dire, par fausse route ?
demande John.
– Je ne veux pas lancer un débat, nous y
reviendrons, c’est promis.
– Je n’oublierai pas, réplique John.
– Amis, bonne journée, et à demain soir
Hugues les laissa sur une interrogation.
Avait-il voulu les embarrasser ? Peut-être les
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