Aux temps d'importance

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L’amour, un thème central de la littérature qui semble être redécouvert dans ces nouvelles par Philippe Espérandieu. L’amour qu’un homme ou une femme peuvent ressentir certes, mais aussi l’amour d’un instant fugace de notre vie, d’une rencontre inattendue, d’"un matin de juin" ou d’"un fragment de la nuit". Des textes qui dévoilent petit à petit, mot après mot, la sérénité et l’imagination de leur auteur. Rencontres, histoires fantastiques, vie quotidienne… Sous la plume de Philippe Espérandieu, toute histoire prend une dimension particulière, unique. Il crée une atmosphère dans laquelle tout devient extraordinaire, invente un monde qui nous effraie parfois, qui nous rassure souvent, mais qui assurément nous montre toujours que chaque moment doit être vécu intensément. Il nous livre avec "Aux temps d’importance" un recueil touchant et plein d’humour qui va avec simplicité à la conquête de son lecteur.
Publié le : vendredi 30 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748356762
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748356762
Nombre de pages : 156
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Philippe Espérandieu
AUX TEMPS D’IMPORTANCE
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0115440.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
Elle et vous Lettres – récits
La Certitude Vous lavez vue, dans un après-midi de douceur, alors quelle passait, là, devant vous, grande et belle, tellement grande et tel-lement belle que votre rétine en a été imprimée dès cette première vision. Vous ne cherchiez plus, à ce moment-là, qui pourrait redonner vie à ce cur qui était le vôtre et qui battait pour rien depuis longtemps. Vous veniez de comprendre depuis peu la signification des mots « attente » et « patience », et vos longues heures de conversation avec vous-même avaient eu le bonheur de vous apprendre de belles choses sur la vie et sur lhumanité. Et vous attendiez, avec patience, et vous patientiez, en attendant. Vous naviez plus peur de regarder les gens dans les yeux, les vagues hurlantes du passé sétaient calmées delles-mêmes, et sans le vouloir, dautres gens avaient pris une place damitié dans votre cur qui cicatrisait lentement Ce que vous redoutiez dans lespoir que cela arrive est réelle-ment arrivé, sans même vous demander votre opinion, et vous avez trouvé cela très bon et très doux, votre cur-éponge sest mis à battre comme une vieille horloge qui se remet à égrener le temps. Mais vous ne comptiez pas le temps qui passait, non, votre cur avait besoin du carillon des heures, de ces bonnes heures, de ce bonheur tout nouveau que vous avez pleuré de lintérieur, vous aviez lenvie de ces sonnailles damour pour célébrer cette naissance, cette éclosion inespérée. Votre cur plus que vous savait exactement ce quil vous fallait pour être heureux, et vous lavez aimée, tout de suite, elle, grande et belle, parce que vous ne pouviez pas faire autre chose
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que laimer. Vous navez pas cherché à comprendre ou à analy-ser quoi que ce soit, vous avez juste écouté ce que le rythme doux et léger du cur vous disait en chuchotant. Dautres que vous auraient prêté attention aux éclats de voix, aux clameurs, à tous les bruits alentour, certains auraient donné crédit au rai-sonnement, au raisonnable, donnant raison à la Raison, juste pour avoir une raison davoir sûrement raison. Mais non, vous navez entendu que le murmure caressant distillé au creux de votre oreille par votre cur. Vous savez que vous laimez, maintenant, et tout par la suite aura un lien avec cet amour, tout ce que vous penserez ou direz aura la même résonance, la même vibration, parce que vous naurez quelle dans votre amour et quil ne voudra plus quelle. Cest au travers delle que vous allez voir le monde, et le monde sera beau, et toute chose sera belle à vos yeux, parce que ses yeux verront les mêmes choses que vous. Il est certain que vous nallez pas vous abêtir à contempler toute chose par elle, sans réagir ni participer, et vous savez bien que les goûts peuvent changer, que les hommes sont versatiles et que la nature reprend toujours ses droits. Vous avez horreur des phrases creuses et des âmes vides. Vous laimez, et cest tout. Vous aimez, et cest bien. Votre amour se nourrit de sa présence, de sa douceur, de sa beauté. Elle est devenue telle-ment importante pour vous que vous nimaginez pas un seul instant une autre situation que celle-ci. Elle est belle et vous laimez. Vous écoutez la respiration de cet amour qui grandit lentement, vous vous sentez bien, calme et détendu, extraordi-nairement bien dans votre enveloppe corporelle. Vous avez tout de suite su que cest elle quil vous fallait ai-mer, et vous ne chercherez jamais à savoir pourquoi. Vous aimez les choses paisibles et merveilleuses, et vous avez appris
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où se cachent la beauté et la simplicité de lamour. Tout en elle vous attire, et pourtant vous ne la connaissez pas ; quimporte, puisque cest à lintérieur de vous-même que sest opérée la transformation qui comble votre vide et votre absence, quimporte effectivement, puisque cest votre être en entier qui la ressentie et qui vous fait laimer ainsi. Vous navez plus rien à faire quà lattendre, en patientant, vous devez juste patienter dans une attente douce et langoureuse, comme un demi-sommeil daprès-midi de tendresse. Vos yeux nont pas besoin de la chercher, elle se trouvera un jour juste devant vous, et cest elle qui vous regardera. Vos mains nont pas à tenter de la toucher, elles ne rencontreront que de lair, car celle que votre cur aime viendra un jour prendre ces mains que vous tendez vers linfini. Tout votre corps qui réclame la chaleur du sien doit calmer la violence de cette passion et lardeur de cette ardeur, puisque votre cur débordant de sérénité sait quelle va venir, bientôt, dans un temps qui na pas la valeur de la durée que nous connaissons, et juste quand il le faut, quand ce sera le bon moment, un inter-valle qui est autre que tous les autres événements réunis Cest vrai que vous laimez comme on peut vraiment aimer, comme on ne peut chérir quelle, et puisquon ne parle pas de mérite, cest vrai que vous ne la méritez pas. Vous ne méritez pas ce qui est comme un dû, vous navez pas à espérer quelquun qui vous convient, elle se doit à vous et vous appartient, vous vous devez à elle et lui appartenez. Votre histoire est déjà liée à la sienne, vous faites partie lun de lautre sans quelle le sache en-core, mais cela viendra, suffisamment tôt. Ce nest pas par vanité que vous êtes sûr de vous, il nest pas question de présomptions ou dautres fragiles perceptions, votre assurance procède dune logique infaillible, presque cartésienne, insensible aux mouvements désordonnés des pantins qui vous environnent, étrangère aux calculs et aux pensées oiseuses qui
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décorent le ridicule journalier de votre voisinage. Vous êtes vous-même, cela peut en gêner certains. Vous ne craignez pas de pen-ser à limportance du moment sans le déranger ou le brusquer, la certitude dune finalité autrement plus joyeuse vous transperce de part en part et vous environne, vous faisant baigner entièrement dans une quiétude quasi extatique, cest-à-dire bienheureuse. La félicité est descendue en vous, le bonheur, cest vous. Il vous appartient, comme entité, il est vous, comme identité. La percep-tion morale que vous avez de lamour vous transforme et vous transporte. Vous navez pas besoin de chercher pour savoir, vous possédez la connaissance, le véritable savoir, enrichi mille et mille fois de par sa pureté originelle. Gardez-le, ce savoir, gardez-en pour deux, pour elle et pour vous, afin quelle et vous le consommiez en savourant pleine-ment le vrai et le bon. Rien ni personne nentravera lardent déploiement de votre amour, rien ne saurait en empêcher la progression passionnelle. Souvenez-vous sans cesse que tout est réalisable, et que ce TOUT vous est possible, parce que cest elle, et parce que cest vous
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