Avant les sables

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Ce livre est au milieu du cycle de Myriam B. Gers. Il suit Le Romanef, campant ses ancêtres, et précède Horizons navigables au chaud de l’aventure. Il aurait pu s’appeler « L’oreiller de sable », car la vie de Myriam juste avant qu’elle ne se perde dans le Sahara. C’est l’amour-simoun qui annonce déjà sa fuite et sa libération. Avant les sables, Myriam s’abîme dans un brûlant triangle, son premier. Il présuppose l’abandon total aux sens humains. Les dessous de la neige. C’est ici que commence vraiment l’histoire de Myriam B. Gers.
« Quelque chose menaçait de vaincre Myriam B. Gers. Et un rêve s’empara de la belle. Le rêve n’avait pas de forme discernable, mais leur langage commun à tous trois en était rendu à ces fines perceptions. La quête s’approfondissait — dangereusement. C’était un grand rêve fleuve, le long d’une noire contrée profonde qui faisait des prisonniers, si on n’y prenait garde. Il était impossible de savoir l’histoire parallèle et étrange qui l’agitait quand Myriam s’endormait quelque part, presque n’importe où, maintenant. Alba ne la laissait plus longtemps seule à la salle de bains ou à la cuisine. Le rêve réclamait Myriam. Le songe voulait que vienne dormir en lui la belle. »
Publié le : jeudi 13 octobre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782923844732
Nombre de pages : 128
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ANDRÉELAURIER
AVANT LES SABLES
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novella
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DANS LA MÊME COLLECTION
Renald Bérubé,Les caprices du sport, roman fragmenté. Hugues Corriveau,De vieilles dames et autres histoires, nouvelles. Esther Croft,Les rendez-vous manqués, nouvelles. Jean-Paul Daoust,Sand Bar, récits. Pierre Karch,Nuages, contes et nouvelles. Sergio Kokis,Clandestino, roman. Sergio Kokis,Dissimulations, nouvelles. Henri Lamoureux,Orages d’automne, roman. Guillaume Lapierre-Desnoyers,Pour ne pas mourir ce soir, roman. Andrée Laurier,Le Romanef, roman. Maurice Soudeyns,Qu’est-ce que c’est que ce bordel !, dialogues. André Thibault,Sentiers non balisés, roman. Nicolas Tremblay,L’esprit en boîte, nouvelles. Claude-Emmanuelle Yance,Cages, nouvelles.
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DE LA MÊME AUTEURE
L’étrange maison d’Elseva, novella, Montréal, Humanitas, 1995. Quartiers divers, recueil collectif de nouvelles, Gatineau, Vents d’Ouest, 1997. L’ajourée, roman, Gatineau, Vents d’Ouest, 1998 ; Montréal, XYZ éditeur, 2008. Mer intérieure, roman, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Romanichels », 1999. Le jardin d’attente, roman, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Romanichels », 2001. Horizons navigables, roman, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Romanichels », 2006. Le Romanef, roman, Montréal, Lévesque éditeur, coll. «Réverbération», 2011.
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ANDRÉELAURIER
AVANT LES SABLES
novella
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Laurier, Andrée Avant les sables : novella (Réverbération) ISBN 978-2-923844-72-5 I. Titre. II. Collection : Collection Réverbération. PS8573.A782A92 2011 C843’.54 C2011-941678-6 PS9573.A782A92 2011
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e Dépôt légal : 3 trimestre 2011 Bibliothèque et Archives Canada Bibliothèque et Archives nationales du Québec ISBN 978-2-923844-72-5 (édition papier) ISBN 978-2-923844-73-2 (édition numérique)
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Production : Jacques Richer Conception graphique et mise en pages : Édiscript enr. Illustration de la couverture : Fotosearch Photographie de l’auteure : Richard Van Camp
Le temps pouvait se comporter comme de l’eau pour Myriam B. Gers, bien avant qu’elle adopte les déserts comme lieux de réflexion. Son seul parent connu était navigateur, et peut-être est-ce pourquoi l’espace, lui aussi, se mit à couler autour d’elle à un nœud décisif de son existence. Des gens se joignirent à elle. Le plus simplement du monde. Un jour blanc, elle faillit tomber mais fut rattrapée juste à temps par deux étrangers qui lui saisirent les bras. De son appartement, elle les avait souvent regardés à la verrière du café en face de chez elle. Ils étaient experts en attente ; s’asseyaient parfois à la même table, mais ne sem-blaient jamais se parler. Le jeune homme se nommerait Yacek et la jeune femme, Alba. Il était brun, grand, fuselé ; elle, miel, fine et vive. Myriam sentit donc ce jour-là la laine du manteau de Yacek, le tonus d’Alba qui n’était ni grande ni petite, mais mince et peut-être têtue. Le jeune homme connaissait Myriam car il l’épiait depuis longtemps, du café, et sa mis-sion, aujourd’hui, consistait à trouver l’exacte couleur des yeux de cette femme. Alba n’avait aucun but aussi précis ni même de préméditation, mais la quasi panique de Yacek, voyant Myriam tanguer, l’avait lancée sur sa trajectoire, der-rière lui. Ainsi firent-ils tous les trois connaissance en se heur-tant. C’était le premier triangle dans la vie de Myriam. Trois êtres aux pores dilatés en début d’hiver. Dont les battements cardiaques s’accéléraient à l’unisson. Parce qu’ils étaient coincés en Myriam B. Gers où une étrange page attendait. Myriam lisait mieux dans les êtres depuis que le sien propreluiéchappait.Puisquellevoyaitmoinsdemonde,qui-conque l’approchait était un univers à comprendre. À absor-ber. Elle avait l’impression d’avoir déjà vécu ce moment, en
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sentait l’importance, et voyait ces deux ex-étrangers comme s’ils se tenaient devant les tableaux d’une exposition éclatant de couleur. La vie, folle, verticale, les réclamait. Elle le comprit tout à coup. Tout lui était devenu étranger, si ce n’est l’étrangeté même. Jusqu’à avoir l’impression de ne pas être la seule à vivre en elle. Myriam B. Gers disparaissait parfois de sa propre vie. Et gardait des souvenirs précis, pour-tant, mais telle une observatrice postée plus loin. Elle croyait se terminer au delà de ses membres. Et comme elle était belle, et comme ce mystère la dénudait, elle s’éloignait de sa propre vie pour en trouver deux. L’intimité, de primordiale, lui était devenue étrange. Une chose immense et inachevée. Elle sourit. Ils le virent. Il faudrait qu’elle leur parle tôt ou tard, à ces deux bon-heurs debout. Ils étaient plus beaux de près que de loin. Yacek, visiblement slave et Alba, plutôt anglaise. Une équation se préparait, que Myriam devait jauger en quelques secondes. Elle les laissa la tenir et même la soutenir intensément. Sa beauté un peu mutine, un peu froide, arrêtait des conver-sations. Puis ce grand manteau de poils de chameau la mai-grissait, la faisait paraître plus tragique. Normalement, sa prestance la rendait inatteignable, comme une damnation. Ou alors elle la perdait presque complètement ; à preuve, ces bras qui insistaient sur les siens. Elle les pilotait vers chez elle. Ils tenaient bon, surtout qu’ils savaient exactement à quelle fenêtre elle paraissait le jour. Et c’était à deux pas, le 56 de la rue Maille. Depuis qu’elle s’intéressait à l’art, dans son enfance, même, Myriam avait cherché à comprendre le halo qui main-tenait lumineuses les choses dites belles. De sa propre beauté, elle ne tirait aucun orgueil. Elle n’y était pour rien. Elle la quitterait. Peut-être bientôt. Une ombre commençait à se dessiner autour de ses yeux. Elle ne les laissait pas la regarder de face.
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