//img.uscri.be/pth/c411d243ff53c6aeccfed3c990a8f9a53b4c2a69
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Balade sur le rouge

De
97 pages
Il n'y a pas urgence. Francky a tout le temps qu'il souhaite pour mener à terme son contrat. Aucune condition particulière pour l'éxécution du terrible docteur Hermman, gourou d'une secte vampirique. La plantureuse Eléa, adepte du mouvement, accompagnera à son insu notre héros tout le long de sa mission, sur une route au décor de snuff-movie, de courses poursuites, de meurtres et d'humour.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

BaladesurlerougeAlain Maloyan
Baladesurlerouge
ROMAN© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1357-8 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-1356-X (pour le livre imprimé)Avertissement de l’éditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques
littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre.
D’éventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de
la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du
traitement de l’ouvrage, le texte en l’état.
Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
5bis, rue de l’Asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone:0148075000
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comPutainçafaitchier,troisheuresàmoisirsurcette
putain de route, le dernier panneau indiquait Paris
190 km, quelle idée d’aller dans ce bled pourri ; la
prochainefoisqu’ellemebranchesurunplanpareil,
c’est deux tartes dans la gueule, ça m’apprendra à
écouter les gonzesses !
Et ce connard avec sa BMW, il avait besoin de
me lâcher dans ce trou à merde, même pas un rade
pour faire monter la jauge. Pas le moindre blaireau
àmoinsdetrentebornes. Enfin! Vulafoulequ’ily
a sur cette route, je ferais mieux de poser mon cul
à l’ombre d’un arbre en attendant qu’un péquenot
s’arrête. Et on dira que c’est la pause café, sans le
café bien sûr, parce que lui, c’est au fond de mon
estomac qu’il est.
Delapochedemonblouson,jesorsleWalkman;
il est cool Lulu, super, un Sony Auto Reverse avec
enregistreur, tout ça contre deux barreaux ; enfin
quelque chose de positifdans cette galère !
J’enquille les écouteurs sur mes oreilles, appuie
sur “play” et mets le volume à fond.
“Borntoberide,borntoberide”
SMOKE-SMOKE…
Lapetitepauseterminée,jemedécideàreprendre
duservice,deuxtroistapessurlecul,histoired’être
présentableà cesMessieurs-Dames, range lematos
et me voilà en position d’empereur romain hésitant
7Balade sur le rouge
surlesortdecepauvregladiateurquiatrèsbiencom-
battu d’ailleurs, mais… un peu mou sur la fin. Le
prochain, lui, n’a pas intérêt à me les brouter, parce
que mapatience ades limites,maisquandmême!
Non, je rêve !
Àtraverslegrosnuagedepoussière,j’aperçois…
incroyable! UneBMW!Décidément,çacommence
à me plaire. Je me dirige vers elle, sans courir bien
sûr, jamais courir. D’un pas sûr, armé de mon plus
beau sourire, je vais vers la voiture. Bzz, la vitre
se baisse ; c’est même pas une gonzesse et même
très loin d’en être une. C’est plutôt cinquante balais
deconneriehuileuse,incrustéeàcettemassegriseet
sans nom.
- Bonjour.
- Bonjour, j’vais sur Paris.
- Ouais, ça peut se faire.
J’ouvre la portière et m’installe docilement dans
le fauteuil.
“Born to be ride, born to be ride”
Cela fait bientôt cinq minutes que je suis dans la
voitureetlegrosnem’adressetoujourspaslaparole.
-Ceinture!
-Quoi?
- Ceinture, qui c’est qui paye s’il y a P.V. ?
- Ouais, OK (bonjour la converse).
Je m’exécute, et sans lui demander son avis, al-
lume l’autoradio du véhicule, qui nous agresse de
publicité.
“Semaine folle aux galeries Lafayette, 50 % au
rayon textiles, plus de deux cents articles à moitié
prix,offrevalablejusqu’àépuisementdesstocks…”
Mes sens se vrillent, je me tasse dans mon siège
et regarde le paysage qui s’offre à nous ; champs de
blé à droite, champs de blé à gauche. Le soleil qui
nous a béni toute la journée, ne tardera pas à aller
del’autrecôtévoircequis’y passe. Lapenduletteà
quartzsur letableaude bord indique 17h 58, cequi
8Alain Maloyan
veut dire que je ne serai pas à Paris avant 20 heures
etprobablementpaschezmoiavant22heures. “Dé-
cidément, quelle merde ce week-end”
-Ehp’titmec! c’estpourlaradioquet’esmonté
dans ma bagnole ou quoi ?
- Hein, quoi ? Heu… Non, non c’est pour l’am-
biance. Maisqu’estcequej’aifaitaubonDieupour
me coltiner des blaireaux pareils ?
- Vous êtes dans le commerce ?
-Sionveut,dans lesspiritueux plusexactement.
- Les quoi ?
- Les alcools, quoi !
Effectivement,enleregardantd’unpeuplusprès,
j’en déduis que son fond de teint n’est pas des plus
naturels : lui, c’est plutôt rouge bordeaux drainé de
petits filons violacés qui lui parcourent la moitié de
la gueule, mais leur point d’ancrage, c’est son pif…
quellehorreur…quiluid’ailleurs,vireplutôtaubleu
de méthylène.
- Et toi ? Au chômage comme les autres ?
-Sionveut.
- Cela veut dire quoi, si on veut ?
-Jefaisunstagederéinsertioncommemagasinier
enpiècesdétachéeschezCitroën,cesontlesAssedic
qui me paient.
-Ahouais! tum’étonnesqu’onsoitdanslamerde
avec des branleurs pareils.
Un petit rire sardonique émane de sa bouche, je
parle mais il ne me regarde pas, non, c’est plu-
tôt “cause toujours tu m’intéresses”, il ne répond
rien. Deuxcentsbornesàtireravecceconnard,vaut
mieux rester souple, mon attention se reporte sur la
radioetj’endéduis parlamerdequ’ellenousdébite
à la minute, que c’est au moins RMC.
-Dites,çavousdérangepassijemetsunecassette
dans le poste parce que…
9