Bienvenue à Alliance

De
Publié par

Représentant en matériel agricole n’est pas toujours une profession tranquille. Surtout à Alliance, Nebraska, sympathique petite ville du Middle West. Pour preuve, ce brave Stuart Dawson qui va rencontrer Talia et Mary, superbes créatures. Mais aussi quelques cadavres et une magouille politico militaire qui vont changer sa vie. Et la nôtre…
Publié le : mercredi 12 juillet 2006
Lecture(s) : 153
Tags :
EAN13 : 9782748183788
Nombre de pages : 169
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

2 Titre
Bienvenue à Alliance

3DU MÊME AUTEUR
AUX ÉDITIONS LE MANUSCRIT
Terra Nova, Roman de science-fiction, 2006.
Jeu de Maîtres, Roman de science-fiction, 2006
Exutoire, Nouvelles, 2006 Titre
Michel Joscht
Bienvenue à Alliance

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-8378-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748183788 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-8379-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748183795 (livre numérique)

6





. .
8 Première Partie
PREMIÈRE PARTIE
9 1
1
Je n’ai jamais trop aimé les flics. Il y en a des
bons, des braves, bien sûr. Des avec femme et
enfants, des qui font ce boulot par vocation.
Mais il faut bien avouer que la plupart font ce
métier parce qu’ils n’ont rien trouvé ailleurs, ce
qui les rend, vu le pouvoir qu’on leur donne sur
la populace, un tantinet sadiques. Surtout avec
les automobilistes, ces derniers temps.
Moi je suis peinard au volant de ma Dodge
de location, arrêtée à un feu rouge et j’écoute le
dernier Bénabar, un petit français qui monte.
J’aime bien le français c’est une belle langue.
Lui, le flic, il arrive dans ma vie comme une
fusée. Quand je lève la tête, il est encore à dix
mètres de moi. Au-dessus de ma voiture, pour
être précis. Ce sont ses hurlements qui m’ont
fait lever la tête. Je l’ai reconnu à son uniforme
bleu, une sorte d’instinct chez moi, bien qu’il
n’ait pas de casquette. Et pour cause, elle chute
tout comme lui, mais vu les lois de la pesanteur,
elle a pris du retard. Et d’ailleurs, fort
logiquement et dans la seconde qui suit, le
monsieur vient s’écraser juste devant ma belle
11 Bienvenue à Alliance
auto. Ça fait un gros schfflacc. Et sa casquette,
beaucoup plus polie si j’ose dire, se pose
délicatement sur mon capot. Donc, fin d’un
mythe, les flics ne volent pas. C’est démontré
par celui qui s’est éclaté devant moi.
Sacrée chute, si j’en juge par la hauteur de la
tour. De quel étage il vient, ça je ne le saurai
sans doute jamais. En tout cas, vu l’état du
cadavre, il tombe de haut celui-là. Suicide,
accident, meurtre ? Ça fait quand même un
drôle d’effet de voir un flic arriver sur un feu
rouge de cette manière, surtout à cette heure
matinale.
À ce stade et normalement, je devrais sortir
de ma voiture pour me précipiter vers le
cadavre. Hors, il se trouve que je ne suis pas
seul dans ma Dodge. Une splendide créature
répondant au doux nom de Talia est assise à ma
droite. Depuis une bonne demi-heure que nous
sommes enfin sortis de ce bar où je l’ai levée, je
n’arrête pas de reluquer sa petite culotte de
dentelle blanche qu’elle me montre
innocemment, la bougresse, en croisant bien
haut ses magnifiques cuisses galbées. Et dire
que je me régalais déjà d’avance. Décidemment
je n’aime vraiment pas les flics.
Mais le devoir, c’est le devoir. Je sors donc et
m’approche de cette masse informe, fracassée.
Un vrai pantin désarticulé. Sa tête fait un drôle
d’angle, ses jambes sont repliées sous son corps
12 1
et une flaque de sang s’élargit doucement sous
lui. Ses yeux grands ouverts sont remplis de
terreur, sa bouche cassée affiche un rictus
édenté du plus mauvais effet. Sa plaque de
police brille bêtement sur sa poitrine, sous le
soleil levant complètement insensible à la
situation. La vie est quand même formidable.
Ce type meurt alors que la journée s’annonce
splendide, et que moi je me suis dégotté une
poulette d’enfer, carrossée comme j’adore. La
poulette en question est d’ailleurs en train de
sortir de la voiture. Elle pousse un cri de
frayeur, elle n’a pas dû voir de morts souvent.
Elle tressaute sur ses hauts talons, avec sa jupe
rouge collante qui lui moule un cul pas possible.
Elle se cache les yeux pour ne pas voir le
cadavre, et moi j’ouvre tout grand les miens
pour regarder ses cuisses à elle. Quand les nanas
entre elles disent que les mecs ne pensent qu’à
ça, je crois bien qu’elles ont raison. Faut dire
qu’elle fait, ou plutôt qu’elle est, tout ce qu’il
faut. Elle s’est redressée et me regarde. Nous
sommes encore seuls dans la rue à cette heure
vraiment matinale.
– Je crois que je vais rentrer chez moi me dit-
elle.
– Arrête ! Que je dis.
– Non, je t’assure, Stuart, j’ai plus envie du
tout maintenant. Je préfère rentrer chez moi.
S’il te plait.
13 Bienvenue à Alliance
Elle serait assez émouvante, la belle, avec son
air suppliant, serrant les genoux, les pieds en
triangle et les mains jointes dans une attitude de
prière. Mais elle est trop belle, trop tentante. Et
moi la mort me fait monter l’adrénaline. J’ai une
envie folle de cette femelle.
– Allez viens, je t’offre un café ! De toute
façon on a plus rien à faire ici. Ils finiront bien
par le trouver.
Et on est remontés en voiture. Elle a réussi à
sourire un tout petit peu. Plus par soulagement
de s’être éloignée de la scène, que pour moi.
Pour ne pas l’effrayer je m’arrêtais devant le
« George’s », un bar qui venait juste d’ouvrir. Le
patron commençait à sortir les tables et les
chaises sur la terrasse. On était à cinq cents
mètres du cadavre, dans une rue parallèle. De là
on entendrait bientôt les sirènes des flics ou des
pompiers.
On s’est assis à l’intérieur et on a commandé
du café et des toasts. Pendant qu’elle beurrait
consciencieusement son toast, je regardais ma
montre, anxieux. Six heures du matin. Et
toujours aucun mouvement alentour, aucun
bruit. Elle dormait jusqu’à quand cette ville ?
Incroyable tout de même que le cadavre soit
resté encore inaperçu. Ma passagère, elle, ne
passait pas inaperçue du tout. Loin de là ! Ça
réveillait l’ambiance comme on dit.
14 1
Le rimmel avait un peu coulé sur son visage,
ses yeux étaient encore embués de larmes. Mais
sa bouche était toujours aussi attirante, ses
lèvres rouges et pulpeuses étaient un appel au
viol. Et quand elle s’est levée pour aller aux
toilettes, les trois mâles présents, patron,
barman et moi n’avions d’yeux que pour cette
croupe callipyge qui ondulait sous notre regard
lubrique.
J’étais vraiment content de l’avoir rencontrée,
et surtout qu’elle ait accepté de me suivre. Elle
s’appelait Talia. Elle m’avait raconté sa vie, cette
nuit, accrochée à moi comme à une bouée, sur
la minuscule piste de danse. Seul étranger dans
la salle et, en y réfléchissant, seul mâle, parmi
les rares clients, à être à peu près consommable.
Elle n’avait pas hésité une seconde quand je l’ai
abordée au bout du comptoir où elle s’ennuyait
visiblement, seule devant un verre de coca.
Vingt huit ans, secrétaire chez un marchand de
céréales, divorcée sans enfants. Paumée dans
cette ville de province, où elle avait atterri cinq
ans plus tôt, pour suivre son pionnier de mari
qui se destinait à conquérir le monde, et qui
avait fini en prison, suite à une escroquerie
minable et ratée. Blonde comme les blés, assez
grande, très bien faite, de beaux grands yeux
bleus. Tout pour plaire. Mais seule et
abandonnée dans cette petite ville de paysans
du Middle West, renfermée sur elle-même. Elle
15 Bienvenue à Alliance
habitait un petit studio. Moi j’étais de passage.
Représentant en articles agricoles. On s’était
tout dit, en tanguant sur la piste de danse.
Restait maintenant l’essentiel : elle et moi dans
un lit. Une petite appréhension bien masculine
de n’être pas à la hauteur me traversa l’esprit.
Dix minutes, je regardais ma montre. Toujours
aucun bruit dans la rue attenante. Bof, après
tout ça n’était pas mon problème.
Talia revenait, chaloupant, sourire éclatant
aux lèvres, elle avait refait son maquillage. Ses
seins pointaient en avant sous le chemisier
blanc et son regard était planté directement
dans le mien. Invite on ne peut plus claire. Le
moral lui était revenu avec le maquillage. Je me
levai avant qu’elle n’arrive à la table, posai
quelques dollars, et la pris par la main pour
sortir, sous les yeux affolés et envieux de nos
hôtes. Le moteur de la Dodge bondit au quart
de tour. Talia était plus détendue. Je repris le
chemin qui passait devant le cadavre. En
arrivant à sa hauteur, je le cherchais du regard.
Le feu était bien là, la flaque de sang aussi, mais
plus le cadavre. Ceux qui l’avaient enlevé
avaient été discrets, c’est le moins que l’on
pouvait dire, pas un bruit, pas de sirène, rien.
– On va chez moi si tu veux ? Sa main s’était
posée sur ma cuisse.
– Ok ! C’est parti ! Je ne demandais pas mon
reste.
16

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.