Bienvenue au Purgatoire

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Un soir, en sortant de boîte, trois jeunes gens meurent dans un accident de la route, tuant au passage les trois membres d'une petite famille.
Tous se retrouvent alors dans un lieu étrange où ils devront apprendre à vivre sans leur corps et mener à bien leur mission, grâce aux nombreuses rencontres faites sur place et aux liens qui les relient encore à la Terre
Ce lieu, c'est le Purgatoire. Leur mission: en sortir ! Mais comment faire?

Ce livre d'aventures et d'échanges revisite les croyances humaines sur la vie après la mort et propose, sous la forme d'une histoire de vie autour de Nadia et de ses amis, des pistes de réflexion sur le monde futur... et sur le monde actuel.


Publié le : mercredi 16 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332731319
Nombre de pages : 334
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-73129-6

 

© Edilivre, 2014

Citation

 

 

“And, in the end, the love you take is equal to the love you make”

The Beatles

 

A Xenia…

Prologue

Quand ils montèrent, tous les quatre dans la voiture, ce soir là, ils ne savaient pas que trois quart d’heure plus tard – 42 minutes et quinze secondes, précisément – trois d’entre eux seraient morts.

Mickaël conduisait parce que c’était la voiture de ses parents et ils lui avaient prêté avec un peu d’appréhension. Non pas qu’il conduisait dangereusement, non, mais il avait tendance à oublier certains détails comme, par exemple, la longueur de la voiture quand il se garait ou sa largeur quand il tournait. Il avait fait attention à ne pas trop boire mais, bon, il avait quand même ingurgité de quoi tenir la soirée et se donner le courage nécessaire pour conclure avec Nadia, ce qu’il avait réussi à faire en toute fin de soirée, quand, dans la boîte, ils ne passaient plus que des tubes ringards, pour les ringards qui dansaient encore dans l’espoir, justement, de ne pas finir la nuit tous seuls. Mickaël ramenait Nadia chez lui avec la ferme volonté de conclure la conclusion de façon satisfaisante, c’est-à-dire de coucher, enfin. Son souci majeur : il n’avait pas de préservatifs et il fallait qu’il en dégote un avant d’entrer discrètement dans la maison avec elle.

Nadia, elle, était fatiguée et elle avait envie de rentrer. Mais elle devait attendre sa copine, Sophie, qui était extrêmement occupée à échanger des fluides divers avec ceux de son copain du moment, enfin de la semaine, ce grand abruti de Kader, super mignon mais super bête (enfin, c’était l’avis de Nadia qui, elle, préférait les moins mignons mais qui assuraient plus du style Mickaël – du genre avoir la voiture des parents pour aller en boîte !). Nadia se doutait bien que Mickaël avait une idée derrière la tête et cela ne lui déplaisait pas forcément, à condition qu’il soit prévenant et doux et surtout, pas trop pressé. Et à condition qu’ils partent vite.

Elle s’approcha de Sophie pendant qu’elle prenait une respiration et lui dit : « On y va ; tu viens ? ».

Sophie hésita puis se concerta quelques instants avec Kader et elle demanda : « Kader peut venir avec nous ? ».

Mickaël hésita – il n’aimait pas beaucoup Kader ni les « gens de son espèce ! » – mais, pour partir plus vite et mettre son plan Nadia à exécution, il accepta : il les laisserait tous les deux à l’entrée de la ville et, peut être, pourrait-il demander discrètement à Kader s’il avait de quoi « sortir couvert »…

Il était trois heures trente du matin.

*
*       *

André et Odile calèrent les bagages dans la vieille voiture surchargée puis, sans la réveiller, installèrent Laetitia – 6 mois – dans son siège auto. Ils avaient une longue route à faire jusqu’en Bretagne et partaient tôt pour éviter les bouchons. André avait dormi un peu pendant que Odile finissait de faire les bagages de la petite, qui prenait à elle seule le double de leurs bagages à eux deux ! Elle avait un don pour faire rentrer toutes les choses dans une valise puis pour faire rentrer toutes les valises dans le coffre sans perdre une seule bribe de place qui le scotchait. Lui, par contre, parvenait à conduire la nuit sans s’endormir.

Il sortit prudemment la voiture du garage, déboucha sur la petite rue de leur lotissement aux maisons endormies toutes pareilles et s’engagea sur la nationale, prenant peu à peu de la vitesse pendant qu’Odile se recalait pour continuer à dormir.

Au moment où il abordait le virage de sortie de la forêt, il vit arriver sur lui une voiture qui roulait complètement à gauche…

*
*       *

Mickaël était tendu. Enervé par les bruits de succion et de vêtements froissés qui lui parvenait de l’arrière. Soucieux de maintenir le contact avec sa voisine qui commençait à somnoler, il posa la main sur la cuisse de Nadia mais celle-ci lui dit de garder les deux mains sur le volant pour conduire : elle avait peur quand ce n’était pas elle qui conduisait. Mickaël voulut alors allumer une cigarette mais son briquet était dans sa poche. Il se tortilla pour le récupérer et cela le déporta sur la gauche, au moment où il abordait – un peu vite – le virage d’entrée dans la forêt. Il y avait une voiture en face.

Mickaël avait la main droite prise dans sa poche de blouson et il était penché sur sa gauche. Il essaya de freiner mais sentit aussitôt que la voiture ne tenait pas bien la trajectoire. Il ne pouvait pas rétrograder, il ne pouvait que tourner le volant, avec sa main gauche maladroite, ce qu’il fit. Nadia hurla, juste avant que les tôles des deux voitures ne se heurtent dans un choc frontal d’une violence extrême.

Kader et Sophie ne s’étaient pas attachés pour être plus à l’aise dans leurs ébats : ils moururent sur le coup. André, Odile et Laetitia dans leur vieille voiture dépourvue d’air-bags se retrouvèrent assommés et coincés dans la carcasse démantibulée de leur véhicule qui, rebondissant après le choc frontal, sortit de la route et se retourna dans le fossé plein d’eau où ils se noyèrent. Nadia, la cage thoracique enfoncée, mourut pendant son transfert à l’hôpital, après une longue désincarcération.

Mickaël sortit indemne de l’accident, mis à part un doigt retourné, sa main droite étant restée coincée dans sa poche…

Chapitre 1
« Où suis-je ? » – Le message de la Présence
– Premiers contacts – Message d’accueil

« Où suis-je ? »

Nadia prit conscience peu à peu de « ce qui l’entourait » ou de l’environnement dans lequel elle baignait. On ne pouvait pas parler d’endroit, on ne pouvait pas parler de moment car il n’y avait rien de précis ou de tangible qui puisse fixer un lieu ou un temps. Mais elle ressentait des sensations à l’intérieur d’elle même, cet intérieur qui n’était pas inscrit dans un corps, ces sensations qui ne se trouvait pas dans un crâne… Qui, pourtant, étaient bien ressenties par elle comme des images, des paroles ou des pensées.

Nadia prit conscience aussi qu’elle n’était pas seule et qu’une autre pensée était là, en contact avec elle et lui transmettant des sensations et des informations. C’était comme un mot d’accueil sur l’environnement qui l’entourait mais qu’elle ne pouvait ni percevoir, ni expliquer. C’était comme un mode d’emploi de cette nouvelle existence qu’elle était censée devoir vivre, une nouvelle existence sans lieu ni temps où, malgré tout, il y avait une présence – qu’elle pressentait comme amicale – à ses cotés. Cette présence lui transmettait des informations en vrac et Nadia avait beaucoup de mal à ordonner puis comprendre ces informations.

Si l’on devait traduire ces informations en mots et les écrire sur du papier – ce que je suis en train de faire pour vous (note de l’auteur) – il faudrait y introduire des notions de temporalité (avant, après, pendant ; passage d’un « certain temps » ; cela avant ceci ;…) et de localisation (ici et là ; au dessus et en dessous ; devant et derrière, dans une file ;…). Or ces notions étaient physiquement absentes du « lieu » où se trouvait Nadia et au sein duquel le « temps » ne s’écoulait pas vraiment. Il y avait pourtant un « lieu » et un « temps » comme Nadia le comprit quand elle eût à peu près intégré ce que la présence lui transmettait…

Le message de la Présence

« Tu es morte dans cet accident de voiture et puis tu es restée dans un entre deux et puis maintenant tu es arrivée. La mort – pour les humains, s’entend – est la fin de la vie. Ou du moins de la vie telle qu’ils la connaissent, avec son espace, fixe et matériel, qu’on peut toucher en repérant les trois dimensions du haut, du long et du large et avec son temps qui s’écoule uniformément dans une seule direction et qui définit le passé, fixe, le futur, incertain et le présent, fuyant. Pour se rassurer, les humains ont imaginé pleins de choses sur la mort et « la vie après la mort » : résurrection, réincarnation, selon des processus compliqués dans lequel il y a une « récompense » selon ta vie passée sur terre et un Dieu – ou plusieurs – qui te donnent cette récompense… ou te donnent un châtiment, récompense et châtiment étant tous deux éternels, c’est-à-dire « sans fin » !

Ce mot « sans fin » est important. Car, dans un lieu où le temps n’existe plus, ce n’est plus une existence qui dure éternellement mais plutôt une vie qui n’est pas soumise au temps. »

Et là, Nadia ne comprenait pas ce que la présence lui décrivait : comment imaginer un lieu sans espace ? Une éternité sans temps ?… Elle sentait que ce mystère était une clé de compréhension de sa situation actuelle.

Mais la présence poursuivit son message :

« Tu es actuellement dans un lieu intermédiaire dans lequel l’espace et le temps sont maintenus même si c’est sous une forme très différente de celle que tu as connu sur terre. Tu n’as plus de corps et c’est compliqué pour toi car c’est avec ce corps que tu ressentais les lieux dans lesquels tu étais. De même, tu n’as plus d’actions à faire et c’était avec ces actions que tu rythmais ta vie dans l’écoulement continu du temps. Il va te falloir découvrir ce lieu, ses habitants et ses règles de fonctionnement. Je vais te donner une piste : les humains, dans leur imagination folle sur les mystères de ce qui se passe après la mort, ont cherché à approcher la réalité de ce lieu. Ils l’ont appelé Purgatoire ». Nadia n’avait aucune idée de ce qu’était le Purgatoire.

« Nadia – c’était la première fois que la présence s’adressait à elle de façon aussi directe ; ça lui faisait bizarre car elle n’avait aucune idée de qui elle était ou même de ce qu’elle était –, tu dois apprendre à utiliser tes nouvelles sensations et tu dois explorer les possibilités offertes par ce lieu. Tu as beaucoup de choses à faire et beaucoup de personnes à rencontrer avant de réaliser ta mission, la mission de tous, au Purgatoire : sortir d’ici ! »

La présence disparut. Ou plutôt, la présence devint absence, créant un vide affreux dans l’esprit de Nadia.

Premiers contacts

Nadia eut beaucoup de difficultés à retrouver un semblant de sérénité après la disparition soudaine de la Présence – elle avait décidée de la baptiser ainsi, faute de mieux – mais elle prit peu à peu conscience de tout ce qu’il y avait autour d’elle et c’était foisonnant.

Une multitude de contacts mentaux l’effleurait, formant un incroyable brouhaha, un peu comme si on écoutait toutes les stations de radio en même temps. La comparaison était d’autant plus vraie que, avec un peu d’apprentissage, Nadia parvint à faire passer les contacts mentaux au deuxième plan, dans une espèce de fond sonore omni-présent mais indistinct, un peu comme des acouphènes, ces sifflements dans les oreilles dont vous n’avez plus conscience au bout d’un certain temps, puis à sélectionner ceux qu’elle voulait entendre mieux, comme si elle tournait un bouton de sélection de station. Il y avait là toutes sortes de contacts : en majorité, il y avait des plaintes lugubres et angoissantes et des pleurs mais on pouvait distinguer aussi un peu de rires, quelques chants, des lectures de textes ou de la musique – tout cela étant joyeux ou triste – et, enfin, des conversations entre deux ou plusieurs personnes. Ces conversations étaient inaudibles et noyées dans la masse mais Nadia se rendit compte qu’elle pouvait se rapprocher, comme avec un zoom, de ces échanges et qu’en se rapprochant, elle percevait des présences…

Ces présences étaient beaucoup plus diffuses et petites que la Présence mais elles étaient, semble-t-il, de même nature. C’est-à-dire que Nadia pouvait entrer en relation mentale avec elles en se « rapprochant » d’elles mentalement. Cependant, le contact était très vite rompu et, du fait de la multitude de ces conversations, très difficile à suivre et à retrouver. Nadia était complètement perdue.

Message d’accueil

A force d’errer au milieu de tous ces messages entrecroisés, Nadia finit par percevoir un son plus précis et plus fort et elle se dirigea vers lui jusqu’à ce qu’il couvre tous les autres un peu comme, sur la bande FM, la radio commerciale écrase la petite station locale. Le son devenait de plus en plus clair et de plus en plus compréhensible au fur et à mesure que tous les autres sons étaient repoussés vers le fond du décor. Nadia commença d’abord à entendre, en boucle, un son qui disait : « Bienvenue aux nouveaux venus ! Bienvenue aux nouveaux venus !… », entrecoupé de messages incompréhensibles. Puis elle capta mieux ce qu’il y avait dans ces messages et elle comprit qu’ils provenaient d’un point précis vers lequel elle se dirigea sans même en décider. Elle comprit aussi que ce point précis était un lieu de rendez vous pour les nouveaux arrivants, une sorte de « point de rencontre » car elle ressentit, autour d’elle, un grand nombre de présences. Et de ces présences surgissaient tout un tas de questions, celles là même qui se pressaient dans l’esprit de Nadia…

Tout à coup, le message en boucle stoppa net et Nadia perçut le discours suivant :

« Bienvenue aux nouveaux venus ! Bienvenue au Purgatoire… Comme vous vous en êtes rendu compte – enfin, je l’espère pour vous ! – vous n’avez plus de corps et c’est bien ennuyeux car c’est avec ce corps que vous aviez pris la détestable habitude de comprendre et de sentir le monde qui vous entourait. Mais n’oubliez pas ! Votre corps n’était qu’une partie de vous, et, à bien y songer, une partie pas très pratique : parfois malade ou souffrant – vous l’avez bien ressenti juste avant d’arriver ici –, parfois dysfonctionnant ou vous donnant de fausses idées sur le monde et sur les gens, parfois affamé ou assoiffé ou fatigué ou migraineux, parfois disgracieux ou abimé par l’âge, la maladie ou l’accident, ce corps vous a quitté. Bon débarras ! Cette viande qui était là autour de vous et que vous aimiez tant, que vous avez pomponnée, scrutée, faite maigrir, décorée, percée, nettoyée, caressée, nourrie, que sais-je encore ?…… n’est plus là avec vous, elle est restée en bas, dans son monde et ce sont les habitants de ce monde qui s’en sont occupés en pleurant votre mort.

« Que vous reste-t-il sans ce corps ? Il vous reste le plus important : votre esprit, avec lequel vous pensiez, vous aimiez, vous échangiez avec les autres, il est toujours là, lui, et en pleine forme. Il est encore plus puissant qu’avant car il n’est plus limité par la matière, cette matière collé sur le sol et dans son lieu d’origine, une matière prisonnière du temps qui ne s’écoule inexorablement que dans un seul sens. Et il vous reste aussi votre âme, celle qui est Unique, celle qui est immortelle, celle qui vous fait appartenir à l’Univers. Cette âme que vous connaissez souvent si mal… Vous êtes devenu des « âmes-esprits », c’est-à-dire que vous êtes exactement comme avant, sauf que vous êtes débarrassés de vos corps. Vous êtes comme avant car votre individualité, votre personnalité ont été sauvegardées dans votre esprit et chacun d’entre vous est une personne à part entière, avec ses souvenirs d’avant et des pensées d’aujourd’hui. Mais vous avez perdu vos outils pour échanger ou communiquer : votre langue, vos oreilles. Peu importe, vous en avez d’autres, à vous de les trouver en vous-même puis d’entrer en communication les uns avec les autres, en n’utilisant que les outils de votre esprit. Et n’oubliez pas deux choses essentielles : Un, vous n’êtes pas seuls car vous êtes entourées d’autres âmes-esprits ; Deux, vous n’avez qu’une mission à réaliser dans ce lieu, tous autant que vous êtes : sortir d’ici !…

« Ceci était un message de Bienvenue aux nouveaux venus…… ».

Et le son reprit alors sa répétition du message d’accueil pour attirer d’autres nouveaux venus au Purgatoire…

Nadia apprécia l’humour perceptible dans ce message, qui complétait parfaitement ce que lui avait dit la Présence. Elle se sentit accueillie dans ce nouveau lieu et cela lui donna des envies d’exploration. Elle tenta d’orienter son esprit vers les présences qu’elle sentait autour d’elle et dont la plupart se trouvait dans les mêmes dispositions de communication qu’elle. Avec un temps d’adaptation, et quelques coupures dans l’échange, elle parvint à se relier à plusieurs personnes et elle commença à échanger avec elles.

Quand elle eût maitrisé un minimum son esprit pour le mettre en état de communication, elle commença à faire des rencontres… et, en premier lieu, elle rencontra Cheng.

Chapitre 2
Nadia rencontre Cheng – Note de l’Auteur au lecteur
(espace ; temps ; expressions)

Nadia rencontre Cheng

La première « âme-esprit » qui s’imposa dans l’esprit de Nadia fut celle de Cheng, un vénérable moine bouddhiste qui venait de s’éteindre dans son monastère des contreforts de l’Himalaya. Cheng maitrisait, depuis toujours, les bases de la méditation et le contrôle de son esprit et il n’était absolument pas troublé par ce nouveau monde qui l’entourait car, dit il à Nadia « il le visitait pour la cinquième fois ».

Nadia n’avait qu’une vague idée de la religion bouddhiste et de sa vision de la mort et de la vie mais elle avait entendu parler du cycle des réincarnations et elle gardait l’image, à la télévision, des moines dans leurs monastères, méditant des heures sans bouger assis dans une position incommode. Cheng lui expliqua qu’il était attendu pour naitre dans une famille de paysans pauvres et y être reconnu comme la réincarnation du grand sage qu’il était devenu dans sa vie antérieure. Et il lui donna quelques indications pour piloter son esprit et découvrir en elle les outils de communication spirituelle que, sur terre, elle n’avait pas réellement utilisés.

Nadia, en bonne méditerranéenne, était impulsive et spontanée et elle eut beaucoup de mal à discipliner son esprit qui voletait dans toutes les directions, accrochait ça et là des bouts de messages sans pouvoir se fixer à aucun. L’esprit de Cheng était droit et clair et il s’imposait à l’esprit de Nadia car il ne déviait pas d’un pouce et était facile à raccrocher.

L’échange de pensées se fit comme une suite de flashs. Ou plutôt, Cheng envoya ses pensées à Nadia de cette façon. Car, pour elle, il était difficile de purifier sa pensée pour la rendre claire et compréhensive à autrui, ses envois étaient toujours confus, compliqués, embrouillés dans d’autres pensées parasites ou changeant brusquement de sujet avant d’avoir pu conclure.

Mais, pour Nadia, l’essentiel était d’avoir capté l’essence même des messages de Cheng comme autant de clés utiles pour la compréhension du monde qui l’entourait et l’apprentissage des modes de communication. Cheng n’avait pas beaucoup de temps à lui consacrer et, quand il fut parti, Nadia se mit passionnément à entrainer son esprit pour réussir à échanger avec tous ceux qui l’entouraient et qui, pour la plupart, étaient aussi désemparés qu’elle.

L’absence du corps physique les avait tous perturbés mais, assez vite, cette absence se révéla aussi un atout car, comme le disait Cheng « ce qui gène, dans la méditation, c’est la dispersion de l’esprit ». Cette dispersion était grandement facilitée par tout ce que nos sens nous transmettaient comme informations parasites : une mouche qui passe, un oiseau qui chante et aussi la crampe qui nous guette dans le mollet !!. Or, sans corps, ces informations n’avaient plus lieu d’être. Il fallait, par contre, apprendre à diriger son esprit et cet apprentissage fut long et difficile bien qu’encouragé par le fait que tous ceux qui entouraient Nadia le subissaient en même temps qu’elle et avec une même motivation…

Note de l’Auteur au lecteur

Bonjour, cher lecteur, et Merci de tout cœur d’accepter de consacrer un peu de ton précieux temps à lire mes élucubrations : cela me fait vraiment plaisir et j’espère que tu trouveras dans cette histoire tout ce que tu cherches.

Je voudrais te donner, très rapidement pour ne pas casser la dynamique, quelques éléments de cadrage concernant cette histoire qui se passe dans un espace et dans un temps très différents du nôtre… mais que je dois te décrire aussi exactement que possible, avec les concepts que tu maîtrises à peu près, à propos d’espace et de temps, justement. Car au Purgatoire, ces deux mots sont très différents de ce qu’ils sont sur terre. Mais, hélas, je n’ai pas d’autres mots que ceux de la terre pour en parler !…

Espace

Au Purgatoire, il y a un espace, c’est-à-dire que les lieux sont distincts et séparés – comme sur terre-. Par contre, il y a une grande différence pour se mouvoir dans cet espace par rapport à ce qu’on connaît sur terre où la pesanteur et le corps physique matériel sont autant de contraintes pour se déplacer librement et rapidement. Je parlerai donc de lieux précis, éloignés les uns des autres et dans lesquels il faut « se rendre » mais il faut imaginer que, en l’absence de corps physique et de pesanteur, ces déplacements se font sans contraintes autre que celles de le décider et elles se font de façon quasi instantanée, que ce soit au sein du Purgatoire lui-même que lors de visites sur terre, comme tu le verras dans la suite

Temps

Pour le temps, c’est pareil. Car le temps existe au Purgatoire, il y a un avant, un pendant et un après et la conscience claire que le temps s’écoule mais ces notions ne sont pas aussi contraintes que sur terre. On peut, par exemple, sauter très rapidement d’un moment à un autre ou passer de l’après à l’avant ou rester fixé sur un moment présent. La notion de temps est fondamentale dans tout ce qui concerne la durée du séjour au Purgatoire et la préparation de la sortie, comme tu le verras aussi

Mots et expression

Beaucoup de mots et d’expression sonnent bizarrement au Purgatoire, en particulier tout ce qui se rapporte au corps et aux sensations qui lui sont liées. Sans corps, en effet, comment voir, dire, entendre ou ressentir des choses… Et pourtant, au Purgatoire, on ressent beaucoup de choses même si cela ne se fait pas au travers des yeux, oreilles ou autres… mais directement d’esprit à esprit. J’ai donc utilisé souvent le mot « percevoir » pour indiquer les communications et les échanges de messages entre habitants du Purgatoire. Mais parfois, pour plus de compréhension, j’ai utilisé des mots « terrestres ». Il ne faudra pas s’en formaliser…

Bon courage pour lire la suite.

Chapitre 3
Nadia s’habitue au Purgatoire – Histoire du Suicide de Suzie – Histoire de l’Accident de bateau de Benoit – L’histoire de la fin de vie de Madeleine, 86 ans

Nadia s’habitue au Purgatoire

Une fois qu’elle eût un peu plus maitrisé, suite à un long temps d’apprivoisement, les principes de base de la communication dans ce « lieu » étrange, Nadia rencontra un nombre incalculable d’« âme-esprit » et chacune lui apporta un petit élément de compréhension sur tous les sujets qui la préoccupaient. Elle mettait son esprit en éveil et captait alors, au milieu des myriades de messages qui s’entre croisaient, un morceau de vie qui se racontait. Et plusieurs morceaux faisaient une histoire de Vie…

Au départ, c’était des bribes éparpillées comme des flashs :

« Quand je me suis suicidée, ma mère ne voulait pas accepter ma disparition : elle me retenait, elle m’en voulait… »

« Le bateau s’est retourné, nous nous sommes retrouvés, mon frère et moi, à nager loin de la plage avec le courant qui nous éloignait. Il a eu une crampe et il a disparu sous l’eau. Je n’ai pas pu le sauver. Et je suis mort en essayant… »

« Les soldats sont arrivés et ils ont tiré : je suis mort sur le coup, en tenant encore ma houe sur l’épaule »

« J’avais trop bu, j’allais trop vite,… »

« A la fin, j’en avais marre de tous ces médecins. Ils ne voulaient pas me laisser mourir ! »

« Quand le tas d’ordures s’est effondré, j’étais en dessous en train de fouiller. Je voulais être le premier car c’est là qu’on trouve les plus belles choses… »

« J’étais dans mon berceau, bien tranquille. Et puis, mon cœur s’est arrêté ! »

« Ma maladie était mortelle, je le savais. Mais je ne voulais pas laisser mon petit garçon tout seul… Sans moi, qu’allait-il devenir ? »

Et puis, petit à petit, Nadia apprit à relier les bribes entre elles et à reconstituer des histoires complètes et chacune lui donna un élément de compréhension de la situation bizarre qu’elle vivait sans la saisir vraiment. Chacune de ces histoires furent le fruit de rencontres particulières qui se produisirent au moment opportun, c’est-à-dire au moment où Nadia pouvaient comprendre la leçon qu’elles portaient.

En voici quelques unes, à titre d’exemples. Nous les retrouverons plus tard, dans la suite de l’histoire… ainsi que d’autres histoires de vie.

Histoire du Suicide de Suzie

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