Bio (le tam-tam)

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Bio en gbaya signifie "tam-tam". C'est l'écho des souvenirs que je garde, et que je veux partager avec vous : ceux de Berbérati en République Centrafricaine où les traditions disparaissent, ceux des travailleurs d'Aix-en-Provence et de leurs luttes, ceux de mes camarades aujour des 50 ans de l'ACO à Martigues.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782746614413
Nombre de pages : non-communiqué
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Chapitre 3 JOLIE NEIGE La sortie de l’école — Papa, pourquoi papi et mamie ne viennent jamais nous chercher à la sortie de l’école ? avais-je demandé un soir à mon père à la sortie de l’école Jacques-Prévert. — Papi et mamie habitent très très loin d’ici, m’avait-il répondu. Nous avons continué notre chemin jusqu’à la maison. Le soir, à table, mon père dit à ma mère : — Aujourd'hui, Gbèla-Mboko m’a demandé pourquoi ses grands-parents ne viennent pas les chercher à la sortie de l’école. — Elle ne sait pas que ses grands-parents habitent très loin. Cet été, il va falloir que nous les amenions à Berbé-rati, qu’ils voient leurs grands-parents. À l’aéroport À la fin de l’année scolaire, mon père nous dit, à Pou-kito mon petit frère et à moi-même, que nous allons aller en vacances à Berbérati. Nous prenons l’avion à l’aéro-
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port de Marseille-Marignane. Nous atterrissons à l’aéro-port de Paris. Nous reprenons un avion qui nous trans-porte jusqu’à Bangui. Nous arrivons à Bangui le matin vers sept heures. Maman Juna est déjà là avec les autres tontons, cousins et cousines. Deux voitures nous conduisent jusqu’à Fatima. La maison de Maman Juna se trouve juste à côté de la route. Nous avons tout : de l’eau courante et de l’élec-tricité. Mama Juna est la grande sœur de ma mère. Après quelques jours passés à Bangui, nous prenons le car Jolie-Neige pour aller à Berbérati.
Le car Jolie Neige en arrêt devant la barrière de pluie de Nadjembé (juillet 1996)
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Nous traversons les villages et des villes. À minuit, nous arrivons à Berbérati. Nous avons mis plus de douze heures pour faire sept cents kilomètres. Voyage éprouvant, mais fascinant. À Berbérati, nous faisons la connaissance de papi, côté papa ; mamie est dans son champ à vingt-cinq kilomètres de Berbérati. Nos grands-parents mater-nels sont heureux de nous voir. Goni Vers quatorze heures, Tonton Henri nous emmène au champ de mamie, la mère de mon père. Après vingt mi-nutes, nous arrivons à Goni. Mamie est toujours dans son champ. Nous décidons d’aller la voir. Un autre oncle nous accompagne au champ. Nous entrons dans la forêt. Lors-que mamie nous voit, elle s’écrit : Oh ! Soé ! So nè gassa ! [Oh ! Seigneur ! Le Seigneur est grand !] Mon père nous présente à notre grand-mère mater-nelle : — Elle, dit-il ne me présentant à ma grand-mère, je lui ai donné le nom de ta grand-mère Boula. Lui, continue-t-il en montrant mon petit frère, il a le nom de ton père Poukissambo. Ma grand-mère nous serre fortement contre elle. Elle demande à mon frère de planter un bout de manioc. Mon frère plante le premier bout de manioc. Après, notre ma-mie nous apprend comment arracher les arachides. Mamie se tourne vers nous et dit : È dé meng ?
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Nous ne comprenons rien. Mon père traduit : — Mamie dit : comment allez-vous ? Mamie se tourne vers mon père et lui dit : — Comment ?! Tu n’as pas appris le gbaya à mes petits-enfants ? Comment je vais faire pour communiquer avec eux ? — Ce n’est pas ma faute, répond mon père, c’est leur mère. Mamie se tourne vers notre mère, elle lui dit : Hooooo Crocodio, toi et ton mari, vous êtes vraiment bêtes. Regardez les étrangers qui sont ici, ils apprennent tous leur langue maternelle à leurs enfants. Vous ne pouvez pas faire la même chose ? — Ils l’apprendront ici, répond maman. — L’essentiel, c’est que vous soyez là, conclut mamie. Mes parents se mettent à arracher les arachides. Mamie dit : — Ça suffit pour aujourd’hui. Nous quittons le champ, nous retournons au village. Mamie nous prépare des arachides et de quoi manger. À dix-huit heures, Tonton Henri revient nous chercher, il nous reconduit jusqu’à Djambala. Ce fut, pour mon frère et moi, un plaisir de voir nos grands-parents.
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